Re: Tester vos connaissances en macro-économie

par clgz11 » 02 Aoû 2015 03:40

81%. Voilà mon score. Ce résultat est, pour moi, décevant, si l'on tient compte que j'ai passé 40 années de mon existence à traiter des questions d'économie.

Mais je pense aussi que les promoteurs de l'étude ont eux-mêmes appris, comme étudiants, ou doctorants, en économie, d'autres manières d'aborder certaines choses, que celles que j'ai apprises sur les bancs d'école.

Un seul exemple suffira à illustrer mon propos : quand j'ai étudié l'économie, à l'école des HEC de Lausanne, durant la fin des Trente Glorieuses, la grande mode était au keynésianisme.

Or, si on lit Keynes attentivement, on s'aperçoit que, pour lui, toute dépense de l'Etat, en période de crise, était de nature à stimuler, aussi bien les investissements privés que l'emploi, et ce sans pour autant qu'augmentent les prix et les taux d'intérêt (si la crise était très forte au départ).

Or ce n'est pas ce qui disent, dans leurs réponses, les promoteurs du questionnaire.

Mais cela prouve qu'ils se sont appuyés sur d'autres théories économiques que la théorie keynésienne.

Et si l'on se fie, à partir de là, aux argument des économistes actuels (je songe ici, tout spécialement, à Kenneth Rogoff), ceux-ci se sont employés à démontrer, études des statistiques à l'appui, et ce contrairement aux économistes keynésiens, que le déficit budgétaire des Etats, passé un certain seuil, crée de l'inflation (au sens ici de la hausse des prix), avec, en corollaire, une hausse des taux d'intérêt et une hausse de la dette publique.

Forts de de tels préceptes, les responsables politiques ont décidé, que ce soit au FMI ou à Bruxelles, et si l'on prend la Grèce comme objet d'étude, de réduire l'endettement de ce pays en réduisant les dépenses publiques (et, accessoirement , en augmentant les recettes - que ce soit grâce à une hausse du taux de la TVA sur certains produits de base, ou grâce à l'élargissement de l'assiette fiscale à de nouveaux produits), et ce y compris en période de crise ou de récession.

Or tout cela aurait scandalisé Keynes lui-même, sil vivait encore.

Mais cela prouve aussi que le monde change, et que les médicaments qui étaient valables hier, afin de guérir certains Etats de leur endettement excessif, ne le sont plus guère aujourd'hui.