Le capitalisme : définition, origine et fonctionnement

Qu’est-ce que le capitalisme ?
Le capitalisme est un système économique où les moyens de production appartiennent à des entreprises privées ou à des particuliers. Au sein de ce système prédomine le capital financier et les prix des biens sont fixés par le marché qui se veut être libre. Les profits sont exploités par les dirigeants de ces entreprises ou par des actionnaires qui y investissent.

Exemple de capitalisme
Le capitalisme s’est répandu notamment en Europe et dans les pays anglo-saxons à partir du XVIème siècle, et est devenu le modèle économique prépondérant dans le monde avec l’émergence de la mondialisation.
Pourquoi le capitalisme ?
Le capitalisme a permis, sur le long terme, de créer de la richesse et d’augmenter la croissance. Il s’agit d’un système qui privilégie le progrès technique et l’innovation ce qui semble, malgré les cycles qui alternent crise et croissance, bénéfique pour les sociétés occidentales qui y ont trouvé leur intérêt.
Le capitalisme en résumé
Le capitalisme est un système économique fondé sur la propriété privée des moyens de production, la liberté d’entreprendre et d’échanger, la coordination par les prix de marché et la recherche du profit, qui est réinvesti pour accumuler du capital. Ses défenseurs y voient le moteur de l’innovation et de la hausse du niveau de vie depuis deux siècles ; ses critiques lui reprochent les inégalités, l’instabilité financière et la pression sur les ressources naturelles.
Origine du mot et de la chose
Le mot est plus récent que la réalité qu’il désigne. Il s’impose en français au milieu du XIXe siècle, souvent sous la plume de ses adversaires : on en attribue l’usage moderne à Louis Blanc en 1850, puis à Pierre-Joseph Proudhon. Karl Marx parle plutôt de « mode de production capitaliste ». Au début du XXe siècle, l’Allemand Werner Sombart et surtout Max Weber, avec L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme (1904-1905), en font un concept central des sciences sociales.
La chose est plus ancienne. Les historiens, comme Fernand Braudel, en voient les premières formes dans le grand commerce de l’Europe médiévale, avec ses marchands, ses lettres de change et ses banquiers. Le capitalisme marchand s’étend ensuite avec les grandes découvertes, puis devient industriel avec la révolution industrielle britannique, à partir de la fin du XVIIIe siècle. Adam Smith, qui publie La Richesse des nations en 1776, n’emploie pas le mot, mais il en décrit le mécanisme central avec l’image de la main invisible.
Comment fonctionne le capitalisme
Quatre éléments se combinent. La propriété privée donne au propriétaire le droit d’utiliser son capital et d’en garder le fruit, ce qui suppose un État capable de garantir les droits de propriété et les contrats. Le marché fixe les prix, qui signalent ce qui est rare et ce qui est abondant. Le profit récompense ceux qui produisent ce que les clients demandent à moindre coût, et sanctionne par des pertes ceux qui se trompent. Enfin, l’accumulation : le profit réinvesti finance de nouvelles machines, de nouvelles techniques et de nouvelles entreprises.
Les marchés financiers en sont le prolongement direct. Une action est un titre de propriété sur une partie du capital d’une entreprise ; la Bourse permet de le céder, et donc de lever des capitaux auprès d’épargnants qui ne dirigeront jamais l’entreprise. C’est ce que vise le texte ci-dessus quand il évoque la place du capital financier.
Les grandes lectures du capitalisme
Pour Adam Smith, la poursuite de l’intérêt individuel, encadrée par la concurrence, sert l’intérêt général. Pour Karl Marx, le profit provient de l’exploitation du travail salarié, et le système porte en lui des crises qui doivent le conduire à sa fin : c’est le cœur du marxisme. Joseph Schumpeter, dans Capitalisme, socialisme et démocratie (1942), y voit un processus de destruction créatrice porté par l’entrepreneur innovateur, tout en doutant de sa capacité à survivre à son propre succès. Milton Friedman, dans Capitalism and Freedom (1962), soutient que la liberté économique est une condition de la liberté politique. John Maynard Keynes, sans remettre en cause la propriété privée, juge que le système ne garantit pas de lui-même le plein emploi et que l’État doit soutenir la demande en cas de crise.
Un seul capitalisme ou plusieurs ?
Les économies capitalistes diffèrent beaucoup entre elles. En 1991, Michel Albert oppose dans Capitalisme contre capitalisme le modèle « néo-américain », centré sur le marché financier et l’actionnaire, au modèle « rhénan », plus attaché à la banque, au consensus social et au long terme. En 2001, Peter Hall et David Soskice distinguent de la même manière les économies de marché « libérales », comme les États-Unis ou le Royaume-Uni, et les économies « coordonnées », comme l’Allemagne ou le Japon. D’autres pays associent propriété privée et forte présence de l’État dans le capital des entreprises : on parle alors de capitalisme d’État, ou, dans le vocabulaire officiel chinois, de socialisme de marché.
Les critiques et les débats
Les défenseurs du capitalisme mettent en avant un fait historique massif : jamais la production par habitant n’avait progressé aussi vite que dans les pays qui l’ont adopté, et les économies planifiées du XXe siècle n’ont pas fait mieux. Ils y ajoutent un argument de liberté, celui de Friedman et de Hayek : décentraliser les décisions économiques limite le pouvoir de l’État sur les individus.
Ses critiques avancent trois objections sérieuses. La première porte sur les inégalités de revenu et de patrimoine, que le marché seul ne corrige pas. La deuxième sur l’instabilité : de la crise de 1929 à celle de 2008, le système connaît des bulles et des krachs, ce qu’Hyman Minsky a théorisé avec l’hypothèse d’instabilité financière. La troisième sur l’environnement : une croissance fondée sur des ressources finies pose la question de ses limites. Le débat porte moins aujourd’hui sur le remplacement du capitalisme que sur ses règles : concurrence, fiscalité, régulation financière, prix du carbone.
Ce que ça change pour un investisseur ou un trader
Investir en Bourse, c’est acheter une part du capital, donc parier sur la capacité d’une entreprise à dégager des profits. Les différences entre modèles de capitalisme se lisent dans les marchés : place de la Bourse dans le financement des entreprises, poids des fonds de pension, partage des profits entre dividendes, investissements et salaires, rôle de l’État actionnaire. Les cycles d’expansion et de crise, propres à ce système, rythment aussi les tendances de long terme des indices.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre capitalisme et libéralisme ?
Le capitalisme désigne un système économique ; le libéralisme est une philosophie politique et économique qui défend les libertés individuelles et un État limité. On peut être libéral et critiquer certaines formes de capitalisme, et il existe des capitalismes peu libéraux, où l’État contrôle une grande partie de l’économie.
Qui a inventé le mot « capitalisme » ?
Il n’a pas d’inventeur unique. Son usage moderne est attribué à Louis Blanc en 1850 et à Pierre-Joseph Proudhon ; Werner Sombart et Max Weber l’ont imposé au début du XXe siècle.
Quelle est la différence entre capitalisme et socialisme ?
Le capitalisme repose sur la propriété privée des moyens de production et la coordination par le marché ; le socialisme vise une propriété collective ou sociale de ces moyens, ou au minimum une forte redistribution des revenus.
Le capitalisme est-il synonyme d’économie de marché ?
Pas tout à fait. L’économie de marché désigne la coordination par les prix ; le capitalisme y ajoute la propriété privée du capital et l’accumulation du profit. Des formes de marché ont existé bien avant le capitalisme.
Pour aller plus loin
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Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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