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Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par Benoist Rousseau » 02 mai 2017 12:17

Petit débat (non politique) de la semaine, le salariat est-il un esclavage ou une chance ?

Quelques pistes de débat, quelque sidées qui me viennent immédiatement en tête
:
Sans patron, pas de salarié, pas de salariat.

Le salariat est une limitation de sa liberté de manière contractuelle (temps de travail, horaires) en échange d'une rémunération.

On abdique donc une liberté de vie, de choix, provisoirement en échange de quoi vivre.

Le salariat est-il alors un servage temporaire contractuel ?

En cas de perte de l'emploi, la liberté est retrouvée, mais les angoisses de la liberté aussi.

===
On va tenter un débat par semaine en économie.

Respect, débat et non insulte => argumentation

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par Burzum » 02 mai 2017 12:27

tu sais ce que j'en pense.
Le salariat est , comme tu l'as indiqué , un servage contractuel de droit féodal. l'Entreprise en elle même est un lieu ou la démocratie est inexistante, seul le petit chef à le droit d'avoir raison mais jamais tort.
En Contrepartie d'une obole que l'on appelle poliment un salaire, l'entreprise à le doit de vie et de mort sociale sur toi, le droit d'humiliation , le droit de travail forcé non rémunéré, notamment les heures supplémentaires dans le tertiaire.
Le salariat est une forme non dissimulée d'esclavage moderne , car le salarié, bien souvent aliéné par la peur du chômage, se trouverait désemparé si il n'avait plus de boulot, ne sachant plus ou trouver sa place dans la société et comment subvenir à ses besoins.
Alors le "certes le chef est méchant est idiot, mais les collègues sont sympas" aura encore de bons jours devant lui

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par takapoto » 02 mai 2017 12:42

Je pense que cela dépend de chaque personnalité.

Pour certains, la stabilité et la sécurité est primordiale, et ils trouvent cela dans la salariat (bien que cela soit de moins en moins vrai).
A cela s’ajoute également le confort de n’avoir pas à se confronter à des décisions essentielles chaque jour. On se laisse porter tranquillement toute la semaine et on se concentre sur les week-end et les vacances.
Ceux qui ont le plus besoin de cette sécurité se tournent vers l’administration et les carrières militaires.
Ces personnes ne voient pas le salariat comme un esclavage.

A l’inverse, d’autres sont frustrés d’avoir des horaires fixes, de voir des petits chefs prendre des décisions inefficaces, d’avoir l’horizon de leur vie bouché, de dépendre des autres. Dès qu’on devient salarié, on renonce illico à ses rêves de gamins. Ceux-là, évidemment, voient le salariat comme un esclavage. Ceux qui ressentent le plus cela, sont ceux qui tentent une carrière artistique bien aléatoire.

A mon sens, cette différence de point de vue est due aux capacités intellectuelles (moins on comprend le système dans lequel on est, moins on veut d’aléatoire), à l’éducation (quand on a eu des parents ayant peur de tout, on a du mal à prendre des risques), à son caractère (prudent, craintif, aventureux).

A mon avis, il ne faut pas opposer ces deux conceptions : elles sont tout aussi estimables. Il faut simplement laisser la possibilité à chacun de pouvoir s’épanouir (je sais, ça fait cliché…)

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?,

par chad » 02 mai 2017 13:58

pour essayer de répondre au titre de la file, le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

probablement un peu des deux
si on admet que c'est un esclavage moderne par quoi le remplacer pour vivre ?

que des entrepreneurs ?
un patron sans salarié ?
que des traders ?

à un moment donné il faudra toujours des salariés, certains n'ont pas envie ou la capacité d'etre patron qui plus est.

après que tu bosses dans un super job où tu t'épanouies, ou neuf heures par jour à la chaîne à l'usine, ce qui est horrible pour les nerfs et le mental (ça vide, ça fait baisser le quotient intellectuel j'ai l'impression à court/ moyen terme ... ) ce n'est pas la même appréciation, ressenti du salariat..

oui dans certains jobs tu peux vraiment te sentir exploiter (et ne pas te sentir remuneré au juste prix pour la tache effectuée) ;*

dans d'autres tu es peinard, tu es content d'y aller et tu ne vois pas la journée passée (tu es parfois mieux que chez toi : supers collègues, super ambiance ou job épanouissant, enrichissant ).

je suis content d'avoir connu une palette large de jobs et de situations dont ces 2 cas là

maintenant c'est personnel

certains s'ennuient sans bosser, ne savent pas quoi faire, ne savent pas gérer leur temps libre (on revient au terme de liberté), même si ça s'apprend.

perso je ne supporte plus aujourd"hui de faire les jobs cités en premier (usine, ou autres travaux ...)

j’espère me former pour faire un job qui me plait et la je serai capable de faire 70h par semaine s'il le faut et avec plaisir (et fatigue lol)

sinon en ce qui concerne les jobs "alimentaires", un mi temps (ou un peu plus) avec un revenu de complément quelconque (revenu universel, auto entrepreneuriat, trading, services à la personne, chèques emploi service...) peut- etre un bon compromis...

