DeutschEnglishEspañolFrançaisItalianoPortuguês
Rejoindre le forum

Qu’est-ce que le club de Rome ?

Le Club de Rome a vu le jour le 8 avril 1968. Il est composé de scientifiques, d’économistes, de fonctionnaires nationaux et internationaux et d’industriels de 53 pays réunis pour débattre, réfléchir sur des problèmes de société. Leurs réflexions reposent sur le développement durable, la croissance économique, la pollution, la disparition de matières premières…

Le club de Rome tient son nom de la ville où la première réunion a eu lieu, en Italie.

Les membres de ce club devinrent célèbres en 1972 après avoir publié leur premier rapport intitulé The limits to growth (Halte à la croissance ?). Ils furent les précurseurs de la défense de l’environnement et du développement durable. En effet, ce rapport commandé par le Club de Rome à une équipe du MIT (Massachusetts Institute of Technology) prévoit un « désastre » économique et social aux alentours de 2020 à 2030, si des mesures radicales ne sont pas prises pour changer le système actuel qui dévore la planète ainsi que ses ressources.

Rapport de 1972 : The limits to growth
Rapport de 1972 : The limits to growth

Quelles critiques vise le Club de Rome ?

Le Club de Rome a été créé après la période prospère des Trente Glorieuses qui était considérée comme sans limites. Les mises en garde des scientifiques et économistes du groupe de réflexion étaient donc mal vues à l’époque et ont souvent été taxées de catastrophisme. De nos jours, ce rapport fait encore débat auprès des experts. En effet, en 2012, la Smithsonian Institution consacre un colloque aux 40 ans de ce rapport qui encore une fois n’est pas pris au sérieux par les décideurs des grands pays de ce monde.

Que dit le rapport du Club de Rome ?

Le Club de Rome préconise de prendre des mesures strictes et radicales pour éviter la catastrophe vers laquelle le monde se dirige inexorablement. Ces affirmations sont basées sur des observations et des études de scientifiques, économistes et experts sérieux de nombreux pays qui s’accordent à dire que la situation est alarmante.

Alors si ces affirmations sont sérieuses, pourquoi les gouvernements des pays les plus riches n’en tiennent pas compte ?

Cette question est tout à fait légitime et soulève les enjeux politiques sous-jacents. En effet, de nombreux facteurs portent à croire que l’effondrement des sociétés occidentales et des ressources naturelles est inévitable (réchauffement climatique, explosion démographique, épuisement des ressources naturelles…). Mais les gouvernements des pays développés sont globalement réticents à l’idée de prendre les mesures nécessaires pour éviter, ou du moins, ralentir les effets négatifs de l’activité humaine sur Terre.

Les raisons de ce refus résident en grande partie dans le fait que ces décisions sont impopulaires auprès du peuple. La récente crise économique qui a touché le monde entier a considérablement affaibli les pays développés qui connaissent également un vieillissement de la population, des taux de chômage importants et les prix des matières premières et des produits de première nécessité en constante augmentation.

Les politiques d’austérité sont difficilement applicables dans un contexte social et économique aussi tendu. D’autant plus que les populations des pays développés ne sont pas prêtes à abandonner leur confort, ni même réduire leur consommation ou modifier leurs habitudes de vie.

Ajoutons à cela, l’essor de pays en voie de développement qui tendent vers un modèle économique et social calqué sur celui des pays occidentaux par la mondialisation.

Bien qu’un scénario catastrophe de fin du monde ou de 3ème guerre mondiale paraisse exagéré, si rien n’est fait dans les années à venir, il n’est pas improbable que les prévisions du rapport du Club de Rome, initialement publié en 1972, se réalisent dans une certaine mesure.

Le Club de Rome en résumé

Le Club de Rome est un groupe de réflexion international fondé en 1968, qui réunit scientifiques, économistes, dirigeants d’entreprise et responsables publics autour des grands problèmes de long terme de la planète. Il doit sa célébrité au rapport The Limits to Growth (« Les limites à la croissance », publié en France sous le titre Halte à la croissance ?), qu’il a commandé à une équipe du MIT et qui a été publié en 1972. Ce rapport soutenait qu’une croissance exponentielle de la population et de la production dans un monde aux ressources finies mènerait, faute de changement, à un déclin brutal au cours du XXIe siècle.

