Sell in May and go away ?

30 4 2014 - 5 commentaires
ProRealTime

Article écrit par Moustique

Tout le monde ou presque a déjà entendu l'adage : « Sell in May and go away ! ». Littéralement « Vendez en mai et partez ! ».

Partir, d'accord, mais partir où ?, pourrait-on d'abord s'interroger...

Par ailleurs, cette croyance selon laquelle les marchés actions auraient tendance à stagner ou à reculer à partir du mois de mai se vérifie-t-elle dans les faits ou tient-elle plutôt d'une superstition comme les salles de marché en connaissent parfois ?

J'ai essayé d'en savoir plus, sans a priori sur la question, en travaillant arbitrairement sur le CAC 40 et en prenant les 20 dernières années (1994/2013) comme période de référence.

La première question est celle du choix de la période d'étude. Vendre en mai d'accord, mais quand rentrer à nouveau sur les marchés ?

1) America first : Spring Break / Halloween

 

La croyance initiale, dans les pays anglo-saxons, est de penser que les marchés ont une dynamique positive de Halloween au printemps, négative le reste de l'année.

Que disent les chiffres ?

Comparons l'évolution du CAC sur ces deux périodes, en moyenne depuis 20 ans :

cours ouverture

*cours d'ouverture de la première séance de chaque mois

Le résultat est net : en moyenne depuis 20 ans, le CAC progresse nettement (+8,9%) de début novembre à début mai, ­et c'est le cas 16 années sur 20, tandis qu'il affiche un recul moyen de plus de 3% de début mai à début novembre, avec autant d'années négatives que positives.

L'adage Sell in May and go away semble donc bien se confirmer.

2) Oh les beaux jours : Fête du Travail / Rentrée des classes

 

Et si on profitait des beaux jours pour se dorer la pilule aux terrasses de cafés ?

Vendre en mai, donc, et revenir sur les marchés début septembre, cela aurait-il du sens ?

cours ouverture 2

*cours d'ouverture de la première séance de chaque mois

Là encore, l'adage semble se vérifier : le 2ème quadrimestre est le seul à ressortir négatif en moyenne sur les 20 dernières années (-1,6%) et le seul à avoir connu davantage d'années négatives que positives.

3) Quelles corrélations pour l'adage Sell in May and Go Away ?

Vous allez me dire : c'est bien beau tout ça, mais ce ne sont que des moyennes, c'est pas ça qui va m'aider à prévoir la tendance à venir.

Juste... Par exemple, sur la période mai-septembre, les variations extrêmes sont de +32% et -25%.

Y aurait-il alors un moyen d'affiner l'analyse en trouvant des corrélations ?

La plus évident serait une corrélation entre la performance janvier-mai et celle entre mai et septembre ; mais s'il y a corrélation, dans quel sens s'exerce-t-elle ? Une bonne performance au 1er quadrimestre est-elle plutôt suivie d'une consolidation au 2ème, ou au contraire d'une poursuite de la tendance haussière jusqu'à la fin de l'été ?

Analysons la performance du CAC entre mai et septembre selon que le premier quadrimestre à été positif ou négatif :

evolution

*cours d'ouverture de la première séance de chaque mois

Là encore, le résultat est assez net : lorsque le 1er quadrimestre a été en croissance, la performance entre mai et septembre est en moyenne très légèrement positive (+0,4%), avec un nombre d'occurrences équilibré entre les années positives et négatives. En revanche, lorsque le 1er quadrimestre a été en recul, la baisse a tendance à se poursuivre et même à s'accélérer entre mai et septembre (-4,4% de janvier à mai, -5,4% de mai à septembre).

En synthèse : l'adage sell in May and go away se vérifie en moyenne sur le CAC au cours des 20 dernières années, quelle que soit la période considérée (début mai/début septembre ou début mai/début novembre). Et il se vérifie d'autant plus que le début d'année n'a pas été bon sur l'indice.

Mais le résultat cache des différences importantes entre les années, aussi ne faut-il pas en tirer des conclusions définitives sur les mois à venir, alors que la performance du CAC depuis le début de l'année s'établit, au 26 avril 2014, à +3,2%.

Article écrit par Moustique

Auteur de l'article :

Benoist Rousseau est diplômé de l'université Paris-Sorbonne en histoire économique contemporaine et de la Certification Professionnelle des Acteurs des Marchés Financiers de l'AMF. Il a été professeur d'histoire pendant 12 ans avant de devenir trader en compte propre. Ancien Conseiller en Investissements Financiers, il est aussi écrivain. Son ouvrage "Devenez Trader Pro" est numéro 1 des ventes dans la catégorie bourse depuis de nombreux mois. Intervenant régulier sur TV Finance et divers médias, il est suivi par plus de 150.000 personnes sur les réseaux sociaux.

5 Commentaires pour Sell in May and go away ?

  1. Benoist Rousseau dit :

    Merci Moustique pour cet article qui confirme le fameux adage Sell in May and Go Away 🙂

  2. blAst dit :

    Et du "buy the mosquito in november and fly away to Coconut island !". Idem, merci.

  3. sobear dit :

    Merci pour cet article
    un article complémentaire sur le sujet:
    h**p://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/analyses-opinions/bourse-faut-il-reellement-vendre-en-mai-968910.php

  4. laf dit :

    Grosse erreur que d oublier de parler des détachements des dividendes sur le cac en mai / juin ....

  5. Moustique dit :

    @sobear : merci pour le lien vers l'article des Échos, qui s'attache à la performance mensuelle de mai et cherche des explications au phénomène.
    @LAF : ce modeste article n'est qu'une analyse statistique des évolutions du CAC et ne cherche pas à en trouver des causes. L'article cité par sobear cite la sur-performance moyenne du mois d'avril, meilleur mois de l'année pour le CAC, le versement de dividendes, en effet, et la corrélation avec les indices américains, également bullish en avril, comme explications à la moindre performance du CAC en mai.

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