Édition de livres : la réalité économique derrière les auteurs

Depuis que j’ai écrit deux livres, les traders sont de vrais communistes et devenez trader pro, j’ai découvert le monde de l’édition.
Je vous propose une visite guidée pour découvrir la répartition entre un auteur, la maison d’édition, le distributeur et en bout de chaîne Amazone ou votre libraire qui vous vendra le livre. Vous verrez que c’est assez surprenant.
La vidéo explicative sur les droits d’auteur
L’auteur est le parent pauvre
L’écrivain ou l’auteur est donc le parent pauvre dans le domaine de l’édition. C’est lui qui est le moins rémunéré pour son travail. Il peut espérer toucher en droit d’auteur entre 5 % et 8 % du prix hors-taxes de son livre à ses débuts. 10 % s’il commence à être connu et qu’il fait de belles ventes. Et finalement, au grand maximum, 15 % pour les écrivains stars vendant des centaines de milliers d’exemplaires et qui accaparent les devantures des supermarchés.

Il est à noter que l’écrivain est rémunéré en droit d’auteur. Cela implique que l’auteur garde un droit moral sur son texte mais que c’est l’éditeur qui en possède la jouissance (Et pour une durée de 99 ans généralement). L’éditeur peut donc faire ce qu’il veut du texte, il en est le propriétaire tant qu’il ne dégrade pas l’essence même du texte. Mais concrètement, l’auteur ne possède pas son livre. Le livre appartient à l’éditeur qu’il peut revendre comme il le souhaite (Un autre éditeur par exemple) ou le transformer (Audio book, court-métrage…).
Il est bien entendu utile de préciser que les 8 % de droits d’auteur brut sont avant impôt…

L’éditeur a des marges réduites
L’éditeur gagne environ 20 % sur le prix d’un livre mais il a des frais. Il doit employer des personnes qui vont relire le livre, le mettre en forme, avoir un graphiste pour les couvertures… Ses marges de manœuvre sont très réduites. Il peut gagner un peu plus en réduisant le nombre de pages au détriment de la facilité de lecture. L’astuce est simple, il suffit de réduire la taille des caractères. Il peut aussi jouer sur la qualité du papier pour réduire les coûts. Et vous vous retrouvez avec un livre tout jaune quelques années après.
Amazon et le libraire sont les grands gagnants
Les grands gagnants de la vente d’un livre sont donc ceux qui sont au bout de la chaîne : le libraire ou les sites de vente Online comme Amazon, la Fnac… Ils récupèrent entre 45 % et 55 % du prix de vente totale d’un livre. Il est à noter que le format e-book ne change pas grand-chose dans la répartition des gains sur un livre. L’auteur gagne en moyenne 2 % à 3 % de plus, l’éditeur aussi et le reste va dans la poche du e-commerce. Un e-book est même beaucoup plus avantageux pour les sites comme Amazon. Ils font de meilleures marges avec car ils n’ont pas à vous l’envoyer par la poste, ils n’ont pas à le stocker.
Peut-être le plus choquant sur la vente des livres
Cela m’avait laissé sans voix quand je l’ai appris. Quand Amazone ou la Fnac.com commandent des livres pour les vendre sur leur magasin en ligne, ils ne prennent absolument aucun risque. En effet, s’ils ont des invendus au bout d’un an, ils les détruisent. L’éditeur doit rembourser les distributeurs !
Donc si la Fnac.com commande 500 livres et qu’au final elle n’en vend que 200 exemplaires, elle informera l’éditeur qu’elle détruit 300 livres et que celui-ci doit rembourser. Donc c’est à l’éditeur de supporter la mauvaise gestion des stocks et la mauvaise anticipation ! Heureusement, les algorithmes et l’intelligence artificielle sont au point chez Amazon pour anticiper les ventes et les « retours » sont très exceptionnels. Ce qui n’est pas le cas de toutes les boutiques online…
Conclusion sur la vente des livres
En étant un petit peu caricatural, l’auteur d’un livre est l’équivalent d’un paysan. Le paysan vend 0,15 € le kilo de tomates qu’il verra à 1,50 € 2 € dans les grandes surfaces. C’est un petit peu le même principe, le créateur ou le producteur est celui qui est le moins rémunéré. Mais sans Amazone, mon livre devenez trader pro ne se serait pas vendu à des milliers d’exemplaires. Tout comme le paysan n’aurait pas pu écouler l’intégralité de sa production de tomates.
On n’écrit donc pas un livre pour devenir riche, éventuellement pour enrichir son éditeur et Amazon. On écrit un livre pour le plaisir, la notoriété que cela peut apporter et l’idée même de l’avoir fait. Être édité, être lu par des milliers de personnes que vous ne connaissez pas, avoir pu diffuser vos idées… tout cela est une grande gratification. Si vous avez envie, je vous encourage fortement à prendre la plume et à vivre cette expérience passionnante.
Benoist Rousseau
Sièges CME & CBOT · Maîtrise d’histoire (Sorbonne)
Historien de formation (Paris-Sorbonne), je lis les marchés avec le recul de l’histoire : trader actif depuis 1994, enseignant depuis 1998, entrepreneur depuis 2004. En 2010, je fonde andlil.com, communauté lauréate en 2024 du Grand Prix d’Excellence « Meilleur Blog et Forum Boursier » ; en 2022, l’École de Trading.
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