Gestion active : principes et stratégies d’investissement

Qu’est ce que la gestion active ?
S’opposant à la gestion passive, la gestion active a pour principe de surperformer le marché. Il faut alors se donner comme objectif de réaliser de meilleures performances que l’indice de référence de son portefeuille. L’investisseur adoptant une stratégie de gestion active va sélectionner les actifs susceptibles selon lui de réaliser des performances au-dessus de la moyenne du marché. L’investisseur doit alors utiliser tous les outils disponibles pour battre le marché sur l’horizon de temps. Les sociétés d’investissement et les fonds d’investissements en tous genres utilisent majoritairement ce mode de gestion car ils doivent proposer des performances au-dessus de la moyenne pour être attractifs et attirer des investisseurs.
Quels sont les différents styles de gestion active ?
On peut déceler des variables dans la gestion active, en fonction du type d’actifs, du risque du portefeuille, de l’horizon de temps du portefeuille, et de la répartition géographique du portefeuille

La gestion active en résumé
La gestion active consiste à choisir soi-même les titres d’un portefeuille, leur poids et le moment de les acheter ou de les vendre, dans le but de faire mieux qu’un indice de référence. Elle s’oppose à la gestion passive, qui se contente de reproduire l’indice, par exemple au moyen d’un tracker (ETF). Son pari : l’analyse et le jugement du gérant valent plus que ce qu’ils coûtent en frais.
Quels sont les leviers du gérant actif ?
Pour s’écarter de l’indice, le gérant dispose de trois leviers, qu’il combine selon son style.
- La sélection des titres (stock picking) : surpondérer les sociétés jugées sous-évaluées, écarter celles jugées trop chères, à partir de l’analyse fondamentale.
- L’allocation d’actifs : faire varier la part des actions, des obligations, des liquidités, des secteurs ou des zones géographiques selon le contexte économique.
- Le choix du moment (market timing) : réduire l’exposition avant une baisse attendue, la renforcer avant une hausse, parfois à l’aide de l’analyse technique.
On distingue aussi la démarche descendante (top-down), qui part de l’économie pour descendre vers les secteurs puis les sociétés, et la démarche ascendante (bottom-up), qui part de l’étude de chaque société.
Quels sont les grands styles de gestion active ?
La gestion « value » achète des sociétés décotées par rapport à leurs bénéfices ou à leurs actifs, souvent des valeurs de rendement. La gestion « croissance » recherche des valeurs de croissance dont les bénéfices progressent vite, quitte à les payer cher. La gestion spécialisée sur les petites capitalisations mise sur des sociétés moins suivies par les analystes. La gestion quantitative, enfin, remplace le jugement humain par des modèles statistiques appliqués à des milliers de titres. Les hedge funds poussent la logique plus loin en vendant aussi à découvert.
Comment mesurer un gérant actif ?
On compare sa performance, frais déduits, à celle de son indice de référence sur plusieurs années. L’écart de performance ne suffit pas : il faut aussi regarder le risque pris pour l’obtenir. Le tracking error mesure la volatilité de l’écart entre le fonds et l’indice : plus il est élevé, plus le gérant s’éloigne de l’indice. Le ratio de Sharpe rapporte la performance au risque total supporté. Un fonds qui bat l’indice une année en prenant beaucoup plus de risque n’a pas forcément été mieux géré.
Que disent les chiffres sur la gestion active ?
En 1991, l’économiste William Sharpe a formulé ce qu’il appelle l’arithmétique de la gestion active : avant frais, la moyenne des gérants actifs obtient forcément le rendement du marché, puisque l’ensemble des gérants forme le marché. Après frais, cette moyenne fait donc moins bien.
Les mesures publiées par S&P Dow Jones Indices (rapports SPIVA) vont dans ce sens. Fin 2025, aux États-Unis, la part des fonds actifs d’actions de grandes capitalisations ayant fait moins bien que le S&P 500 était la suivante :
| Période se terminant fin 2025 | Fonds moins performants que le S&P 500 |
|---|---|
| 1 an | 78,8 % |
| 5 ans | 89,0 % |
| 10 ans | 85,6 % |
| 15 ans | 89,9 % |
| 20 ans | 92,9 % |
Battre l’indice une année est possible ; le faire durablement, frais déduits, l’est beaucoup moins.
Combien pèsent les frais en gestion active ?
Imaginons 10 000 € placés pendant 20 ans sur un marché qui rapporte 6 % par an. Un fonds actif qui prélève 1,8 % de frais de gestion par an et fait exactement comme le marché avant frais rapporte 4,2 % net : le capital atteint environ 22 770 €. Un fonds indiciel à 0,2 % de frais rapporte 5,8 % net : le capital atteint environ 30 883 €. L’écart, plus de 8 100 €, représente ce que le gérant actif doit regagner par son talent pour simplement égaler le fonds indiciel.
Gestion active ou passive : quelles différences ?
| Gestion active | Gestion passive | |
|---|---|---|
| Objectif | battre l’indice | reproduire l’indice |
| Frais | élevés | faibles |
| Écart à l’indice | recherché | le plus faible possible |
| Rôle du gérant | décisif | technique |
| Risque principal | faire moins bien que l’indice | suivre l’indice dans la baisse |
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre gestion active et gestion passive ?
La gestion active choisit les titres pour battre un indice ; la gestion passive reproduit l’indice au plus près, à moindre coût.
Un fonds actif peut-il battre son indice ?
Oui, certaines années et sur certains marchés. Mais les études SPIVA montrent que sur 20 ans, près de 93 % des fonds américains d’actions de grandes capitalisations ont fait moins bien que le S&P 500.
Le trading est-il de la gestion active ?
Oui : un trader qui choisit ses positions et ses moments d’entrée et de sortie fait de la gestion active, avec les mêmes exigences de discipline et de mesure de sa performance face à un indice de référence.
Comment savoir si un fonds est vraiment actif ?
En comparant sa composition et ses résultats à ceux de son indice : un fonds facturé comme actif mais dont le portefeuille et les performances collent à l’indice offre peu de valeur ajoutée pour son prix.
Pour aller plus loin
Lexique boursier : toutes les définitions, de A à Z.
Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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