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Qu’est-ce que l’hyperinflation ?

Le phénomène de l’hyperinflation correspond à une inflation excessivement élevée et incontrôlable. On parle réellement d’hyperinflation lorsque les prix augmentent de plus de 50 % par mois. Les pays y étant confrontés sont généralement conduits à une crise monétaire et économique.

hyperinflation

Exemple d’hyperinflation

Les exemples les plus connus sont ceux de l’Allemagne après la Première Guerre mondiale qui a connu une inflation de plus de 300 % par mois. Plus récemment en 2007, c’est le Zimbabwe qui a souffert de ce phénomène, avec une inflation de plus de 100.000 % pour cette année-là. Le record historique reste toutefois celui de la Hongrie, en 1946.

Pourquoi l’hyperinflation ?

L’hyperinflation peut avoir plusieurs causes. En effet, la guerre ou la trop grande création de monnaie lorsqu’un pays éprouve des difficultés à rembourser sa dette, peuvent engendrer ce phénomène. Les pays confrontés à l’hyperinflation sont souvent des pays pauvres ou endettés qui tentent de réduire leur dette et de faire face à leurs dépenses.

L’hyperinflation en résumé

L’hyperinflation est une hausse des prix si rapide que la monnaie cesse de remplir son rôle : on s’en débarrasse dès qu’on la reçoit. Selon la définition de l’économiste Phillip Cagan (1956), reprise par la plupart des économistes, un épisode d’hyperinflation commence quand les prix augmentent de plus de 50 % en un mois.

Ce seuil paraît modeste, mais il est énorme : 50 % par mois pendant douze mois multiplient les prix par près de 130, soit une hausse d’environ 12 875 % sur un an.

Comment naît une hyperinflation

La plupart des hyperinflations ont la même origine : un État qui ne peut plus financer ses dépenses par l’impôt ou l’emprunt et qui les fait financer par la création de monnaie de sa banque centrale. Les causes profondes varient (guerre, défaite, effondrement de la production, dette extérieure en devises), mais le mécanisme est toujours celui-là.

Ensuite, la hausse s’auto-entretient. Comme la monnaie perd de sa valeur chaque jour, chacun la dépense le plus vite possible : elle circule de plus en plus vite, ce qui accélère encore la hausse des prix. Les recettes fiscales, encaissées avec retard, ne valent plus rien, et l’État doit imprimer davantage. Les prix finissent souvent par être fixés en devises étrangères.

Les records de l’histoire

Pays Mois du pic Hausse des prix sur le mois Doublement des prix en
Hongrie juillet 1946 41,9 millions de milliards de % environ 15 heures
Zimbabwe novembre 2008 79,6 milliards de % environ 24 heures
Yougoslavie janvier 1994 313 millions de % 1,4 jour
Allemagne octobre 1923 29 500 % 3,7 jours

L’Allemagne de 1923. Le Reich a financé la Première Guerre mondiale surtout par l’emprunt, puis doit payer des réparations. En janvier 1923, la France et la Belgique occupent la Ruhr ; le gouvernement soutient la grève de la région en imprimant de la monnaie. En novembre 1923, un dollar vaut environ 4 210 milliards de marks. Le rentenmark, introduit ce mois-là, s’échange contre 1 000 milliards de marks papier, et la Reichsbank cesse d’escompter les bons du Trésor : la hausse s’arrête.

La Hongrie de 1946. C’est le record absolu : au pic, les prix doublent environ toutes les quinze heures. Le 1er août 1946, le forint remplace le pengő, au taux de 1 forint pour 400 000 quadrillions de pengős, un 4 suivi de 29 zéros.

Le Zimbabwe de 2008. Le gouvernement cesse de publier l’inflation officielle en juillet 2007 ; la hausse dépasse 100 000 % par mois en janvier 2008 et culmine en novembre 2008. Le pays retire trois fois des zéros à sa monnaie, puis l’abandonne en avril 2009 au profit des devises étrangères.

Les débats sur les causes

Pour les monétaristes, l’hyperinflation est le cas d’école de leur thèse : c’est l’excès de création monétaire qui fait monter les prix, et arrêter la planche à billets suffit à l’arrêter. D’autres économistes, souvent qualifiés de structuralistes, insistent sur ce qui pousse l’État à imprimer : dette extérieure, effondrement de la production, chute de la monnaie sur le marché des changes qui renchérit les importations. Sur l’Allemagne, les historiens débattent encore du poids des réparations et de la part de calcul politique dans l’inflation. Les deux lectures s’accordent sur la sortie de crise : une nouvelle monnaie crédible, une banque centrale qui cesse de financer l’État et un budget remis à l’équilibre.

En zone euro, l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne interdit à la BCE de financer directement les États, une règle souvent présentée comme une leçon de ces épisodes.

Ce que cela change pour un investisseur

En hyperinflation, les dettes en monnaie locale fondent, au profit des emprunteurs et au détriment des épargnants et des détenteurs d’obligations. Les actifs réels (immobilier, matières premières, devises étrangères) protègent mieux, et les actions montent en monnaie locale sans forcément gagner en valeur réelle. Les normes comptables internationales (IAS 29) imposent d’ailleurs un retraitement des comptes quand l’inflation cumulée sur trois ans approche ou dépasse 100 %. Sur les marchés, l’effondrement du taux de change précède souvent l’emballement des prix.

Questions fréquentes

À partir de quel taux parle-t-on d’hyperinflation ?

Selon la définition de Cagan, quand les prix augmentent de plus de 50 % par mois, soit environ 12 875 % par an.

Quel pays détient le record d’hyperinflation ?

La Hongrie, en juillet 1946, avec une hausse des prix d’environ 41,9 millions de milliards de % sur le mois. Le Zimbabwe, en novembre 2008, arrive en deuxième position.

Quelle différence entre inflation galopante et hyperinflation ?

L’inflation galopante désigne une hausse forte, de plus de 10 % par an selon les classements courants ; l’hyperinflation commence à 50 % par mois, quand la monnaie n’est plus acceptée qu’à contrecœur.

Comment se termine une hyperinflation ?

Le plus souvent par une réforme monétaire : nouvelle monnaie, interdiction pour la banque centrale de financer l’État, retour à l’équilibre budgétaire, parfois adoption d’une devise étrangère.

Pour aller plus loin

Lexique économique : toutes les définitions, de A à Z.

L’auteur

Benoist Rousseau

Maîtrise d’histoire (Sorbonne) · Trader depuis 1994

Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.

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3 commentaires

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M
marie laure5 juillet 2016
votre définition ma beaucoup aidé
A
AMA ELODIE18 décembre 2017
merçi pour votre definition c'est excellent
C
césarie PEYRE16 décembre 2019
Votre explication m'a beaucoup aidée. Elle est de plus très structurée et compréhensible grâce aux exemples. Merci !
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