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Les grandes théories économiques, en 52 fiches

Les grandes théories économiques : le guide d’Andlil en 52 fiches et six familles

Toute politique économique applique une théorie, le plus souvent sans le dire. Keynes le faisait remarquer dans les dernières pages de sa Théorie générale, en 1936 : les hommes d’action qui se croient affranchis de toute influence intellectuelle sont, d’ordinaire, les esclaves de quelque économiste défunt. Ce guide vous présente ces défunts, et quelques vivants.

Il rassemble 52 fiches, rangées en six familles : les grandes écoles de pensée, les systèmes économiques, les cycles, la croissance et le commerce, l’individu face à l’État, les marchés. Chacune donne la définition, les auteurs et leur époque, les idées clés, les critiques, et ce que la théorie change pour un investisseur. Le tableau qui suit compare les principales écoles d’un coup d’œil ; les fiches, elles, prennent le temps.

Vous n’en sortirez pas économiste. Vous lirez simplement la presse, et les communiqués des banques centrales, avec un peu moins de naïveté.

Si vous débutez

Par où commencer

Huit fiches, à lire dans l’ordre : chacune répond à la précédente, et ensemble elles racontent deux siècles de débat.

L’économie classique

Le point de départ : presque toutes les écoles se sont définies par rapport à elle.

L’avantage comparatif

L’idée classique la plus durable, et la plus contre-intuitive : on gagne à échanger même quand on est meilleur en tout.

Le marxisme

La même valeur-travail, retournée contre le capitalisme.

Le marginalisme

La réponse de 1871 : la valeur ne vient pas du travail mais de l’utilité de la dernière unité.

L’économie keynésienne positive

La Grande Dépression pose la question que les classiques avaient écartée : et si la demande manquait ?

L’école autrichienne

L’adversaire de Keynes dans les années 1930 : ce que les prix savent et que le planificateur ignore.

Le monétarisme

La contre-attaque des années 1970, quand l’inflation s’installe avec le chômage.

La théorie des perspectives

Pour finir, l’humain réel : comment nous choisissons vraiment face au risque, sur les marchés comme ailleurs.

Les grandes écoles de pensée économique en un tableau

Neuf écoles, de la plus ancienne à la plus récente. Pour chacune : son époque, ses auteurs, son idée centrale, ce qu’elle attend de l’État, et ce qu’un investisseur peut en retenir aujourd’hui.

