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Qu’est-ce que le capitalisme libéral ?

L’expansion provient du libéralisme et de la propriété individuelle.

Le libéralisme repose sur le postulat que l’État ne doit pas intervenir dans l’économie parce que les individus sont meilleurs décideurs que lui. Ce dernier ne doit avoir que des missions régaliennes comme la gestion de l’armée, la justice, éventuellement l’éducation et les voies de transport.

L’employé, par exemple, va chercher quelles sont les meilleures opportunités de travail pour lui comme les horaires ou le salaire. Un entrepreneur, quant à lui, va regarder quelles sont les meilleures opportunités pour faire des investissements afin de satisfaire ses actionnaires et ses clients.

L’État n’est là qu’en tant que « gendarme ». Il n’intervient que si un problème surgit. Il rend plus facile la vie économique en étant garant des droits de propriété, en maintenant la loi, l’ordre et la défense.

De plus, au niveau économique, cette théorie défend l’ouverture des frontières afin de libéraliser les échanges à l’échelle internationale. Ce qui permet à chaque pays d’utiliser ses avantages comparatifs à l’échelle du globe et de créer plus de richesse (voir la théorie de Ricardo).

Capitalisme-libéral

Comment analyser la théorie du capitalisme libéral ?

Le libéralisme ou capitalisme libéral permet à chaque individu de tirer profit de ses avantages concurrentiels. Cependant, il ne faut pas oublier que l’accumulation des capitaux permise par l’exploitation des ouvriers n’a souvent pour bénéficiaires, qu’un petit nombre de personnes. En effet, les gains ne sont possédés que par une petite poignée de gens et donc mal redistribués.

Citation sur le capitalisme libéral

« Il est nécessaire en premier lieu que toutes les parties sur le marché soient libres de vendre et d’acheter quel que soit le prix auquel elles peuvent trouver un partenaire pour réaliser la transaction, et que chacun soit libre de produire, vendre et acheter toute marchandise quelle qu’elle soit. »

Friedrich von Hayek 

Le capitalisme libéral en résumé

Le capitalisme libéral est un système économique fondé sur la propriété privée des moyens de production, la liberté des prix et des contrats, et la concurrence. Les décisions de produire, d’embaucher et d’investir y reviennent aux individus et aux entreprises, et ce sont les prix de marché, non un plan, qui les coordonnent. L’État y garde un rôle limité : assurer la sécurité, rendre la justice et faire respecter les contrats.

Aucun pays n’applique ce modèle à l’état pur. Les économies développées sont des économies mixtes, plus ou moins proches de cet idéal selon le poids de l’impôt, de la réglementation et des dépenses publiques.

Qui sont les auteurs du capitalisme libéral, et dans quel contexte ?

Le texte fondateur est la Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations d’Adam Smith, publiée le 9 mars 1776. Smith y attaque le mercantilisme, qui mesurait la richesse d’un pays à son stock d’or et multipliait droits de douane et monopoles. Pour lui, la richesse naît du travail, de sa division et de l’échange libre. Dans ce qu’il appelle le « système de liberté naturelle », le souverain n’a que trois devoirs : protéger la société contre les invasions, rendre une justice exacte, et entretenir certains ouvrages et établissements publics que personne n’aurait intérêt à financer seul. C’est, à peu de chose près, la liste des missions régaliennes donnée plus haut.

David Ricardo complète l’édifice en 1817 avec Des principes de l’économie politique et de l’impôt, où il expose la théorie de l’avantage comparatif : deux pays gagnent à échanger même si l’un est plus productif que l’autre en tout. Au XXe siècle, la défense du capitalisme libéral est reprise par Friedrich Hayek dans La Route de la servitude (1944), d’où vient la citation ci-dessus (chapitre « Individualisme et collectivisme »), puis par Milton Friedman dans Capitalisme et liberté (1962), pour qui la liberté économique est une condition de la liberté politique.

L’image de l’« État gendarme » a une origine inattendue. C’est le socialiste allemand Ferdinand Lassalle qui, en 1862, a parlé d’« État veilleur de nuit » pour se moquer d’un État libéral réduit à la garde des biens. Le philosophe Robert Nozick a repris l’idée à son compte en 1974, dans Anarchie, État et utopie, pour défendre un État minimal.

Quelles sont les idées clés du capitalisme libéral ?

La propriété privée donne à chacun intérêt à entretenir et à faire fructifier ce qu’il possède, et la possibilité de l’échanger. Les prix libres transmettent l’information : un prix qui monte signale une rareté, attire de nouveaux producteurs et pousse les acheteurs à économiser. La concurrence oblige les entreprises à baisser leurs coûts et à innover, et élimine celles qui gaspillent le capital. Le profit et la perte sanctionnent les décisions : l’entrepreneur qui se trompe en supporte le coût.

Ce système suppose un cadre que seul l’État peut garantir : des droits de propriété sûrs, des contrats exécutés, une justice indépendante, une monnaie stable. C’est ce que recouvre l’autorité de la loi. Les libéraux ne réclament donc pas l’absence d’État, mais un État limité et soumis aux mêmes règles que les citoyens. Hayek lui-même admettait, dans La Route de la servitude, la garantie d’un minimum de nourriture, de logement et de vêtement, et l’organisation d’une assurance sociale contre certains risques.

