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la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par nuts » 27 janv. 2024 01:35

{Lundi 25 avril 1977}

Les américains sont tellement habitués à des ressources énergétiques illimitées qu’ils peuvent difficilement imaginer à quoi pourrait ressembler la vie lorsque le carburant commencera vraiment à s’épuiser.

TIME a donc demandé à l'écrivain scientifique Isaac Asimov sa vision d'une société pauvre en énergie qui pourrait exister à la fin du 20e siècle.

Le portrait suivant, note Asimov, ''n'a pas besoin de s'avérer exact. C'est une image du pire, du gaspillage continu, du pétrole qui s'épuise, de rien à la place, d'une population mondiale qui continue d'augmenter.
Ça pourrait arriver, n'est-ce pas ?''

___________________________________

Nous sommes donc en 1997, il pleut et vous devrez à nouveau marcher pour vous rendre au travail.

Les métros sont bondés et un train tombe en panne un matin sur cinq.

Les bus sont absents et, un jour comme aujourd'hui, les vélos claquent et glissent.

De plus, il ne vous reste qu'un kilomètre et demi à parcourir et vous avez des bottes, un imperméable et un chapeau de pluie.

Et il ne pleut pas très fort, alors pourquoi pas ?

Heureusement que tu as aussi un travail dans la démolition. C'est un travail régulier.
Lent et sale, mais régulier.

Les structures décolorées d’une ville en décomposition sont les grandes mines de minéraux et les quincailleries du pays.

Démontez-les et réutilisez les pièces.

Le charbon est trop difficile à extraire et à transporter pour nous fournir l'énergie dont nous avons besoin, la fission nucléaire est jugée trop dangereuse, la percée technique vers la fusion nucléaire que nous espérions n'a jamais eu lieu et les batteries solaires sont trop coûteuses à entretenir à la surface de la Terre en quantité suffisante.

Toute personne âgée de plus de dix ans se souvient des automobiles.
Ils sont moins nombreux aujourd'hui.

Au début, le prix de l’essence a grimpé, très haut. Finalement, seuls les aisés conduisaient, ce qui indiquait trop clairement qu'ils étaient extrêmement riches, de sorte que toute automobile qui osait se montrer dans une rue de la ville était renversée et incendiée.

Le rationnement a été introduit pour «égaliser les sacrifices», mais tous les trois mois, la ration était réduite.
Les voitures ont tout simplement disparu et sont devenues une partie de la ressource métallique.

Les avantages sont nombreux, si vous souhaitez les rechercher.
Nos journaux de 1997 ne cessent de les souligner. L’air est plus pur et il semble y avoir moins de rhumes.
Contrairement à la plupart des prévisions, le taux de criminalité a baissé.
La voiture de police étant trop chère (et une cible trop facile), les policiers reprennent leur route.
Plus important encore, les rues sont pleines.
Les jambes sont reines dans les villes de 1997 et les gens marchent partout jusque tard dans la nuit. Même les parcs sont pleins et les foules se protègent mutuellement.

S'il ne fait pas trop froid, les gens s'assoient.
S’il fait chaud, l’air libre est la seule climatisation dont ils disposent.
Et au moins, les lampadaires brûlent toujours.
À l’intérieur, l’électricité est rare et peu de gens peuvent se permettre de garder les lumières allumées après le dîner.

Quant à l’hiver, eh bien, il n’est pas pratique d’avoir froid, la majeure partie du combustible autorisé pour les fournaises étant stocké pour l’aube ; mais les pulls sont des vêtements d’intérieur populaires.

Les douches ne sont pas un luxe du quotidien.

Des bains d'éponges tièdes feront l'affaire, et si l'air n'est pas toujours très parfumé à proximité des humains, les vapeurs des automobiles ont disparu.

Il y a une certaine consolation en ville : la situation est pire en banlieue.

Les banlieues sont nées avec l’automobile, ont vécu avec l’automobile et meurent avec l’automobile.

Une solution pour les banlieusards est de former des associations qui se chargeront à tour de rôle de l'approvisionnement et de la distribution de la nourriture.
Les poussettes grincent de maison en maison le long des routes de banlieue huppées, et chaque grosse tempête de neige est un désastre.

Il n'est pas facile d'accumuler suffisamment de nourriture pour durer jusqu'à ce que les routes soient ouvertes.
Il n'y a pas grand-chose en termes de réfrigération, à part les bancs de neige, et il faut ensuite combattre les chiens.

