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Analyse SWOT de Starbucks : forces, faiblesses, opportunités et menaces

Logo de Starbucks, sirène blanche sur cercle vert
· Mis à jour le · 9 min de lecture

Starbucks est une chaîne américaine de cafés, née à Seattle en 1971, qui exploite en propre ou sous licence plus de 41 000 établissements dans le monde.

Starbucks vend du café, des boissons froides et de quoi grignoter dans plus de 41 000 cafés, dont un tiers exploités en propre et le reste sous licence. Son exercice se termine fin septembre. Voici son analyse SWOT, mise à jour avec les comptes de l’exercice 2025 et des trois premiers trimestres de l’exercice 2026 ; au 25 octobre 2026, les comptes de l’exercice 2026 sont attendus le 29 octobre.

Starbucks en chiffres

  • Chiffre d’affaires 2025 : 37,2 milliards de dollars, en hausse de 2,8 %.
  • Marge opérationnelle 2025 : 7,9 %, en recul de 7,1 points ; 9,9 % hors éléments exceptionnels.
  • Bénéfice net 2025 : 1,86 milliard de dollars, divisé par deux, soit 1,63 dollar par action.
  • Effectifs : environ 381 000 salariés, dont 223 000 aux États-Unis, dans 89 marchés.
  • Réseau : 41 304 cafés fin juin 2026, dont 16 933 aux États-Unis.
  • Troisième trimestre 2026 (avril à juin) : 9,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires (-1,4 %, la Chine étant passée sous licence), ventes à magasins comparables en hausse de 7,9 %, marge opérationnelle de 14,4 % hors éléments exceptionnels.

Forces de Starbucks

Une marque qui fait encore venir. Au troisième trimestre 2026, les ventes à magasins comparables ont progressé de 7,9 % aux États-Unis, avec 4,2 % de passages en caisse en plus. Le ticket moyen n’est pas seul à travailler.

Barres des ventes à magasins comparables de Starbucks d'avril à juin 2026 : +8,1 % en Amérique du Nord, +7,9 % aux États-Unis et +5,7 % à l'international, après des reculs un an plus tôt (−2,2 % aux États-Unis).
En un an, les ventes comparables américaines sont passées d’un recul de 2,2 % à une hausse de 7,9 %, portée d’abord par le nombre de passages en caisse. Source : Starbucks, résultats du 3e trimestre de l’exercice 2026 (29 juillet 2026).

Un club de fidélité massif. Le programme Starbucks Rewards compte 35,8 millions de membres actifs aux États-Unis sur 90 jours. Ces clients commandent depuis leur téléphone et reviennent souvent.

Un dirigeant venu de Chipotle. Brian Niccol, ancien président-directeur général de Chipotle, a pris les commandes le 9 septembre 2024. Son plan « Back to Starbucks » mise d’abord sur le service : plus de personnel et d’heures en caisse, file d’attente des commandes réorganisée, rotation des employés au plus bas selon le groupe.

Un modèle de licence qui rapporte sans immobiliser. Deux tiers des cafés sont exploités par des partenaires qui paient pour la marque. Depuis la cession en Chine, les 7 991 cafés du pays sont eux aussi passés sous licence.

Faiblesses de Starbucks

Une rentabilité qui a fondu. En 2025, le bénéfice par action a reculé de 51 % et la marge opérationnelle hors éléments exceptionnels de 5,1 points. Les ventes comparables mondiales ont baissé de 1 % sur l’année, et de 2 % aux États-Unis.

Un redressement qui coûte cher. Le plan de restructuration d’environ 1 milliard de dollars, annoncé le 25 septembre 2025, a supprimé environ 900 postes hors magasins. Starbucks a fermé 877 cafés exploités en propre sur l’exercice, dont 627 au seul dernier trimestre. Les charges de restructuration et de dépréciation ont atteint 892 millions de dollars en 2025. Le 22 septembre 2026, le groupe a décidé de fermer environ 1 % de ses quelque 18 000 cafés nord-américains, pour environ 300 millions de dollars de charges, et ramené à environ 440 ses ouvertures nettes de l’exercice, contre 600 à 650 prévues.

Une forte dépendance à l’Amérique du Nord. Elle a pesé 74 % du chiffre d’affaires en 2025. L’international n’en représentait que 21 %, et la cession en Chine réduit encore son poids dans les comptes.

Opportunités pour Starbucks

Des cafés rénovés. Plus de 1 000 rénovations ont été menées en Amérique du Nord dès le troisième trimestre 2026, pour environ 150 000 dollars chacune. Le groupe en vise 1 500 d’ici fin 2026 et veut accélérer en 2027.

