Comprendre les chandeliers japonais en analyse technique

Qu’est-ce que les Chandeliers Japonais ?
Cette part de l’analyse technique a été développée par le japonais Munehisa Homma lors de son travail sur le marché à terme du riz vers 1740. Ce n’est que plus tard que Steve Nison l’a popularisée à l’ensemble des acteurs du marché.

Explication des Chandeliers Japonais
Un graphique en chandeliers japonais que l’on appelle aussi graphique en bougies japonaises ou « candlesticks », est utilisé en analyse technique pour représenter un cours et ses variations sur une période donnée. On y représente le cours d’ouverture, de clôture, le maximum et le minimum atteint sur une unité de temps (UT).
Les chandeliers permettent également de refléter la psychologie du marché qui est ici représentée par la visualisation des intensités d’achat (représentée en blanc) et de vente (représentée en noir).
C’est à partir des chandeliers que l’on a mis au point beaucoup de figures d’analyse comme :
- Les marteaux et pendus
- Les étoiles
- Le nuage noir
- Les deux corbeaux
- Les avalements et pénétrations
Cette technique a pour défaut de ne pas pouvoir représenter une longue période de temps sur l’écran par souci de lisibilité.
Pour aller plus loin sur les chandeliers japonais
Les chandeliers japonais en résumé
Un chandelier japonais, ou bougie, résume l’évolution d’un cours sur une période donnée avec quatre prix : l’ouverture, le plus haut, le plus bas et la clôture. Le corps de la bougie va de l’ouverture à la clôture, les mèches montrent les extrêmes atteints. Mises bout à bout, les bougies forment le graphique le plus utilisé aujourd’hui sur les plateformes de trading.
Leur intérêt tient à la lecture immédiate : d’un coup d’œil, on voit qui des acheteurs ou des vendeurs a gagné la séance, et avec quelle marge.
Comment lire une bougie
Quand la clôture est supérieure à l’ouverture, la bougie est haussière ; elle est traditionnellement blanche (ou creuse), et le plus souvent verte sur les écrans actuels. Quand la clôture est inférieure à l’ouverture, la bougie est baissière ; elle est noire (ou pleine), le plus souvent rouge. La mèche haute relie le haut du corps au plus haut de la période, la mèche basse relie le bas du corps au plus bas.
Imaginons une bougie quotidienne sur un indice : ouverture à 7 500 points, plus haut à 7 580, plus bas à 7 460, clôture à 7 560. La bougie est haussière, son corps mesure 60 points (7 560 − 7 500), sa mèche haute 20 points (7 580 − 7 560) et sa mèche basse 40 points (7 500 − 7 460). L’amplitude totale de la séance est de 120 points. La longue mèche basse raconte que les vendeurs ont d’abord pris la main, puis que les acheteurs ont repris tout le terrain perdu et davantage.
Chaque bougie correspond à une unité de temps : une minute, une heure, un jour, une semaine. La même séance peut donc être lue en une seule bougie quotidienne ou en plusieurs dizaines de bougies de quelques minutes.
Bougies, barres et autres représentations
Le chandelier contient exactement la même information que la barre du bar chart occidental. Ce qui change, c’est la mise en valeur du corps, qui fait ressortir le rapport de force entre ouverture et clôture.
| Représentation | Prix utilisés | Ce qu’elle met en avant |
|---|---|---|
| Ligne | Clôture seule | La tendance générale, sans le bruit |
| Barres (bar chart) | Ouverture, plus haut, plus bas, clôture | L’amplitude de chaque période |
| Chandeliers japonais | Ouverture, plus haut, plus bas, clôture | Le rapport de force acheteurs-vendeurs |
| Heikin Ashi | Moyennes calculées à partir des quatre prix | La tendance, au prix d’un léger retard |
Les grandes familles de figures
Les figures en chandeliers se classent selon le nombre de bougies qui les composent. Sur une seule bougie, on cherche surtout la forme : le marteau et le pendu (petit corps, longue mèche basse), la toupie (petit corps, deux mèches), le doji (ouverture et clôture presque identiques, signe d’indécision). Sur deux bougies, on compare la seconde à la première : avalement, harami, nuage noir, pénétrante. Sur trois bougies, on trouve notamment l’étoile du matin et l’étoile du soir, ou les trois soldats blancs et les trois corbeaux.
Une même forme n’a pas le même sens selon l’endroit où elle apparaît. Un marteau après une baisse est un signal de retournement possible ; la même bougie après une hausse s’appelle un pendu et se lit comme un avertissement. Le contexte de tendance fait donc partie de la figure.
Une origine japonaise, une diffusion américaine
La tradition attribue la méthode à Munehisa Homma (1724-1803), un négociant en riz originaire de Sakata qui opérait sur la bourse du riz de Dojima, à Osaka. Il est souvent présenté comme le père des chandeliers, même si une part de ce que l’on raconte sur lui relève de la légende. L’Occident a découvert la technique bien plus tard : Steve Nison l’a fait connaître par un article publié en 1989, puis par son livre Japanese Candlestick Charting Techniques, paru en 1991.
Les pièges à éviter
Une bougie isolée ne suffit pas. Les figures se trompent souvent quand on les lit sans tenir compte de la tendance, des supports et résistances, et des volumes. Beaucoup de praticiens attendent la bougie suivante pour confirmer le signal, quitte à entrer un peu plus tard.
Les figures décrites par la tradition japonaise supposent des écarts (gaps) entre deux séances. Sur les marchés qui cotent presque sans interruption, comme le Forex ou les contrats à terme sur indices, ces écarts sont rares en unité de temps courte : certaines figures, les étoiles en particulier, s’y forment rarement sous leur forme d’école.
Enfin, une bougie n’a de sens qu’une fois clôturée. Tant que la période n’est pas terminée, un beau marteau peut se transformer en simple bougie baissière dans les dernières minutes.
Questions fréquentes
Que signifie une bougie verte ou rouge ?
Une bougie verte (ou blanche) clôture au-dessus de son ouverture : la période a été haussière. Une bougie rouge (ou noire) clôture en dessous : la période a été baissière. Les couleurs se règlent librement dans la plupart des logiciels.
Qu’est-ce qu’un doji ?
C’est une bougie dont l’ouverture et la clôture sont au même niveau, ou presque : le corps se réduit à un trait. Elle traduit l’indécision et prend de l’importance après un long mouvement.
Les chandeliers fonctionnent-ils sur toutes les unités de temps ?
Oui, on peut les tracer de la minute au mois. Les signaux sont en général plus fiables sur les unités de temps longues, où chaque bougie résume davantage d’échanges.
Quelle différence avec le Heikin Ashi ?
Le chandelier classique utilise les prix réels. Le Heikin Ashi recalcule chaque bougie à partir de moyennes : la tendance ressort mieux, mais les prix affichés ne sont plus ceux auxquels on peut réellement acheter ou vendre.
Pour aller plus loin
Benoist Rousseau est trader, membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), spécialiste en histoire économique formé à la Sorbonne et pédagogue expérimenté. Il a ainsi créé son École de Trading en 2022.
Fort de plus de 30 ans d’expérience sur les futures CME, il partage analyses de séance, replays de trades commentés, psychologie et gestion du risque — sans signaux ni promesses, du trading brut et sans filtre.










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