Graphique Kagi : analyse et suivi de tendance

Qu’est-ce que le Kagi ?
Le Kagi est un type de représentation graphique qui vient d’Asie. Ce type de graphique se distingue par le fait qu’on trace un graphique de type Kagi en ne prenant en compte que le prix. En effet, même si le temps est représenté sur l’axe des abscisses, l’échelle du temps n’est pas linéaire. Ce type de graphique est pratique pour suivre la tendance.
Comment fonctionne un graphique Kagi ?

Les lignes horizontales n’ont pas de réelle signification, leur rôle est de donner une continuité aux cours. Ces lignes horizontales sont appelées lignes d’inflexion.
Deux variables se distinguent avec le Kagi, la couleur et le sens des lignes. Ces deux variables sont dépendantes du sens du marché :
- La ligne est de nouveau dans le même sens et de la même couleur que la ligne précédente lorsque les cours vont dans le même sens.
- La couleur reste identique mais la direction de la ligne est opposée lorsque les cours exercent un retournement d’un montant déterminé à l’avance (on parle de seuil de retournement).
- La couleur de la ligne change lorsqu’il y a une cassure d’un plus bas ou d’un plus haut observé dans le passé.
Comment utiliser le graphique Kagi ?
Il y a deux méthodes d’utilisation du Kagi :
- On achète lorsqu’il y a un retournement à la hausse et on vend lorsqu’il y a un retournement à la baisse. Autrement dit, les changements de couleur sont des signaux d’achat et de vente.
- On attend la confirmation de deux ou trois cassures de plus haut ou de plus bas après un changement de couleur pour passer à l’achat ou à la vente.
Le graphique Kagi en résumé
Le Kagi est un graphique japonais, apparu dans les années 1870 pour suivre le prix du riz, qui ne trace une nouvelle ligne que lorsque le cours se retourne d’un montant fixé à l’avance. Les petites variations sont ignorées, et le temps ne compte plus : seul le mouvement des prix fait avancer le graphique. La ligne devient épaisse (ou change de couleur) quand le cours dépasse le dernier sommet, et fine quand il casse le dernier creux : ces changements servent de signaux d’achat et de vente.
Comment se construit un graphique Kagi ?
Le point de départ est en général un cours de clôture. On choisit ensuite le seuil de retournement, soit en pourcentage (4 % est un réglage courant), soit en montant fixe.
- Tant que le cours poursuit dans le même sens, la ligne verticale s’allonge, quelle que soit l’ampleur du mouvement.
- Si le cours repart en sens inverse d’au moins le seuil de retournement, on trace un court trait horizontal, puis une nouvelle ligne verticale dans l’autre sens. Un recul plus faible que le seuil est ignoré.
- Le sommet d’une ligne s’appelle une épaule, son creux une taille. Quand une ligne montante dépasse la dernière épaule, elle devient épaisse ; quand une ligne descendante casse la dernière taille, elle devient fine. Beaucoup de logiciels remplacent l’épaisseur par deux couleurs.
Comment tracer un graphique Kagi pas à pas ?
Imaginons une action, avec un seuil de retournement de 2 €, dont les clôtures successives sont 100, 105, 101, 104, 99 et 106 €. On suppose la première ligne épaisse.
- De 100 à 105 € : la ligne monte jusqu’à 105 €, qui devient la dernière épaule.
- De 105 à 101 € : le recul de 4 € dépasse le seuil. Trait horizontal, puis ligne descendante jusqu’à 101 €, qui devient la dernière taille. La ligne reste épaisse, car aucun creux antérieur n’a été cassé.
- De 101 à 104 € : la hausse de 3 € dépasse le seuil. Nouvelle ligne montante jusqu’à 104 €, sous l’épaule de 105 € : rien ne change.
- De 104 à 99 € : ligne descendante. En passant sous la taille de 101 €, elle devient fine : signal de vente à 101 €.
- De 99 à 106 € : ligne montante. En dépassant l’épaule de 104 €, elle redevient épaisse : signal d’achat à 104 €.
Un passage de 104 à 103 €, par exemple, n’aurait rien tracé du tout : le recul de 1 € reste sous le seuil de 2 €.
Quelle différence entre Kagi, Renko et chandeliers ?
| Graphique | Le temps compte-t-il ? | Ce qui fait avancer le tracé |
|---|---|---|
| Chandeliers japonais | oui | chaque période, quoi qu’il arrive |
| Renko | non | un mouvement d’une taille fixe (une brique) |
| Kagi | non | la poursuite du mouvement, ou un retournement supérieur au seuil |
Le Kagi partage avec le Renko le fait d’ignorer le temps. Mais une ligne Kagi peut s’allonger d’un mouvement de n’importe quelle taille, alors qu’une brique Renko a toujours la même hauteur. Les chandeliers japonais montrent au contraire chaque séance, y compris les plus calmes.
Quelles sont les limites du Kagi ?
Tout dépend du seuil de retournement : trop petit, il multiplie les lignes et les faux signaux ; trop grand, il réagit tard et laisse passer une partie du mouvement. Dans un marché sans tendance, qui oscille dans un range, les lignes changent souvent d’épaisseur et les signaux se contredisent. Le graphique reposant sur les clôtures, il ne montre ni les plus hauts ni les plus bas atteints pendant la séance. Enfin, comme l’axe horizontal ne suit plus le calendrier, il faut garder un graphique classique à côté pour situer les dates et les volumes.
Questions fréquentes
Quel seuil de retournement choisir pour un graphique Kagi ?
Un seuil de 4 % est souvent proposé par défaut. Il vaut mieux l’adapter à la volatilité de l’actif : un seuil fixé en multiple de l’Average True Range suit mieux les changements de rythme du marché.
Comment lire un signal d’achat sur un graphique Kagi ?
Le signal d’achat apparaît quand la ligne passe de fine à épaisse, c’est-à-dire quand le cours dépasse le dernier sommet. Le signal de vente apparaît quand elle passe d’épaisse à fine, sous le dernier creux.
Quelle différence entre Kagi et Renko ?
Les deux ignorent le temps. Le Renko avance par briques de taille fixe ; le Kagi trace des lignes de longueur variable et ne change de sens qu’après un retournement supérieur au seuil choisi.
Le Kagi s’utilise-t-il en intraday ?
Oui, à condition de le construire sur des clôtures de bougies courtes, par exemple de cinq minutes, avec un seuil adapté à cette unité de temps.
Pour aller plus loin
Benoist Rousseau est trader, membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), spécialiste en histoire économique formé à la Sorbonne et pédagogue expérimenté. Il a ainsi créé son École de Trading en 2022.
Fort de plus de 30 ans d’expérience sur les futures CME, il partage analyses de séance, replays de trades commentés, psychologie et gestion du risque — sans signaux ni promesses, du trading brut et sans filtre.










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