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Biologie des comportements et trading avec Wu Wei

par ChristelleP » 08 mai 2022 19:31

J’attaque cette semaine avec un peu de pression : c’est ma première fois. J'en appelle à votre indulgence :oops: :mercichinois:

J’avais envie de partager avec vous quelques sujets qui me passionnent : l’épistémologie, la biologie des comportements, le système de perception-réaction (SPR). Ces connaissances m’ont été particulièrement utiles dans l’apprentissage du trading. J’espère qu’elles vous plairont et pourquoi pas, vous seront utiles aussi :)

Commençons par un peu d’épistémologie. Mais qu’est-ce donc que cette drôle de chose ?? Pour aller vite, c’est la science qui étudie la manière dont on pense, qui s’interroge sur « pourquoi on pense d’une certaine manière », sur "comment on connaît le monde". J'essaierai d'expliquer les prochains jours pourquoi ces connaissances sont importantes en termes d'apprentissages, de changement, d'adaptation.

Je commencerai cette séquence « épistémologie » par le « constructivisme ». Encore un gros mot vous allez dire… Il y en aura quelques-uns mais j’essaierai d’y passer un peu de temps chaque fois pour essayer que ce soit clair.

Le constructivisme, c’est l’approche qui considère que la « réalité » est une construction. La plupart des grands chercheurs dans le monde ont aujourd’hui une approche constructiviste : dans les sciences humaines, dans les mathématiques, dans l’intelligence artificielle, dans la psychopathologie, dans la physique quantique....

Voici une petite vidéo pour commencer à appréhender ce dont il s'agit :
Notre cerveau crée l'illusion de la réalité

Premier élément à comprendre : notre système nerveux central, notre cerveau, reçoivent des informations qu’ils classent d’une certaine manière et qu'ils vont réutiliser plus tard.

J’ai passé un peu de temps pour vous proposer le montage ci-dessous.
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Qu’y voyez -vous ? Comment l’identifiez-vous ?

Il est remarquable que la première chose que chacun va faire c'est d'essayer de "classer" ces images par ressemble, par similarités. On appelle ces regroupements par catégories, des "classes". Certains y verront des classes d'images d'objets ronds, d'autres des jouets, d'autres des fruits et légumes, d'autres encore ce qui est en lien avec les pompiers... En "réalité" le nombre de classes possibles est déjà très important pour ces quelques images. ;)
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Lorsque Marco Polo arrive à Sumatra, il voit pour la première fois de sa vie des rhinocéros. N’ayant jamais vu un animal pareil, il croit reconnaître… une licorne. Un animal à quatre pattes avec une corne sur le front ? N’est-ce pas la définition de la licorne telle que les légendes la décrivent alors ?
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Le problème c’est que les récits traditionnels sur la licorne évoquaient un animal… blanc et gracieux. Or, les rhinocéros qu’il a sous les yeux et qu’il décrit précisément dans son « Livre des merveilles » sont gris, avec « le poil du buffle et les sabots de l’éléphant », une peau épaisse. « Leur tête ressemble à celle du sanglier. Ils la portent toujours inclinée vers le sol. Ils vivent volontiers dans les marais, au bord des lacs. Ils sont très laids ». Marco Polo en déduit… que la licorne ne correspond pas vraiment aux descriptions qu’on en a faites jusque-là !

Comment a procédé Marco Polo pour identifier le rhinocéros comme une licorne ? Et plus généralement, comment procède la pensée face à un objet inconnu ? Nous allons essayer d’en dérouler le processus pas à pas.

Marco Polo a recherché dans ses souvenirs d’expériences passées, ce qui ressemblait le plus à l’objet inconnu qu’il avait sous les yeux. La forme la plus approchante (animal avec une corne sur le front) était la licorne. Il a alors assimilé les deux images : la représentation de licorne qu’il avait dans la tête et la vision du rhinocéros. Mais ce faisant, il a dû apporter des corrections à son concept initial (la licorne est, selon les canons établis, un animal blanc et gracieux…).

Ce que Marco Polo a d’abord fait, mentalement, c’est catégoriser la licorne, c’est-à-dire la « réduire » à quelques caractéristiques essentielles : licorne = « corne », « front », « blanc », « gracieux ». Il a identifié des différences qui « produisent » la figure de la licorne.