Comparatif des grandes écoles de pensée économique
ÉcoleÉpoqueAuteursIdée centraleRôle de l’ÉtatCe qu’en retient un investisseur
MercantilismeXVIe – milieu du XVIIIe siècleMontchrestien, Thomas Mun ; Colbert en praticienLa puissance d’un État se mesure à son or ; on s’enrichit en exportant plus qu’on n’importe.Très présent : droits de douane, primes aux exportations, manufactures protégées.Ses réflexes reviennent sous d’autres noms : excédent commercial érigé en but, monnaie sous-évaluée, droits de douane.
Économie classique1776 – vers 1870Smith, Malthus, Say, Ricardo, J. S. MillLa richesse vient du travail, de sa division et de l’accumulation du capital ; la concurrence coordonne le tout.Limité : défense, justice, quelques ouvrages publics.Neutralité de la monnaie à long terme : distinguer taux nominaux et taux réels.
Marxisme1848 (Manifeste), 1867 (Le Capital)Marx, EngelsLa valeur vient du travail ; le profit est du travail non payé, et le capitalisme engendre ses propres crises.Projet politique : propriété collective des moyens de production.Les marges dépendent du partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits.
Marginalisme1871 – 1874, synthèse de Marshall en 1890Jevons, Menger, WalrasLa valeur dépend de l’utilité de la dernière unité disponible, non du travail.Pas de doctrine de l’État : c’est une théorie de la valeur.Le prix se fixe à la marge, entre le dernier acheteur et le dernier vendeur ; votre prix d’entrée n’y change rien.
École autrichienneDepuis 1871Menger, Böhm-Bawerk, Mises, HayekValeur subjective ; les prix portent une connaissance dispersée ; le crédit trop bon marché fabrique des cycles.Méfiance envers la planification et la manipulation du crédit par les banques centrales.Surveiller le prix du crédit : taux réels négatifs et crédit rapide annoncent des excès. Pas un outil de timing.
Keynésianisme1936 (Théorie générale)Keynes ; Richard Kahn pour le multiplicateurÀ court terme, la demande globale fixe la production et l’emploi ; elle peut rester durablement insuffisante.Soutenir la demande en cas de sous-emploi, puis se retirer quand l’économie repart.Une relance soutient les bénéfices, mais gonfle l’émission d’obligations d’État et peut pousser les taux longs.
Monétarisme1956 – années 1980Friedman, Schwartz, Brunner, MeltzerLa monnaie est la seule cause durable de l’inflation ; la politique monétaire agit avec des délais longs et variables.Une règle de croissance monétaire stable et annoncée, plutôt que le réglage fin.Les annonces des banques centrales font bouger obligations, devises et actions ; la création monétaire peut gonfler le prix des actifs.
Attentes rationnelles1961 (Muth), années 1970Muth, Lucas, Sargent, WallaceLes agents utilisent toute l’information disponible ; ils se trompent, mais pas systématiquement.Une politique anticipée perd une grande part de son effet : règles crédibles, banques centrales indépendantes.Le marché ne réagit pas à la nouvelle, mais à l’écart entre la nouvelle et ce qui était attendu.
Finance comportementaleDepuis 1979Kahneman, TverskyNous jugeons gains et pertes par rapport à un point de référence, et une perte pèse environ deux fois plus qu’un gain.Pas de doctrine propre : elle décrit les choix réels plutôt qu’elle ne prescrit une politique.On garde ses positions perdantes et l’on encaisse trop tôt ses gains : décidez de votre sortie avant d’entrer.

Un tableau simplifie, par définition. Chaque école a ses dissidents et chaque case mériterait sa note de bas de page : les fiches les donnent.

Les 52 fiches, en six familles

Les six familles sont celles du guide d’origine. Une théorie peut relever de plusieurs d’entre elles ; elle n’apparaît qu’une fois.

I. Les grandes écoles de pensée

L’économie classique
De Smith (1776) à Mill : la richesse vient du travail et de l’accumulation du capital, l’État s’en tient pour l’essentiel à ses fonctions régaliennes.
Le marxisme
Le profit viendrait du travail non payé, la plus-value, et le capitalisme porterait en lui ses propres crises.
L’économie keynésienne positive
À court terme, la demande globale fixe la production et l’emploi, et elle peut rester durablement insuffisante.
La synthèse néoclassique
Keynes pour le court terme, l’équilibre des marchés pour le long terme : la doctrine dominante des années 1950 et 1960.
L’école autrichienne
Née à Vienne en 1871 : la valeur est subjective, et les prix rassemblent une connaissance qu’aucun planificateur ne possède.

II. Les systèmes économiques

Le capitalisme libéral
Propriété privée, liberté des prix et des contrats, concurrence : un modèle qu’aucun pays n’applique à l’état pur.
Le socialisme de marché
Des entreprises détenues en commun, mais qui vendent sur des marchés : de la Yougoslavie à la Chine.
La planification centralisée
Une autorité centrale décide quoi produire, combien, à quel prix et pour qui ; l’URSS en a donné l’exemple le plus complet.
Le mercantilisme
Du XVIe au milieu du XVIIIe siècle, la puissance de l’État par l’or et l’excédent commercial.
La thérapie de choc
Des réformes radicales appliquées d’un coup, pour briser une hyperinflation ou sortir de l’économie planifiée.
Le consensus de Washington
Les dix réformes résumées par John Williamson en 1989, devenues le nom des politiques dites néolibérales.