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par sobear » 02 mai 2017 14:06

+1 avec Takapoto
et j'ajouterais simplement que beaucoup qui estiment que le travail salarié est de l'esclavage ne savent pas ce que c'est que d'être réellement un esclave; c'est comme ceux qui s'estiment être pris en otage ne savent pas ce qu'endurent ceux qui sont réellement victimes d'une prise d'otage.
Les mots ont un sens c'est particulièrement vrai ces jours ci.

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par chad » 02 mai 2017 14:08

pas faux Sobear

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par Burzum » 02 mai 2017 14:46

Par escalvage , on entend aliénation totale de l'individu et de son système de pensée , remplacée par la culture de l'entreprise et les directives , très souvent déconstructives et dénuées sens du petit chef.
Le salarié se trouve bien souvent sans plus aucun libre arbitre et fini même par culpabiliser de ne plus être productif . Combien de fois j'ai vu des femmes avoir peur d'annoncer qu'elles allaient être en congés maternité ? combien de fois , j'ai vu les grands chefs, leur cracher au visage " je ne peux décidément pas compter sur toi" et une fois revenues de leur congés, moisir dans leur poste, 3-4 ans sans possibilité d'avancement ou d promotion, car elles "avaient trahies " par leur absence l'employeur, l'entreprise ???
Ou encore un salarié qui parce qu'il divorce ou a été en arrêt , produit moins et moins alerte et moins efficace à son poste , est rétrogradé avec l'assentiment du groupe, car il ralentit l'agence et donc les résultats globaux donc les primes de fin d'année ???

Non le terme esclavage moderne est ici bien approprié , car dés lors que l'on touche à l'aliénation d'un individu à son libre arbitre et à ses droits individuels et fondamentaux , on ne peut plus dire que sa liberté est préservée

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par chad » 02 mai 2017 14:48

il est libre de démissionner de chercher ailleurs
de vivre autrement avec moins ...

il n'est pas vissé dans son entreprise et enrolé de force

encore faut-il avoir le courage de demissionner, de démenager, d'apprendre à son gamin à vivre avec moins de jouets, de revendre sa baraque...

la santé mentale et physique doit passer avant tout et un gosse ça vit avec peu (et une femme ça part si c'est pas content lol)

un autre débat

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par sobear » 02 mai 2017 14:51

il lui reste la possibilité de démissionner, ultime liberté + les protections sociales (prud'homme etc.)
Chad tu m'as doublé!

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par Ano782345 » 02 mai 2017 14:54

Pour faire simple, je pense que tout dépend du salaire, des conditions de travail, et de la facilité à trouver un autre travail aussi bien ou mieux.

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par ticktack » 02 mai 2017 15:21

J'ai été tour à tour salarié très mal payé avec un job motivant, salarié mieux payé mais job pas terrible, créateur d'entreprise (2 fois) et maintenant à mon compte ... et bien dans tous les cas il faut rendre des comptes (petit chef, grand chef, associés et finalement clients+administrations).

On est jamais vraiment libres ... le stress est différent mais toujours présent.

Même trader en compte propre il faut rendre des comptes à soi même (c'est sans doute le pire en cas d'échec) et le stress en mode réel de voir ses économies durement gagnées partir en fumée est violent.

Donc je dirai que salarié c'est pas pire que le reste, juste différent.
Il ne faut pas oublier non plus que souvent quand on est salarié, certes on est un peu asservi, mais on profite indirectement d'un monopole , d'une rente, d'une notoriété, d'un carnet d'adresses, de lobbying, ... etc. que seul on aurait jamais pu avoir.
(je ne dit pas que c'est bien, juste que le monde tourne de cette façon).

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par Amarantine » 02 mai 2017 15:32

Entièrement d'accord avec takapoto et sobear.
Je n'ai travaillé qu'à l'éducation nationale et jamais je ne me suis sentie esclave. J'aimais mon métier, je m'y épanouissais, j'aimais passer toutes mes journées avec les enfants. Pas de chef sur le dos. J'étais mon propre chef. Contrairement à ce qu'on croit, les directeurs ne sont là que pour la bonne marche de l'établissement et pour servir de relai entre les enseignants et l'administration. Ils n'ont aucun droit de regard sur notre travail.
Ceci dit, l'éducation nationale est sans doute un peu à part.

J'ai fait quelques mois en usine, les vendanges, vendeuse...métiers pas spécialement enrichissants, mais je les ai aimés et je les ai fait avec coeur.
J'ai apprécié d'avoir l'esprit libre le soir. ce qui n'est jamais le cas dans l'éducation nationale.

N'ayant rien connu d'autre que l'éducation nationale comme métier principal, je ne peux pas comparer, mais je crois que mon caractère m'aurait fait supporter un chef s'il y avait eu des compensations, ma vie aurait alors été autre part qu'au travail. Mais j'arrive facilement à me déconnecter et rester dans mon monde quand je suis dans un lieu ou une ambiance négative. C'est comme si je n'étais plus là.

