Delirium tremens... the least.
Alors, pas question d'évoquer le cas des pratiques mafieuses liées au transport
de "liquides" issus
de régions géographiquement étrangères au terroir
de base.
Pas question non plus
de dénoncer ces margoulins, ces salauds, qui se procurent à l'étranger des produits illicites, dévalorisant ainsi le travail
de leurs propres collègues vignerons.
Dommage, c'est fait maintenant.
Bon, tout le monde sait que la vinification dépend
de la qualité du travail précédant celle-ci.
De la méthode du vigneron,
de celle du vendangeur,
de la qualité
de l'encuvage dépend la qualité du moût;
de cette dernière dépend la fermentation et des additifs "nécessaires".
Tout vin contient des sulfites. ceci est bien un phénomène naturel.
Ce qui est discutable, c'est l'ajout
de sulfites... et ce, parfois, dans des quantités loin d'être anodines pour la santé.
On a vu que les blancs en contiennent plus, pour faciliter la conservation entre autre mais aussi pour rendre consommables certaines vendanges..
A ce propos, on peut considérer qu'au bout
de 10 ans, le danger des sulfites a quasi disparu
de la bouteille.
Une bouteille conventionnelle
de cet âge-là environ (qu'elle soit rouge, rosé ou blanc) pourra être considérée comme inoffensive (
sur ce plan-là seulement).
Ceci explique partiellement la qualité des vins dits "
de garde".
Perso, je consomme du bio jeune (blanc ou rouge) et laisse mûrir une certaine quantité
de grands crûs rouges conventionnels au moins pendant 10 ans. J'en ai
de bien plus vieux qui tiennent toujours la route. Le blanc, je ne le garde pas.
Alors, pourquoi surdose-t-on?
C'est une pratique qui épargne
de s'intéresser au vrai travail du vigneron, au reste, à l'essentiel en se focalisant sur la fermentation.
C'est une pratique qui méprise le consommateur.
Elle facilite la conservation, la stabilité du produit pendant la vinification grâce aux levures, ainsi que le transport, elle protège
de l'oxydation, des moisissures. Elle aide à libérer ces fameux arômes et tanins.
En plus du soufre utilisé pour nettoyer les barriques, soufre qu'on va retrouver dans le pinard,
de la maltraitance endurée par le raisin lors du passage
de la machine à vendanger (d'où l'avantage
de le cueillette manuelle... un
de mes vignerons préférés faisant même du grappe par grappe sur une parcelle pour se réserver une excellente "tardive") les sulfites aident à contrôler ainsi une vendange bâclée ou un moût
de mauvaise qualité.
Alors, après une vendange massacreuse, les sulfites permettent
de maîtriser une fermentation aléatoire quant à sa vitesse, contrôlant ainsi la fermentation malo .
Bon, on va terminer par une sorte
de litanie des pratiques plus ou moins tolérables des viticulteurs médiocres.
Ceci n'est que mon avis.
- Le soufre hyperdosé pour pallier à l'état d'un moût défaillant, c'est à dire au mauvais travail effectué en amont
de l'encuvage.
- Le sucre ajouté (chaptalisation autorisée dans certaines régions sous certaines conditions - Alsace, Bourgogne par exemple... oui, mais...).
- Les levures industrielles car il existe des levures indigènes.
- Les activateurs pour accélérer la fermentation alcoolique.
- Le collage intempestif qui débarrasse du surplus d'impuretés post-vendange offrant
de la limpidité au liquide mais cela enlève en même temps certains caractères taniques et pigments... d'où les dépôts dans certaines bouteilles qui ne sont donc pas un défaut
de qualité.
- Suite au collage, l'ajout
de tanin en poudre. On enlève donc d'un côté et on rajoute
de l'autre.
- L'ajout
de copeaux (alors que ce goût boisé peut s'obtenir en renouvelant plus rapidement ses barriques).
- les désacidifiants.
- La glycérine pour rendre le vin onctueux.
- La micro-oxygénation pour rendre le vin gouleyant.
- etc... etc... (trituration, charbon...)...
Beaucoup
de pratiques liées, le plus souvent, à la mauvaise qualité du travail déjà réalisé.
Une véritable chimie, cette vinification.
"Et après? Moi, je l'aime bien, mon vin."
Oui, mais il n'y a pas que le goût et l'aspect.
Avant, il y a le sol; l'environnement, flore et faune, la santé du vigneron et des consommateurs.
Chacun est libre et responsable
de défendre l'agriculture qui l'intéresse à travers la qualité
de ses achats, qu'on se procure des tomates, des fraises, des pommes (plus
de 20 intrants annuels dans les vergers!)... ou du vin.
De surcroît, vu que "Où l'hôtesse est belle , le vin est bon." (Jean Lebon), on n'est quand même pas obligé
de s'empoisonner à petites doses ni
de pourrir la vie des "future générécheun" comme disait Cousteau.
Voilà ma p'tite diatribe déversée.
Elle avait pour but d'aider à valoriser les bons viticulteurs du tout-venant.
Le vin étant un lubrifiant social (J. Clavel), on va passer du côté baroque
de la musique

[youtube]https://youtu.be/qAGYhAYcgxU[/youtube]
S'il subsiste des erreurs ou des mensonges dans mon texte, je serai prêt :roll: à le rectifier... si la preuve du contraire est apportée évidemment.