C'est Alain Berthoz, un des plus grands neurophysiologistes français, qui a montré que percevoir, c’est choisir, dans la masse des informations disponibles, celles qui sont pertinentes par rapport à l’action envisagée. L’augmentation, par l'expérience, de cette capacité d’extraire les informations pertinentes de notre environnement s’appelle l’apprentissage perceptif. C’est l’un des plus importants processus mentaux utilisés dans notre compréhension du monde.

Pour le trading, la question est "quelles sont les informations pertinentes ?", Celles qui nous seront utiles ? J'y reviendrai dans la semaine... ;)

La catégorisation est une fonction de notre cerveau qui nous permet de regrouper nos connaissances pour les enregistrer plus facilement et pour pouvoir les rappeler plus rapidement lorsque nous en avons besoin. Ainsi, plus que des différences, on pourrait dire que Marco Polo a mémorisé des instructions susceptibles de reproduire plus tard une figure, celle de la licorne : des informations extraites et en même temps déjà orientées vers une utilisation future envisagée.
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Le cerveau catégorise tout ce qui constitue notre environnement. Pour une raison assez simple d’ailleurs, prenons un exemple. Mon cerveau est bien trop petit pour y faire rentrer un canapé. Il est néanmoins capable d’en fabriquer une image, plus facile à traiter. Fonctionnellement, c’est tout aussi utile et efficace. Je pourrai réutiliser l’image du canapé pour m’en resservir dans d’autres contextes. Mais ça tient beaucoup moins de place dans ma tête. Et ça fait à coup sûr moins mal pour l’y rentrer… :lol:

Marco Palo a ensuite enregistré ces informations simplifiées dans sa mémoire, avec le projet de les réutiliser plus tard.

Nous savons aujourd’hui qu’il n’y a pas de mémorisation sans projet de réutilisation dans l’avenir. Par exemple, nous connaissons tous des personnes qui aiment raconter ce qu’on appelle de « bonnes histoires » et qui font preuve en ce domaine d’une culture étonnante. Que se passe-t-il dans leur tête quand on leur en raconte une inédite ? Elles sont déjà en situation de projet de la raconter à d’autres. Le plaisir qu’elles éprouvent en écoutant se nourrit de l’idée du plaisir qu’elles éprouveront en le racontant à d’autres. C’est l’imaginaire de l’avenir qui est le lieu de conservation des souvenirs.

Mais revenons à Marco Polo. La corne du rhinocéros lui a « rappelé » ces informations. Il a alors comparé mentalement l’image qu’il avait dans sa tête (la licorne) et celle qu’il avait sous les yeux (le rhinocéros). Il a généralisé la relation « corne = licorne » (ce-qui-a-une-corne-est-une-licorne) en l’associant et en l’accolant, par analogie, au rhinocéros. A la suite de cette expérience, il a « corrigé » la perception qu’il avait jusque-là d’une licorne, en en conservant le nom, mais en lui associant mentalement les caractéristiques « réelles » du rhinocéros.

Ces différents « gestes mentaux », qui nous permettent de manipuler les informations, sont bien connus et décrits aujourd’hui, par les psycho-pédagogues ou les neuriphysiologistes par exemple.

Le problème, nous y reviendrons, c’est que ces processus de catégorisation, de généralisation, d’association, modulent et orientent notre perception… C’est bien parce que Marco Polo avait « classé » sa rencontre avec la licorne dans la case « corne sur le front », qu’il décide finalement qu’elle ressemblera dorénavant à un rhinocéros. :lol:

Ceci dit : pourquoi pas ! A quoi ressemble une licorne pour vous ? Et de votre point de vue, qu’est-qui fait qu’elle ressemble à ça ?
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Le même mécanisme a été démontré dans une célèbre expérience qui a eu lieu en France, près Bordeaux, dans le milieu viticole. Trois chercheurs ont demandé à 54 œnologues de décrire du vin blanc et du vin rouge, en omettant de préciser qu’ils avaient coloré en rouge une partie du vin blanc. L’odeur du vin blanc, coloré artificiellement en rouge, a été perçu par les œnologues comme étant celle d’un vin rouge. La catégorie « vin rouge » de leur mémoire a simplement été activée et rappelée à la vue de la couleur du verre. Et ils ont associé l’odeur a cette catégorie. Les conclusions de la recherche n’indiquent pas si le vin était bon et s’il en restait à la fin. :D

Si deux personnes (deux traders par exemple ;) ) regardent le même objet (par exemple le même graphique :) ), il est fort probable qu’elles n’en extrairont pas les mêmes informations. Elles ne les classeront pas dans les mêmes catégories. Elles n'évoqueront pas la même chose. Elles les rappelleront (ou pas) de manière différente selon les moments et les contextes. Leur perception sera différente. La perception est donc profondément orientée et relative.
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Pour bien comprendre à quel point notre perception est relative, je vous propose l’expérience suivante, que vous pourrez vous amuser à refaire autour de vous.