L’énergie qui reste ne peut pas être dirigée vers le confort personnel.
La nation doit survivre jusqu’à ce que de nouvelles sources d’énergie soient trouvées.
Ce sont donc les chemins de fer et les métros qui retiennent le plus l’attention.
Les chemins de fer doivent transporter le charbon qui constitue l’espoir immédiat, et les métros peuvent transporter au mieux les gens.

Et puis, bien sûr, l’énergie doit être conservée pour l’agriculture.
Les grandes usines automobiles fabriquent presque exclusivement des camions et des machines agricoles.
Nous pouvons nous serrer les uns contre les autres quand il y a un manque de chaleur, nous ventiler s'il n'y a pas de brise rafraîchissante, dormir ou faire l'amour quand il y a un manque de lumière, mais rien ne pourra longtemps améliorer le manque de nourriture.

La population américaine n'augmente plus beaucoup, mais l'offre alimentaire doit rester élevée même si les prix et les difficultés de distribution obligent chaque américain à manger moins.

Il faut de la nourriture pour exporter afin de pouvoir acheter un peu de pétrole et d’autres ressources.

Bien entendu, le reste du monde n’a pas autant de chance que nous.

Certains cyniques disent que c’est la connaissance de cela qui aide l’Amérique à sortir du désespoir.

Là-bas, ils meurent de faim, parce que la population terrestre continue d’augmenter. La population mondiale compte 5,5 milliards d’habitants et, en dehors des États-Unis et de l’Europe, pas plus d’une personne sur cinq a suffisamment à manger à un moment donné.

Toutes les statistiques indiquent un déclin rapide du taux d’accroissement de la population, mais cela s’explique principalement par une mortalité infantile élevée.

Les premières victimes de la famine, et les plus impuissantes, sont les bébés, une fois que leur mère est sèche.
Un fort courant d’opinion américain, comme en témoignent les journaux (dont certains publient encore quotidiennement leurs huit pages de mauvaises nouvelles), estime que c’est tout aussi bien.

Cela sert à réduire la population, n'est-ce pas ?

D’autres soulignent qu’il ne s’agit pas simplement de famine.
Il y a ceux qui parviennent à survivre avec à peine assez pour faire fonctionner leur corps, et cela s’avère insuffisant pour le cerveau.

On estime qu’il y a aujourd’hui près de 2 milliards de personnes dans le monde qui sont en vie mais qui souffrent de lésions cérébrales permanentes dues à la dénutrition, et ce nombre augmente d’année en année.

Certains ont déjà pensé qu’il serait «réaliste» de les éliminer tranquillement et de débarrasser la terre d’une menace encombrante.

Les journaux américains de 1997 ne rapportent pas que cela se passe réellement quelque part, mais certains voyageurs rapportent des récits d'horreur.

Au moins, les armées ont disparu – personne ne peut se permettre de garder ces monstruosités coûteuses et gourmandes en énergie.

Des soldats en uniforme et armés de fusils sont présents dans presque tous les pays encore en activité, mais seuls les États-Unis et l’Union soviétique peuvent entretenir quelques chars, avions et navires – qu’ils n’osent pas déplacer de peur de puiser dans leurs réserves limitées de carburants.


L’énergie continue de décliner et les machines doivent être remplacées par des muscles humains et des bêtes de somme.

Les gens travaillent plus longtemps et ont moins de loisirs ; mais alors, avec l'éclairage électrique restreint, la télévision seulement trois heures par nuit, le cinéma trois soirs par semaine, les nouveaux livres peu nombreux et imprimés en petites éditions, qu'y a-t-il à voir avec les loisirs ?

Travailler, dormir et manger constituent la grande trinité de 1997, et seuls les deux premiers sont garantis.

Où cela finira-t-il ?

Cela doit se terminer par un retour aux jours d’avant 1800, à l’époque où les combustibles fossiles n’alimentaient pas une vaste industrie mécanique et technologique.

Cela doit aboutir à une agriculture de subsistance et à une population mondiale réduite à moins d’un milliard par la famine, la maladie et la violence.

Et que pouvons-nous faire pour empêcher tout cela maintenant ?

Maintenant ? Presque rien.

Si nous avions commencé il y a 20 ans, cela aurait pu être une autre affaire.

Si nous avions commencé il y a seulement 50 ans, cela aurait été facile.

