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la dissuasion nucléaire présentée par Noob

par ChristelleP » 28 févr. 2022 01:47

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Pour faire suite à l’open sur l’aviation embarquée moderne, voici un second volet qui va traiter de deux composantes encore moins connues.

Les avions de patrouille maritime de la marine nationale ainsi que la sous marinade, les SNLE et SNA, nous n’allons

Nous n’allons pas mettre une fiche descriptive et raconter l’historique basique, pour cela il vous suffit d’aller sur le net il y a de quoi faire. Ici nous allons tenter d’aller un peu plus loin dans la technique.

J’attire votre attention sur fait qu’il y a une forte proportion de femmes pilotes dans cette catégorie, et ça c’est top !

Je précise que je n’ai pas d’expertise directe dans la Patmar mais j’ai travaillé avec eux. Concernant la sous marinade, c’est un sujet qui me passionne depuis toujours et j’ai eu plusieurs occasions de m’informer et d’échanger.

LA SURMAR / PATMAR
Surveillance et patrouille maritime

L’Atlantique 2 est un appareil ancien qui a depuis toujours été utilisé par la marine pour la patrouille et surveillance maritime. Il est le successeur de l’ATL 1. A ce jour il ne cesse d’être modernisé car il est indispensable à la mise en œuvre de la dissuasion nucléaire ainsi qu’au contrôle de nos approches maritimes.
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Perso l’ATL2 je le vois un peu comme une grosse caisse à outils bien fournie qui est capable de voler longtemps à un régime patrouille (18h) en moyenne et basse altitude.
Il est truffé de capteurs comme des radars de recherche de surface, des capteurs passifs pour le renseignement électromagnétique ainsi que des observateurs physiques qui peuvent avoir des rôles d’une importance vitale.

Alors on va commencer avec le premier capteur essentiel et vital. La vue des opérateurs.

L’ATL2 peut être utilisé pour le sauvetage en mer. N’importe quel appareil de la marine nationale en vol dans un secteur peut être dérouté par le CROSS local (centre de coordination des secours) afin de participer à un sauvetage.
Un chalutier en train de couler, un démâtage de voilier en condition de mer formée etc.

Après réception du message de détresse, l’ATL va mettre le cap sur le point GPS de la crise. Ce point peut également être déterminé par triangulation (quelques fois) grâce aux différentes stations de la marine présents sur la côte (les sémaphores)

Entre temps, le vent et le courant va faire évoluer la position du ou des naufragés.
Un voilier par exemple, dans une mer formée est difficilement repérable au radar.

La procédure veut qu’une recherche radar soit faite, faut tenter sa chance. En cas d’échec, le dernier points GPS fait office de référence pour la « roue de vélo » par temps calme avec peu de courant.
Le système le plus efficace est de partir du point central et dessiner une rosace. La limite du diamètre de la rosace correspond à une dérive estimée par rapport au vent et courant multiplié par deux (marge de sécu)
Cette rosace est mise à jour régulièrement et forcément le diamètre augmente…

C’est dans cette phase des recherches que les observateurs à bord deviennent les principaux capteurs de l’appareil.
S’il n’y a aucun contact radar, pas de débris à la surface, aucun liquide de propulsion il est possible que l’embarcation ai coulée.
Maintenant il faut s’assurer qu’il n’y a aucun membre d’équipage à la mer. Si ces derniers ont réussi à lancer un appel de détresse nous pouvons penser qu’ils ont peut-être réussis à évacuer.

Dans une mer même moyennement formée, repérer quelqu’un relève du défi. Aucun appareil n’est plus performant que l’œil humain, et surtout l’expertise des opérateurs fidélisés à ces postes.

Un timing de limite des recherches va également être déterminé en fonction de la température de l’eau. De mémoire, une eau à 1-2 degrés correspond à 10 minutes de temps de survie. OK cas extrême je l’admet.

La rosace va être décrite et disons qu’au bout d’une heure par chance un naufragé est repéré par les observateurs.

A partir de maintenant, tout est calé, le plus difficile a été fait pour l’ATL2. Simple application des procédures.
Au premier contact visuel, un relevé gps est fait.
L’appareil va venir se présenter face au vent dans l’axe de la position du naufragé et larguer une sorte de gros fumigène.
Ce dernier permet de facilite l’acquisition visuelle pour le reste des opérations car l’avion toujours en vol ne peut faire un stationnaire contrairement à un hélico. (Je précise on ne sait jamais 😊)

Un second passage va être effectué afin de valider la bonne proximité du fumigène et du naufragé. Si c’est le cas, l’équipage prépare le largage d’une chaîne sar (search and rescue)
Cette chaîne en fait c’est un canot de sauvetage qui va se gonfler automatiquement une fois dans l’eau. A l’intérieur il y a du matériel de sauvetage quelques vivres etc.
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La présentation de largage va également être faite face au vent. Le gros challenge pour les pilotes, est d’être précis, mais pas trop. Il ne s’agit pas d’une attaque air mer et impacter le naufragé avec la chaîne sar est un échèc 😊

Ici l’expertise pilote est balaise, prendre en compte le vent, la houle, la position du naufragé, larguer la C sar de manière à ce que cette dernière dérive jusqu’au client. Cela est important car le naufragé peut et est forcément épuisé et n’aura probablement pas la force de nager, ou rattraper la sar qui dérive…
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Une fois la chaîne larguée, l’appareil fait son compte rendu et reste en surveillance du canot. Il tente d’établir un contact radio (radio dans la chaîne)
Au préalable, un hélico de sauvetage en mer a été commandé afin de procéder à l’hélitreuillage.