Si je prononce le mot « tambour », quelle est l’image qui se forme dans votre tête ? Pour ma part, c’est une image de tambour qui apparaît, peut-être est-ce votre cas.

Mais si vous renouvelez l’expérience autour de vous, en demandant à vos amis, vos collègues, vos enfants quelle est l’image qui se forme dans leur tête à eux quand vous prononcez le mot « tambour », vous allez vous rendre compte que certaines personnes « entendent un son » de tambour, d’autres « voient les lettres du mot » tambour, d’autres encore « entendent le mot » tambour prononcé. La manière que nous avons d’être touché par l’information et de la classer est différente pour chacun, dès le premier contact.

Ce processus de "fixation" des informations dans notre cerveau , c'est ce qu'on appelle l'évocation.

En résumé, les enseignements à retenir de ces premiers pas sur les chemins de la connaissance sont les suivants :
- Nous ne percevons pas les mêmes informations ;
- Nous ne les classons pas de la même manière ;
- Elles n'évoquent pas les mêmes choses pour nous ;
- Nous ne les rappelons pas de la même manière ;
- Le processus de mémorisation dépend du projet que l'on a pour l'avenir ;
- La perception est relative, c'est une construction.
- La processus de perception est toujours doublement orienté :
- par nos expériences antérieures d'une part. Passer de nombreuses heures à chercher des ressemblances dans les graphiques sur différentes ut ou dans les screens des traders d'exception du forum peut par exemple améliorer grandement notre connaissance
- par le projet que l'on a d'autre part. Revoir son projet "à la baisse" permet par exemple de trader plus sereinement

Re: Biologie des comportements et trading avec Wu Wei

par Francis1 » 08 mai 2022 19:35

:merci:

Re: Biologie des comportements et trading avec Wu Wei

par ChristelleP » 08 mai 2022 19:37

merci Francis :mercichinois:

Re: Biologie des comportements et trading avec Wu Wei

par ChristelleP » 08 mai 2022 19:37

Re: File cac 40 du Lundi 02/05/2022
par PHIL79 » 02 mai 2022 07:50


Bonjour à toutes et à tous.

Merci Wu wei pour cette open très intéressante.
Ca fait même un peu peur de temps en temps quand on voit la perception erronée de certaines choses par notre cerveau.

Re: File cac 40 du Lundi 02/05/2022
par PHIL79 » 02 mai 2022 07:55


Du coup, je ne sais pas si c'est la perception de mon cerveau qui est altérée mais j'ai du mal à voir ce matin la direction que va prendre les marchés. :lol:

Re: Biologie des comportements et trading avec Wu Wei

par ChristelleP » 08 mai 2022 20:35

Voici une nouvelle étape sur le chemin de la connaissance, de l’épistémologie et des processus d’adaptation.

Aujourd’hui, nous allons parler de l’information et de la cybernétique (allez tenez bon, plus que quelques « gros » mots et ce sera finit)
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Nous avons vu hier que notre système nerveux central traitait des informations. D’accord…. Mais qu’est-ce qu’une information ? La question peut paraître toute bête mais sa compréhension est capitale pour la suite...

C’est Grégory Bateson, un anthropologue et biologiste, qui dans les années 60 a donné la définition la plus précise de l’information : l’information, c’est une différence qui fait une différence. .

