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la semaine poétique de Francmot

par ChristelleP » 15 nov. 2021 01:12

J'ai décidé de commencer la semaine avec un clin d'oeil à Georges Brassens qui aurait eu 100 ans le 22 octobre 2021.

En 1967, lorsqu’on lui décerne le Grand Prix de poésie pour l’ensemble de son œuvre. Brassens déclare : « Je ne pense pas être un poète… Un poète, ça vole quand même un peu plus haut que moi… Je ne suis pas poète. J’aurais aimé l’être… ».

J’aime cette belle humilité, celle d’un magistral artisan de la langue française.

Pour débuter cette semaine, j’ai choisi une chanson de Brassens qui ne fait pas partie des plus connues mais elle me fait penser à nombre de traders qui fréquentent ce forum. Cette chanson, c’est « Le Pluriel ». Brassens y exprime sa singularité et le peu de bien qu'il pense du militantisme et des groupuscules de toutes sortes. Quelles que soient les circonstances, il proclame : « Bande à part, sacrebleu, c'est ma règle et j'y tiens ! ». L’indépendance, de pensée, d’action… Pour les traders, j’ajoute l’indépendance financière. Bonne lecture, bonne écoute, bonne semaine à tous.


Le Pluriel

Cher monsieur, m'ont-ils dit, vous en êtes un autre
Lorsque je refusai de monter dans leur train
Oui, sans doute, mais moi, j'fais pas le bon apôtre
Moi, je n'ai besoin de personne pour en être un

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre, on est une bande de ballots
Bande à part, sacrebleu, c'est ma règle et j'y tiens
Dans les noms des partants on verra pas le mien

Dieu que de processions, de monomes, de groupes
Que de rassemblements, de cortèges divers
Que de ligues, que de cliques, que de meut's, que de troupes
Pour un tel inventaire il faudrait un Prévert

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de ballots
Bande à part, sacrebleu, c'est ma règle et j'y tiens
Parmi les cris des loups on n'entend pas le mien

Oui, la cause était noble, était bonne, était belle
Nous étions amoureux, nous l'avons épousée
Nous souhaitions être heureux tous ensemble avec elle
Nous étions trop nombreux, nous l'avons défrisée

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre, on est une bande de ballots
Bande à part, sacrebleu, c'est ma règle et j'y tiens
Parmi les noms d'élus on verra pas le mien

Je suis celui qui passe à côté des fanfares
Et qui chante en sourdine un petit air frondeur
Je dis, à ces messieurs que mes notes effarent
Tout aussi musicien que vous, tas de bruiteurs

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre, on est une bande de ballots
Bande à part, sacrebleu, c'est ma règle et j'y tiens
Dans les rangs des pupitres on verra pas le mien

Pour embrasser la dame, s'il faut se mettre à 12
J'aime mieux m'amuser tout seul, cré nom de nom
Je suis celui qui reste à l'écart des partouzes
L'obélisque est-il monolithe, oui ou non

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre, on est une bande de ballots
Bande à part, sacrebleu, c'est ma règle et j'y tiens
Au faisceau des phallus on verra pas le mien

Pas jaloux pour un sou des morts des hécatombes
J'espère être assez grand pour m'en aller tout seul
Je ne veux pas qu'on m'aide à descendre à la tombe
Je partage n'importe quoi, pas mon linceul

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre, on est une bande de ballots
Bande à part, sacrebleu c'est ma règle et j'y tiens
Au faisceau des tibias on verra pas les miens

"Le pluriel" - Georges Brassens

Voici encore un complément pour les passionnés : l'entretien de Georges Brassens avec Jacques Chancel pour l’émission Radioscopie

Radioscopie (Artistes) : Jacques Chancel reçoit Georges Brassens

Re: la semaine poétique de Francmont

par ChristelleP » 15 nov. 2021 01:14

Après un clin d’œil à Brassens hier, je vous propose pour le reste de la semaine une chanson quotidienne de langue française dont le contenu m’a touché et accompagné durant une période plus ou moins longue de ma vie. Vous savez, ces paroles et ces airs qui remontent régulièrement à la surface, qui trottent dans la tête et que vous fredonnez avec bonheur.