J’ai toujours trouvé cette mission d’une noblesse extrême, et lorsque j’ai eu l’occasion d’échanger avec des équipages j’ai été surpris de l’extrême technicité requise (pour un simple sauvetage)
J’ai eu l’occasion et la chance d’avoir de longues explications sur l ATL2 par un équipage de conduite (pilotes) totalement féminin ! et Oui la classe !

Il faut être lucide, l’appareil n’est pas que là pour enfiler des perles… C’est avant tout un appareil de combat en mer, quelques fois même au-dessus du désert.

Le blanchiment de zones est l’une des missions de la SURMAR.
Lorsque la marine procède, par exemple, ou tout simplement le centre d’essais des Landes, à un tir de missile, de fusée, ou n’importe quel test, une zone, un volume est bloqué.
Toute navigation, tout vol y sera interdit.
Avant d’interdire le volume aérien il faut faire un blanchiment de zone c’est-à-dire vérifier qu’aucun bateau ne soit présent dans la zone.

Les capteurs de la bête :
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La vue, déjà abordé.

Radar air-mer, spécialement optimisé pour la recherche en mer. Optimisé car en fonction de la houle le système réduit les faux échos et permet certains réglages.

Plusieurs antennes et capteurs passifs pour le renseignement électromagnétique, là-dessus je ne suis pas calé.

Un MAD, détecteur d’anomalie magnétique.
Le Mad c’est cette sorte de tige qui dépasse de l’arrière de l’avion. Ce capteur permet de détecter la moindre anomalie du champ magnétique terrestre.
Le champ magnétique terrestre est globalement constant dans une zone. Si on survol une épave contenant une certaine quantité de métal cette dernière va perturber le signal renvoyé et marquer une détection sous-marine.

En gros… c’est un peu le contraire du radar, ici nous recevons en continu le signal du champ magnétique terrestre. La moindre masse métallique perturbe le signal et c’est cela que le MAD va capter.
Cela demande de voler bas, à une centaine de mètres mais je n’en suis plus certain.

Heureusement qu’il n’y a pas que les deux pilotes pour gérer tout cela, il y a tout un équipage à l’arrière dans la cellule technique, une dizaine d’opérateurs chacun dans leur domaine de compétence.

Quand le Mad capte un signal, il faut lever le doute, épave / sous-marin. Heureusement il y a une cartographie des épaves, cela permet de voir des SM partout !
La position du contact est relevée et l’avion va faire plusieurs passages afin de voir si ce contact se déplace ou non… Très logique.

Si ce contact ce déplace, ca devient tactiquement intéressant. Car toutes les options sont sur la table. C’est un sous-marin ok, mais de quel pays ? quel modèle, sous-marin d’attaque ? ou lanceur d’engins ?

Emport de la charge marchande (l’armement)

La panoplie contient le missile Exocet, AM39, AM pour air-mer. Exocet c’est le nom d’un petit oiseau marin. Pour plus de détails, il faut aller voir l’open sur l’aviation de chasse embarquée.
L’emport est de deux munitions.

L’ATL2 contrairement à un rafale ou super étendard ne va pas pouvoir faire une attaque ultra rapide et se rapprocher. Vu sa faible manœuvrabilité il va privilégier de tirer à longue distance, au maximum de la portée du missile.

4 Torpilles peuvent être en plus embarquées en plus des missiles. Ce sont des MU90 dont le but premier est de détruire des sous-marins.
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Utilisation de l’ATL2 dans le désert !
Dans le cadre d’Opex dans les zones type Mali Niger etc les marins sont arrivés à la conclusion suivante. Vu que le désert c’est globalement tout plat un peu comme la mer, si on faisait quelques essais avec l’ATL2 l’histoire de voir s’il est possible de détecter des convois de véhicule ?

Bien ça marche super bien. Du coup les soutes de l’appareil ont été modifiées pour emporter jusqu’à 4 bombes à guidage laser. Un dispositif de désignation de cible laser peut également être embarqué.


Comment un avion peut trouver un sous-marin ??

La détection

Nous venons de voir plus haut le Mad qui permet une détection.

Il est également possible de détecter un sous-marin visuellement. Ce dernier s’il est proche de la surface, précisément à l’immersion périscopique il peut être visible si la mer est très calme et en fonction de la lumière du soleil. Mais il faut avoir l’œil.
Mais le top c’est de voir les aériens du sous-marin. C’est l’ensemble de tout ce que le SM peut sortir pour faire du renseignement ou transmettre. Antenne radio, mât radar, périscope de veille, périscope d’attaque, mât ESM (capteur électromagnétique) etc tous ceux que je ne connais pas LOL

Les bouées sonar constituent le meilleur ami d’un PATMAR et la grosse galère pour le SM.

2 options, soit le sous-marin a dans un premier temps un contact au MAD et passe ensuite sur une recherche par bouées, soit il fait une détection en larguant des bouées. Pas n’importe comment, il fait un quadrillage bien tactique.

Une bouée acoustique est un gros tube à flottaison positive. Elle est larguée par l’avion, ralentie par un petit parachute et une fois dans l’eau elle déploie une antenne radio qui va lui permettre de transmettre les infos à l’avion et sa cellule tactique à l’arrière. Les bouées on des sonars, passif et ou actifs.
Le sonar c’est comme un radar, une onde sonore est envoyée dans toute les directions et on attend le retour c’est le fameux ping comme dans les films. Ça c’est le mode actif, on émet. Le mode passif, c’est simple c’est un simple hydrophone qui ne fait qu’écouter.