________________________________

ceci est une fiction écrite en 1977*
toute ressemblance avec des évènements présents ou futurs n'est que purement fortuite

*
Spoiler:
les USA ont passés leur pic pétrolier de brut conventionnel au début des années 70.
les deux premiers chocs pétroliers ont eut lieu en 1973 et 1979
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https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pic_de_Hubbert

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par niki44 » 27 janv. 2024 07:11

Merci nuts
La conclusion reste d’actualité, comme quoi la transition énergétique et/ou écologique ne date pas d’aujourd’hui :?

Si nous avions commencé il y a 20 ans, cela aurait pu être une autre affaire.

Si nous avions commencé il y a seulement 50 ans, cela aurait été facile.

Spoiler:
La transition énergétique est une expression apparue dans les années 1970 qui désigne à la fois l'évolution passée de la répartition des énergies consommées sur la planète (bois, hydroélectricité, charbon, pétrole, gaz naturel, nucléaire, etc.) et, pour l'avenir, l'objectif politique et technique d'une modification structurelle profonde des modes de production et de consommation de l'énergie. Elle est en général considérée comme l'un des volets de la transition écologique.

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par nuts » 27 janv. 2024 08:47

bah oui et le rapport Meadows c'est 1972. nous avions jusqu'à la fin des années 90 pour éviter le pire.
trop tard

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par nuts » 27 janv. 2024 10:54

précisions

trop tard pour ne pas sortir de l'Holocène.
la sixième extinction de masse est en cours
le climat stable qui a permit une humanité aussi nombreuse ne reviendra pas avant des millénaires.

trop tard pour avoir une vraie transition douce et agréable pour la majorité.

il n'est pas trop tard pour gérer la décroissance rapide des flux énergétiques et matériels (et d'ailleurs c'est ce que tente de faire une partie de l'oligarchie dirigeante) sans trop de chaos

pas trop tard pour trouver sa place dans ce monde bien différent de ce que nous avons connu.

pas trop tard pour s'aimer ❤️

(et il n'est pas trop tard non plus pour reconstruire après le chaos s'il advenait, pour ceux qui vivront assez longtemps)

en tous les cas cet essai d'Asimov est criant de modernité et donne envie de se plonger dans ses œuvres, je trouve

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par Francis1 » 27 janv. 2024 11:52

:bravo: :merci:

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par nuts » 27 janv. 2024 12:12

''cette énergie qui a dominé et domine encore non seulement la scène énergétique mondiale, mais qui a été à l’origine de la puissance incontestée des États-Unis et des rapports de force au cours du XXe siècle.

En effet, si la suprématie de la Grande–Bretagne s’est appuyée sur ses réserves de charbon, celle des États-Unis est due essentiellement aux réserves pétrolières dont ils assurèrent encore dans les années 1950 les 2/3 de la production mondiale.

Les avantages de l’or noir dans la propulsion des navires de guerre sautent aux yeux. Les chaudières au mazout émettant beaucoup moins de fumées rendent les navires moins détectables, le chargement du carburant qui s’effectue par tuyau est plus flexible, il s’effectue en quelques heures et non quelques jours pour le charbon. Enfin le pouvoir calorifique du pétrole étant bien supérieur à celui du charbon, il permet des moteurs plus compacts.

Tous ces avantages ont été perçus par la marine russe dès 1887 lorsqu’elle pourvut certains destroyers de chauffage au mazout. La Navy n’y passa qu’en 1910, mais non sur ses cuirassés. Ce n’est que lorsque Winston Churchill devint premier Lord de l’Amirauté en 1912 que Futures prise la décision de lancer la construction de la classe de super-cuirassés Queen Elisabeth, munis de vingt-quatre chaudières alimentées au fioul. On entra dans l’ère géopolitique du pétrole. Il est intéressant de noter que cette décision précéda de peu le pic de production charbonnier anglais atteint en 1913 avec 287 millions de tonnes.

L’ère du pétrole, ouverte par le forage du colonel Drake et de ses associés, effectué en fin d’après-midi du samedi 27 août 1859, à une profondeur de 21 mètres, battait déjà son plein.

Phénoménale concentration de l’industrie pétrolière sous l’égide de la Standard Oil de John Rockefeller, qui en 1911 Futures décartellisé en 34 entités.


Rivalité anglo-russe autour de la Perse (1901), apparition de la Shell qui se posa en rival de la Standard Oil, qui devient la Royal Dutch Shell, découverte du brut en Perse en 1908 par l’aventurier australien William Knox d’Arcy, qui Futures à l’origine de la création de l’Anglo Persian Oil Compagny, qui sous l’égide de l’Amirauté deviendra la BP – British Petroleum, qui modifia son nom dans les années 1990 en Beyond Petroleum, avant l’accident de la plateforme Deep Horizon dans le Golfe du Mexique qui lui a coûté 47 milliards de $.

