Décembre 2004. Le tsunami dévaste les côtes de l'océan Indien. Sur le littoral kényan, un bébé hippopotame d'environ un an est retrouvé seul, épuisé et déshydraté, séparé de son troupeau par les flots. Les secouristes le baptisent Owen et le transfèrent dans un sanctuaire de Mombasa, le Haller Park.
C'est là que se noue l'une des amitiés les plus improbables du règne animal. À peine arrivé, le jeune hippo se dirige vers un pensionnaire aussi massif que placide : Mzee, une tortue géante d'Aldabra, mâle, âgée d'environ 130 ans. Owen se blottit contre elle, comme il l'aurait fait contre sa mère.
Contre toute attente, la tortue, réputée solitaire, accepte. Les deux animaux deviennent inséparables. Ils mangent côte à côte, nagent ensemble, dorment collés l'un à l'autre. Owen suit Mzee partout, et la tortue, d'ordinaire farouche, se laisse faire et répond même à ses sollicitations. Les soigneurs, stupéfaits, observent une forme de communication entre eux, faite de sons et de petits gestes.
L'histoire fait le tour du monde. Photos, documentaires, livres pour enfants : Owen et Mzee deviennent le symbole universel de l'amitié qui ignore les espèces, l'âge et la logique.
Avec le temps, Owen a grandi et pris des centaines de kilos, au point qu'il a fallu, pour la sécurité de tous, le rapprocher d'une compagne de son espèce. Mais l'image reste gravée : celle d'un orphelin rescapé de l'une des pires catastrophes naturelles du siècle, qui a trouvé du réconfort auprès d'une vieille tortue de 130 ans. La preuve que, parfois, le lien le plus fort naît là où personne ne l'attend.