Il existe (dans la limite de mes connaissances et souvenirs) plusieurs types de bouées.
Les DICAS – DIFAR – VLAD – bathymétriques
Franchement entre DICAS DICAR je sais plus trop, mais l’une d’entre elles.
Cool en complétant des infos dans le paragraphe plus haut j’ai eu le déclic, c’est un peu revenu dans les grandes lignes.
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Les DICAS, utilisent le mode actif, émission d’un ping qui va donner la distance et le relèvement par rapport à la bouée. Mais pas la profondeur !
Les DIFAR c’est de l’actif et du passif.

Les VLAD, c’est le top top, c’est que du passif, mais d’une très grande sensibilité, elle s’utilisent dans des environnement marin bruyants ou par mer formée.

De mémoire à l’époque j’avais entendu dire qu’en gros une bouée basique c’était 4000 euros (160 pts Dax full)

Les bouée Bathymétriques vont permettre de faire un relevé de la température de l’eau, la salinité, ainsi que déterminer la couche thermique en profondeur, la thermocline. Pour la thermocline on y reviendra dans la partie sous-marin et tactiques, c’est intéressant, très tactique, perso j’adore c’est passionnant. 😊


Disons que nous partons d’un contact au MAD.
L’avion confirme que le contact est en déplacement. Il faut identifier et classer ce contact.
Dans un esprit tactique l’avion va faire en sorte de ne jamais montrer au SM qu’il a été détecté.
Certains systèmes sonars modernes permettent de détecter un avion passant en très basse altitude. Un sonar c’est de la très haut technologie et hautement classifié…
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L’ATL2 va maintenant larguer une bouée DIFAR, juste pour écouter et une BT, bathymétrique pour analyse l’environnement.
La bouée une fois déployée commence à transmettre un signal audio à l’avion. Ce signal est matérialisé sur un écran, une fréquence de ce bruit peut être déterminée ce qui va aider à la classer le contact. L’opérateur sonar a une formation lui permettant d’identifier dans les grandes lignes le contact. Au besoin il est possible d’envoyer de la data à terre pour expertise en temps réel. On y reviendra dans la partie SM.


Demain un peu plus de tactique anti sous marine avec l'ATL 2 :top:

Re: la dissuasion nucléaire présentée par Noob

par ChristelleP » 28 févr. 2022 02:20

Re: File scalping et day trading du lundi 21 Février 2022
par niki44 » 20 févr. 2022 20:12


Bon appétit et merci à Noob
ATL2 je ne connaissais pas et je me suis demandé d'où venait cet avion. En allant voir sur internet j'ai compris que c'était le Bréguet des années 60 revu et modernisé par Dassault ;)
https://www.defense.gouv.fr/marine/equipements/aeronefs/patsimar/atlantique-2-atl-2

Noob75 » 20:14

Un projet d'ATL3 devait voir le jour il y a bien des années.
Faute de budgetos, le 2 est perpétuellement mis à jour...

Niki, sinon tu as le Bréguet Alizé ! qui lui appontait

khubiwinch » 21:25

Hmmmm Benoist
Merci Noob ! Hyper intéressant, je sais que certains de les collègues ont tiré au profit de cibles détectés par ATL2 et là où je suis c'est le falcon 50 qu'on a pour les narcops en coopération avec les Sénégalais.

Re: la dissuasion nucléaire présentée par Noob

par ChristelleP » 28 févr. 2022 02:21

la suite demain :)

Re: la dissuasion nucléaire présentée par Noob

par Francis1 » 28 févr. 2022 07:49

Merci

Re: la dissuasion nucléaire présentée par Noob

par ChristelleP » 28 févr. 2022 10:12

merci Francis :mercichinois:

Re: la dissuasion nucléaire présentée par Noob

par ChristelleP » 01 mars 2022 04:21

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Maintenant que nous sommes certains qu’il y bien un sous-marin on va vraiment chercher à savoir qui il est. Il peut être français, mais c’est à nous de le déterminer. En effet l’activité des sous-marins fait également l’objet d’un haut niveau de classification et très peu de personnes connaissent les zones de déploiement des SM.

Pour classer le contact ils vont balancer une VLAD. Le but va être de la placer au plus proche du contact.
La DIFAR, passive, nous donne juste une direction, mais pas la distance. Donc à partir de la position connue de la bouée une droite est tracée. L’avion va faire un passage dans l’axe de cette droit jusqu’à avoir le contact MAD et la VLAD est larguée.
Très puissante de par ses capteurs, elle va permettre une sensibilité d’écoute bien plus importante et il sera possible d’identifier le SM, le pays, le type, même son nom s’il a une caractéristique acoustique répertoriée et audible 😊

Bien entendu, l’état-major est informé en temps réel et les ordres suivront.
Si le sous-marin est un français, RAS, qu’il fasse sa vie et garde ses secrets. S’il ne vient pas de chez nous c’est différent.
Ce qu’il faut bien intégrer, c’est que dans le monde des sous-marins il n’y a pas d’alliés. Tout le monde espionne tout le monde. C’est un club très fermé avec un fond d’hypocrisie très élevée…
En surface nous sommes alliés avec par exemple les USA ou les Anglais, mais leurs SM viennent faire du renseignement au plus près de nos côtes. Et nous faisons la même chose. Quand il y a une collision entre deux sous-marins c’est secret défense quoi qu’il arrive donc même si un SM a coulé rien ou presque rien ne sortira.
Par exemple si un US et un Russe entre en collision et que l’un des deux coules, ou même les deux, et bien une jolie histoire sera publiée. L’enquête déterminera pour l’un à une panne hydraulique ayant bloqué les barres de plongées, ce qui a conduit le SM à imploser passant une certaine immersion…
Pour l’autre ce sera un incendie qui a entraîné la perte du SM etc etc
Il y a eu des dizaines d’incidents, d’accrochages, de nombreux naufrages et à chaque fois les mêmes « histoires »
Durant la guerre froide il y avait un accord tacite entre les deux blocs, tout ce qui est sous l’eau reste sous l’eau.
Vous pouvez faire quelques recherches sur le net c’est énorme le nombre de faits. Je ne vais même pas en développer un ici car je risque de me faire disputer pour open trop long 😊

Si c’est un SM étranger, quoiqu’il arrive il faut savoir ce qu’il fait là. Si c’est un allié, mais qu’il semble s’intéresser de trop près à l’un de nos intérêts un petit flash diplomatique sera rapidement envoyé disant au fait il y a un SM de chez vous qui semble s’être égaré pas trop loin de nos eaux territoriales…
Du peu d’informations que j’ai là-dessus, il se dit qu’assez rapidement l’intru reçoit un message radio de sa base lui indiquant tu es grillé fais toi oublier au large.

