Qu’est-ce que le risque de liquidité en finance ?

Qu’est-ce que le risque de liquidité ?

Le risque de liquidité se rapporte au manque de liquidité disponible pour faire face aux créances. Dans ce cas, une entreprise par exemple, peut encourir la faillite. Le risque de liquidité correspond également au risque de ne pouvoir vendre un produit à un prix avantageux. En effet, certains titres sont, par nature, moins liquides que d’autres et comportent un risque élevé. Les banques sont aussi confrontées à ce phénomène lorsque les épargnants retirent plus d’argent que la banque n’en garde disponible. Cela les fragilise et elles peuvent éprouver des difficultés à rembourser leurs clients, notamment si elles utilisent les dépôts à court terme pour financer les prêts à long terme. Sur le marché, le risque de liquidité peut rendre difficiles les transactions sans qu’il n’y ait un impact sur les prix.
Le risque de liquidité en résumé
Le risque de liquidité est le risque de ne pas disposer d’argent disponible au moment où il le faut, ou de ne pouvoir vendre un actif qu’en acceptant une forte décote. Il recouvre donc deux réalités : le risque de financement, celui d’une entreprise ou d’une banque incapable de payer ce qu’elle doit à l’échéance, et le risque de marché, celui d’un investisseur qui ne trouve pas d’acheteur au prix affiché.
Une entreprise peut être rentable et solvable, c’est-à-dire posséder plus qu’elle ne doit, et faire faillite faute de trésorerie disponible à une date donnée. C’est ce qui distingue le risque de liquidité du risque de solvabilité.
Qu’est-ce que le risque de financement ?
Une banque fait par nature de la « transformation » : elle reçoit des dépôts que les clients peuvent retirer à tout moment et prête à des entreprises ou des ménages sur plusieurs années. Tant que les déposants ne viennent pas tous en même temps, le système fonctionne. Si la confiance disparaît, les retraits s’accélèrent, la banque doit vendre ses actifs dans l’urgence, souvent à perte, et la crainte se nourrit d’elle-même : c’est le bank run.
Deux crises bancaires récentes illustrent ce mécanisme. En septembre 2007, la banque britannique Northern Rock, qui tirait environ 75 % de ses ressources des marchés financiers plutôt que des dépôts, se retrouve sans financement quand ces marchés se bloquent ; ses clients font la queue devant les agences et l’État la nationalise en février 2008. Le 10 mars 2023, la Silicon Valley Bank fait faillite après que ses clients ont retiré 42 milliards de dollars en une seule journée, la veille. Elle avait placé une grande partie de ses dépôts en obligations à long terme, dont la valeur avait chuté avec la hausse des taux.
Le risque de liquidité de marché : vendre, mais à quel prix ?
Un actif est liquide quand on peut en acheter ou en vendre une quantité importante, rapidement, sans faire bouger son prix. La liquidité se lit dans le carnet d’ordres : écart entre le meilleur prix acheteur et le meilleur prix vendeur, et quantités disponibles à chaque niveau. Une grande capitalisation du CAC 40 ou un contrat à terme sur indice offrent un carnet épais ; une petite capitalisation ou une obligation d’entreprise peu échangée, beaucoup moins.
Imaginons une petite valeur dont le dernier cours est de 10,00 € et dont le carnet affiche, côté acheteurs, 2 000 titres à 10,00 €, 3 000 à 9,95 € et 5 000 à 9,85 €. Un investisseur qui vend 10 000 titres d’un coup obtient en moyenne (2 000 × 10,00 + 3 000 × 9,95 + 5 000 × 9,85) / 10 000 = 9,91 € par titre, soit 900 € de moins que ce que laissait espérer le dernier cours. Sur un marché nerveux, les acheteurs peuvent même retirer leurs ordres au moment où l’on veut vendre : l’écart devient alors bien plus large.
Comment mesure-t-on et encadre-t-on le risque de liquidité ?
Pour les banques, la crise de 2008 a conduit le Comité de Bâle à créer deux ratios de liquidité dans le cadre de Bâle III. Le ratio de liquidité à court terme (LCR, Liquidity Coverage Ratio) impose de détenir assez d’actifs liquides de haute qualité pour couvrir les sorties de trésorerie nettes d’une période de tension de 30 jours ; dans l’Union européenne, l’exigence de 100 % s’applique pleinement depuis 2018. Le ratio de financement stable net (NSFR) vise un horizon d’un an : les actifs à long terme doivent être financés par des ressources stables.
Pour un investisseur, les indicateurs utiles sont plus simples : l’écart entre prix acheteur et vendeur, les volumes échangés chaque jour, et la taille de sa position rapportée à ces volumes.
Qu’est-ce que le risque de liquidité change pour un trader ?
Le risque de liquidité se paie à chaque ordre : par l’écart de cotation à l’entrée et à la sortie, et par le slippage, la différence entre le prix attendu et le prix obtenu. Il se paie surtout dans les moments de tension, quand tout le monde veut sortir en même temps : un ordre stop sur une valeur peu liquide peut être exécuté loin de son niveau, et un écart d’ouverture (gap) peut sauter plusieurs niveaux de prix d’un coup. Adapter la taille de ses positions aux volumes réels et éviter les titres trop peu échangés est la première protection.
Questions fréquentes
Quelle différence entre risque de liquidité et risque de solvabilité ?
Une entreprise insolvable doit plus qu’elle ne possède. Une entreprise illiquide peut posséder plus qu’elle ne doit, mais ne pas avoir l’argent disponible à temps. Une crise de liquidité mal gérée peut cependant mener à l’insolvabilité, si les actifs doivent être vendus à perte.
Qu’est-ce qu’une crise de liquidité ?
C’est un moment où l’argent cesse de circuler entre les acteurs financiers : les banques ne se prêtent plus entre elles et les actifs ne trouvent plus preneur. 2007-2008 en est l’exemple type ; voir la crise de liquidité.
Quels sont les actifs les plus liquides ?
Les dépôts à vue, les titres d’État à court terme des grands pays, les grandes devises, les grandes actions et les contrats à terme sur les principaux indices. L’immobilier, le non-coté et les petites valeurs sont parmi les moins liquides.
Comment un particulier peut-il limiter ce risque ?
En gardant une réserve de trésorerie, en évitant d’investir dans un actif peu liquide l’argent dont il pourrait avoir besoin rapidement, et en utilisant des ordres à cours limité sur les valeurs peu échangées.
Pour aller plus loin
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Benoist Rousseau est trader, membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), spécialiste en histoire économique formé à la Sorbonne et pédagogue expérimenté. Il a ainsi créé son École de Trading en 2022.
Fort de plus de 30 ans d’expérience sur les futures CME, il partage analyses de séance, replays de trades commentés, psychologie et gestion du risque — sans signaux ni promesses, du trading brut et sans filtre.










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