Spoiler:
""Pour Montaigne, « l’autre » n’est pas un « non soi » :
certes, on l’appréhende depuis soi, par le constat de ce qui ressemble et dissemble, mais cette comparaison n’est pas facteur d’opposition mais seulement de distance.
La rencontre avec le différent est un chemin à parcourir et non un mur à franchir.
Ce cheminement qui mène à l’autre est avant tout un voyage à l’intérieur de soi.
Quand Montaigne parle de « détour » vers soi pour accomplir le « retour » à l’autre, il met en évidence une sorte d’omission de nous penser, en tant qu’individus, avec plus de profondeur qu’en nous distinguant du « différent » tel que nous le percevons.
« Être soi » ne saurait se résumer à « ne pas être (comme) l’autre ».
être soi, c’est prendre pleinement conscience de la complexité de sa propre personne, dans la variété sans fin de ce qui nous compose et nous construit, mais aussi dans les mouvements qui nous traversent.
Pour le philosophe qui qualifie le monde de « branloire pérenne », il est en effet vain de chercher à s’identifier à partir d’invariants.
Nous sommes des êtres en dynamique incessante, plastiques et inachevés, forcément remués par ce qui nous est proposé par la vie, et sujets à la contradiction.
Notre cohérence interne n’est donc pas à trouver du côté d’une illusion de pouvoir fixer notre identité, notre caractère ou notre pensée dans quelque immuabilité opposable à d’autres êtres pas plus constants que nous, mais dans un travail incessant de connaissance de soi, c’est à dire d’observation lucide de sa propre vision des choses, de compréhension de bonne foi de ses réactions pour s’amener à des prises de position humbles et ouvertes à la possibilité d’évolution.
En écrivant « Se trouve autant de différence à nous-mêmes que nous à autrui » (Livre II chapite I des Essais), Montaigne invite donc à une posture d’ « honnête homme » (ou femme, bien sûr !), dont il donne plusieurs éléments de définition au cours de ces écrits""
https://www.eveprogramme.com/28232/inspiration-montaigne/
certes, on l’appréhende depuis soi, par le constat de ce qui ressemble et dissemble, mais cette comparaison n’est pas facteur d’opposition mais seulement de distance.
La rencontre avec le différent est un chemin à parcourir et non un mur à franchir.
Ce cheminement qui mène à l’autre est avant tout un voyage à l’intérieur de soi.
Quand Montaigne parle de « détour » vers soi pour accomplir le « retour » à l’autre, il met en évidence une sorte d’omission de nous penser, en tant qu’individus, avec plus de profondeur qu’en nous distinguant du « différent » tel que nous le percevons.
« Être soi » ne saurait se résumer à « ne pas être (comme) l’autre ».
être soi, c’est prendre pleinement conscience de la complexité de sa propre personne, dans la variété sans fin de ce qui nous compose et nous construit, mais aussi dans les mouvements qui nous traversent.
Pour le philosophe qui qualifie le monde de « branloire pérenne », il est en effet vain de chercher à s’identifier à partir d’invariants.
Nous sommes des êtres en dynamique incessante, plastiques et inachevés, forcément remués par ce qui nous est proposé par la vie, et sujets à la contradiction.
Notre cohérence interne n’est donc pas à trouver du côté d’une illusion de pouvoir fixer notre identité, notre caractère ou notre pensée dans quelque immuabilité opposable à d’autres êtres pas plus constants que nous, mais dans un travail incessant de connaissance de soi, c’est à dire d’observation lucide de sa propre vision des choses, de compréhension de bonne foi de ses réactions pour s’amener à des prises de position humbles et ouvertes à la possibilité d’évolution.
En écrivant « Se trouve autant de différence à nous-mêmes que nous à autrui » (Livre II chapite I des Essais), Montaigne invite donc à une posture d’ « honnête homme » (ou femme, bien sûr !), dont il donne plusieurs éléments de définition au cours de ces écrits""
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