L’intru peut aussi appartenir à une puissance étrangère non alliée. Toutes les options sont sur la table. Les ordres peuvent être de le pister, même durant plusieurs jours. L’un de nos sous mains d’attaque SNA peut être envoyé sur zone pour pister l’intru. Durant ce temps, notre activité d’intérêt stratégique va être interrompue ou modifiée le temps de la présence de l’intru.

Difficile de décrire tous les scénarios. Mais il en existe un qui est très agressif et qui peut être mis en place quand l’intru a abusé, est rentré dans nos eaux, ou devient trop dérangeant !
Il va être mis en place une tactique de harcèlement acoustique. L’ATL2 va par exemple envoyer régulièrement des bouées sonar actives qui vont émettre en continu des pings montrant bien que l’intru est bien détecté, identifié et qu’il est indésirable. Le SM a conscience qu’il n’est pas en position de force et que sa mission discrète est un échec.
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Un autre scénario possible :
L’intru est identifié comme étant un sous-marin d’une classe récente sur lequel on manque de renseignement. En fonction des choix militaires / politiques, une phase de renseignement peut être lancée à l’insu du SM. Pourquoi ?

La seule manière d’identifier formellement un SM (sous la mer) c’est l’acoustique… Il n’est possible que de reconnaître les sons qu’on connait déjà, logique.
Donc l’avion va balancer un max de bouées, pour enregistrer le max de son pertinents qui alimenterons les datas de la marine, mais celui qui va vraiment pouvoir faire la meilleure écoute c’est le SNA que nous allons envoyer sur zone. Il a des capteurs surpuissants comparé aux bouées. Lui va passer des jours, voir des semaines pour faire du renseignement.
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Un exemple d’identification et discrimination entre différents sous-marins d’une même classe.
La classe A Futures produite de telle année à telle année et se décline par les SM 1-2-3-4-5.
Nous savons grâce au renseignement que le numéro 2 de cette classe a été victime l’année dernière d’un incendie ayant nécessité le remplacement d’un générateur de vapeur (important dans le cadre de la propulsion nucléaire)
Le nouveau générateur est plus récent de 10 ans par rapport aux autres. La technologie a été améliorée depuis etc.

Et bien cette toute (petite) différence fait un bruit différent qu’il faut enregistrer absolument.

Si nous avons cette information stratégique, en cas de nouvelle rencontre en mer nous pouvons affirmer qu’il s’agit bien de A 2.

Bienvenue dans le monde du renseignement 😊


Comment attaquer un SM par avion ?

Et bien s’il est en surface, on l’attaque comme n’importe quel type de contact surface.
Mais les SM modernes passent la quasi-totalité de leur temps de patrouille en plongée grâce à la propulsion nucléaire. Pas besoin de rentrer dans les détails il y a du contenu sur le net.

Une fois détecté, identifié, si l’ordre tombe, le SM peut être attaqué à la charge de profondeur (appellation moderne de la grenade sous-marine)
Un SNA moderne peut plonger profond, 600 m d’après certaines publications officielles. Sachant que le sonar ne permet pas de donner l’immersion d’un contact il va falloir déterminer la profondeur à laquelle on va programmer la charge…
C’est ici que va intervenir la bouée BT, en fonction des conditions de bathymétrie, l’équipage va déterminer les immersions cohérentes à traiter… Pourquoi ?

Car le SM va avoir tendance à se dissimuler par exemple sous la thermocline (couche frontière entre deux grosses différences de température)
La thermo C fonctionne comme un miroir reflétant les ondes sonar qui viennent du dessus et bloque les bruits se trouvant en dessous assurant donc plus de discrétion au SM.
Pas besoin de trouver le juste prix à 50 – 100 m près une onde de choc sous-marine est beaucoup plus dévastatrice suite à une explosion sous l’eau qu’à l’air libre. Il me semble que le rapport est de l’ordre de 6, ce n’est pas rien.
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Nous pouvons en déduire que la charge de profondeur sera plus pertinente par petits fonds. Dans la manche le fond moyen est à 100 – 150 M, un SM prend toujours de la marge avec le fond pour la sécurité et la surface pour les gros navires ayant 10 – 12 mètres de tirant d’eau, si on règle 50 – 70 M c’est banco sans aucun souci.

La torpille est beaucoup plus efficace par grands fonds, ou condition de fond normale.
Il y a beaucoup de chose à dire sur les torpilles mais on fera cela dans la partie dédiée aux SNA SNLE. Car il y a quelques petites différences.

La MU90, ou les torpilles lancées par avion ou hélicoptère va avoir tendance une fois dans l’eau à décrire un cercle de recherche descendant tout en ayant son sonar en mode actif. Dès qu’un écho est capté, l’affaire est dans le sac. De ce que j’ai toujours entendu dire, la plus grande crainte des sous mariniers ce n’est pas un autre sous-marin ou une frégate ASM mais bien l’hélico ou l’avion de patrouille maritime.

