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Qu’est-ce qu’une politique expansionniste ?

Une politique expansionniste désigne une politique menée par un gouvernement lorsqu’il tente de relancer l’économie, notamment par des mesures fiscales ou monétaires. L’État peut alors réduire les taux d’intérêt des crédits ou investir dans les services publics pour créer de l’emploi et espérer réduire sa dette publique par les futures entrées fiscales ou par les effets de la consommation.

Quel est un exemple concret de politique expansionniste ?

Lorsque l’État dépense de l’argent dans les services publics, pour la construction d’infrastructures publiques par exemple, cela relève d’une politique expansionniste qui vise à créer des emplois et injecter du capital dans l’économie pour la redynamiser et obtenir un effet de levier. Cela rejoint la théorie de John Maynard Keynes, selon qui, l’État doit intervenir lorsque les seuls moyens du marché financier ne suffisent plus.

Pourquoi une politique expansionniste ?

Une politique expansionniste peut aider l’économie à se redresser lorsque les marchés financiers et monétaires sont en crise et risquent de mettre en péril le système économique d’un pays. Elle permet également à l’État d’affirmer son rôle d’autorité et d’assurer un certain équilibre et une stabilité des prix à court terme.

La politique expansionniste en résumé

Une politique expansionniste est une politique économique qui cherche à stimuler la demande : l’État dépense davantage ou baisse les impôts (volet budgétaire), la banque centrale baisse ses taux ou crée de la monnaie (volet monétaire). Son but est de soutenir la croissance et l’emploi quand l’économie tourne en dessous de ses capacités.

Son contraire est la politique restrictive, qui freine la demande pour combattre l’inflation ou réduire un déficit. En pratique, on parle aussi de politique de relance lorsque l’expansion est temporaire et vise à sortir d’une récession.

Quels sont les deux leviers d’une politique expansionniste ?

Le levier budgétaire appartient au gouvernement et au Parlement : grands travaux, hausse des prestations, baisses d’impôts, aides à l’embauche. Il passe presque toujours par un déficit public plus élevé, financé par l’emprunt.

Le levier monétaire appartient, dans la plupart des pays développés, à une banque centrale indépendante. Une baisse des taux directeurs rend le crédit moins cher ; quand les taux sont déjà proches de zéro, la banque centrale peut acheter massivement des obligations, ce que l’on appelle le quantitative easing. Les deux leviers peuvent agir ensemble, comme en 2008-2009 ou en 2020, ou se contrarier, quand un gouvernement relance pendant que la banque centrale resserre.

Comment fonctionne l’effet multiplicateur ?

L’idée centrale vient de Richard Kahn, qui formalise le multiplicateur en 1931, et de John Maynard Keynes, qui l’intègre à sa Théorie générale en 1936. Une dépense publique devient le revenu de quelqu’un, qui en dépense à son tour une partie, et ainsi de suite : la demande totale augmente de plus que la dépense initiale.

Imaginons que chaque ménage dépense 80 % de tout revenu supplémentaire. Le multiplicateur théorique vaut alors 1 / (1 − 0,8), soit 5 : 10 milliards d’euros de travaux publics produiraient 50 milliards d’euros de demande. Ce calcul d’école ignore les impôts, l’épargne de précaution et surtout les importations, qui font sortir une partie de la dépense du pays. Les multiplicateurs mesurés en pratique sont nettement plus faibles, et leur niveau fait l’objet d’un débat permanent entre économistes.

Quels épisodes de politique expansionniste ont fait école ?

La France de 1981-1983. Dès mai 1981, le gouvernement de Pierre Mauroy relève le SMIC et les minima sociaux, augmente les dépenses publiques et nationalise. La consommation progresse, mais elle profite largement aux produits importés, alors que les principaux partenaires de la France sont en récession : le déficit commercial se creuse, l’inflation atteint environ 14 % fin 1981 et le franc doit être dévalué à plusieurs reprises. Un premier plan de rigueur est adopté en juin 1982, un second en mars 1983. L’épisode est resté l’exemple type de la contrainte extérieure : une relance isolée, dans une économie ouverte, fuit vers l’étranger.

