La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé mardi, voyant s'effacer des gains initiaux, alors que l'espoir d'une fin imminente de la guerre en Iran a laissé place au fil de la journée à un regain d'incertitude après que les parties prenantes au conflit ont renouvelé leurs menaces militaires, alimentant la crainte d'une
Stagflation économique.
L'indice
Dow Jones a cédé 0,07% à 47.706,51 points.Le S&P-500, plus large, a perdu 0,21%, à 6.781,48 points.Le
nasdaq Composite a avancé de son côté (0,01%) à 22.697,10 points
Le
Dow Jones et le S&P-500 ont basculé dans le rouge, tandis que le
nasdaq a conservé uniquement des gains à la marge, après que le président américain Donald Trump a prévenu l'Iran de conséquences militaires sans précédent si le détroit d'Ormuz venait à être miné, comme rapporté plus tôt par des médias.
Notant que "le marché montrait une certaine solidité", Tim Ghriskey, stratégiste chez Ingalls & Snyder, à New York, a souligné qu'une "grande confusion parmi les investisseurs" a provoqué le repli de l'après-midi.
"Vous voyez des gros titres venant de la Maison blanche qui donnent espoir au marché", a-t-il dit, "et puis la raison l'emporte et les marchés se rendent compte qu'on n'est pas du tout près de la fin" de la guerre en Iran, comme prédit lundi soir par Donald Trump.
wall street a connu d'importants mouvements en début de séance alors que le chef du Pentagone, Pete Hegseth, a prévenu que cette onzième journée du conflit donnerait lieu à des bombardements contre l'Iran d'une intensité sans précédent.
La guerre a provoqué une flambée des prix du pétrole, avec pour effet d'alimenter les craintes à propos de
l'inflation, dans un contexte de ralentissement du marché du travail américain - un ensemble néfaste pour l'économie.
Reste que le marché semble privilégier l'hypothèse que le conflit au Moyen-Orient ne s'étendra pas dans le temps et a été rassuré par l'annonce de Washington de mesures destinées à assouplir les sanctions pétrolières contre la Russie afin de faire baisser les prix.
Parmi les secteurs majeurs du S&P-500, seul celui des technologies s'est inscrit dans le vert mardi, avec notamment des gains des fabricants de semiconducteurs, au premier rang desquels le poids lourd Nvidia. L'énergie a subi le repli le plus important, dans le sillage du recul de 11% des prix du pétrole.
Des données économiques attendues dans la semaine aux Etats-Unis pourraient influencer les marchés. Le département américain du Travail doit publier un rapport sur les prix à la consommation, tandis que le département du Commerce va communiquer une nouvelle lecture du
Produit intérieur brut (
pib) au quatrième trimestre.
Aujourd`hui sur les marches
l'inflation américaine au coeur de la séance mais la guerre en Iran change la donne
Indicateur incontournable à l'heure où le marché s'interroge sur la stratégie monétaire de la
FED, le chiffre de
l'inflation américaine sera dévoilé en début d'après-midi. Mais la statistique portera sur le mois de février, avant la guerre en Iran et ses répercussions sur le marché de l'énergie. Elis, Eurazeo, Guerbet et Damartex dévoilent leurs résultats à Paris, tandis qu'Inditex, Rheinmetall et Porsche captent l'attention ailleurs en Europe.
La paralysie du détroit d'Ormuz, entre l'Iran, les Emirats arabes unis et Oman, a entraîné une flambée des prix du pétrole, du GNL, des engrais, du kérosène et d'autres matières premières essentielles, alimentant les craintes d'une nouvelle vague d'
Inflation mondiale. Les données d'
Inflation américaine, qui seront publiées ce mercredi à 13h30, ne seront pas révélatrices à cet égard, car elles portent sur le mois de février.
Les prévisionnistes s'attendent à ce qu'un rapport publié par le Bureau des statistiques du travail montre que le coût de la vie, mesuré par l'indice des prix à la consommation, ait augmenté de 2,4 % sur 12 mois en février, soit le même taux annuel qu'en janvier. L'indice de base, qui exclut les prix volatils de l'alimentation et de l'énergie, a probablement augmenté de 2,5 %. Là aussi sans aucun changement.
Un rapport conforme aux attentes pourrait, dans des circonstances normales, rassurer les investisseurs et les responsables de la Réserve fédérale quant au fait que
l'inflation ne s'aggrave pas, même si elle n'a pas encore atteint l'objectif annuel de 2 % fixé par la
FED. Mais « compte tenu de la flambée des prix de l'énergie, le rapport de mercredi perd de sa pertinence », a écrit Sal Guatieri, économiste principal chez BMO Capital Markets. Dès le mois prochain, le taux d'
Inflation va se redresser, pense Oddo BHF, précisant que le compartiment énergie compte pour 6,5% de l'indice des prix.