Pour ce mardi, ce sera « Juste quelqu'un de bien » de Enzo Enzo


Juste quelqu'un de bien

Debout devant ses illusions, une femme que plus rien ne dérange
Détenue de son abandon, son ennui lui donne le change
Que retient elle de sa vie, qu'elle pourrait revoir en peinture
Dans un joli cadre verni en évidence sur un mur
Un mariage en Technicolor, un couple dans les tons pastels
Assez d'argent sans trop d'efforts, pour 2, 3 folies mensuelles
Elle a rêvé comme tout le monde qu'elle tutoierait quelques vedettes
Mais ses rêves en elle se fondent maintenant son espoir serait d'être

Juste quelqu'un de bien
Quelqu'un de bien
Le cœur à portée de main
Juste quelqu'un de bien
Sans grand destin
Une amie à qui l'on tient
Juste quelqu'un de bien
Quelqu'un de bien

Il m'arrive aussi de ces heures où ma vie se penche sur le vide
Coupés tous les bruits du moteur, au-dessus de terres arides
Je plane à l'aube d'un malaise comme un soleil qui veut du mal
Aucune réponse n'apaise mes questions à la verticale
J'dis "Bonjour" à la boulangère, je tiens la porte à la vieille dame
Des fleurs pour la fête des mères et ce week-end à Amsterdam
Pour que tu m'aimes encore un peu quand je n'attends que du mépris
À l'heure où s'enfuit le Bon Dieu qui pourrait me dire si je suis

Juste quelqu'un de bien
Quelqu'un de bien
Le cœur à portée de main
Juste quelqu'un de bien
Sans grand destin
Une amie à qui l'on tient
Juste quelqu'un de bien
Quelqu'un de bien

J'aime à penser que tous les hommes s'arrêtent parfois de poursuivre
L'ambition de marcher sur Rome et connaissent la peur de vivre
Sur le bas-côté de la route, sur la bande d'arrêt d'urgence
Comme des gens qui parlent et qui doutent, d'être au-delà des apparences

Juste quelqu'un de bien
Quelqu'un de bien
Le cœur à portée de main
Juste quelqu'un de bien
Sans grand destin
Un ami à qui l'on tient
Juste quelqu'un de bien
Quelqu'un de bien

Juste Quelqu'un De Bien

Re: la semaine poétique de Francmont

par ChristelleP » 15 nov. 2021 01:27

Ce mercredi commence avec Barbara et son « Dis, quand reviendras-tu ? » qu’elle a composé pour son grand amour d’alors, Hubert Ballay, diplomate en Côte d'Ivoire. Elle part vivre trois mois avec lui en 1961, à Abidjan où elle chante dans le plus célèbre cabaret de strip-tease local, « Le Refuge ». Rentrée à Paris, la chanteuse attend pendant des mois le retour de son amant. Elle lui écrit deux cents lettres. Lorsque Ballay revient finalement s'installer en France, la rupture est consommée. Barbara aura d'autres amours…


Dis, quand reviendras-tu ?

Voilà combien de jours, voilà combien de nuits,
Voilà combien de temps que tu es reparti,
Tu m'as dit cette fois, c'est le dernier voyage,
Pour nos coeurs déchirés, c'est le dernier naufrage,
Au printemps, tu verras, je serai de retour,
Le printemps, c'est joli pour se parler d'amour,
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
Et déambulerons dans les rues de Paris,

Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus,

Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjà,
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois,
A voir Paris si beau dans cette fin d'automne,
Soudain je m'alanguis, je rêve, je frissonne,
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine,
Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne,
Ton image me hante, je te parle tout bas,
Et j'ai le mal d'amour, et j'ai le mal de toi,

Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus,

J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours,
J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour,
Si tu ne comprends pas qu'il te faut revenir,
Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs,
Je reprendrai la route, le monde m'émerveille,
J'irai me réchauffer à un autre soleil,
Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin,
Je n'ai pas la vertu des femmes de marins,

Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus

Barbara - Dis, quand reviendras-tu ?

Re: la semaine poétique de Francmont

par ChristelleP » 15 nov. 2021 01:35

Ce jeudi, je vous propose de découvrir ou de redécouvrir William Scheller, considéré comme l'un des plus grands auteurs, compositeurs et interprètes français depuis les années 1970. Il a la particularité d’être un des rares chanteurs de variété ayant bénéficié d'une formation approfondie en musique classique. Il a composé une messe, une comédie musicale, des musiques de films, des jingles, des symphonies, des quatuors, des concertos et des chansons. C'est dans le domaine de la variété qu'il percera. L'influence de sa formation classique se manifeste par un style musical sophistiqué, alliant parfois des éléments de la musique classique avec de la musique pop. « Un homme heureux » lui vaudra le trophée de la chanson de l'année lors des Victoires de la musique 1992.