Comment est né le Club de Rome ?

En avril 1968, une réunion de 36 économistes, scientifiques et hauts fonctionnaires se tient à Rome, à l’Accademia dei Lincei, à l’initiative de l’Italien Aurelio Peccei. Elle s’achève sur des désaccords, mais un petit cercle se retrouve ensuite chez Peccei : avec Alexander King, Erich Jantsch et Hugo Thiemann, il décide de fonder un club informel, baptisé du nom de la ville. Le Club de Rome est installé depuis 2008 à Winterthour, en Suisse.

Que dit le rapport Meadows de 1972 ?

Le Club obtient un financement de la Fondation Volkswagen et confie l’étude à une équipe du Massachusetts Institute of Technology, dirigée par Dennis Meadows, qui s’appuie sur les travaux de modélisation de Jay Forrester. Le livre, signé par Donella Meadows, Dennis Meadows, Jørgen Randers et William Behrens, paraît le 2 mars 1972. Il se serait vendu à quelque 30 millions d’exemplaires dans une trentaine de langues.

Le modèle informatique, appelé World3, suit cinq grandeurs liées entre elles : la population, la production alimentaire, la production industrielle, la pollution et la consommation de ressources non renouvelables. Le rapport ne livre pas une prévision unique mais des scénarios. Dans le scénario de référence, où rien ne change, la croissance bute sur l’épuisement des ressources et la pollution, et l’on assiste à un « dépassement suivi d’un effondrement » vers le milieu du XXIe siècle. D’autres scénarios montrent qu’un monde stabilisé reste possible si l’on agit tôt. L’horizon de 2020 à 2030 évoqué plus haut est donc une lecture approximative : le rapport ne fixe pas de date de catastrophe, et c’est vers le milieu du siècle que son scénario de référence place l’effondrement.

Quelles sont les critiques adressées au rapport du Club de Rome ?

Dès sa parution, le rapport est vivement attaqué. Une critique publiée dans le New York Times en avril 1972 le juge vide et trompeur. En 1973, une équipe de l’université du Sussex publie Models of Doom (« Modèles de l’apocalypse »), qui reproche au modèle des hypothèses trop pessimistes. Le reproche le plus fréquent des économistes porte sur l’absence des prix : quand une ressource se raréfie, son prix monte, ce qui pousse à l’économiser, à en chercher de nouveaux gisements et à inventer des substituts. L’économiste Julian Simon, dans The Ultimate Resource (1981), en tire une thèse opposée à celle du Club : l’ingéniosité humaine est la ressource décisive, et elle n’a pas de limite fixe. De fait, les ressources minérales n’ont pas manqué au rythme que certains lecteurs du rapport avaient annoncé.

Que les faits ont-ils confirmé du rapport du Club de Rome ?

Le débat a été relancé par des comparaisons entre le modèle et les données réelles. En 2008, le chercheur australien Graham Turner, du CSIRO, conclut que l’évolution observée de 1970 à 2000 de la production industrielle, de l’alimentation et de la pollution suit d’assez près le scénario « sans changement ». En 2020, Gaya Herrington, dans le Journal of Industrial Ecology, trouve que les données récentes restent proches des scénarios où la croissance plafonne puis décline vers 2040, faute de changement majeur. Les auteurs du rapport ont eux-mêmes publié des mises à jour en 1992, en 2004 et, pour Jørgen Randers, en 2012 avec 2052. En 2012 aussi, pour les 40 ans du rapport, la Smithsonian Institution a organisé avec le Club un colloque à Washington. Le Club a poursuivi ses publications, dont Earth for All en 2022.

Le bilan reste partagé : les critiques relèvent que les pénuries annoncées par les lectures alarmistes ne sont pas venues et que la technique a repoussé bien des limites ; les défenseurs répondent que le modèle visait des tendances, et que le réchauffement climatique illustre précisément la contrainte de la pollution qu’il décrivait.