Le pétrole transforma donc la donne sur le plan mondial, surtout après l’invention du moteur à injection et l’apparition de la production de masse d’automobiles par Henry Ford en 1905. Cette forme d’énergie solaire concentrée, plus performante que le charbon, à peu près absente du territoire britannique, comme des autres puissances industrielles européennes furent bien à l’origine du Siècle américain.

Mais la concentration de l’énergie contenue dans le pétrole, le peu de main-d’œuvre qu’il nécessite pour être extrait et le nombre sans égal d’esclaves énergétiques qu’il procure permettant d’envisager de se contenter d’une main mise sur des territoires stratégiques plus étroits.

Cette donnée sera à l’origine de bien des conflits, guerres ou affrontements liés plus ou moins au pétrole de la sécession biafraise, appuyée par la France (1967-1970) à la guerre d’Irak en 2003. De plus ajoute Mathieu Auzanneau, les marges de profit incomparables qu’offre l’or noir rendent la tâche des empires plus aisés : il va se révéler superflu d’asservir des peuples entiers, il sera désormais au moins aussi efficace et beaucoup moins couteux de se contenter de faire l’obole à quelques chefs corrompus pour s’arroger l’or noir et les autres ressources précieuses de leur pays. D’extensives et avant tout militaires, les modalités du contrôle impérial vont tendre à devenir intensives et essentiellement capitalistiques. Une vision peut être par trop idéologique de l’industrie pétrolière, qui a eu ses heures de gloire, mais qui relève désormais de plus en plus du passé. N’oublions pas qu’aujourd’hui 85% des ressources en brut sont dans les mains de compagnies pétrolières nationales et non plus des héritières des Sept sœurs.


Très vite le pétrole a joué un rôle vital, dans la conduite des combats, avec l’apparition des chars de combat, appelés, précisément «tank» réservoir, avec les Mark I et renault FT et des premiers aéroplanes.

C’est avec l’essence américaine que Paris Futures sauvé en 1916 par les taxis de la Marne qui acheminèrent des milliers de combattants sur le front. Lors de la Premières Guerre mondiale, 80% du pétrole de la machine de guerre alliée sont américains. C’est bien la guerre maritime totale que déclenche les sous-marins allemands en janvier 1917 qui conduisit les États-Unis à entrer en guerre. «L’essence est aussi nécessaire que le sang dans les batailles de demain», déclara Clemenceau ; prise de conscience qui Futures bien à l’origine de la création en 1924 de la CFP, Compagnie française des Pétroles, ancêtre de l’actuel total qui reçut en dommage de guerre les 25% de la part de la deutsche bank dans la Turkish Oïl Compagny.

En 1918, la production mondiale de pétrole est de 1,5 million de barils / jour contre près de 93 millions aujourd’hui. La part du charbon dans le bilan énergétique mondial passe de 72% à 58%, le pétrole ne cessant d’assurer sa progression jusqu’en 1970-1972 lorsqu’il représenta 42% de la consommation mondiale d’énergie contre 32% aujourd’hui et 26% encore en 2025/2030.

À compter des années 1920, l’évolution s’accélère. C’est l’accord d’Achnacarry du 28 août 1928 par lequel les Sept sœurs se partagèrent le marché mondial, stabilisant les prix qui, à la veille du premier Choc pétrolier de 1973 se situaient autour de 2,90 $, (prix posté, en juin) pour bondir en deux étapes : le 17 octobre puis en janvier 1974 à 11,65$. Ce Futures aussi la création d’un État pétrolier, l’Irak, qui selon la formule de Churchill, «On a réuni trois communautés ethnico religieuses, qui n’avaient jamais vécu ensemble pour rassembler deux puits de pétrole, Mossoul et Kirkuk.»

Un premier pipeline, le plus long du monde, reliant les champs pétroliers de l’Euphrate à Haïfa, Futures construit, vite appelé «l’artère carotide de l’Empire britannique». La Seconde Guerre mondiale, si elle n’a pas eu pour but le pétrole, celui-ci a été constamment à son arrière-plan. La production américaine augmenta de 25% en trois ans de 3,7 millions de b/j en 1939 à 4,7 millions en 1945. L’Allemagne qui ne disposait que des champs de Roumanie qui s’épuisèrent vite fonça vers le Caucase pour tenter de s’emparer des champs de Bakou, alors que le Japon, après Pearl Harbor, répliqua à l’embargo sur le pétrole américain décrété peu auparavant, s’emparant des champs pétroliers de l’Insulinde.


