Figure chartiste : le diamant en analyse technique

Qu’est-ce qu’une figure en diamant ?
Un diamant est une figure chartiste de retournement de tendance. Elle est composée de deux triangles, symétriques, qui se suivent. C’est la forme de losange de ces deux triangles juxtaposés qui donne son nom de diamant à cette figure.
Comment reconnaître un diamant ?
Tout d’abord il existe deux types de diamant :
- Les diamants de sommet qui représentent environ 80 % des cas et annoncent une baisse des cours

- Les diamants de creux qui ne représentent que 20 % des cas mais annoncent une hausse forte des cours en sortie de figure.

Les diamants de sommet se reconnaissent suivant les critères suivants :
- Ils sont précédés d’une tendance haussière
- Une volatilité importante entre une résistance et un plancher
- La formation de deux triangles symétriques
Les diamants de creux se reconnaissent de la même manière à la différence qu’ils sont précédés d’une tendance baissière.
Comme beaucoup de figures de chartisme les diamants sont difficilement repérables avant qu’ils ne se réalisent. Cependant l’utilisation importante du chartisme par la communauté du trading lui donne un certain pouvoir d’autoréalisation. Il est donc nécessaire aujourd’hui de tenir compte de l’apparition de figures telles qu’un diamant dans son trading.
Comment investir sur une figure en diamant ?
A la sortie d’un diamant de sommet, le cours redescend à son niveau précédant sa tendance haussière initiale, si vous avez reconnu une figure de diamant de sommet c’est donc le moment de prendre une position short à la vente à la sortie du diamant (rupture du support).
A la sortie d’un diamant de creux, il faudra cependant prendre une position à l’achat lors de la rupture de la résistance. Un diamant de creux prévoit une hausse dépassant le niveau du cours initial, il est donc préférable de conserver sa position suivant un diamant de creux plus longtemps.
Le diamant en résumé
Le diamant est une figure chartiste de retournement en forme de losange. Les cours oscillent d’abord avec une amplitude croissante, puis avec une amplitude décroissante, avant de sortir de la figure. Placé au sommet d’une hausse, il annonce une baisse ; placé au creux d’une baisse, il annonce une hausse.
C’est une figure peu fréquente et difficile à tracer, ce qui la rend précieuse quand elle est nette et trompeuse quand on la force.
Comment se compose une figure en diamant ?
La moitié gauche du losange est une phase d’élargissement : chaque sommet est plus haut que le précédent et chaque creux plus bas. Le marché hésite de plus en plus fort, acheteurs et vendeurs prenant tour à tour le dessus. La moitié droite est l’inverse : les sommets baissent, les creux remontent, l’amplitude se resserre comme dans un triangle symétrique. On trace ainsi quatre droites : deux qui s’écartent à gauche, deux qui convergent à droite. Le signal n’est donné qu’à la cassure d’une des deux droites de la partie droite.
Les volumes suivent souvent la même logique : élevés et irréguliers pendant l’élargissement, en baisse pendant le resserrement, puis en hausse nette au moment de la cassure. Une sortie sans hausse des volumes mérite la méfiance.
Comment calculer l’objectif de cours d’un diamant ?
La méthode habituelle consiste à mesurer la hauteur du diamant, c’est-à-dire l’écart entre son plus haut et son plus bas, puis à la reporter à partir du point de cassure. En notant H le plus haut de la figure, B le plus bas et P le niveau de cassure :
- diamant de sommet : objectif = P − (H − B) ;
- diamant de creux : objectif = P + (H − B).
Imaginons une action qui forme un diamant de sommet entre 92 € (plus bas) et 108 € (plus haut), soit une hauteur de 16 €. La droite de support de la partie droite est cassée à 100 €. L’objectif théorique est de 100 − 16 = 84 €. Un stop placé au-dessus du dernier sommet de la figure, par exemple à 104 €, limite le risque à 4 € par action pour un potentiel de 16 €. Cet objectif reste une indication : le texte ci-dessus en donne une autre, le retour au point de départ de la hausse, et les deux se recoupent souvent.
Diamant ou tête-épaules ?
Un diamant de sommet ressemble beaucoup à une épaule-tête-épaule dont la ligne de cou serait inclinée. La différence tient à la partie droite : dans le diamant, les creux remontent et dessinent une droite de support ascendante, alors que la tête-épaules garde une ligne de cou à peu près horizontale. En pratique, les deux figures donnent le même message baissier ; c’est surtout le placement du point de cassure, donc de l’entrée et du stop, qui change.
Quels pièges éviter avec la figure en diamant ?
Le premier piège est de voir des diamants partout. Comme la figure demande quatre droites, il est tentant d’ajuster les points pour la faire apparaître. Un diamant convaincant a des contacts clairs sur chaque droite et se lit sans effort. Le second piège est d’anticiper : tant que la cassure n’est pas confirmée, de préférence par une clôture au-delà de la droite, la figure peut encore se transformer en simple zone de consolidation. Enfin, un retour sur la droite cassée après la sortie est fréquent ; un stop trop serré peut être touché avant que le mouvement attendu ne se développe. Comme toute figure, le diamant se lit dans son contexte : tendance qui précède, niveaux de résistance proches, unité de temps observée.
Questions fréquentes
Le diamant est-il une figure haussière ou baissière ?
Les deux existent. Le diamant de sommet, qui suit une hausse, est baissier ; le diamant de creux, qui suit une baisse, est haussier. Le sens n’est confirmé qu’à la cassure.
Comment calculer l’objectif d’un diamant ?
On mesure la hauteur maximale de la figure et on la reporte depuis le point de cassure, vers le bas pour un diamant de sommet, vers le haut pour un diamant de creux.
Le diamant est-il une figure fréquente ?
Non. Il se forme surtout après des mouvements rapides, sur des marchés très actifs, et beaucoup de figures prises pour des diamants sont en réalité des triangles ou des têtes-épaules mal tracés.
Sur quelle unité de temps l’utiliser ?
Sur toutes, mais il est plus fiable en graphique journalier ou hebdomadaire, où chaque oscillation repose sur davantage d’échanges.
Benoist Rousseau est trader, membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), spécialiste en histoire économique formé à la Sorbonne et pédagogue expérimenté. Il a ainsi créé son École de Trading en 2022.
Fort de plus de 30 ans d’expérience sur les futures CME, il partage analyses de séance, replays de trades commentés, psychologie et gestion du risque — sans signaux ni promesses, du trading brut et sans filtre.










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