Un homme heureux

Pourquoi les gens qui s'aiment
Sont-ils toujours un peu les mêmes
Ils ont quand ils s'en viennent
Le même regard d'un seul désir pour deux
Ce sont des gens heureux
Pourquoi les gens qui s'aiment
Sont-ils toujours un peu les mêmes
Quand ils ont leurs problèmes
Ben y a rien à dire, y a rien à faire pour eux
Ce sont des gens qui s'aiment

Et moi j'te connais à peine
Mais ce serait une veine
Qu'on s'en aille un peu comme eux
On pourrait se faire sans qu'ça gène
De la place pour deux
Mais si ça ne vaut pas la peine
Que j'y revienne
Il faut me le dire au fond des yeux
Quelque soit le temps que ça prenne
Quelque soit l'enjeu
Je veux être un homme heureux

Pourquoi les gens qui s'aiment
Sont-ils toujours un peu rebelle
Ils ont un monde à aux
Que rien n'oblige à ressembler à ceux
Qu'on nous donne en modèle
Pourquoi les gens qui s'aiment
Sont-ils toujours un peu cruels
Quand ils vous parlent d'eux
Y a quelque chose qui vous éloigne un peu
Ce sont des choses humaines

William Sheller: Je veux être un homme heureux

Re: la semaine poétique de Francmont

par ChristelleP » 15 nov. 2021 01:41

Je m’en voudrais de terminer cette semaine sans présenter un chanteur québécois. Le Québec a fourni tellement d’orfèvres dans le domaine de la chanson française que le choix est difficile à faire. Comme je vous ai présenté chaque jour des airs qui trottent de temps en temps dans ma tête, je fais de même pour ce vendredi avec « Le petit bonheur » de Félix Leclerc. Cette chanson servait de transition dans la pièce « Au Petit Bonheur » écrite et mise en scène par le chanteur, permettant ainsi aux machinistes de changer les décors. Félix Leclerc l'enregistre en 1951 dans un premier album qui contient d'autres chansons comme « Moi, mes souliers » et « Le petit train du nord ».


Le P’tit Bonheur

C'est un petit bonheur que j'avais ramassé
Il était tout en pleurs sur le bord d'un fossé
Quand il m'a vu passer, il s'est mis à crier
"Monsieur ramassez-moi, chez vous emmenez-moi"

"Mes frères m'ont oublié, je suis tombé, je suis malade"
"Si vous n'me cueillez point, je vais mourir quelle balade"
"Je me ferai petit, tendre et soumis, je vous le jure"
"Monsieur, je vous en prie, délivrez-moi de ma torture"

J'ai pris le petit bonheur l'ai mis sous mes haillons
J'ai dit, "faut pas qu'il meure, viens-t'en dans ma maison"
Alors le petit bonheur a fait sa guérison
Sur le bord de mon cœur y avait une chanson

Mes jours, mes nuits, mes deuils, mes peines, mon mal, tout Futures oublié
Ma vie de désœuvré j'avais l'dégoût d'la recommencer
Quand il pleuvait dehors ou qu'mes amis m'faisaient des peines
J'prenais mon petit bonheur et j'lui disais, "c'est toi ma reine"

Mon bonheur a fleuri, il a fait des bourgeons
C'était le paradis, ça s'voyait sur mon front
Or un matin joli que j'sifflais ce refrain
Mon bonheur est parti sans me donner la main

J'eu beau le supplier, le cajoler, lui faire des scènes
Lui montrer le grand trou qu'il me faisait au fond du cœur
Il s'en allait toujours la tête haute sans joie, sans haine
Comme s'il ne pouvait plus voir le soleil dans ma demeure

J'ai bien pensé mourir de chagrin et d'ennui
J'avais cessé de rire, c'était toujours la nuit
Il me restait l'oubli, il me restait l'mépris
Enfin que j'me suis dit, il me reste la vie

J'ai repris mon bâton, mes deuils, mes peines, et mes guenilles
Et je bats la semelle dans des pays de malheureux
Aujourd'hui quand je vois une fontaine ou une fille
Je fais un grand détour ou bien je me ferme les yeux

Je fais un grand détour ou bien je me ferme les yeux

Le Petit Bonheur _ Felix Leclerc

Re: la semaine poétique de Francmot

par Francis1 » 15 nov. 2021 07:25

Merci

Re: la semaine poétique de Francmot

par ChristelleP » 15 nov. 2021 23:38

merci Francis :mercichinois:

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