Entre le moment où la torpille va entrer dans l’eau et la destruction du SM il peut n’y avoir que 2 à 3 minutes ne laissant très peu de préavis au SM pour manœuvrer et tenter un évitement.

Ensuite c’est assez simple, qu’il s’agisse d’une charge de profondeur ou d’une torpille, la moindre atteinte à la coque interne (celle dans laquelle vit l’équipage) externe (pour l’aérodynamique) et ce sont plusieurs dizaines de m3 qui s’engouffres à la seconde alourdissant presque instantanément le SM et faussant sa « pesée »


LA PESEE.

Autant en parler de suite.
Vous devez connaître le principe des ballasts d’un sous-marin. En surface il fait sa vie comme un navire de surface. Sa flottabilité repose sur le principe de la poussée d’Archimède.
Pour plonger le sous-marin va ouvrir les purges et soupapes afin de remplir les ballasts. Cette augmentation de la masse va permettre de réduire la poussée d’Archi mais il ne faut pas perdre le contrôle pour autant.

Le SM se retrouve sous la mer et durant toute la descente le chef de quart contrôle et assure le suivi de la pesée au moyen des caisses de réglage.
Ce sont des ballasts mais beaucoup plus petits.
En fonction des membres d’équipage, du matériel, armement quantité de vivre embarqué. Salinité de l’eau, à chaque plongée la pesée est différentes et évolue presque au jour le jour.
L’ajustement de la pesée permet d’assurer une stabilité et une précision dans le maintien des immersions demandées dont la plus importante est l’immersion périscopique.
Le SM doit rester à 12 – 15 mètres d’une manière très constante afin de mettre en œuvre les aériens, périscope etc
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Indispensable que d’établir avec la plus grande précision la pesée d’un sous-marin après son lancement, puis sa mise en service (rajout de matériels etc)


LA PATMAR 2.0
Le P8 Poséidon sur la base d’un B 737-800 (lui je le connais très bien 😊)

C’est une sorte d’ATL2 mais US, et surtout ultra moderne. Il bénéficie en gros des mêmes capteurs et armements, mais sa différence est qu’il est à réaction, est ravitaillable en vol, est conçu pour faire sa patrouille en moyenne altitude (économie de fuel)

Le fait de travailler en moyenne altitude 15 – 20 000 ft fait qu’il est difficilement détectable via les moyens optiques. Le fait de ne pas voler proche de la mer réduit la corrosion au sel marin.
Ce qui en fait un super chasseur de SM.
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Re: la dissuasion nucléaire présentée par Noob

par ChristelleP » 01 mars 2022 04:31

Re: File scalping et day trading du mardi 22 Février 2022
par palladium » 21 févr. 2022 19:23


Merci beaucoup Noob, tes ouvertures sont passionnantes ! :merci:

Est-ce que tu as vu le film le Chant du Loup ? Si oui, est-ce que tu l’as trouvé réaliste?

Noob75 » 19:34

palladium

Salut camarade,

Oui oui vu le film... Hélas très peu réaliste... :(

en revanche ils ont fait de gros efforts sur l'intérieur du PCNO ainsi que les dialogues inter équipage c'est très conforme.
Le reste....

Re: la dissuasion nucléaire présentée par Noob

par ChristelleP » 01 mars 2022 04:31

la suite demain :-)

Re: la dissuasion nucléaire présentée par Noob

par ChristelleP » 07 mars 2022 03:07

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LA DISSUASION SOUS MARINE.

Cette composante est mise en œuvre à partir des SNLE, sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. Les engins ce sont 16 missiles balistiques intercontinentaux à tête indépendantes. No panic on va approfondir et démocratiser tout cela.
Quelque part c’est bien de savoir comment ça marche car nous pouvons tous y être confronté un jour… Faut juste l’espérer très fort.
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SNLE français partant en mission. Juste devant lui une frégate d’escorte, chargée de mettre en place une bulle de protection surface / air / sous-marine.

D’un point de vue strictement théorique ces système d’arme sont justement fait pour ne jamais être employés.
Le principe de dissuader c’est de montrer à l’adversaire que s’il attaque, il subira une riposte tellement forte que son attaque initiale ne sera qu’un non-sens.

Pour que ce système soit crédible, il doit fonctionner. Il doit être précis. Il doit être infaillible. Pour montrer à mes potentiels adversaires que mon système fonctionne, de temps en temps je tire un missile inerte à partir d’un SNLE en plongée au large du centre d’essai des Landes. Cette partie est intéressante, sensible mais stratégiquement indispensable.
Je dois prouver aux autres que ça fonctionne, les laisser observer (vite fait) mais sans pour autant divulguer le moindre détail technique sensible de mon système.

Il doit être infaillible.
Dans n’importe quelle condition, de guerre totale, de guerre nucléaire totale, en cas d’agression, mon système de riposte doit fonctionner.
Je dois avoir une infrastructure de commandement durcie, des systèmes redondants, des systèmes de transmission fiables pour faire arriver l’ordre de tir à mon ou mes sous-marins en patrouille.
Les temps de réactions doivent être très réduits. En effet un tir de missile balistique USA > Russie > temps de vol 20 minutes, USA > France 15-16 minutes, Russie > France 6-7 minutes.
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3----------.png (158.62 Kio) Vu 120 fois
Les explosions que l’ont peut voir sur le net à l’occasion d’essais à l’air libre ne sont pas conforme à la réalité.
En condition opérationnelle, l’explosion en haute altitude entraînera également un champignon.
Ce dernier provient de l’aspiration (en partie) verticale des poussières pour cause de consommation totale de l’oxygène dans la sphère de l’explosion. En gros un vide est apparu et il est comblé.




