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Les grands économistes : le guide en 52 biographies

Le guide des grands économistes : 52 biographies, de Thomas Mun à Paul Romer, rangées par école, avec une frise de quatre siècles et 21 prix Nobel.

Les grands économistes : le guide en 52 biographies

Cinquante-deux économistes, de Thomas Mun, marchand de Londres au début du XVIIe siècle, à Paul Romer, prix Nobel 2018. Chacun a sa biographie : sa vie, ses idées, les critiques qu’elles ont reçues et ce qu’elles changent pour un investisseur ou un trader.

Ils sont rangés ici par école, dans l’ordre où ces écoles sont apparues. Les idées elles-mêmes sont expliquées dans le guide des grandes théories économiques, en 52 fiches.

Si vous débutez

Par où commencer

Huit biographies, à lire dans l’ordre : chacune répond à la précédente.

Adam Smith

Le point de départ : la division du travail, la concurrence et la main invisible.

David Ricardo

L’avantage comparatif, qui fonde encore les débats sur le libre-échange.

Karl Marx

La critique la plus influente du capitalisme, et la plus discutée.

John Maynard Keynes

Pourquoi une économie peut rester en sous-emploi, et ce que l’État peut y faire.

Friedrich Hayek

La réponse de l’école autrichienne : ce que les prix savent et qu’aucun plan ne sait.

Milton Friedman

La monnaie, l’inflation et la contre-révolution monétariste.

Joseph Schumpeter

L’entrepreneur, l’innovation et la destruction créatrice.

Daniel Kahneman

Les biais qui nous font décider autrement que ne le prévoient les modèles.

Les écoles

Treize familles, des mercantilistes à la finance comportementale. Certains économistes en enjambent plusieurs : ils sont rangés là où leur apport compte le plus.

Aucun économiste ne correspond à cette recherche. Essayez un autre nom ou une autre idée.

XVIIe siècle

Les mercantilistes

Pour eux, la richesse d’un royaume se mesure à l’or et à l’argent qu’il accumule : il faut exporter plus qu’on n’importe. Montchrestien donne en 1615 son nom à l’économie politique, Mun en fait une règle de commerce, Colbert une politique d’État.

XVIIIe siècle

Les physiocrates

Au milieu du XVIIIe siècle, Quesnay et ses disciples soutiennent que seule la terre produit un surplus, le « produit net », et réclament la liberté du commerce des grains. Turgot, proche d’eux, tente de l’appliquer comme ministre de Louis XVI.

1776 – milieu du XIXe siècle

L’école classique

De la Richesse des nations (1776) au milieu du XIXe siècle : la richesse vient du travail, de sa division et de l’accumulation du capital, et la concurrence coordonne le tout. Bastiat en est le polémiste le plus vif, Mill la dernière grande synthèse, en 1848.

1848 – 1894

Le marxisme

Marx et Engels retournent l’économie classique contre le capitalisme : la valeur vient du travail, le profit d’un travail non payé, et le système va de crise en crise. Le Manifeste paraît en 1848, le premier livre du Capital en 1867.

Depuis 1871

Les marginalistes et les néoclassiques

En 1871-1874, Jevons, Menger et Walras découvrent chacun de son côté que la valeur dépend de l’utilité de la dernière unité. Marshall en tire l’offre et la demande, Walras l’équilibre général ; Fisher, Allais et Samuelson mettent l’économie en équations.

Depuis 1871

L’école autrichienne

Née à Vienne avec Menger : valeur subjective, rôle du temps et du capital, méfiance envers le crédit trop facile et la planification. Schumpeter, formé à Vienne, n’appartient pas vraiment à l’école, mais il en partage l’attention à l’entrepreneur.

Depuis 1936

Keynes et ses héritiers

La Théorie générale (1936) montre qu’une économie peut rester durablement en sous-emploi faute de demande. Kahn lui a fourni le multiplicateur ; Galbraith, Minsky et Krugman ont prolongé l’héritage chacun à sa façon ; Bernanke, spécialiste de la crise de 1929, présidait la Fed en 2008.

1956 – années 1980

Les monétaristes

Ils remettent la quantité de monnaie au centre : elle est la seule cause durable de l’inflation, et la banque centrale doit suivre une règle plutôt que régler finement l’économie. Friedman et Schwartz publient leur histoire monétaire des États-Unis en 1963 ; Brunner et Meltzer fondent le Shadow Open Market Committee en 1973.

1961 – années 1980

Les anticipations rationnelles

Muth formule l’hypothèse en 1961 ; Lucas, Sargent et Wallace en tirent dans les années 1970 une révolution : une politique attendue perd une grande part de son effet. D’où l’importance des règles crédibles et des banques centrales indépendantes.

Depuis 1937

Institutions, choix public et capital humain

Trois économistes qui ont porté l’analyse économique hors de ses terres : Coase explique l’existence des entreprises par les coûts de transaction, Buchanan les décisions des élus, Becker l’éducation, la famille et même le crime.

