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Le déni de deuil

par Anonyme01 » 12 Juil 2015 22:03

J'avais fait il y a quelques temps des recherches concernant le déni de deuil. En effet, je me suis demandé pourquoi certaines personnes n'éprouvent aucune émotion lors d'un deuil mais que ces émotions surgissent des semaines voire des mois après, pouvant alors plonger la personne dans un état dépressif ou de grande tristesse. Ce comportement est très mal accepté dans notre société parce que les personnes extérieures ont le ressenti que l'individu n'est nullement affecté par le décès, ce qui n'est évidemment pas le cas. J'ai lu beaucoup de témoignages de personnes se sentant coupables de n'avoir éprouvé aucune émotion au moment même. Il semblerait que l'état de choc soit tellement important pour ces individus que pendant un certain laps de temps, ils n'arrivent pas à réaliser le deuil du défunt, reprenant leur vie dans la plupart des cas comme si de rien n'était.

Cependant, je viens de lire ceci à l'instant sur Wikipédia en faisant une première recherche sur la compulsion de répétotoon. Ce passage relate la deuxième fonction du cerveau (celle de classer en mémoire à long terme les informations sensorielles diurnes), qui est placée sous la deuxième acceptation introduite à partir de 2004 par Jacques Roques à propos de la conception de la compulsion de répétotoon.

Or en cas de choc l’événement traumatique est en attente de retraitement. Dès qu’il se présente à nouveau pour être retraité, il génère aussitôt une réaction des centres de la peur et l’organisme se retrouve en sympathicotonie avec réactivation du comportement traumatique (sidération et éventuellement comportements d’évitement). Le retraitement est interrompu et la même tentative d’inscription mnésique va recommencer.

J'ai trouvé que ce concept développé par Jacques Roques pourrait expliquer pourquoi certaines personnes, qui sont placées en état de choc suite à un événement imprévu comme un décès, ne ressentent dans un premier temps aucune émotion particulière. Dans un second temps, les informations véhiculées par l'événement traumatique vont être classées en mémoire à long terme par le sujet, ce qui peut alors provoquer la résurgence (ou l'apparition) d'émotions post traumatiques.

Voici la source du passage cité : https://fr.wikipedia.org/wiki/Compulsion_de_r%C3%A9p%C3%A9totoon#Conception_psychoneurologique_actuelle

Re: Le déni de deuil

par Benoist Rousseau » 12 Juil 2015 22:27

C'est ce que l'on appelle le retour du refoulé d'où l'intérêt de la psychanalyse pour éviter les pulsions de répétotoons et se sortir de ce cycle répétotof et compulsif.

C'est une défense classique de protection le déni mais il faut le verbaliser assez vite sinon cela peut tourner mal. C'est le refoulement du trauma puis son déplacement (il ressort) qui peut être une dépression mais bien d'autres choses aussi qui ne paraîtraient pas lié de prime à bord. Comme l'apparition de tocs, de conduite "suicidaire" (drogue, vitesse en voiture, surlevier en bourse, anorexie, boulimie...), de problèmes de sommeil, de santé... mais qui sont liés directement à cela. Chacun a une résurgence différente.

Le déni ne touche pas que le deuil il touche toute notre vie.

Sinon pour le classement, c'est l'exemple type du bachelier qui apprend ses cours pour passer le bac. Le bac finit il a tout oublié car il a programmé son cerveau pour que ses apprentissages n'aient que pour fonction passer le bac. Donc une fois l'épreuve passée et réussie, le cerveau tire la chasse d'eau. C'est pour cela que quand on apprend quelque chose il faut lui donner du sens à long terme pour ne pas qu'on oublie, c'est de la programmation de son cerveau et ça marche pas mal. Quelqu'un qui apprend en soufflant et en se disant cela ne me servira à rien ne retiendra pas durablement il a déjà donné l'information à son cerveau de s'en débarrasser. C'est pour cela que les agents secrets sont par exemple capable de décrire un restaurant avec toutes les personnes sans aucun effort, ils ont appris à mémoriser les détails visuels c'est classé comme vital.