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par Burzum » 02 mai 2017 15:44

vous me parlez d'un monde sortie tout droit de la petite maison de la prairie qui n'existe plus

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par sobear » 02 mai 2017 16:15

ah si Burzum, je l'ai connu et maintenant que je suis retraité je vis de nouveau en plein dedans.

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par Burzum » 02 mai 2017 16:31

Au boulot je n'ai connu que : un directeur d'agence qui c'est suicidé dans son bureau tellement il était humilié et surchargé de travail, des collègues qui faisaient les murs par peur de subir les grief du petit chefs , surtout si c'était une fille un peu mignonne ou la c'était les blagues un peu lourdes et graveleuses.
Le système de groupe, un peu comme à l'armée ou le canard boiteux, ne se fait pas détruire par le chef, mais par les autres collègues , grâce au système de primes collectives . sans compter l'harcèlement moral, insidieusement camouflé graçe au tableau individuel de performances ou de résultats commerciaux.
Pourquoi ne pas démissionner ??? c'est là ou c'est génial et complètement stalinien.
Le râleur mais assez bon dans son domaine, on lui donne une prime ou une promotion, il perçoit plus, donc est mécaniquement plus corvéable et à disposition.
Le fainéant ou le larqué , il est la risée devant tout le monde à chaque réunion hebdomadaire et pris à parti par le groupe, car comme expliqué plus haut ralentit l'agence ou le service
Les bons et les très bons, on leur fait miroiter de l'avancement mis n'auront jamais rien car nécessaire au fonctionnement de la boutique .
Ils permettent à 55-60% des autres salariés de ne rien faire ou de se reposer sur leurs acquis qui frolent le zéro absolu , ce sont mêmes les clients qui leur apprennent les nouveautés fiscales ou le fonctionnement des produits.

Ensuite , vient la et les grandes messes des grands chefs, avec discours culpabilisant et infantilisant , qui a force d'être rabâché font du salarié un individu sans aucun libre arbitre et qui à surtout peur de quitter l'entreprise, car la ou le système est pernicieux, sans elle , ils ne seront rien, discours professé régulièrement.
Aucune grosse entreprise ne se permettrait d'agir comme cela, si elle n'était pas sur de son système que j'ai décris plus haut et celui çi tu le retrouveras dans toutes les multinationales

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par Benoist Rousseau » 02 mai 2017 16:39

Pour info le salariât a été créé généralisé pour éviter d'être payé à la journée. Cela a été très compliqué à mettre en place car les ouvriers anciens journaliers agricoles préféraient être payés à la journée. On a vu cela pour bloquer les gens un mois dans l'entreprise ou pour les empêcher de boire la paye en sortant du boulot.

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par sobear » 02 mai 2017 16:57

Ce que décrit Burzum est un extrême, je n'ai jamais connu ça de ma vie.
J'ai plutôt vu des gens satisfaits de leur travail râlant pour gagner plus ou bénéficier de plus de congés mais ça c'est normal.
J'aurais jamais pu vivre dans le monde à Burzum, je l'aurait quitté dare dare.

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par chad » 02 mai 2017 16:59

Burzum tu as bien fait de quitter la banque ça a l'air gerbant au possible

bon ça je le savais .

j'espère que tu pourras récupérer dans quelques années

oui c'est long

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par Jim » 02 mai 2017 17:03

Le salariat n'est pas un esclavage car il est toujours consenti. J'abonde dans le sens de - : le salariat est une prostitution. On accepte de faire des choses qui nous plaisent (on est un peu nympho si le taf nous plait), mais on est parfois obligé de faire des choses qui nous dégoûtent (cirer les pompes des clients, signer des documents qu'on désapprouve, ...). On peut aussi faire un parallèle entre le proxénétisme et la pression familiale/sociétale sur le salarié.

Re: Le salariat est-il un escalavage ou une chance ?

par Burzum » 02 mai 2017 17:04

ce n'est pas un extreme c'est bien la le pire ça se normalise.
beaucoup de collègues ou d'ancien collègues sont résignés, d'ailleurs ils ont fait gréve pendant 4 jours début avril , car la le Dg c'était limite si il leur avait pas dit qu'ils étaient des bons à rien , alors qu'ils demandaient , suite aux inquiétudes des suppressions des postes à cause ou grace à la technologie de savoir à quelle sauce ils allaient être mangés aprés les élections présidentielles.

PS : pour le directeur qui s'était suicidé , son épouse a voulu des réponses, elle s'était fait envoyé promener par la RH , en lui disant que le problème devait plutôt être d'ordre familial et qu'ils n'avaient aucunes responsabilité la dedans :lol:
Sauf que n'étant pas salarié, la petite dame, ne s'est pas laissé faire et à fait appel à ouest france et a rendu public l'événement. résultat par injonction judiciaire certaines langues se sont déliées et son grand chef a eu une promotion dans une autre région

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