Les États-Unis de 2009. Le 17 février 2009, Barack Obama signe l’American Recovery and Reinvestment Act, un plan évalué alors à environ 787 milliards de dollars (dépenses d’infrastructures, aides aux États, baisses d’impôts), pendant que la Fed ramène ses taux près de zéro. Le Congressional Budget Office a conclu à un effet positif sur l’emploi, avec une fourchette d’estimations très large ; ses détracteurs jugent que la reprise aurait eu lieu de toute façon et que la dette en est sortie alourdie.

Quelles sont les limites et les critiques de la politique expansionniste ?

L’inflation. Une politique expansionniste soutient la demande ; si l’appareil de production est déjà proche du plein emploi, cette demande supplémentaire pousse les prix plutôt que la production. Elle peut aider à stabiliser les prix lorsqu’une économie glisse vers la déflation, mais elle n’est pas un instrument de stabilité des prix en temps normal : c’est le rôle de la politique monétaire restrictive.

L’effet d’éviction. Un État qui emprunte beaucoup peut faire monter les taux d’intérêt et décourager l’investissement privé : c’est l’effet d’éviction, mis en avant par les économistes libéraux et monétaristes.

L’anticipation des impôts futurs. Selon l’équivalence ricardienne, reformulée par Robert Barro en 1974, des ménages qui savent qu’un déficit d’aujourd’hui sera payé par des impôts demain épargnent davantage, ce qui annule une partie de la relance. L’hypothèse est discutée, mais elle rappelle que l’efficacité dépend de la confiance.

Les délais et l’irréversibilité. Une dépense votée en pleine crise produit parfois ses effets une fois la reprise venue, et les mesures temporaires sont souvent difficiles à retirer. Les défenseurs de la relance répondent que le coût de l’inaction, en chômage et en capital humain perdu, est supérieur à ces risques, surtout quand les taux d’intérêt sont bas.

Qu’est-ce que la politique expansionniste change pour un investisseur ou un trader ?

L’annonce d’un plan budgétaire ou d’un assouplissement monétaire se lit d’abord sur les taux. Une relance budgétaire financée par l’emprunt tend à faire monter les rendements obligataires ; une baisse des taux directeurs fait l’inverse sur les échéances courtes. Les actions des secteurs bénéficiaires (construction, matériaux, consommation) réagissent souvent avant l’économie réelle. Sur le marché des changes, une banque centrale plus accommodante que ses voisines tend à affaiblir sa devise. La vraie question, pour un opérateur, est celle du dosage : une politique expansionniste jugée excessive ravive les anticipations d’inflation et peut faire baisser les obligations au moment même où elle soutient l’activité.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre politique expansionniste et politique restrictive ?

La première stimule la demande (plus de dépenses, moins d’impôts, taux bas) ; la seconde la freine (moins de dépenses, plus d’impôts, taux hauts), en général pour réduire l’inflation ou un déficit.

Une politique expansionniste crée-t-elle de l’inflation ?

Pas forcément. En récession, avec des usines sous-utilisées et un chômage élevé, elle augmente surtout la production. Le risque d’inflation grandit quand l’économie approche du plein emploi.

Qui décide d’une politique expansionniste ?

Le gouvernement et le Parlement pour le volet budgétaire ; la banque centrale pour le volet monétaire. Dans la zone euro, c’est la BCE qui fixe les taux, et chaque État qui vote son budget.

Politique expansionniste et politique de relance, est-ce la même chose ?

Presque : la relance désigne en général une expansion temporaire, décidée pour sortir d’une crise. Une politique expansionniste peut aussi être durable.

Pour aller plus loin

Lexique économique : toutes les définitions, de A à Z.

L’auteur

Benoist Rousseau

Maîtrise d’histoire (Sorbonne) · Trader depuis 1994

Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.

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2 commentaires

La discussion se poursuit sur le forum andlil.com.
A
ambassadeur2 juin 2015
la politique monétaire expansionniste consiste à résoudre un problème économique par la fiscalité ou par la monaie
M
Martin19 mars 2016
Expliquez moi les mecanismes par lesquels une politique monétaire expansive peut éviter "d'entrer" en déflation
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