III. Les principaux cycles économiques

L’économie keynésienne normative
Ce que l’État doit faire selon Keynes : soutenir la demande jusqu’au retour du plein emploi, puis se retirer.
Le monétarisme
Pour Milton Friedman, la monnaie est la seule cause durable de l’inflation ; d’où une règle de croissance monétaire stable.
La courbe de Phillips
Moins de chômage contre plus d’inflation : une relation observée en 1958, qui ne vaut qu’à court terme.
L’hypothèse du revenu permanent
Les ménages consomment selon le revenu qu’ils attendent sur longue période, non selon celui du moment (Friedman, 1957).
Les attentes rationnelles
Les agents se trompent, mais pas systématiquement : une politique annoncée et anticipée perd une grande part de son effet.
La cohérence temporelle
La promesse optimale d’aujourd’hui devient tentante à renier demain ; d’où les règles et l’indépendance des banques centrales.
L’accélérateur financier
Le crédit amplifie les chocs : la baisse de la valeur nette renchérit l’emprunt, ce qui aggrave la crise.
L’hypothèse d’instabilité financière
Pour Hyman Minsky, la prospérité fabrique l’endettement fragile qui prépare la crise, sans besoin de choc extérieur.
Le prêteur en dernier ressort
La banque centrale prête quand plus personne ne prête, pour qu’une crise de liquidité ne tourne pas aux faillites en chaîne.

IV. La croissance et le commerce

La croissance néoclassique
Le modèle de Solow (1956) : à long terme, seul le progrès technique fait durablement croître le revenu par habitant.
La nouvelle croissance
Le progrès technique devient le fruit de la recherche et de l’éducation, dont les rendements ne s’épuisent pas (Romer).
La destruction créatrice
Pour Schumpeter, l’innovation détruit l’ancien en créant le nouveau : c’est le moteur même de la croissance.
Le capital humain
Se former est un investissement : un coût aujourd’hui, un supplément de productivité et de salaire demain.
L’autorité de la loi
Sans contrats exécutés ni propriété protégée par des juges indépendants, personne n’investit sur le long terme.
La loi d’Okun
Une régularité statistique mise en évidence en 1962 : sous un certain seuil de croissance, le chômage monte.
Les limites de la croissance
De Malthus (1798) au rapport pour le Club de Rome (1972) : une croissance continue face à une planète finie.
L’avantage comparatif
Ricardo, 1817 : deux pays gagnent à échanger, même si l’un est plus efficace que l’autre en tout.
Le modèle Heckscher-Ohlin
Chaque pays exporte les biens qui utilisent beaucoup du facteur de production dont il est abondamment pourvu.
Le commerce international selon Krugman
Économies d’échelle et concurrence imparfaite : pourquoi des pays semblables s’échangent des voitures contre des voitures.
La zone monétaire optimale
Quand partager une monnaie rapporte plus qu’on n’y perd : la grille de Mundell (1961), et d’abord celle de l’euro.
L’impossible trinité
Change fixe, libre circulation des capitaux, politique monétaire autonome : deux sur trois, jamais les trois.
La parité de pouvoir d’achat
Le taux de change qui égaliserait le prix d’un même panier dans deux pays : un repère de long terme plus qu’une prévision.

V. L’individu et l’État dans l’économie

La recherche de rente
S’enrichir en faisant changer les règles plutôt qu’en produisant, avec un coût net pour la société.
Le choix rationnel
Chacun retient l’option qui le satisfait le plus, selon ses préférences et ses moyens ; rationnel ne veut pas dire égoïste.
Les droits de propriété
La façon dont la propriété est définie et protégée décide de la façon dont les ressources sont utilisées.
L’incidence fiscale
Celui qui verse l’impôt n’est pas toujours celui qui le paie : la charge retombe sur qui peut le moins s’y soustraire.
La charge fiscale excédentaire
Ce que coûte un impôt au-delà de ce qu’il rapporte : les échanges qu’il empêche et qui ne profitent à personne.
L’économie de l’offre
Baisser les taux marginaux d’imposition et alléger les règles pour stimuler la production : l’inspiration de Reagan.
L’effet d’éviction
Quand la dépense publique fait reculer la dépense privée : presque totalement au plein emploi, à peine en récession.
Le choix public
La politique sans romantisme, selon le mot de James Buchanan : élus et fonctionnaires poursuivent aussi leurs propres objectifs.
L’utilité escomptée
Le choix rationnel face au risque : chaque issue pondérée par sa probabilité (von Neumann et Morgenstern).
La théorie des perspectives
Une perte pèse environ deux fois plus qu’un gain de même montant : Kahneman et Tversky, 1979.
La théorie des jeux
Les décisions dont le résultat dépend aussi des choix des autres : concurrence, enchères, négociations.
Le principe pollueur-payeur
Faire entrer dans les comptes du pollueur le coût qu’il faisait jusque-là supporter aux autres.