Je vais tenter de vous expliquer en quoi cette définition est si importante. Prenons un exemple tout simple : un stylo posé sur une table. Qu’est-ce qui fait que sur cette image vous voyez ce stylo ? Qu’est-ce qui fait que votre cerveau va « capter » qu’il y un stylo ?
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Vous voyez ? Non ? je vous aide un peu ça n’est pas facile… Si on y réfléchit bien ce qui fait que l’on voit le stylo ce n’est pas le stylo, ce n’est pas non plus la table : ce que l’on perçoit c’est une différence dans le rapport entre la table et le stylo : différence de forme, de couleur… C’est donc bien cette différence qui va faire une différence dans notre cerveau. Il est beaucoup plus difficile de percevoir un point blanc sur un tableau blanc. Les neurophysiologistes appellent cette « différence » une saillance. Constitue une différence, ce qui est saillant, ce qui dépasse, qui se remarque dans son rapport à son environnement. Par exemple, c’est une des caractéristiques des grands traders de remarquer certaines différences, certaines configurations, qui pour eux font une différence.

Une fois cela bien compris, nous pouvons aller plus loin. Il y a une valeur des informations : on dit en sciences de l’information et de la communication que la valeur d’une information c’est son improbabilité, son imprévisibilité. Plus une information est improbable, plus son rapport avec son contexte génère de « différences », plus elle a de « valeur » et attirera l’attention de notre système de perception.
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Je fais une petite parenthèse mais il y a type d’information qui a une valeur particulière : la violence. On peut définir la violence comme une information sur l’atteinte à notre structure (notre structure mentale ou notre structure corporelle). Notre cerveau est configuré depuis la nuit des temps pour nous protéger, même la nuit quand on dort. Il portera une attention particulière à toutes les informations qu’il va décoder comme étant susceptibles de nous porter atteinte, aujourd’hui ou plus tard. Il « apprend » en permanence à nous protéger. Ceci bien compris, vous comprendrez sans problème pourquoi les médias sont saturés d’images de violences : ce sont des informations improbables, et qui potentiellement pourraient nous porter atteinte : elles sont « attractives » pour notre cerveau…malgré nous. Plus les signaux sont proches, plus notre attention est attirée.
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Un autre élément concernant le traitement de l’information c’est l’importance de la quantité d’informations à traiter. Trop d’informations empêche de faire des différences, rend le processus d’adaptation et de décision compliqué. Pas assez d’informations empêche aussi le processus d’adaptation. Prenez le choix de son ut en trading par exemple, et vous comprendrez mieux pourquoi certains travaillent avec des ut courtes et d’autres avec des ut plus longues. Pour ce qui me concerne : en dessous de l’UT2, j’ai l’impression d’être saturé d’informations et d’être paralysé. Au-dessus de 5mn, j’ai l’impression de n’avoir aucune information et d’être dan le brouillard, cela me stresse. On sait aujourd’hui que l’absence d’information et l’excès d’informations sont les sources de l’angoisse et de l’anxiété.

Après ces quelques idées sur l’information, qui j’espère auront fait une « différence » pour vous, je vais vous parler de cybernétique. La cybernétique est une discipline scientifique développée dans les années 50/60 par Norbert Wiener.

Il faut bien comprendre que depuis le 17ème siècle, toute la science s’est développée à partir de la pensée de Descartes, ce qu’on a appelé le fait d’être « cartésien ».
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La pensée de Descartes a été à l’origine de la plupart des progrès technologiques depuis cette époque, de la révolution industrielle, aux progrès de la médecine… Un des éléments principaux de la pensée de Descartes était ce qu’on a appelé le « réductionnisme », c’est-à-dire que pour comprendre un phénomène, ou un objet complexe par exemple, on pouvait le démonter en autant de parties qu’il était possible, de le « réduire » à la plus petite unité pour en comprendre le fonctionnement. C’est cela le réductionnisme. Encore une fois, il a été à l’origine de la plupart des grandes inventions.

Oui mais…. Au début du 20ème siècle, de nombreux chercheurs ou praticiens se sont aperçus que la méthode « cartésienne » ne marchait pas vraiment dans leur domaine : les biologistes, les médecins, les astronomes, les botanistes, les militaires… Ils avaient bien conscience que diviser la complexité en unités simples et analyser le fonctionnement de chaque unité ne permettait pas forcément de comprendre la complexité. Par exemple : comment comprendre comment pousse une plante ? Comment comprendre comment le corps se régule pour être toujours à la même température ? Comment le cerveau fait-il pour « compenser » un handicap ? Le point commun de tous ces chercheurs est qu’ils buttaient sur la compréhension des processus complexes et sur leur évolution.
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Le génie de Norbert Wiener est d’avoir inventé la cybernétique : la science qui étudie la manière dont fonctionnent les processus complexes. Les premiers travaux sur la cybernétique ont été développés à la suite d’une commande du gouvernement américain qui cherchait une réponse à une question stratégique : comment vaincre l’aviation allemande, plus puissante et plus rapide.
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Wiener a réussi à trouver et démontrer le système qui permettait aux canons antiaériens de « suivre » les avions ennemis, d’anticiper leur trajectoire pour pouvoir les détruire à coup sûr.