C’est après 1945 que l’ère du pétrole connut son apogée, une période de près de trois quarts de siècle, qui touche à sa fin estime l’auteur. Mais l’avenir reste difficile à prévoir, tant il est vrai que les meilleurs experts se sont constamment trompés, tant sur les prix que sur le peak oil, désormais repoussé peut-être de 20 ans grâce aux huiles et au gaz de schiste. En revanche, se pencher sur quelques chiffres permet de mesurer le chemin parcouru.

Entre 1859 et 1950, la production de pétrole progressa au rythme de moins de 2% par an, mais entre 1950 et 1970, le rythme atteint 5%.

En 1950, la production mondiale était de 11 millions de b/j, en 1970 de 48 millions de b/j dont 43 en dehors de l’URSS.

Entre ces deux dates, la consommation de l’Europe a été multipliée par 10, passant de 1,2 million à 12 millions de b/j.

Le déséquilibre majeur qui a été l’origine du choc de 1973 provient bien des États-Unis, qui face au pic de leur production atteint en janvier 1971 avec 10,04 millions de b/j ont vu leur consommation augmenter du cinquième en seulement trois années, passant de 14,7 millions de b/j en 1971 à 17 millions en 1973.

Si l’on jette un coup d’œil sur l’évolution du prix du baril de 159 litres, on observe qu’après avoir très peu évolué entre 1900 (1,20$) et 1960 (moins de 2 $), baisse qui a provoqué la création de l’OPEP, il a grimpé par étapes.

Jusqu’à 34 $ en janvier 1981, pour retomber à 29$ en mars 1983, puis à 7 $ en juillet1986 du fait de la forte augmentation de la production de brut saoudien, une décision destinée à briser les reins de l’URSS dont le brut était le principal produit d’exportation (30 milliards de $ par an ; ainsi que le coût du maintien de son empire lui revenait à 15-17 milliards par an).

Chaque baisse de l’Ural, le brut russe de référence, d’un $ faisant baisser ses revenus d’un milliard de $ !

Après être remontés dans la gamme des 25 / 29 $, les cours retombèrent à 12 $ en 1998 à la suite de la crise asiatique.

C’est à partir de ce plateau qu’ils commencèrent leur prodigieuse ascension, posée après la forte hausse de la consommation chinoise à deux chiffres pour atteindre leur sommet historique à 147,5 $ en juillet 2008.

Après la forte baisse de la fin 2008, début 2009, les cours sont un moment resté à un niveau élevé (111 $ en 2011 ; 104 en 2012 ; 100 en 2013) avant d’amorcer une nouvelle et forte chute à partir de juin 2014 qui les ramena de 110 $ à 45 $ en janvier 2015, avant de remonter à 60/65 $ en avril.

Quel avenir ?

Quel avenir attend l’industrie pétrolière dans les deux à trois décennies à venir, sachant qu’il est très possible qu’elle atteigne un plafond de production de 104 millions de b/j ? En 2006-2007, l’AIE plaçait ce plafond à 132 millions de b/j. Les réserves classiques disponibles se situent en milieu extrême (offshore profond, Arctique) et les ressources non conventionnelles, pétrole de roche mère (schiste) ou tight oil n’ont pas encore été évaluées dans leur totalité.

C’est dire qu’au-delà de 2040/50 l’avenir est en grande partie indéterminé. Quoiqu’il en soit, le règne du roi pétrole aura duré près de deux siècles, mais nul ne sait si lui succédera un autre souverain (c’est peu probable), mais un mix énergétique dont les contours ont commencé à prendre forme''

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par nuts » 27 janv. 2024 12:17

''Dans un rapport publié mardi 24 octobre 2023, l’Agence internationale de l’énergie estime que la demande mondiale devrait atteindre un point culminant d’ici la fin de la décennie. Une prévision contestée par l’Opep, qui agite le spectre du «chaos énergétique»''

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par JOS market » 27 janv. 2024 14:53

en conclusion l'agence "estime" que ça "devrait" atteindre...