VI. Les théories sur les marchés

L’efficience du marché
Les prix intègrent l’information disponible : ils se trompent, mais leurs erreurs ne sont pas prévisibles.
La main invisible
L’intérêt de chacun sert, sans qu’il le veuille, celui de tous ; Smith n’emploie l’image qu’une fois dans La Richesse des nations.
La loi des débouchés (Say)
Les produits s’achètent avec des produits : pour Say, une surproduction ne peut être que partielle.
Le marginalisme
La valeur se décide à la marge, sur la dernière unité : voilà pourquoi l’eau coûte moins cher que le diamant.
La tragédie des biens communs
Une ressource libre d’accès s’épuise, parce que chacun garde le gain et partage le coût.
La sélection adverse
Quand le vendeur en sait plus que l’acheteur, les meilleurs biens quittent le marché.
L’aléa moral
Une fois assuré, on devient moins prudent : de l’assurance au sauvetage des banques.

Aucune théorie ne correspond à cette recherche. Essayez un autre mot, ou le nom d’un économiste.

La frise chronologique

Quatre siècles d’idées économiques, des marchands du XVIIe siècle à la crise de 2008. Chaque date renvoie à la fiche qui la raconte.

1615

Antoine de Montchrestien publie son Traité de l’économie politique : l’âge du mercantilisme. Le mercantilisme →

1776

Adam Smith publie La Richesse des nations. Naissance de l’économie classique et de la main invisible. L’économie classique →

1798

Thomas Malthus publie son Essai sur le principe de population. Les limites de la croissance →

1803

Jean-Baptiste Say publie son Traité d’économie politique et la loi des débouchés. La loi des débouchés →

1817

David Ricardo expose l’avantage comparatif, avec l’exemple du vin et du drap. L’avantage comparatif →

1867

Karl Marx publie le livre I du Capital. Le marxisme →

1871

Jevons et Menger fondent la valeur sur l’utilité marginale : fin de l’âge classique, naissance de l’école autrichienne. Le marginalisme →

1873

Walter Bagehot publie Lombard Street : la banque centrale, prêteur en dernier ressort. Le prêteur en dernier ressort →

1936

Keynes publie la Théorie générale en pleine Grande Dépression. L’économie keynésienne →

1942

Joseph Schumpeter popularise la destruction créatrice. La destruction créatrice →

1944

Von Neumann et Morgenstern fondent la théorie des jeux ; Hayek publie La Route de la servitude. La théorie des jeux →

1956

Robert Solow et Trevor Swan publient le modèle de croissance qui sert encore de référence. La croissance néoclassique →

1958

Bill Phillips relie chômage et hausse des salaires sur près d’un siècle de données britanniques. La courbe de Phillips →

1961

Robert Mundell lance la théorie des zones monétaires optimales ; John Muth, les attentes rationnelles. La zone monétaire optimale →

1963

Friedman et Schwartz publient leur histoire monétaire des États-Unis : l’essor du monétarisme. Le monétarisme →

1968

Garrett Hardin publie « The Tragedy of the Commons » dans Science. La tragédie des biens communs →

1970

George Akerlof publie son article sur le marché des voitures d’occasion ; Eugene Fama, sa synthèse sur l’efficience des marchés. La sélection adverse →