Sinon ce concept existe depuis le début du XXeme siècle notamment après la Première guerre mondiale où les psycha ont travaillé énormement sur les traumatismes de guerre et leurs résurgences. Maintenant on appelle cela les chocs post traumatiques etc mais cela fait 100 ans qu'on connaît bien le processus

Re: Le déni de deuil

par Anonyme01 » 12 Juil 2015 22:28

Merci Swing, en effet je me souviens de ton post. On peut notamment voir que cette étape du déni est la première de la courbe, et comme tu le dis, tout le monde ne passe pas par toutes les étapes et chaque individu parcourt le chemin à un rythme différent.

En tous cas, le principe du deuil est passionnant à étudier et peut être, qui plus est, d'une grande utilité dans le trading.

Re: Le déni de deuil

par Anonyme01 » 12 Juil 2015 22:53

En tous cas, je trouve cela surprenant de voir les multiples implications qu'un traumatisme peut avoir sur notre vie des années durant. Je n'ai qu'une envie, c'est d'en apprendre davantage sur le sujet :-)

En ce qui concerne le fait de stocker les informations, j'ai toujours été étonné de constater que je retiens mieux certaines informations en les lisant une seule fois que d'autres en les étudiant à trois reprises.

Re: Le déni de deuil

par Benoist Rousseau » 12 Juil 2015 22:59

Inscris toi en fac de psychologie ça va t'intéresser. Tu n'imaginez pas les traumatismes d'enfance refoulés comme cela à une implication dans la vie des adultes dans leur façon d'être etc. Les hommes politiques par exemple ont tous un schéma identique, il est très facile de voir que Sarkozy a souffert de l'absence du nom du Père, il ne fait que des rappels à la Loi dans ses discours et attitudes, il augmente les lois, il a été avocat, c'est typique d'une enfance sans père symbolique, il en souffre toujours et cela ne va pas s'arranger. On ne naît pas jaloux, envieux... Ce sont juste des traumas mal cicatricés, des conflits psychiques que les adultes rejouent toute leur vie... Idem pour la personne arriviste, la personne qui veut toujours consommer etc c'est très simple à savoir d'où ça vient d'où vient leur besoin de reconnaissance, la peur du manque etc. Quand tu es passionné par la psycha tu arrives à savoir comment les gens vont réagir ou du moins ce qui se joue. En lisant les écrits de gens sur le forum on arrive très bien à voir les structures psycha sans grand soucis et à deviner pas mal de chose sur leur enfance, tu les vois venir quand ils cherchent le clash avant même qu'ils ne s'en rendent compte, tu repères les logiques de répétotoon, il y a des gens sur le forum qui tradent toujours très bien et boum le vendredi perdent tout etc. S'ils ne travaillent pas leur psycho, ils échoueront toujours le vendredi ;) les gens sont souvent très transparents tu vois en eux très facilement.

Je ne cesse de dire que le trading c'est 90% psychologique on le voit chaque jour sur le forum. Donc ouvrir un bouquin de psycho, aller voir un psycha sera bien plus efficace pour gagner de l'argent en bourse que tout le reste. Mais cela il faut déjà l'accepter c'est plus facile de trouver un bouc émissaire ou un problème de méthode. Beaucoup déni l'importance de la psycho dans leurs résultats en trading (et le trading n'est que la surface de l'iceberg) car c'est plus facile pour l'ego. Le déni de deuil n'est qu'un exemple parmi d'autres. On dénie tous les jours c'est plus ou moins important.

Re: Le déni de deuil

par Anonyme01 » 12 Juil 2015 23:35

Je viens de lire un article expliquant en détail le rôle d'une psychanalyse, comment cela se déroule, etc. Je dois bien avouer que je suis attiré par tout cela, j'ai l'envie de comprendre pourquoi j'adopte tel comportement face à telle situation. De plus, moi qui suis stressé, angoissé et compulsif au quotidien, je pense que cela ne pourrait me faire que du bien.