beaucoup de conditionnel, ça se pourrait bien, peut-être bien que :D , et ça dure depuis des lustres les hypothèses :D

difficile de pas penseraux annonces de fin du monde historique 8-) :D
les 1er disciples de monsieur yéshoua y'a 2000 ans aussi pensaient que la fin du monde allait survenir d'un coup! :D
les mahométans historiques aussi qui ont combattu sur le sentier de Jérusalem pensaient qu'ils allaient réinstaurer le grand temple pour le retour du messie et la fin des temps allaient arriver ! :D

puis à chaque fois mince s'est rien passé :lol:
mais on a réussi à garder l'intrigue et la crainte dans les esprits et ça marche toujours depuis

#taquineries
#schématisation du pire

moi j'attends les affirmations et les dates butoirs, c'est pour quand la fin?
et si cette fin est dépassée on en parle plus? :lol:

on a eu l'an 2000 s'est rien apssé, next
on a eu le mythe maya 2012, mince rien passé

vivement que les grands scientifiques se mettent d'accord et donnent une date fiable :joker:

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par nuts » 27 janv. 2024 17:11

mais sur bien des points l'effondrement est en cours.
taux de natalité. stérilité (un couple sur 4 ou sur 5 en occident a du mal à procréer, -50% de spermatozoïdes en 40 ans). faune et flore dans un état critique (ici les arbres sont comme brûlés par un champignon noir). plastique dans toute la chaine alimentaire.
zones mortes dans les océans. le maximum de poissons (pic de pêche) c'était dans les années 90.
15 millions de français ne se chauffent presque plus. ne mangent qu'un repas par jour.
point de bascule climatique enclenché (plus de retour en arrière possible. il fait 30 degrés en Espagne, les arbres bourgeonnent en région parisienne).
sixième extinction de masse (90% des animaux sur terre sont des animaux domestiques ou d'élevage). la cinquième c'était une météorite.
les rendements agricoles decroissent. les sols sont hypers pollués. les oeufs et la viande sont contaminés au PCB. les poissons on mercure.
les cancers explosent. les petits garçons ont les seins qui poussent (pilule dans l'eau du robinet et perturbateurs endocriniens partout)

6 ou 7 limites planétaires sont dépassées.
l'accès à l'eau potable est source de conflits armés.
la majorité des humains n'a pas assez à manger.
le qi baisse partout. 50% des moins de 20 ans sont myopes à cause des écrans. l'autisme explose.
le communautarisme et le chacun pour soi n'ont jamais été aussi élevés.
les gens ne lisent plus. les jeunes ne savent pas compter.
la guerre est à nos portes.
Israël Ukraine et bientôt Taiwan.
l'inflation est à 2 chiffres.
on n'aura jamais assez de cuivre pour soutenir la ''transition'' d'ici 2030.........


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''donnent une date fiable''

d'après le rapport au Club de Rome c'est entre 2020 et 2030.
le Covid a fait gagner deux ans.
après je ne crois pas à un effondrement type MadMax. je pense juste qu'il est en cours et plus ou moins maîtrisé.
et que beaucoup de gens ne s'en rendent pas compte.
les citadins et les revenus élevés en tête.
d'autres le vivent mais ne comprennent pas ce qu'il se passe.
et d'autres sont dans le déni

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nourriture et services par personne ça fait un moment que ça a commencé
va trouver un médecin ou un bureau de Poste dans certains endroits.
manger de la viande ?
deux repas par jour ? 🧐😂

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par Benoist Rousseau » 27 janv. 2024 17:14

Il devrait faire une limite de reproduction de l'être humain, tout s'arrangerait

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par nuts » 27 janv. 2024 17:19

pas besoin Benoist on s'auto stérilise.
les taux de natalité actuels sauf Afrique subsaharienne et une partie de l'Asie du Sud, ne permettent pas un renouvellement de l'espèce. la faim, les guerres et les cancers vont aider


''Le constat, connu, est inquiétant : un couple sur quatre a des difficultés à avoir un enfant, en France, 3,4 millions d'hommes et de femmes sont confrontés à un problème de fertilité et l'aide médicale à la procréation ne fait pas de miracle : une tentative n'a que 20 % de chance de déboucher sur une naissance''

c'est pareil dans tous l'occident.
et le taux de mortalité des femmes enceintes ou accouchantes a explosé aux USA.

même la Chine perd des habitants

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par nuts » 27 janv. 2024 17:27

magnifique film de SF. pas seulement parce que l'humanité est totalement stérile mais aussi par sa noirceur qui dessine un avenir possible voir palpable...