Que montre l’abrogation des Corn Laws ?

Au début du XIXe siècle, le Royaume-Uni protège ses propriétaires terriens par les Corn Laws, des droits de douane sur les céréales importées qui renchérissent le pain. Richard Cobden et John Bright fondent en 1838 la Ligue contre les lois sur les grains, soutenue par les industriels du Nord. En 1846, le Premier ministre conservateur Robert Peel fait voter l’abrogation contre la majorité de son propre parti, qui se divise, et il démissionne peu après. Le Royaume-Uni s’engage alors dans le libre-échange. L’épisode montre que l’ouverture des frontières est d’abord un choix politique : elle fait des gagnants (les consommateurs, l’industrie exportatrice) et des perdants (les producteurs jusque-là protégés).

Quelles critiques vise le capitalisme libéral ?

La critique la plus ancienne est celle de Karl Marx, que reprend l’analyse ci-dessus : le profit naîtrait du travail non payé des ouvriers, et l’accumulation du capital profiterait à une minorité (voir le marxisme). John Maynard Keynes, sans remettre en cause la propriété privée, conteste en 1926, dans La Fin du laissez-faire, l’idée que l’intérêt privé et l’intérêt général coïncident toujours ; après la crise des années 1930, il défend l’intervention de l’État pour soutenir la demande et l’emploi (voir l’économie keynésienne). Karl Polanyi, dans La Grande Transformation (1944), soutient que le travail, la terre et la monnaie ne sont pas des marchandises comme les autres, et que la société finit toujours par se protéger contre un marché laissé à lui-même. Plus récemment, Thomas Piketty, dans Le Capital au XXIe siècle (2013), avance que le rendement du capital dépasse durablement la croissance de l’économie, ce qui tend à concentrer les patrimoines.

Les défenseurs du capitalisme libéral répondent que les pays qui ont adopté la propriété privée et l’échange ont connu une hausse sans précédent du niveau de vie, et que les défaillances de l’État (clientélisme, recherche de rente, inflation, pénuries) ne sont pas moins graves que celles du marché. Le débat porte aujourd’hui moins sur le principe que sur le dosage : jusqu’où réguler la finance, quel niveau de redistribution, quelle ouverture commerciale.

Que change le capitalisme libéral pour un investisseur ?

Le degré de libéralisme d’un pays se lit dans ses marchés. Là où la propriété est protégée, les contrats respectés et les capitaux libres de circuler, les investisseurs étrangers exigent une prime de risque plus faible : l’État et les entreprises empruntent moins cher. À l’inverse, la crainte d’une nationalisation, d’un contrôle des changes ou de prix administrés fait fuir les capitaux et pèse sur la devise. Les vagues de privatisation et de déréglementation, ou au contraire de retour de l’État (aides publiques, droits de douane, plafonnement de prix), déplacent la valeur d’un secteur à l’autre : un investisseur suit ces choix politiques autant que les résultats des entreprises.

Questions fréquentes

Quelle différence entre capitalisme et libéralisme ?

Le capitalisme désigne un système où les moyens de production appartiennent à des propriétaires privés qui recherchent le profit. Le libéralisme est une doctrine qui défend la liberté individuelle et un État limité. Un capitalisme peut être peu libéral, quand l’État protège quelques grands groupes, fixe des prix ou ferme ses frontières.

Le capitalisme libéral existe-t-il quelque part à l’état pur ?

Non. Tous les pays développés prélèvent des impôts, financent des services publics et réglementent leurs marchés. On parle plutôt d’économies plus ou moins libérales, selon le poids de l’État et l’ouverture aux échanges.

Quel est le rôle de l’État dans le capitalisme libéral ?

Assurer la défense, la police et la justice, garantir la propriété et l’exécution des contrats, et fournir quelques biens que le marché ne produit pas seul. Il ne fixe pas les prix et ne décide pas à la place des entreprises.

Capitalisme libéral et néolibéralisme, est-ce la même chose ?

Pas exactement. Le capitalisme libéral désigne le système et la doctrine nés avec Adam Smith. Le mot « néolibéralisme » vise plutôt les politiques de privatisation, de déréglementation et d’ouverture menées à partir des années 1980 ; il est surtout employé par leurs critiques.

Pour aller plus loin

 

L’auteur

Benoist Rousseau

Maîtrise d’histoire (Sorbonne) · Trader depuis 1994

Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.

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3 commentaires

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S
sianard7 février 2014
juste pour les étudiant qui suive l droit chemin.
S
sow13 octobre 2014
et ceux qui ne parviennent pas à trouver des partenaires idéal qu'est que le libéralisme les propose ?
E
Eva14 septembre 2016
Le Keynésianisme est un socialisme (socialisme Fabien).. et ça n'a rien de libéral bien au contraire. C'est l'idéologie dominante des mondialistes et le mondialisme c'est un communisme de marché... ne pas confondre avec mondialisation bien entendu. De plus, le capitalisme libéral, ça ne veut strictement rien dire.. on parle de capitalisme financier ou de capitalisme productif... Les vrais libéraux parlent de capitalisme productif contrairement au socialistes fabiens et plus encore, parle de capital... le capital est aussi le droit à la propriété de tout un chacun notamment aux travailleurs
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