Ce sont des tirs avec trajectoires balistiques classiques.
Il existe également des tactiques dites de décapitation pouvant justement être employé à partir des SNLE. Ce tir consiste à être à faible distance et réduire le temps de vol du ou des missiles ayant pour cible des organes gouvernementaux de commandement. L’efficacité militaire de la tête nucléaire sera moindre mais au profit du temps de réaction restreint pour le défenseur, environ 3 minutes pour des cibles comme Paris ou Washington. Si le politique ayant les codes est killé il n’y aura aucune riposte possible.
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Concernant la chaîne de commandement et la mise en œuvre à partir du PC Jupiter (Elysée) ou bien n’importe où au moyen de la mallette nucléaire du chef de l’état tout est très rapide, sécurisé aux moyens de codes.

D’après les informations librement disponibles il y a en gros le code gouvernemental, autorisant son porteur à employer l’arme nucléaire. Ce code est en deux parties comme une double vérification sur le net. Puis il y a le code cible. Les codes cibles sont définis en fonction de nombreux scénarios l’histoire de ne pas perdre de temps, c’est une aide à la décision.

Si nous devions être attaqués, que nous avons le temps de détecter la menace via nos systèmes de surveillance satellites et au sol, le chef de l’état fournit aux plus hautes instances militaires son code GOUV et CIBLE.

Quelques instants après cette transmission, la totalité du territoire peut être atomisée, une riposte aura lieu sur l’agresseur…

L’ORDRE (code gouv et target) est diffusé via des stations terrestres ainsi qu’aux satellites de la défense qui vont le répéter en boucle jusqu’à la nuit des temps sur la TBF (fréquence très basse fréquence) ou VLF en anglais, very low frequency bla bla bla.

La TBF est l’unique longueur d’onde permettant à une onde radio de pénétrer assez profond sous la surface de la mer afin d’avertir un SNLE en patrouille lui indiquant qu’il y a un ordre d’engagement.
Cette longueur d’onde est tellement longue (grande) qu’elle est dite kilométrique. Pour émettre sur cette fréquence il faut des antennes dépassant le kilomètre. Au sud de Paris par exemple peut être que certains on déjà pu voir une dizaine d’antennes dans le secteur du péage de la A5 non loin de Melun (77) Elle sont super grandes, je crois 2-300 mètres chacune. En fait c’est une seule et même antenne mais qui court sur les 10 poteaux, le câble transmetteur est continu. Du coup il fait bien plusieurs kilomètres…
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Le SNLE va recevoir ce petit signal via l’antenne TBA qu’il remorque. Et oui le SM remorque une très longue antenne de ? plusieurs kilomètres pour capter cette longueur d’onde !

Une fois l’ordre d’engagement reçu, le SNLE coupe totalement ses transmissions. Cela signifie qu’aucun retour en arrière n’est possible. Admettons qu’il y a eu boulette ou je ne sais quoi, c’est trop tard. C’est d’autant plus efficace car irréversible. La logique est qu’il est possible de recevoir des messages de contre ordre de la force ennemie afin de mettre fin à la procédure de tir. Donc coupure des trans.

Le commandant du SNLE ainsi que son second vont procéder chacun de leur côté à l’identification du code gouvernemental. Chacun de leur côté car ils ne peuvent le faire qu’à partir de deux lieux bien distants à bord.
Si le code GOUV.FR est bien authentifié ils vont aller aux postes de tir qui sont eux aussi distants. Chacun va mettre en œuvre sa fameuse clé perso débloquant le système local.
Si tout roule et qu’ils sont raccord sur le bon déroulé du protocole le code CIBLE est entré dans le système.
Je précise qu’à aucun moment, aucun membre de l’équipage, commandant compris ne sait sur qui il va tirer. C’est le code cible qui détermine le nombre de missiles qui vont devoir être mis en œuvre. Tout est pré programmé grâce à cela.

Le SNLE remonte à l’immersion de tir, 50 mètres et procède aux lancements.
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Sa zone de patrouille (ultra secrète) est déterminée de manière à pouvoir atteindre toutes les cibles stratégiques majeurs pouvant menacer la France. Il n’a donc pas besoin de se déplacer.
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Si ce scénario se déroule, l’équipage est conscient du fait que le territoire national a été totalement rasé. A partir de là je ne sais pas quelles sont leurs procédures, directives… En gros on va où maintenant ?



LA DISSIMULATION EN PERMANENCE

Pour que toute cette séquence puisse se dérouler correctement le SNLE doit être invulnérable dans les profondeurs. Et la sécurité de sa patrouille qui va durer environ 70 jours va débuter dès la sortie du port.

C’est ici que notre Atlantique 2 va montrer son importance et blanchir la zone pour notre SNLE.

La seule manière de contrer un SNLE durant sa patrouille est de le suivre, soit de tomber dessus en le cherchant, soit depuis sa sortie du port.
Le suiveur est un SNA, sous-marin nucléaire d’attaque, un chasseur. Durant la guerre froide, ainsi que de nos jours tout le monde essaye de trouver et pister le SNLE de l’autre.
En cas de conflit disons USA / Russie par exemple, tous les SNA des deux différentes forces procèderons à la destruction du SNLE qu’ils suivent avant qu’il n’ait le temps de tirer. Quand je dis suivre, c’est de très près, tellement près qu’il y a eu dans le passé des dizaines de collisions…
J’ai adoré le film à la poursuite d’octobre rouge qui parle de ce sujet. Le film est tiré d’un livre de Tom Clancy qui est une bonne référence en la matière.
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Sachant que la zone de patrouille est top secrète ++ le SNLE doit bien sortir du port en surface, naviguer jusqu’aux hauts fond pour plonger.
C’est à ce moment qu’il y le plus de risques de tomber ses plus grands fans a savoir les SNA des autres…

A l’heure actuelle, afin d’assurer une permanence constante à la mer nous avons non-stop un SNLE en patrouille. Quelques X jours avant la fin de sa patrouille, un autre SNLE quitte le port pour prendre sa relève.