Qu’est-ce que le Club de Rome change pour un investisseur ou un trader ?

La question des limites de la croissance n’est plus seulement académique : elle se traduit par des politiques climatiques, des prix du carbone, des normes d’investissement responsable et des flux de capitaux vers les technologies vertes. Sur les matières premières, l’opposition entre rareté physique et réponse par les prix, au cœur du débat sur le Club de Rome, aide à lire les cycles longs : une flambée des cours finit souvent par susciter de nouveaux investissements, des économies et des substitutions.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le rapport Meadows ?

C’est le nom courant du rapport The Limits to Growth, publié en 1972 par une équipe du MIT dirigée par Dennis Meadows, à la demande du Club de Rome.

Le Club de Rome a-t-il prédit la fin du monde en 2030 ?

Non. Le rapport présentait des scénarios ; dans le scénario de référence, sans changement de politique, la production et la population déclinent brutalement au cours du XXIe siècle. Il ne fixait pas de date de catastrophe.

Le Club de Rome existe-t-il toujours ?

Oui. Il est basé à Winterthour, en Suisse, et continue de publier des rapports, dont Earth for All en 2022.

Pourquoi le rapport a-t-il été critiqué ?

Surtout parce que son modèle ignorait le rôle des prix et sous-estimait le progrès technique, deux mécanismes qui permettent de repousser la rareté des ressources.

Pour aller plus loin

Lexique économique : toutes les définitions, de A à Z.

L’auteur

Benoist Rousseau

Sièges CME & CBOT · Trader depuis 1994

Trader depuis 1994, je commente l’actualité comme je la vis devant mes écrans : par ce qu’elle change, ou ne change pas, sur les marchés. Historien de formation, je cherche dans le passé la mesure de ce qui arrive, pour distinguer l’événement du bruit.

Découvrir mon parcours
À lire ensuite
Trader, ça s’apprend
2 étapes pour progresser
1ProRealTime —
La formation complète Gratuit

Le trading commence par les bons outils.

  • La formation complète à la plateforme
  • Mes Graphiques & Espaces de travail : accès exclusif à mes indicateurs, modèles et réglages personnalisés
  • Configuration guidée, pas à pas
2Mon École de Trading —
Quand vous serez prêt Pour aller plus loin

Formations, séminaires, webinaire et coaching privé. Je vous accompagne personnellement.

Découvrir l’École
Excellentsur Trustpilot · 590+ avis

4 commentaires

La discussion se poursuit sur le forum andlil.com.
D
DA5 juin 2015
Le Club de Rome invite à la rationalisation de la consommation tant au niveau du bien-être que des ressources naturelles. Ainsi, la Terre pourra continuer de supporter l'Humanité.
B
boff jocelyne27 février 2016
Bonjour, comment puis-je faire partis de votre groupe, et ainsi pousser les gens a donner des dons,et les conscientiser sur l'avenir de la planete.
J
Jane Marshall12 mai 2018
Pour que les choses s'améliorent et/ou changent, il faudrait une mobilisation internationale des peuples. J'ai bien peur que cela soit du domaine de l'impossible... surtout au niveau des pays dits "civilisés"... Il n'y a qu'à regarder l'état actuel de la planète... Et nous sommes déjà en 2018...
S
Stochastic10 octobre 2019
la climatique est un enjeu primordiale! réchauffement de la planête, gaz méthane, , co2 c'est la finance qui tient les décisions...... fed, bce etc........
Laisser un commentaire

Votre nom et votre commentaire seront publiés après relecture ; votre adresse e-mail ne le sera jamais. Votre adresse IP est conservée un an, comme la loi l’exige. Pour en savoir plus ou exercer vos droits : charte de confidentialité. Le formulaire est protégé contre les robots par Cloudflare Turnstile.

Restez au contact des marchés et du monde.

Recevez mes analyses par e-mail, et rejoignez la discussion avec la communauté du forum.