1972

Le rapport au Club de Rome sur les limites de la croissance ; l’OCDE adopte le principe pollueur-payeur. Le principe pollueur-payeur →

1977

Kydland et Prescott formalisent la cohérence temporelle : des règles plutôt que la discrétion. La cohérence temporelle →

1979

Kahneman et Tversky publient la théorie des perspectives ; Krugman, la nouvelle théorie du commerce. La théorie des perspectives →

1981

L’économie de l’offre inspire la politique de Ronald Reagan. L’économie de l’offre →

1986

Paul Romer explique le progrès technique : la nouvelle croissance. Minsky publie Stabilizing an Unstable Economy. La nouvelle croissance →

1989

John Williamson résume le consensus de Washington en dix réformes. Le consensus de Washington →

2008

La crise financière remet en lumière Minsky, l’accélérateur financier et le prêteur en dernier ressort. L’hypothèse d’instabilité financière →

Les économistes

Cinquante-deux économistes, par ordre de naissance. Le nom mène à sa biographie ; les liens, aux fiches du guide où l’on retrouve ses idées. Toutes les biographies sont réunies, école par école, dans le guide des grands économistes.

Thomas Mun1571-1641

La balance du commerce, règle de la richesse nationale.

Antoine de Montchrestienvers 1575-1621

Le premier traité d’économie politique, au service du royaume.

Jean-Baptiste Colbert1619-1683

Le mercantilisme appliqué : tarifs, manufactures royales et finances redressées.

François Quesnay1694-1774

Le Tableau économique, le produit net de la terre et les physiocrates.

Anne Robert Jacques Turgot1727-1781

Le capital, l’intérêt et la liberté du commerce des grains.

Thomas Robert Malthus1766-1834

La population et les subsistances ; premier contradicteur de la loi de Say.

Jean-Baptiste Say1767-1832

La loi des débouchés et le rôle de l’entrepreneur.

David Ricardo1772-1823

La rente, la répartition et l’avantage comparatif.

John Stuart Mill1806-1873

Production, répartition, état stationnaire et liberté individuelle.

Karl Marx1818-1883

La plus-value et la critique du capitalisme.

Friedrich Engels1820-1895

La condition ouvrière anglaise et le socialisme « scientifique ».

Léon Walras1834-1910

L’équilibre général : tous les marchés et tous les prix liés.

William Stanley Jevons1835-1882

L’utilité marginale, l’économie mathématique et le paradoxe du charbon.

Carl Menger1840-1921

Fondateur de l’école autrichienne et l’un des trois pères du marginalisme.

Alfred Marshall1842-1924

Réconcilie l’utilité et le coût de production : l’offre et la demande.

Eugen von Böhm-Bawerk1851-1914

L’intérêt comme prix du temps et la critique de Marx.

Irving Fisher1867-1947

Le taux d’intérêt réel, la monnaie et la déflation par la dette.

Ludwig von Mises1881-1973

Le calcul économique impossible sans prix et les cycles du crédit.

Joseph Schumpeter1883-1950

L’entrepreneur innovateur et la destruction créatrice.

Friedrich Hayek1899-1992

Le savoir dispersé dans les prix et la critique de la planification.

Richard Kahn1905-1989

Le multiplicateur : une dépense nouvelle crée des emplois en chaîne.

Ronald Coase1910-2013

Les coûts de transaction et les droits de propriété.

Maurice Allais1911-2010

L’efficacité des marchés, le paradoxe du risque et la critique du libre-échange.

Milton Friedman1912-2006

La monnaie, l’inflation et le revenu permanent.

Paul Samuelson1915-2009

Le manuel qui a diffusé la synthèse néoclassique.

Anna Schwartz1915-2012

La Fed et l’effondrement de la monnaie après 1929.

Karl Brunner1916-1989

La monnaie, la critique de la Fed et les règles monétaires.

Hyman Minsky1919-1996

La stabilité qui engendre l’instabilité.