Depuis 1950

Information, jeux et régulation

Que se passe-t-il quand chacun anticipe la réaction des autres, ou quand l’un en sait plus que l’autre ? Nash donne son équilibre à la théorie des jeux, Akerlof et Stiglitz comptent parmi les fondateurs de l’économie de l’information, Tirole en tire une théorie de la régulation.

Depuis 1956

Croissance et économie internationale

D’où vient l’enrichissement durable, et comment les pays s’ajustent-ils entre eux ? Solow fait du progrès technique le moteur de la croissance, Romer l’explique par les idées, Mundell étudie les changes et les zones monétaires.

Depuis 1965

Finance et comportements

Les marchés sont-ils efficients, et les investisseurs rationnels ? Fama soutient que les prix intègrent vite l’information disponible ; Kahneman, Tversky et Thaler décrivent les biais qui éloignent nos décisions de la rationalité.

La frise : quatre siècles d’économistes

Chaque barre couvre une vie ; un dégradé signale un économiste vivant. Faites défiler la frise sur téléphone, et cliquez sur un nom pour ouvrir sa biographie.

Les prix Nobel du guide

Le prix de la Banque de Suède en sciences économiques, dit prix Nobel d’économie, est décerné depuis 1969. Vingt et un des économistes du guide l’ont reçu.

AnnéeLauréatCe qu’on retient
1970Paul SamuelsonLes mathématiques en économie et la synthèse néoclassique.
1974Friedrich HayekLes prix transmettent un savoir dispersé qu’aucun planificateur ne détient.
1976Milton FriedmanLa monnaie, l’inflation et le marché libre contre Keynes.
1986James BuchananLa politique sans romantisme : réformer les règles plutôt qu’espérer de meilleurs élus.
1987Robert SolowLe progrès technique, moteur de la croissance à long terme.
1988Maurice AllaisL’efficacité des marchés, le paradoxe du risque et la critique du libre-échange.
1991Ronald CoaseLes coûts de transaction, la firme et les droits de propriété.
1992Gary BeckerLe capital humain et l’économie des comportements hors marché.
1994John NashL’équilibre de Nash et la logique des jeux non coopératifs.
1995Robert LucasLes anticipations rationnelles et la critique des modèles de politique économique.
1999Robert MundellChanges, mobilité des capitaux et zones monétaires optimales.
2001George AkerlofL’asymétrie d’information et le marché des voitures d’occasion.
2001Joseph StiglitzL’information imparfaite, le rationnement du crédit et la critique du FMI.
2002Daniel KahnemanLes biais de jugement et l’aversion aux pertes.
2008Paul KrugmanRendements croissants, géographie économique et trappe à liquidité.
2011Thomas SargentAnticipations rationnelles, dette publique et fin des grandes inflations.
2013Eugene FamaDes prix qui reflètent l’information disponible : l’efficience des marchés.
2014Jean TiroleRéguler les monopoles et les plateformes sans connaître leurs coûts.
2017Richard ThalerComptes mentaux, effet de dotation et coup de pouce.
2018Paul RomerLes idées, biens non rivaux, moteur de la croissance endogène.
2022Ben BernankeLes crises bancaires qui transforment une récession en dépression.

Questions fréquentes

Qui est le plus grand économiste de l’histoire ?

Il n’y a pas de réponse unique, mais trois noms reviennent souvent : Adam Smith, qui a fondé la discipline en 1776, John Maynard Keynes, dont la Théorie générale a inspiré les politiques d’après-guerre, et Karl Marx, pour l’influence politique de son œuvre. Le choix dit souvent autant de celui qui répond que des économistes eux-mêmes.

Quel économiste lire en premier ?

Commencez par les huit biographies du parcours ci-dessus, de Adam Smith à Daniel Kahneman. Pour un texte d’origine court et vivant, les pamphlets de Frédéric Bastiat se lisent en une soirée.

Keynes ou Hayek : quelle différence ?

John Maynard Keynes pensait qu’une économie peut rester durablement en sous-emploi et que l’État doit alors soutenir la demande. Friedrich Hayek jugeait au contraire que les prix coordonnent un savoir dispersé qu’aucun gouvernement ne possède, et que le crédit trop facile prépare les crises. Leur débat des années 1930 n’est pas clos.

Combien d’économistes du guide ont reçu le prix Nobel ?

Vingt et un, de Paul Samuelson en 1970 à Ben Bernanke en 2022. Le prix n’existe que depuis 1969 : les économistes plus anciens, de Smith à Keynes, ne pouvaient pas le recevoir.

Y a-t-il des économistes français dans ce guide ?

Oui, neuf : Antoine de Montchrestien, Jean-Baptiste Colbert, François Quesnay, Anne Robert Jacques Turgot, Jean-Baptiste Say, Frédéric Bastiat, Léon Walras, Maurice Allais et Jean Tirole.

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