L’élargissement symétrique de creux : guide technique

Qu’est-ce qu’un élargissement symétrique de creux ?
L’élargissement symétrique de creux est une configuration graphique que l’on peut être amené à observer lors de l’analyse technique d’un cours. Cette figure permet de prévoir la continuation d’une tendance ou un retournement de tendance à venir. Un élargissement symétrique de creux permet de repérer une continuation baissière ou un retournement à la hausse.
Comment repérer un élargissement symétrique de creux ?
L’élargissement symétrique de creux se distingue par une résistance oblique haussière et un support oblique baissier. On peut confirmer la formation de l’élargissement symétrique de creux à partir du moment où au moins 2 oscillations touchent les droites du support et de résistance. La validation n’est totale que lorsqu’il y a une cassure de l’une des deux droites. Parfois les cours stagnent entre les deux droites et la configuration en élargissement symétrique de creux est invalidée.
Lorsqu’on détecte cette configuration, on repère souvent des volumes élevés au niveau des plus hauts et des plus bas compris entre le support et la résistance. Les volumes atteignent alors leur maximum au moment de la cassure de la résistance ou du support.
Comment utiliser l’élargissement symétrique de creux ?
- Quand la résistance est percée, c’est un signal d’achat, la résistance peut alors servir de stop-loss.

- Quand la droite de support est percée, c’est un signal de vente à découvert. La droite de support peut alors servir de stop-loss.

Que ça soit dans une situation de continuation ou de retournement, on peut fixer des objectifs selon deux méthodes :
Il existe deux méthodes de détermination de l’objectif :
– on utilise la hauteur au début pour fixer un objectif de taille similaire quand on aperçoit une cassure.
– on utilise la hauteur maximale réalisée dans la figure pour fixer un objectif de taille similaire quand on aperçoit une cassure.
Dans les deux cas, on peut également se servir des fluctuations entre les droites de support et de résistance ( à l’intérieur de la figure) afin de se positionner à l’achat ou à la vente. Plus la figure se confirme, plus il y a un risque de cassure. Les figures présentées ici sont très théoriques. Des cas parfaits comme ceux ci-dessus sont rares.
L’élargissement symétrique de creux en résumé
L’élargissement symétrique de creux est une figure en forme de mégaphone qui apparaît après une baisse : les sommets sont de plus en plus hauts, les creux de plus en plus bas, et les deux droites qui les relient s’écartent de part et d’autre. Il traduit un marché qui hésite de plus en plus violemment. La sortie par le haut en fait une figure de retournement haussier, la sortie par le bas une figure de continuation baissière.
Quels sont les critères de repérage d’un élargissement symétrique de creux ?
Thomas Bulkowski, qui a étudié ces figures sur un grand nombre de cas (il les appelle broadening bottoms), retient trois conditions : une tendance baissière avant la figure, des sommets plus hauts et des creux plus bas formant un mégaphone, et au moins cinq contacts au total, dont trois sur l’une des droites et au moins deux sur l’autre. C’est plus exigeant que les deux oscillations mentionnées ci-dessus, et cela évite de voir des élargissements dans de simples fluctuations désordonnées.
Le pendant de cette figure après une hausse est l’élargissement symétrique de sommet. Il ne faut pas la confondre non plus avec le triangle symétrique, dont les droites se rejoignent au lieu de s’écarter.
Que disent les statistiques sur l’élargissement symétrique de creux ?
Dans l’échantillon de Bulkowski, les sorties se font par le haut dans environ 60 % des cas. Après une sortie par le haut, la hausse moyenne mesurée atteint 45 % ; après une sortie par le bas, la baisse moyenne est de 15 %. Dans les deux cas, le cours revient tester la droite franchie dans plus de six cas sur dix, et ces retours affaiblissent ensuite la performance. Ces moyennes portent sur des actions américaines et sur de longues périodes : elles donnent un ordre de grandeur, pas une promesse.
Comment calculer l’objectif de cours d’un élargissement symétrique de creux ?
La méthode la plus courante reporte la hauteur maximale de la figure, mesurée entre le plus haut sommet et le plus bas creux. Imaginons un plus haut sommet à 48 € et un plus bas creux à 40 € : la hauteur vaut 8 €.
- Sortie par le haut : objectif 48 + 8 = 56 €.
- Sortie par le bas : objectif 40 − 8 = 32 €.
Selon Bulkowski, cet objectif est atteint dans 65 % des cas après une sortie par le haut, mais dans 41 % des cas seulement après une sortie par le bas. Une sortie baissière appelle donc des objectifs plus prudents.
Quels sont les pièges de l’élargissement symétrique de creux ?
La difficulté de cette figure tient à sa forme même. À chaque oscillation, l’écart entre support et résistance grandit : un stop placé de l’autre côté de la figure devient de plus en plus coûteux. C’est pourquoi beaucoup de traders préfèrent, comme le suggère le texte ci-dessus, travailler les rebonds à l’intérieur de la figure avec des stops courts, ou attendre une clôture franche hors de la figure avant d’entrer, avec un ordre stop placé de l’autre côté de la droite cassée. Les volumes servent de filtre : une cassure sans hausse du volume a plus de chances d’être un faux signal.
Enfin, les droites d’un mégaphone sont souvent approximatives ; deux analystes ne tracent pas toujours les mêmes. Mieux vaut raisonner en zones qu’en prix au centime près.
Questions fréquentes
L’élargissement symétrique de creux est-il une figure haussière ?
Il l’est le plus souvent, puisque les sorties par le haut sont majoritaires, mais pas toujours. Tant que l’une des droites n’est pas cassée, la figure ne donne aucune direction.
Quelle est la différence avec un élargissement symétrique de sommet ?
La forme est la même ; c’est la tendance qui précède qui change. Le creux se forme après une baisse, le sommet après une hausse.
Comment calculer l’objectif d’un élargissement symétrique de creux ?
On mesure la hauteur entre le plus haut sommet et le plus bas creux de la figure, puis on la reporte au-dessus du sommet en cas de sortie par le haut, ou sous le creux en cas de sortie par le bas.
Que faire si les cours restent dans la figure ?
Ne rien anticiper. Une figure qui dure sans casser finit souvent par perdre sa forme, comme l’indique le texte ci-dessus ; elle est alors invalidée.
Pour aller plus loin
Benoist Rousseau est trader, membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), spécialiste en histoire économique formé à la Sorbonne et pédagogue expérimenté. Il a ainsi créé son École de Trading en 2022.
Fort de plus de 30 ans d’expérience sur les futures CME, il partage analyses de séance, replays de trades commentés, psychologie et gestion du risque — sans signaux ni promesses, du trading brut et sans filtre.










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