Taux de change : définition et fonctionnement du marché

Qu’est-ce que le taux de change ?
Le taux de change correspond à la valeur d’une monnaie en comparaison à une autre monnaie. Ce taux est géré sur le marché des changes et permet de connaître l’appréciation des monnaies. Il varie constamment selon l’offre et la demande et influe sur le pouvoir d’achat des consommateurs dans chaque pays.
Quel est un exemple concret de taux de change ?
- 1 € vaut 1,30924 $ et 1 $ vaut 0,76380 € le 15 avril 2013
Pourquoi le taux de change ?
Le taux de change sert à négocier les prix lors des importations et des exportations et permet aux pays d’influer sur la compétitivité des biens et services qu’ils exportent. Les pays cherchent également à attirer les investissements directs à l’étranger (IDE) grâce à un taux de change avantageux.
Le taux de change en résumé
Le taux de change est le prix d’une monnaie exprimé dans une autre monnaie. Quand l’euro s’échange contre 1,30924 dollar, il faut 1,30924 dollar pour obtenir un euro, et, à l’inverse, 1 ÷ 1,30924 = 0,76380 euro pour obtenir un dollar. Ce prix se forme sur le marché des changes, le Forex, sauf lorsqu’un État ou sa banque centrale décide de le fixer.
À titre de repère, le cours de référence publié par la Banque centrale européenne le 15 avril 2013, date de l’exemple ci-dessus, était de 1,3081 dollar pour un euro ; les cours varient en continu au cours d’une même journée.
Comment lire une cotation de taux de change ?
Une paire de devises s’écrit avec deux codes : dans EUR/USD, l’euro est la devise de base et le dollar la devise de cotation. Un EUR/USD à 1,25 signifie qu’un euro vaut 1,25 dollar. S’il passe à 1,30, l’euro s’est apprécié et le dollar s’est déprécié. En France, depuis l’euro, on cote « au certain » : on dit combien vaut un euro en monnaie étrangère. La cotation inverse, « à l’incertain », dit combien d’euros vaut une unité étrangère ; c’est celle qu’utilisait le franc face au dollar.
Quelle différence entre change fixe et change flottant ?
Après la Seconde Guerre mondiale, les accords de Bretton Woods de juillet 1944 organisent un système de changes fixes : le dollar est convertible en or à 35 dollars l’once, et les autres monnaies ne peuvent s’écarter de plus de 1 % de leur parité. Le 15 août 1971, le président Richard Nixon suspend la convertibilité du dollar en or ; en 1973, les grandes monnaies se mettent à flotter. Depuis, la plupart des pays laissent le marché fixer leur taux de change, avec des interventions ponctuelles de leur banque centrale, tandis que d’autres arriment leur monnaie à une devise de référence.
Un régime fixe donne de la visibilité aux entreprises, mais il peut céder brutalement. Le 6 septembre 2011, la Banque nationale suisse instaure un cours plancher de 1,20 franc pour un euro afin de freiner la hausse du franc. Le 15 janvier 2015, elle l’abandonne sans préavis : à la clôture du jour, le franc a gagné 23 % face à l’euro. L’impossible trinité résume la contrainte : un pays ne peut avoir à la fois un change fixe, une libre circulation des capitaux et une politique monétaire autonome.
Qu’est-ce qui fait bouger un taux de change ?
À court terme, l’écart de taux d’intérêt entre deux zones domine : une hausse des taux attire les capitaux et soutient la monnaie, c’est le ressort du carry trade. Les annonces des banques centrales, les chiffres d’inflation et d’emploi, la balance courante et le goût du risque des investisseurs font le reste. À long terme, la parité de pouvoir d’achat donne une boussole : une monnaie dont l’inflation est durablement plus forte tend à se déprécier. Ce lien est réel mais lent, et les écarts peuvent durer des années, ce qu’illustre l’indice Big Mac.
Les économistes distinguent aussi le taux de change nominal, celui qu’affichent les écrans, du taux de change réel, qui corrige les écarts d’inflation entre pays. C’est ce dernier qui mesure vraiment la compétitivité-prix.
Comment le taux de change touche-t-il un exportateur ?
Imaginons une entreprise française qui vend une machine 1 000 000 de dollars à un client américain, payable dans six mois. Elle compte en euros :
| EUR/USD | Prix de la machine | Recette en euros |
|---|---|---|
| 1,10 | 1 000 000 $ | 909 091 € |
| 1,25 | 1 000 000 $ | 800 000 € |
Si l’euro monte de 1,10 à 1,25 dollar pendant ces six mois, l’entreprise perd 109 091 € de recette sans avoir changé son prix. C’est pourquoi les exportateurs se couvrent, par des contrats à terme ou des options de change : ils fixent leur cours à l’avance plutôt que de spéculer sans le vouloir. À l’inverse, une monnaie forte rend moins chers les achats à l’étranger, comme le pétrole facturé en dollars.
Pourquoi le marché des changes est-il le plus grand marché du monde ?
Selon l’enquête triennale de la Banque des règlements internationaux, il s’échangeait en avril 2025 en moyenne 9 600 milliards de dollars de devises par jour, 28 % de plus qu’en 2022. Le dollar figurait d’un côté de 89 % des transactions, l’euro de 28,9 %. Pour un trader, les taux de change se lisent d’abord à travers les banques centrales : la BCE, la Fed, la Banque du Japon. Une surprise sur leurs taux directeurs se répercute en quelques secondes sur les devises, puis sur les marchés d’actions des pays exportateurs.
Questions fréquentes
Comment calculer le taux de change inverse ?
On divise 1 par le cours. Si 1 euro vaut 1,25 dollar, 1 dollar vaut 1 ÷ 1,25 = 0,80 euro.
Qui fixe le taux de change de l’euro ?
Personne : l’euro flotte librement, et son cours résulte de l’offre et de la demande sur le marché des changes. La BCE publie chaque jour des cours de référence, qui sont des constats et non des prix imposés.
Pourquoi une hausse des taux d’intérêt fait-elle monter une monnaie ?
Parce qu’elle rend les placements dans cette monnaie plus rémunérateurs, ce qui attire des capitaux étrangers qui doivent d’abord l’acheter.
Qu’est-ce qu’une dévaluation ?
C’est la baisse décidée par les autorités de la valeur officielle d’une monnaie dans un régime de change fixe. En change flottant, on parle de dépréciation.
Pour aller plus loin
Lexique économique : toutes les définitions, de A à Z.
Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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