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la semaine poétique de Zaco

par ChristelleP » 10 juil. 2022 23:04

Je vous retrouve avec un très grand plaisir cette semaine pour les ouvertures de files.
Cette semaine, j'ai choisi de partager avec vous 5 poésies qui ont marqué ma jeunesse étudiante et que j'ai gardées en mémoire tellement je les trouve belles et profondes de sens. Je vous les présenterai dans mon ordre croissant de préférence et me contenterai simplement des textes originaux, sans autre commentaire et fioritures. Je les introduirai par de petits résumés (bien souvent issu du web) des contextes dans lesquels ces poèmes ont été écrits.

Nous commençons avec Arthur Rimbaud et son poème Le Dormeur du Val.

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Arthur Rimbaud.PNG (50.44 Kio) Consulté 89 fois

Le poème « Le dormeur du val » est extrait du recueil Poésies écrit en 1870 à l’âge de 16 ans : lors d’une fugue, il traverse des zones dévastées par la guerre Franco-Prussienne en 1870. L’horreur de la guerre a inspiré ce sonnet, composé de deux quatrains et deux tercets d’alexandrins.


Le Dormeur du Val


C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.


Arthur RIMBAUD

Re: la semaine poétique de Zaco

par ChristelleP » 10 juil. 2022 23:10

Re: File scalping et day trading du lundi 04 juillet 2022
par Amarantine » 03 juil. 2022 17:14


Merveilleux, formidable ! ce poème m'a aussi terriblement marquée et comme toi, je peux le réciter par coeur et en le relisant à l'instant, j'en frissonne encore.
Merci zaco, une semaine pleine de poésie, c'est un cadeau.

Re: File scalping et day trading du lundi 04 juillet 2022
par Ineedmoney » 04 juil. 2022 07:31


Salut tout le monde ! Merci pour l’open ! Curieux de savoir si il y aura du Baudelaire, c’est l’auteur qui m’a le plus marqué dans sa personnalité. L’art de trouver du beau dans des choses objectivement moche, son spleen etc. On voyait que ça allait pas psychologiquement.

Bon première journée où je vais passer de 20€ le point à 8€ le point. On verra si il y a une différence notable dans la psycho

Re: la semaine poétique de Zaco

par ChristelleP » 10 juil. 2022 23:13

Ce mardi de ma semaine d’ouverture des files marquera notre entrée dans la mélancolie, que nous ne quitterons plus jusqu’à vendredi. J’ai toujours été beaucoup plus touché par ces poèmes emprunts de la mélancolie, parfois même de la profonde tristesse, de leurs auteurs que par des poèmes à connotation plus joyeuse. Je retrouve d’ailleurs cette caractéristique dans de nombreuses œuvres musicales que j’affectionne, quelle que soit leur époque.

Aujourd’hui je veux parler de Joachim du Bellay et son célèbre poème Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage

Joachim du Bellay.jpeg
Joachim du Bellay.jpeg (17.67 Kio) Consulté 86 fois

Ce poème est le plus célèbre de Du Bellay. D’abord enthousiaste à l’idée d’accompagner son cousin, cardinal, à la cour de Rome, le poète déchante bien vite et souffre du mal du pays. Il y restera sept ans, de 1550 à 1557 avant de rentrer chez lui, à Liré, pour cause de maladie. Il décédera trois ans plus tard, en 1560, à sa tablede travail.


Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage


Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la douceur angevine.


Joachim Du Bellay

Re: la semaine poétique de Zaco

par ChristelleP » 10 juil. 2022 23:30

Re: File CAC du Mardi 05 Juillet 2022
par niki44 » 04 juil. 2022 20:31


Merci Zaco
Je ne savais même pas que Joachim du Bellay était du Maine et Loire
Cela me fera un but pour une visite prochaine, c’est tout près de chez moi ;) le pire c’est que j’y passe en vtt dans ce coin là :oops:
Spoiler:
Le musée Joachim-Du-Bellay est un musée culturel situé à Liré, sur la commune d'Orée d'Anjou en Maine-et-Loire. Il est dédié au poète angevin Joachim du Bellay. Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage.

Re: la semaine poétique de Zaco

par ChristelleP » 10 juil. 2022 23:33

Bonjour à toutes et à tous,

Après le mal du pays de Joachim du Bellay, je vous propose le mal de l’Amour et du temps qui passe de Guillaume Apollinaire.

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Guillaume Apollinaire.jpg (12.84 Kio) Consulté 81 fois

Le poème Le Pont Mirabeau est un extrait du recueil Alcools paru en 1913. Apollinaire y fait allusion à sa rupture avec Marie Laurencin, une peintre avec qui il eut une liaison, et au-delà évoque la fuite du temps semblable à l’eau qui s’en va. L’eau est un thème romantique et lyrique qui renvoie au passage du temps et à la fuite de l’amour.