Quelques jours avant sa sortie, une ou deux frégates anti sous-marine ASM vont quitter Brest afin d’aller vérifier s’il y a des fans en attente au large. Un de nos SNA va certainement être de la partie. Un ou plusieurs ATL2 va également quadriller de très vastes zones afin de vérifier qu’il n’y a personne.

Si tout est clair, le SNLE va plonger et aller se diluer dans l’océan. Il va constamment aller rechercher les moindres couches thermiques lui permettant d’être quasi indétectable. Très régulièrement il va faire des coups de sécurité afin de vérifier que personne n’est derrière lui. Le tout à une très petite vitesse, quelques km/h, pas plus. Le tout dans un silence religieux.

Les SNLE modernes sont tellement silencieux… Qu’il y a quelques années, l’un de nos SNLE est entré en collision avec un SNLE britannique lui aussi en patrouille…
Et ce n’est pas étonnant, chacun essaye de se maintenir dans des zones thermiques où la bathymétrie est favorable. Des zones de très faible propagations sonores font que personne ne peut entendre l’autre.

Le SNLE c’est un peu le swing trader, c’est vraiment du long terme, il n’y a pas beaucoup d’action, mais la discrétion est sa mission première.




LE MISSILE BALISTIQUE, LES MIRVs

Un missile c’est un missile. Pas besoin de rentrer dans des détails que je ne maîtrise pas au demeurant.

En revanche les particularités d’un missile balistique lancé à partir d’un sous-marin en plongée sont nombreuses avec beaucoup plus de contraintes qu’un tir d’Ariane 5.

Il est lancé à partir d’un sous-marin en déplacement constant dont la position évolue.
Il est lancé en plongée à environ 50 mètres. La phase mer air est délicate et bourrée de contraintes.
Une fois hors de l’eau la propulsion se met en route et il redevient comme Ariane 5.
Fort de toutes ces contraintes il doit être capable d’être précis et délivrer chaque MIRV avec une précision de 200 – 500 mètres.

Le déroulé d’un lancement.
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Le vecteur (missile) qui le sous-marin, propulsé par une sorte de charge d’air comprimé.
En surface la propulsion s’active et le conduit dans les hautes couches de l’atmosphère. En fonction des modèles et pays le premier étage est largué. Le second assure la phase d’accélération pour arriver dans l’espace.
En fin d’accélération le vecteur a une vitesse allant entre 25 et 30 000 km/h. Il me semble que la station ISS se déplace dans ces mêmes vitesses en orbite.

Tout le reste du vol va avoir lieu sans aucune propulsion. La phase d’accélération / impulsion est suffisant. Dans l’espace, hormis l’attraction il n’y a pas grand-chose pour freiner le dernier étage.

Environ 20 minutes plus tard (en fonction de la distance de la cible) la coiffe à l’avant est larguée et les MIRV sont prêtent pour la phase de « distribution »
Chaque missile peut transporter une tête nucléaire unique ou bien des têtes multiples.
Chaque tête (MIRV) est totalement indépendante.
Sur nos missiles il y a 6 à 8 têtes. Cela veut dire que chaque missile va entraîner 6 à 8 explosions nucléaires ciblés.
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Au moment voulu, chaque MIRV se décroche de l’étage porteur et va d’une manière autonome se diriger vers sa cible. Il y a également des MIRV leurres qui sont largués dans le même moment.
En effet les défenses anti missile modernes peuvent détecter et tenter de détruire les MIRV dans leur phase de rentrée atmosphérique.
Le but ici est bien de saturer les défenses ennemies et même en cas de pertes de MIRV, quelques-unes termineront leur boulot. Façon de parler…
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Afin d’optimiser les résultats au but, le MIRV est étudié afin d’être difficile à détecter. Tout est fait afin de réduire sa SER (surface équivalente au radar) en gros il renvoi très peu d’ondes radar à la station émettrice. Ce même travail de recherche est fait sur les avions furtifs.

Le MIRV débute sa rentrée atmosphérique, il commence à perdre de la vitesse progressivement et chauffer fortement. Il subit les mêmes contraintes qu’une météorite qui va en fonction de sa taille brûler totalement ou partiellement.
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Cette dernière image est intéressante, on voit ici qu’il s’agit d’un tir d’essai d’au moins 3 missiles balistiques. Les MIRVS sont beaucoup trop groupés, en revanche l’essai permet de valider la rentrée des vecteurs.
En bas à droite on peut voir qu’il s’agit d’un PC3 Orion de l’US Navy qui est chargé de blanchir la zone et faire des prises de vues.
Ci-dessous un PC3, l’équivalent de l’ATL2.
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Ici encore il y a du level d’un point de vue technologique…

Arrivant dans la haute atmosphère, et en fonction de la tactique souhaité pour ce MIRV l’explosion se déclenche à une altitude précise.

A partir de là, c’est la fin des haricots dans ce secteur. On va y revenir sur les effets.

L’explosion a lieu en altitude afin de maximiser les effets militaires de la charge nucléaire. Pour chaque puissance il y a une altitude optimale qui va permettre d’être la plus efficace possible.
De ce que je sais ça va de 7 à 10 km d’altitude.
Vous me direz peut-être mais ça fait vraiment haut etc etc et bien je vous répondrais que les armes nucléaires ont hélas bien évolués depuis 1945 et les puissances mise en œuvre sont multipliés par je ne sais combien…
En 1945 s’était de la bombe A qui utilise la fission nucléaire.
A notre époque la totalité des armements utilises la fusion. La bombe H, fusion de noyaux d’hydrogène.
Voilà, nous savons que c’est ultra puissant.
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La technique de l’arme.

