Valeur d’usage : définition et utilité économique

Qu’est-ce que la valeur d’usage ?
La valeur d’usage correspond à l’utilité du bien par rapport au besoin et à la demande de ce bien dans la société. Il s’agit d’une notion subjective qui correspond aux critères d’une culture donnée et peut différer d’une personne à une autre. A l’opposé de la valeur d’échange, la valeur d’usage est une valeur qualitative.
Quel est un exemple concret de valeur d’usage ?
L’exemple le plus communément repris est celui du diamant. Celui-ci n’a pas de réelle utilité, donc une faible valeur d’usage, mais l’on peut l’échanger avec de nombreux autres biens car sa valeur d’échange est élevée.
Pourquoi évaluer la valeur d’usage ?
La valeur d’usage permet de situer l’intérêt de tel ou tel bien selon les besoins d’une société ou d’un groupe (une entreprise), et de fixer une valeur d’échange (un prix) à la hauteur de ce besoin.
La valeur d’usage en résumé
La valeur d’usage d’un bien est l’utilité qu’il procure à celui qui s’en sert : l’eau désaltère, un manteau protège du froid, un logiciel fait gagner du temps. Elle est qualitative et subjective : elle dépend des besoins de chacun, du moment et du lieu. Elle se distingue de la valeur d’échange, qui est ce que l’on peut obtenir en cédant ce bien, et que le prix exprime.
Qu’est-ce que le paradoxe de l’eau et du diamant ?
L’exemple classique est celui d’Adam Smith, en 1776, dans La Richesse des nations (livre I, chapitre IV). Rien n’est plus utile que l’eau, observe-t-il, et pourtant elle ne permet d’acheter presque rien. Un diamant, à l’inverse, n’a presque aucune valeur d’usage, mais on peut obtenir en échange une très grande quantité d’autres biens. La valeur d’usage et la valeur d’échange peuvent donc aller en sens contraire.
Smith n’est pas le premier à relever ce contraste : on le trouve déjà chez Platon, puis chez Copernic, John Locke ou John Law. Aristote, dans La Politique, distinguait aussi les deux usages d’une chaussure : être portée et être échangée.
Comment le paradoxe de l’eau et du diamant a-t-il été résolu ?
Pendant un siècle, les économistes classiques ont laissé la valeur d’usage de côté pour expliquer les prix par le coût de production et le travail. Karl Marx s’inscrit dans cette tradition : dans le premier livre du Capital (1867), il écrit que l’utilité d’une chose fait de cette chose une valeur d’usage, mais il fonde la valeur d’échange sur le travail (voir le marxisme).
La solution qui s’est imposée vient de la révolution marginaliste des années 1870, avec Jevons, Menger et Walras (voir le marginalisme). Elle tient en une idée : ce qui compte pour fixer un prix n’est pas l’utilité totale d’un bien, mais celle de la dernière unité dont on dispose. L’économiste autrichien Eugen von Böhm-Bawerk l’illustre en 1891 par un fermier isolé qui possède cinq sacs de grain : le premier lui donne le pain qui le fait vivre, le deuxième assez de pain pour avoir la force de travailler, le troisième nourrit ses animaux, le quatrième sert à distiller de l’alcool, le dernier à nourrir des oiseaux. Perdre un sac ne le prive que du dernier usage, le moins important. L’eau est si abondante que la dernière unité sert à des usages secondaires et vaut peu ; les diamants sont si rares que le dernier vaut cher. L’utilité totale de l’eau reste immense : c’est son utilité marginale qui est faible.
Quel exemple chiffré permet de comprendre la valeur d’usage ?
Imaginons un randonneur dans le désert qui dispose de cinq litres d’eau. Le premier litre lui sauve la vie, il le paierait n’importe quel prix ; le deuxième lui évite la déshydratation ; le troisième lui permet de cuisiner ; le quatrième de se laver ; le cinquième n’a qu’un usage de confort. De retour en ville, où l’eau du robinet coûte moins d’un centime le litre, ce même randonneur ne paie chaque litre que pour l’usage du dernier. L’utilité totale de l’eau n’a pas changé ; seule l’abondance a fait chuter sa valeur d’échange.
Comment la valeur d’usage est-elle utilisée en comptabilité et en finance ?
Le terme a aussi un sens technique. En comptabilité, notamment dans les normes internationales, la valeur d’usage d’un actif est la valeur actuelle des flux de trésorerie que l’entreprise attend de son utilisation. Elle sert aux tests de dépréciation : si un actif (une usine, une marque, un écart d’acquisition) figure au bilan pour plus que ce qu’il rapportera, il faut le déprécier. Pour un investisseur, une dépréciation importante annoncée par une société signale souvent qu’un achat ou un investissement passé a été payé trop cher.
Questions fréquentes
Le diamant a-t-il une grande valeur d’usage ?
Non, dans l’exemple d’Adam Smith il en a très peu : il ne sert pas à vivre. C’est sa valeur d’échange, liée à sa rareté, qui est élevée. L’eau est dans la situation inverse.
La valeur d’usage peut-elle se mesurer ?
Pas directement, puisqu’elle est subjective. Les économistes l’approchent par ce que les gens sont prêts à payer, ou par la valeur actuelle de ce qu’un bien rapporte, comme en comptabilité.
Quelle est la différence entre valeur d’usage et utilité marginale ?
La valeur d’usage désigne l’utilité d’un bien en général ; l’utilité marginale est celle de la dernière unité consommée. C’est cette dernière qui explique les prix.
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Lexique économique : toutes les définitions, de A à Z.
Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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