Cependant, une analyse a un coût certain, coût nécessaire au bon déroulement de l'analyse d'ailleurs. Pour l'instant, je n'ai pas les moyens d'en entreprendre une. Je vais dans un premier temps apprendre les concepts psychanalytiques et la théorie. Après, peut-être entreprendrai-je une analyse.

En tous cas, merci pour cette discussion :-)

Re: Le déni de deuil

par Benoist Rousseau » 13 Juil 2015 00:34

Le livre Les 7 concepts cruciaux de la psychanalyse de Nasio est un bon début. Livre pédagogiques et adapté aux débutants tu vas découvrir la forclusion la castration la sublimation etc. Ce sont les bases à maîtriser.

Re: Le déni de deuil

par chad » 13 Juil 2015 07:01

Pseudo effacé à la demande de l'internaute a écrit:Cependant, une analyse a un coût certain, coût nécessaire au bon déroulement de l'analyse d'ailleurs. Pour l'instant, je n'ai pas les moyens d'en entreprendre une. Je vais dans un premier temps apprendre les concepts psychanalytiques et la théorie. Après, peut-être entreprendrai-je une analyse.


A ton age Samuel, j'étais dans une association qui me nourrissait et me logeait, tout les gars de cette association devait voir un psy, payé par l'assoc', 2 fois par semaine, j'avais pas le choix si je voulais rester dans l'assoc,

je ne ressentais pas le besoin d'en voir un, mais finalement j'ai eu le droit à un an et demi de psy gratuit (que j'ai choisi parmi 3) ;

et bien au final si le psy est bon je pense que cela peut etre benefique à chacun , sans parler de psychanalyse et remonter dans l'enfance, etc, rien que le fait de parler à quelqu'un qui n'est pas impliqué émotionnellement c'est super, (car les amis, la familles, sont forcement impliqués quand tu leur parles, alors que le psy non);

au final si j'ai passé mon permis c'est grace à lui ,entre autres, il était très motivant pour moi (la motivation un de mes gros problèmes) et il ne me jugeait pas c'est très important; et le fait d'exterioriser ces problèmes quotidiens est très sain (meme si on passe pas par un psy), meme vital,

Après je pense aussi qu'un mauvais psy peut retourner le cerveau et faire plus de mal que de bien , mais bon...

Allez = exteriorisez les gars , :P :P

Re: Le déni de deuil

par chad » 13 Juil 2015 07:09

Au final la sécu ferait des économies à rembourser les psys ça éviterait les kilometres de prescriptions d'anti-depresseurs et compagnie que font les généralistes car souvent impuissants ; et on est champions en France des prescriptions.

Ah non on est plus champion, on doit compenser avec les drogues et alcool?..

http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-la-france-perd-son-titre-de-champion-des-antidepresseurs-_11879.html

Re: Le déni de deuil

par Epitaf » 13 Juil 2015 08:34

Expérience personnelle : j'ai appris au téléphone que mon père était en train de mourir ( coma profond, pronostic vital engagé, il lui restait quelques heures alors que la veille je l'ai eu au téléphone, rien ne présageait une telle fin ) j'ai bien écouté au téléphone, je me vois encore comprendre la gravité de la situation, pourtant j'ai mis 45mn à prendre une décision. Je me revois faire les 100 pas sans que mon cerveau ne soit capable de quoi que ce soit.

Une autre expérience : j'ai appris une nouvelle plutôt grave par mail, je me souviens avoir lu, compris, avoir appelé quelqu'un, et lors de ma conversation téléphonique, j'ai "perdu" de ma mémoire les 5 dernières minutes, je ne me souvenais plus du mail, juste un souvenir de gravité.

Pour le cerveau il avait une solution toute trouvée pour gérer la situation sans créer de trauma, hop poubelle le souvenir, sacrément efficace ^^

Sujet passionnant le cerveau, je suis fan du sujet, carrément epistemophilien :p

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