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Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par nuts » 27 janv. 2024 17:28

sans compter que ça ne ressusciterait pas les animaux morts et ne réglerait pas le problème climatique (la balle est déjà tirée) si plus aucun humain ne naissait à partir de maintenant

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par nuts » 27 janv. 2024 17:38

''l'an 2000 s'est rien apssé, next''

crash de la bulle internet.
2001 World Trade Center debouchant sur la guerre en Irak en 2003 pour le pétrole. et surtout le Patriot Act qui a ouvert la voie aux lois totalitaires de surveillance de masse partout dans le monde

''on a eu le mythe maya 2012, mince rien passé''

2012 Hollande, qui a placé Macron ministre de l'économie. et Hop on en prend pour 20 ans 😂🥵
c'est lui qui en 2016 a passé un décret obligeant la 4G partout sur le territoire. tu vas me dire c'est bien pour trader. oui et pour te surveiller.
bientôt l'identité numérique intégrée aux navigateurs.

https://www.laquadrature.net/2023/09/12/projet-de-loi-sren-le-gouvernement-sourd-a-la-realite-dinternet/

et tu me diras ce niveau de contrôle, la livraison à domicile, internet comme loisir principal et comme moyen de gagner de l'argent (...) permettra sûrement d'éviter MadMax.
les gens n'ont plus besoin de se déplacer donc plus besoin (d'autant) de pétrole.

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par JOS market » 27 janv. 2024 17:42

le système réticulé activateur sert à se focaliser sur les choses auxquelles on prête attention et surtout sur lesquelles on "accorde" une importance

y'a pas d'équilibre apporté sur la liste de tous les fléaux mondiaux que tu perçois :P

exemple guerre famine etc

c'est pas vrai,
encore y'a peu je discutais avec quelqu'un qui étudiait les statistiques et % historiques sur l'humanité
et statistiquement il m'indiquait que l'humanité a jamais connu une période avec aussi peu de guerre et de famine

ça veut pas dire que le paradigme idéal rêvé des uns des autres est atteint et que c'es merveilleux

mais voir le côté face sans voir le côté pile c'est s'obséder qu'avec une seule facette de la réalité

le monde est ce qu'il est et sera ce qu'il sera
tout ce que tu as décrit ne me parait en rien exceptionnel et ne mérite à mes yeux pas de me préoccuper de quoi que ce soit, considérer que soit on est dans le déni ou autre c'est pas la globalité des réalités, on est différents les uns des autres, juste on considère pas ça comme grave parce qu'on a pas le même référentiel de la "gravité" des choses, on va tous mourir y'a rien de dramatique

c'est un postulat de départ avec des paradigmes et idéologies de ce que devrait être le réel le monde etc
donc c'est subjectif
ça me donne moi envie de faire une liste de tout ce qui est merveilleux dans la vie quand je lis des listes drama de tout ce qui n'irait pas bien

la vie continuera, même quand tous les êtres humains actuels seront morts et auront eu une descendance qui nous remplacera :lol:

et le monde a venir c'est uniquement le problèmes de ceux qui y vivront, pour toi lui elle c'est un problème, pour eux ça le sera peut-être pas tant que cela, c'est projeter notre idéal sur ce que devrait être le monde etc


On passe sur terre, on vit et on s'en va
certains passent leur vie a voir ce qui va mal d'autres ce qui va bien, et entre les deux toute une grande panoplie des deux

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par nuts » 27 janv. 2024 17:46

bah que 6 ou 7 des 9 limites planétaires soient dépassées ça doit suffir à t'inquiéter. ça veut tout simplement dire que la planète ne peut plus absorber nos activités*. et donc que nous vivons à crédit.
qu'à terme ça se traduira par une régulation naturelle.
comme une population de lapins dans un espace définie. elle se reproduit jusqu'à consommer toute la nourriture disponible. puis la population baisse brutalement.

après moi niveau psycho ça va. j'ai compris tout ça en 2018. année noire pour moi.
fin 2020 a été très difficile pour d'autres raisons.
mais j'ai bon espoir de faire quelque chose de bien sur cette terre.
l'humain peut régénérer la nature en partie.

mais on ne passera pas à côté d'une régulation et de chocs. soit en sur.