La Chine, version allégée. Annoncée le 3 novembre 2025 et finalisée début avril 2026, la cession à des fonds gérés par Boyu Capital porte sur 60 % de l’activité chinoise, pour une valeur d’entreprise d’environ 4 milliards de dollars. Starbucks garde 40 % et sa marque ; il estime la valeur totale de son activité chinoise à plus de 13 milliards de dollars, en comptant la vente, la part conservée et les redevances attendues sur au moins dix ans. L’objectif affiché : jusqu’à 20 000 cafés, contre environ 8 000.

Un café redescendu de son sommet. L’arabica cotait environ 3,07 dollars la livre le 23 octobre 2026, près de 24 % de moins qu’un an plus tôt, et loin du record de 4,41 dollars de février 2025.

Des objectifs relevés. En juillet 2026, le groupe a relevé ses prévisions : croissance des ventes comparables américaines légèrement supérieure à 6 % sur l’exercice, bénéfice par action ajusté de 2,55 à 2,65 dollars, contre 2,13 dollars en 2025.

Menaces pour Starbucks

Un conflit syndical non résolu. Depuis 2021, plus de 650 cafés américains ont voté pour le syndicat Starbucks Workers United, sans qu’aucun premier contrat collectif soit signé. En mars 2026, les deux parties se préparaient à reprendre les négociations.

Un prix du café qu’on ne maîtrise pas. Starbucks se couvre avec des contrats à terme, mais reconnaît une capacité « limitée » à se couvrir entièrement contre les hausses. En août 2025, les États-Unis ont porté à 50 % les droits de douane sur le café brésilien, avant de lever la surtaxe de 40 % en novembre. Au troisième trimestre 2026, des remboursements ont compensé l’essentiel des droits payés depuis le début de l’exercice.

Une Chine qui lui échappe en partie. Avec 40 % du capital, Starbucks ne pilote plus seul son deuxième marché par le nombre de cafés : l’objectif de 20 000 adresses dépend désormais de son partenaire.

Un client sensible aux prix. Un café de spécialité reste un achat facile à supprimer quand le budget se resserre. Le ticket moyen a progressé de 3,6 % aux États-Unis au troisième trimestre 2026 : la patience des clients n’est pas illimitée.

Principaux concurrents de Starbucks

  • Chaînes de cafés : Dunkin’, Dutch Bros, Tim Hortons (Restaurant Brands International), Costa Coffee (Coca-Cola).
  • Restauration rapide : McDonald’s et son McCafé.
  • Chine : Luckin Coffee, Cotti Coffee.
  • Café à domicile : Nespresso (Nestlé), JDE Peet’s, Keurig Dr Pepper.

Comment un trader regarde-t-il Starbucks ?

Je ne trade pas Starbucks : je ne trade qu’un seul marché, le future sur le Nasdaq. Mais je regarde le titre, coté au Nasdaq sous le symbole SBUX, parce qu’il donne chaque trimestre une photographie fidèle de la santé du consommateur américain.

Trois choses le font bouger. D’abord les ventes comparables américaines, et surtout le nombre de passages en caisse : le 29 juillet 2026, Starbucks a publié une hausse de 7,9 % de ses ventes comparables mondiales, avec 4,2 % de passages en plus et un ticket moyen en hausse de 3,5 %. Ensuite la marge, qui dépend du café, des droits de douane et des heures de travail payées en magasin. Enfin la Chine, désormais visible surtout à travers les redevances.

La directrice financière Cathy Smith parlait en octobre 2025 d’un redressement « sur plusieurs années ». Un titre qui anticipe déjà le succès du plan laisse peu de place à un trimestre décevant.

Cette analyse est informative et ne constitue pas un conseil en investissement.

Questions fréquentes sur Starbucks

Starbucks a-t-il vendu ses cafés en Chine ?

En partie. Début avril 2026, il a cédé 60 % de son activité chinoise à des fonds gérés par Boyu Capital, pour une valeur d’entreprise d’environ 4 milliards de dollars. Il garde 40 % et sa marque, et les 7 991 cafés du pays sont passés sous licence.

Combien de cafés Starbucks compte-t-il ?

41 304 fin juin 2026, dont 16 933 aux États-Unis. Un tiers est exploité en propre, le reste par des partenaires sous licence.

Sources de référence utilisées

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Pour aller plus loin

Sur le forum

  • Earnings en bourse, le calendrier visuel d’une grosse semaine de résultats américains, publié par Benoist en avril 2022.
L’auteur

Benoist Rousseau

Trader membre du CME et du CBOT · Historien de formation

Benoist Rousseau est trader depuis 1994, membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), et titulaire d'une maîtrise d'histoire de Paris IV-Sorbonne. Ancien historien d'entreprise pour un groupe du CAC 40, il figure dans le Top 10 des influenceurs économiques du magazine Challenges. Il transmet aujourd'hui sa méthode au sein de son école de trading à travers sa formation day trading. Dans la rubrique Bourse et marchés, il distingue l'investissement patient de la spéculation et montre ce que les cycles longs enseignent à l'investisseur.

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