Le Pont Mirabeau


Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure


Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913


Re: la semaine poétique de Zaco

par ChristelleP » 10 juil. 2022 23:37

Re: File scalping et day trading du mercredi 06 Juillet 2022
par Benoist Rousseau » 05 juil. 2022 22:39

Merci pour cette poésie que tu apportes autour de toi

Re: File scalping et day trading du mercredi 06 Juillet 2022
par Amarantine » 05 juil. 2022 22:52


Merci zaco, celui-ci aussi je le connais par cœur.

Re: la semaine poétique de Zaco

par ChristelleP » 10 juil. 2022 23:46

Je ne pourrais vous parler de poésie sans parler du GRAND Homme que Futures Victor HUGO et d’une de ses œuvres sans doute les plus touchantes : Demain dès l’aube. Je trouve que l’on ressent parfaitement l’immense tristesse et la grande solitude dans laquelle Victor Hugo s’est retrouvé plongé à la mort de sa fille Léopoldine. Un grand classique, là aussi...

Victor Hugo.jpg
Victor Hugo.jpg (12.7 Kio) Consulté 75 fois

Le poème « Demain dès l’aube » Futures publié dans Les Contemplations. À la lumière des événements qui ont marqué la vie de l’auteur, on comprend que ce poème est autobiographique et que Victor Hugo s’y adresse à sa fille Léopoldine, disparue quatre ans plus tôt, et dont il commémore la mort dans un pèlerinage annuel entre Le Havre et Villequier, le village de Normandie où elle s’est noyée accidentellement avec son mari, et où elle est enterrée. Victor Hugo allait sur sa tombe tous les jeudis.


Demain, dès l’aube…l


Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.


Victor Hugo, extrait du recueil «Les Contemplations» (1856)

Re: la semaine poétique de Zaco

par ChristelleP » 10 juil. 2022 23:48

Re: File scalping et day trading du jeudi 07 Juillet 2022
par niki44 » 06 juil. 2022 22:26


Merci Zaco

Si je peux me permettre et étant originaire de la région de Villequier, je vous recommande ce documentaire sur la mort tragique de Léopoldine.

Label Histoire : Victor Hugo aurait-il pu sauver sa fille Léopoldine?

Re: la semaine poétique de Zaco

par ChristelleP » 10 juil. 2022 23:49

Re: File scalping et day trading du jeudi 07 Juillet 2022
par Armindo33 » 06 juil. 2022 23:01


Zaco merci pour ton open.
J'espère ne jamais avoir à traverser cette épreuve, vraiment...
À demain en forme

Re: File scalping et day trading du jeudi 07 Juillet 2022
par thierry21 » 07 juil. 2022 08:28


bonjour a tous, merci pour l open et le GMT.
footing fait, speciale dedicace a Louis

Re: la semaine poétique de Zaco

par ChristelleP » 11 juil. 2022 00:04

Je termine cette semaine d’ouverture avec mon poème préféré, pour l'une de ses métaphores et son vers devenu une célèbre maxime. Ce vers que bon nombre d’entre vous connait certainement, mais dont l’origine est peut-être moins évidente.
Je vous propose donc ce magnifique poème d’Alphonse de Lamartine, L’isolement.

Alphonse de Lamartine.png
Alphonse de Lamartine.png (90.35 Kio) Consulté 70 fois

L'isolement est un poème célèbre d'Alphonse de Lamartine paru dans le recueil Méditations poétiques (1820). Dans ces 13 quatrains en alexandrins aux rimes croisées, il évoque son chagrin, son mal de vivre et sa mélancolie suite au décès de son amante, Julie Charles, emportée par la tuberculose.


L’isolement


Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici, gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur ;
Là, le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l’étoile du soir se lève dans l’azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon,
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l’horizon.

Cependant, s’élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs,
Le voyageur s’arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N’éprouve devant eux ni charme ni transports,
Je contemple la terre ainsi qu’une ombre errante :
Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l’immense étendue,
Et je dis : « Nulle part le bonheur ne m’attend. »

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.

Que le tour du soleil ou commence ou s’achève,
D’un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu’il se couche ou se lève,
Qu’importe le soleil ? je n’attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts ;
Je ne désire rien de tout ce qu’il éclaire,
Je ne demande rien à l’immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d’autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j’ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m’enivrerais à la source où j’aspire ;
Là, je retrouverais et l’espoir et l’amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n’a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puis-je, porté sur le char de l’Aurore,
Vague objet de mes vœux, m’élancer jusqu’à toi !
Sur la terre d’exil pourquoi restè-je encore ?
Il n’est rien de commun entre la terre et moi.

Quand la feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s’élève et l’arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !


Alphonse de Lamartine, Méditations poétiques


C’est ainsi que s’achève ma semaine d’ouverture, j’espère avoir ravivé votre mémoire de ces textes que vous avez probablement déjà croisés, ou au contraire avoir attisé votre curiosité pour aller en découvrir tant d’autres dans la mémoire de nos Lumières Françaises !
J’ai quant à moi pris à nouveau un immense plaisir à vous partager des choses que j’aime profondément.

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