*
on peut résumer très schématiquement en une équation le système économique moderne


ressources (y compris énergétiques) ➡️ système complexe humain ➡️ déchets (majoritairement non recyclables dont le CO2 qui est un ''déchet'' gazeux qui reste des millénaires dans l'atmosphère si rien ne le transforme, et les océans+ forêts sont saturés (c'est une des limites planètaires franchie))

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par JOS market » 27 janv. 2024 17:51

et alors, en quoi ça devrait m'inquiéter?

comme je 'tai dit nous n'avons pas la même sensibilité ni le même système réticulé activateur

toi ça t'inquiète, moi absolument pas, parce que la vie est ce qu'elle est , ça m'empêche ni d'être heureux, ni de bien dormir

je pourrais à l'inverse faire la liste de tous les privilèges que l'humanité n'a jamais pu connaitre avant nous etc et considérer qu'à l'avenir il y aura encore plein d'innovations et de privilèges splendides pour ceux qui seront sur Terre etc

le terme "devrait" signifie que ce serait "normal", or nous n'avons pas la même norme

et probablement que beaucoup d'humains n'ayant pas cette norme "d'inquiétudes" ne s'en inquiètent pas non plus

plutôt une question de perceptions, d'angoisses et de paradigmes/d'idéaux

encore une fois, ça m'empêchera pas d'être heureux ni de vivre avec paix et joie...

et rien prouve que c'est pire aujourd'hui que durant le reste de l'humanité
y'a plein de privilège

comme l'exemple quand tu as dit que tu rêverais de vivre à l'époque où es gens étaient paysan bosser 6h en hiver et 12h en été

je t'ai dit l'autre face de la pièce est que c'est mieux aujourd'hui

car à l'époque ils n'avaient pas le choix mais aujourd'hui tu peux non seulement faire ça ou autre chose, donc c'est mieux aujourd'hui
allez bonne chance 2030 arrive vite :lol:

moi je rêve d'être déjà en 2030
en 2030 les probabilités que ma vie soit 10 fois meilleure est immense ;) :top:

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par nuts » 27 janv. 2024 17:53

bah le fait que 90% des animaux sur Terre sont des animaux d'élevage ça veut dire qu'on a tout exterminé.
mais ça a commencé il y a longtemps.
du temps où il y avait des lions en Italie

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par JOS market » 27 janv. 2024 18:08

bien sûr
le monde et la nature est cruelle, tu ne le savais pas?? :lol:

Desfois je me dis que j'ai dû être chanceux de n'être étonné de rien et ne me faire aucune illusion sur le réel et ce que sont les êtres humains dans toute leur globalité

tu sais que certains croient que la Terre est plate et que Dieu leur a autorisé de se marier avec des petites filles et 'avoir des esclaves, encore de nos jours? Ils le savent parce que leur livre divin leur disent :lol:
c'est aussi ça l'humain que tu idéalises pour un monde idéal (ton monde idéal)

L'humain c'est la continuité de la nature, on est pas tombé du ciel haha

tu pars du postulat que c'est horrible tout ça
ça peut l'être si onse focalise sur ça avec un référentiel idéal que l'on souhaite(et pourquoi souhaiter ces choses d'ailleurs?...)

mais bienvenue dans le monde réel
ça n'empêche pas la vie d'exister quand même et le monde de tourner

maintenant si je devais faire une liste de tout ce pour quoi je suis reconnaissant et toutes les chances extraordinaire qu'on a , êtres humains, faudra plusieurs planètes d'arbres à transformer en papiers pour que j'y répertorie toutes els merveilleuses choses

l'homme est à la fois un saint ange et un monstrueux démon
la vie est ce qu'elle est
je vois pas le problème que tout est une fin potentielle

en attendant la vie continue ;)

Mais intéressant tes partages ça me permet par souci d'équité et de justice de penser à toutes les belles choses que tu mets pas en avant et ça me rend encore plus joyeux :lol: :top:

Re: la vie cauchemardesque sans carburant [Isaac Asimov]

par nuts » 27 janv. 2024 18:11

Spoiler:
''Notre google interne porte le nom poétique de SRA ou Système Réticulé Activateur. Il se situe dans le tronc cérébral. Ce système agit comme un assistant qui vous passe les dossiers que vous lui demandez ou encore comme un Moteur de recherche dans lequel vous auriez tapé ce qui vous intéresse, ce qui vous préoccupe''

😬😁😂👏🤔

le-blog-des-leaders.com 🤣
''l'homme est à la fois un saint ange et un monstrueux démon''

👍
tout à fait
bonnes fin de ''vacances''
et oui tout a une fin
et moi j'ai faim 😂🤩

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