Sans rentrer dans des détails que je ne maîtrise pas ou ne comprend pas voici ce que je sais.

Pour qu’une bombe H, donc bombe thermonucléaire (à hydrogène) explose. Il nous faut d’abord une bombe A…

Ok si j’ai perdu des traders no stress on va expliquer !!

La différence entre la A et H c’est simplement l’additif qui est utilisé. La bombe A à fission dégage beaucoup d’énergie etc etc, comme au Japon en 1945. Il suffit d’y ajouter en quantité précise (architecture de l’arme) de l’hydrogène + quelques autres matériaux et cette fission à forte température permet au noyau d’hydrogène de fusionner et DECUPLER.

Donc dans le croquis ci-dessus, on voit bien les zones A et B, en A nous avons le détonateur, la bombe A à fission. En B l’additif thermonucléaire.

Pour le détail de la bombe A, le détonateur ?? comment ca marche (simplement)
Ici c’est un peut différent, il s’agit d’une masse critique à atteindre afin d’obtenir la fission.
Dans une bombe A il y a la charge principale qui est formée d’uranium 235. Pour obtenir la masse critique, une quantité précise de plutonium 239 doit rentrer d’une manière brutale avec l’uranium pour atteindre la masse.

Au niveau du schéma de fonctionnement basique, nous avons donc l’U235 au centre, en sphère, autour le P239 et la dernière couche qui entour l’ensemble c’est de l’explosif brisant. En détonant, l’explosif va propulser le P239 qui va s’agglomérer avec le 235.

Re: la dissuasion nucléaire présentée par Noob

par ChristelleP » 07 mars 2022 03:28

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Donc notre MIRV explose en haute altitude au-dessus d’une très grande agglomération.

Dans un premier temps, un flash de lumière.
Pour rappel, le soleil utilise un peu ce même principe, la fusion de protons et d’un noyau de deutérium (la fameuse EAU LOURDE)
Donc toute personne qui est présente dans une très large zone perd instantanément la vue. C’est comme si un petit soleil se trouvait à proximité (plusieurs dizaines de KM)
Pour cette raison, les équipages des bombardiers stratégiques ont des rideaux dans les postes de pilotage afin de se protéger des explosions même lointaines.

L’effet thermique,

Dans le volume d’effet de l’arme très proche la température va presque instantanément atteindre 300 000 degrés… Puis décroitre avec la distance.
Tout ce qui est fragile, dont les organismes vivants ainsi que certaines structures va disparaitre d’un coup si ce n’est pas le cas, prendre feu.

L’effet mécanique,

Quelques secondes après l’arrivée de l’effet thermique (il faut lui laisser le temps d’arriver) l’effet de souffle va finir de détruire ce qui est déjà en train de brûler…

J’allais dire qu’ici, en cas de conflit global (avis très perso) j’ai une grosse préférence pour me trouver dans cette zone…

Ceux qui sont par exemple très loin des cibles stratégiques ou tactiques…

Et bien ils pourront très certainement voir les flashs de lumières, distinguer le bruit de l’explosion, comme un avion qui passe le mur du son mais ils n’auront aucun des effets ci-dessus.

Si pour je ne sais quelle raison ils ne savent pas ce qui se passe, il leur suffit d’essayer d’allumer n’importe quel appareil électrique. Même une voiture. Tout sera HS.

En effet, chaque explosion nucléaire, encore plus les armes à fusion nucléaires provoquent une IEM, impulsion électromagnétique.

L’IEM a une portée très importante bien au-delà des effets militaires sur la zone ciblée.



LES DIFFERENTES STRATEGIES

Les frappes nucléaires peuvent grosso modo se distinguer en deux grandes catégories.
Les frappes stratégiques et tactiques.

La frappe stratégique va consister à détruire une grande agglomération, on appel également cela une stratégie anti cité.
Pour vous donner un ordre d’idée, un seul MIRV peut vitrifier la ville de paris intramuros bois de Vincennes compris sans aucun problème.
Sachant qu’un missile en emporte 6 - 8 voir 12 en fonction des pays, c’est la totalité de l’ile de France voir même au-delà qui disparaît.

La frappe tactique va elle au contraire s’intéresser aux cibles militaires comme les gros centres de commandements, bases aériennes stratégiques, bases de sous-marins, ports militaires, mais surtout, les sites de lancement des missiles ennemies.

Par exemple la Russie et les USA ont un certain nombre de silos lance missile sur leur sol contenant des missiles balistiques bien entendu.

Le but d’une frappe tactique va être de cibler le plus vite possible les silos de lancement et les détruire avant qu’ils ne lancent les missiles.

Bon, dans la pratique (théorique) celui qui est attaqué par une grosse puissance et qui va riposter sait pertinemment qu’il est cuit, donc il met en œuvre une frappe massive de représailles anti cité et tactique avec ce qui lui reste de missiles.

Pour que la dissuasion fonctionne, il ne faut pas uniquement détruire les forces armées adverse, mais également les cités.

Celui va initier en revanche initier l’attaque va lui principalement faire des frappes tactiques et détruire toute possibilité de frappe de représailles massive.

Je pense que vous comprenez bien maintenant l’utilité d’un SNLE. Personne ne sait où il est, et tant qu’il reste discret il va pouvoir lancer librement ses missiles.

Voila le principe de la dissuasion par SNLE.
Nous allons donc voire plus loin quelles sont les techniques pour rester discret. C’est fascinant.
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DES QUESTIONS ? n’hésitez pas si c’est dans mes cordes.

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