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Un jour de septembre 2016 Cédric Waldburger décide de résilier son bail. C’est le début d’une nouvelle vie. Comme il consacre la plus grande partie de son temps à une start-up active dans la blockchain, entre Zurich et Palo Alto, et qu'il est aussi lié de près où de loin à une quinzaine d’autres sociétés, il parcours environ 40 000 kilomètres en avion tous les 45 jours. Il passe deux tiers de ses nuits dans des hôtels et des appartements loués sur Airbnb. Le reste du temps chez des amis. « Tout ce qu’il me faut, c’est un bon wifi, un espace de coworking et un aéroport pas loin »
Il a peu à peu perdu l’intérêt de posséder des choses. «Je préfère les expériences aux objets. Moins je possède, plus je me sens libre», dit-il. Son appartement n’est pas le seul bien dont il s’est débarrassé. Il ne quitte jamais son sac de 26 litres – format cabine – contenant exactement 64 objets, soit l’ensemble de ce qu’il possède. Aujourd’hui, plus rien de ce qui lui appartient n’a de valeur sentimentale à ses yeux. Une seule question l’intéresse : «Qu’est-ce qui me rend heureux?»
Il ne s’habille qu’en noir car «le plus difficile, c’est de trouver une garde-robe qui convienne à toutes les situations»
Il ne redoute rien davantage que l’épuisement. Pour déjouer le jet-lag, il jeûne le jour du voyage, puis prend des apports en magnésium et en mélatonine, l’hormone chargée de réguler les rythmes chronobiologiques. Son régime alimentaire est strict, sans glucides. Et il ne boit rien d’autre que de l’eau.
Cet ascétisme des temps modernes relève à la fois d’une stratégie économique et d’une quête de sens. Et bien qu’il s’en défende, lorsqu’il évoque la légèreté, la disponibilité d’esprit gagnée en possédant moins, ses mots font écho au minimalisme, phénomène venu du zen japonais, qui inspire une génération lassée du matérialisme de ses parents.
Condensé de l’article :
https://www.letemps.ch/societe/entrepreneur-domicile-fixe-64-objets-personnels