De manière simplifié, le schéma qu’il a utilisé est le suivant :
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Il est assez simple à comprendre : on rentre une information dans le système (ici le canon) , puis on analyse le retour d’information qui est intégré comme nouveau paramètre de réglage pour ajuster le tir. Ce retour d’information qui permet d’ajuster le fonctionnement du système est la clé de compréhension de la cybernétique et des systèmes complexes.

Nous verrons demain pourquoi ce schéma est si important pour comprendre comment on fonctionne et comment on s’adapte

En résumé, les enseignements à retenir de ce deuxième jour de promenade sur les chemins de la connaissance sont les suivants :
- Une information c’est une différence qui fait une différence
- La valeur d’une information c’est son improbabilité
- Certaines informations ont plus de valeur que d’autres (la violence notamment)
- L’excès d’information et l’absence d’informations sont les deux sources de l’angoisse et de l’anxiété
- La cybernétique est la science qui étudie le fonctionnement des systèmes complexes
- La caractéristique de ces systèmes complexes, c’est que se sont des systèmes à l’intérieur desquels de l’information circule, qui va faire des différences
- Le retour d’information est ce qui permet aux systèmes complexes de s’adapter

Re: Biologie des comportements et trading avec Wu Wei

par Francis1 » 08 mai 2022 20:38

:merci:

Re: Biologie des comportements et trading avec Wu Wei

par ChristelleP » 08 mai 2022 20:39

Francis :mercichinois:

Re: Biologie des comportements et trading avec Wu Wei

par ChristelleP » 08 mai 2022 20:40

Re: File cac 40 du Mardi 03/05/2022
par niki44 » 03 mai 2022 06:10


merci Wu Wei :top:
très très intéressant et je trouve que "l’absence d’information et l’excès d’informations sont les sources de l’angoisse et de l’anxiété" appliqué au trading a effectivement du sens. Entre utiliser plein d'indicateurs ou bien des graphes très épurés pas toujours facile de trouver le bon compromis ;)

Re: Biologie des comportements et trading avec Wu Wei

par ChristelleP » 08 mai 2022 21:00

Nous avons évoqué lundi le constructivisme et vu que la réalité est une construction. Nous avons évoqué hier la définition de l’information, commencé à voir comment elle circule à l’intérieur d’un système et comment le retour d’information permet l’adaptation d’un dispositif.

Je vais essayer de vous expliquer aujourd’hui et en fin de semaine en quoi toutes ces notions nous permettent de mieux comprendre comment nous fonctionnons et comment mieux nous adapter.

Pour mémoire, revoici le schéma initial de fonctionnement des systèmes complexes utilisé par Norbert Wiener et le même schéma un peu « modernisé » :
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Ce sont deux scientifiques de génie qui vont utiliser ce schéma « cybernétique » pour mieux comprendre un système complexe un peu particulier : l’être humain.

Tous les deux vont décoder la manière dont l’être humain, comme tous les systèmes vivants, reçoit, traite, émet des informations pour évoluer et essayer de s’adapter dans ses relations.

Classiquement on considère 3 niveaux de relations :
- Les relations avec soi-même (ce que je me dis, ce que je pense de moi, ce que je me fais …),
- Les relations avec d’autres personnes : ce que je leur dis (ou pas), ce que je fais ou ne fais pas…
- Les relations que l’on a dans certaines situations et avec le monde en général
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Le premier de ces grands hommes est Henri Laborit, célèbre pour être à l’origine d’une grande partie de la pharmacopée que nous utilisons encore aujourd’hui : antidouleurs, antioxydants, antidépresseurs… Dans les années 60 en France, Henri Laborit a adapté le schéma de Norbert Wiener. Il s’en est servi pour décrire le fonctionnement « interactionnel » de notre système nerveux central.