James Buchanan1919-2013

La politique « sans romantisme » : le choix public.

Robert Solow1924-2023

Le modèle de croissance de référence.

Allan Meltzer1928-2017

L’histoire de la Fed et des règles contre la discrétion.

John Nash1928-2015

L’équilibre de Nash et la logique des jeux non coopératifs.

John Muth1930-2005

L’article de 1961 qui a fondé les anticipations rationnelles.

Gary Becker1930-2014

L’analyse économique appliquée à l’éducation, à la famille et au crime.

Robert Mundell1932-2021

Les unions monétaires et l’économie ouverte.

Daniel Kahneman1934-2024

Avec Amos Tversky, la décision réelle face au risque.

Amos Tversky1937-1996

Les illusions du hasard et la théorie des perspectives.

Robert Lucas1937-2023

Les anticipations rationnelles et la critique des modèles de politique économique.

Eugene Famané en 1939

L’efficience des marchés financiers.

Neil Wallacené en 1939

Anticipations rationnelles, et l’inflation dictée par les déficits publics.

George Akerlofné en 1940

Le marché des voitures d’occasion et l’information asymétrique.

Joseph Stiglitzné en 1943

L’information imparfaite, le rationnement du crédit et la critique du FMI.

Thomas Sargentné en 1943

Anticipations rationnelles, dette publique et fin des grandes inflations.

Richard Thalerné en 1945

L’économie comportementale.

Paul Krugmanné en 1953

Les économies d’échelle dans le commerce et la géographie.

Jean Tirolené en 1953

Réguler les monopoles et les plateformes sans connaître leurs coûts.

Ben Bernankené en 1953

L’accélérateur financier, puis la Réserve fédérale dans la crise de 2008.

Paul Romerné en 1955

Les idées comme moteur de la croissance.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une théorie économique ?

Une explication simplifiée de la façon dont se forment les prix, la production, l’emploi ou les échanges, qui permet de comprendre, parfois de prévoir, et souvent de recommander. Certaines décrivent, comme l’économie keynésienne positive ; d’autres prescrivent, comme sa version normative. La distinction évite bien des débats inutiles.

Quelles sont les grandes écoles de pensée économique ?

Par ordre d’apparition : le mercantilisme, l’économie classique, le marxisme, le marginalisme et l’école autrichienne, nés tous deux en 1871, le keynésianisme, le monétarisme, les attentes rationnelles, puis la finance comportementale. Le tableau ci-dessus les compare.

Quelle différence entre Keynes et les économistes classiques ?

Pour les classiques, une économie libre tend vers l’équilibre, et la loi des débouchés écarte la surproduction générale. Pour Keynes, la demande globale peut rester durablement insuffisante, et l’État doit alors la soutenir. Le désaccord porte moins sur l’existence des crises que sur la capacité de l’économie à s’en remettre seule.

Qui a dit que l’offre crée sa propre demande ?

Keynes, en 1936, pour résumer ce qu’il appelait l’enseignement classique. La formule ne se trouve pas chez Jean-Baptiste Say, dont la loi des débouchés dit autre chose, avec plus de nuances.

Quelle est la bonne théorie économique ?

Aucune ne l’est en toutes circonstances, ce qui explique qu’elles coexistent. Chacune éclaire une partie du réel et en laisse une autre dans l’ombre ; les fiches exposent chaque école à son meilleur niveau, puis ses critiques. Le lecteur prudent en garde plusieurs en tête, comme le trader prudent garde plusieurs scénarios.

Lexique économique : toutes les définitions, de A à Z.

2 commentaires

La discussion se poursuit sur le forum andlil.com.
B
BASSINET28 octobre 2015
Dans les théories sur le marché (VI), ne poourriez-vous pas ajouter la "loi des débouchés" ou loi de Say de Jean Baptiste SAY ?
B
Benoist Rousseau28 octobre 2015
Excellente idée, la théorie de Jean Baptiste Say manque effectivement, je la rédigerai quand j'aurai un peu de temps. Merci
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