Voici son schéma que j'ai retranscris pour vous. Le rond rouge représente notre corps.
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Il décrit comment l’être humain est en interactions avec lui-même et avec le monde. Il évolue et s’adapte en traitant à la fois des informations internes et des informations externes, qui lui arrivent par les canaux sensoriels (par ses 5 sens).
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Il est d’ailleurs étonnant de constater que comme tous les systèmes vivants, ce qui fait réagir les marchés se sont des informations. ;) Comme tous les systèmes vivants, ils réagissent à 2 types d'informations :
- Des informations endogènes : des niveaux symboliques de prix, des points pivots, des indicateurs particuliers, des moyennes...
- Mais aussi des informations exogènes : un évènement politique, une annonce de la FED, l'annonce de résultats d'entreprises...
C'est le traitement de ces informations qui les fait réagir et évoluer.
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Mais Laborit va aussi être des premiers à poser les bases de ce qu’on appelle la biologie des comportements en démontrant que quelle que soit la situation à laquelle nous sommes confrontés , il n’y a « en réalité » que 3 modalités de réaction et d’adaptation possibles :

- Si l’action est possible, nous pourrons soit éviter, soit contrôler la situation. Par exemple si nous croisons un animal dangereux, il est probable que bous essaierons de l’éviter. Par exemple encore, si nous voulons aidons nos enfants à faire leurs devoirs, il est probable que nous essaierons de contrôler ce qui se passe et comment ils s’y prennent.
- Si l’action est impossible (parce que nous nn pouvons ni éviter ni contrôler ce qui se passe), nous nous trouvons dans une situation un peu particulière. Cette situation ou ne pouvons réagir s’appelle l’inhibition de l’action. Les anglais l’appellent « freeze », nous sommes « gelés », incapables de bouger, comme un lapin devant les phares d’une voiture.
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C’est aussi un processus très fréquent :
- Par exemple un salarié qui est mécontent de la relation avec son patron mais qui ne peut pas éviter d’aller au travail, mais qui ne peut pas non plus critiquer son patron par crainte de perdre son emploi
- Par exemple cette dame qui a une pratique religieuse intense et qui sait que son mari la trompe, mais qui ne veut pas divorcer parce selon ses croyances « cela ne se fait pas ». Elle subit la situation sans pouvoir ni l’éviter ni la contrôler
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Ces sont 3 modes de réactions que nous retrouvons bien sûr aussi en trading :
- L’overtrading ou le « tilt », qui nous font essayer de surcontrôler ce qui se passe ey qui nous échappe
- l’utilisation de multiples indicateurs par laquelle nous recherchons une illusion de contrôle,
- le dégout, l’abandon, qui nous font éviter la confrontation aux marchés, et nous éloigner pour éviter la souffrance
- l’hésitation ou la paralysie, qui nous empêchent de cliquer au bon moment, parce que nous ne savons pas si nous devons entrer (action de contrôle) ou ne pas entrer (action d’évitement)

Nous verrons demain les apports majeurs du second de ces grands hommes : Grégory Bateson, qui va utiliser la cybernétique pour aller encore plus loin. Il va expliquer et théoriser les processus d’apprentissage et d'adaptation et révolutionner notamment l’approche de la souffrance humaine et des troubles mentaux,

En résumé, les enseignements à retenir de ces premiers pas sur les chemins de la connaissance sont les suivants :

- Le retour d’information est ce qui permet aux systèmes complexes de s’adapter
- Les systèmes vivants, et l’être humain en particulier sont des systèmes complexes. A ce titre, évoluent et s’adaptent en traitant des informations internes et externes
- Ce sont les retours d’informations qui les font réagir pour évoluer et s’adapter
- Selon que l’action est possible ou empêchée, il existe 3 modalités de réaction (d’adaptation) par rapport à une situation : l’évitement, le contrôle, l’inhibition de l’action.
- Aucune de ces modalités d’adaptation n’est problématique en soi : toute la journée nous évitons certaines situation, nous en affrontons d’autres, ou ne ne savons pas quoi faire

Re: Biologie des comportements et trading avec Wu Wei

par ChristelleP » 08 mai 2022 21:10

Re: File scalping et day trading du Mercredi 04/05/2022
par Ericm » 04 mai 2022 07:55


bonjour à tous et Merci pour cet open très utile. Un film a été fait en 1980 sur la théorie de Laborit avec G Depardieu il s'agit de "Mon oncle d'Amérique" d'Alain Resnais.

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