Qu’est-ce que le ratio de solvabilité bancaire ?

Qu’est-ce que le ratio de solvabilité ?

Le ratio de solvabilité permet d’établir une estimation de la capacité à long terme d’une entreprise à rembourser ses dettes. Le ratio de solvabilité est calculé en divisant l’endettement net qui correspond aux dettes financières moins la trésorerie et les valeurs mobilières de placement sur les fonds propres de l’entreprise.
Le ratio de solvabilité concerne également les banques. En effet, celles-ci exigent une sécurité et une stabilité financière car une défaillance au niveau de leur capacité de financement pourrait mettre en péril tout le système financier et économique. Ce ratio est établi par le Comité de Bâle, dont le secrétariat est hébergé par la Banque des Règlements Internationaux (BRI).
Que ce soit pour les banques ou les sociétés, le ratio de solvabilité s’exprime en pourcentage.
Le ratio de solvabilité en résumé
Le ratio de solvabilité mesure la capacité d’une entité à faire face à ses engagements en comparant ses fonds propres à ses dettes ou à ses risques. Le terme recouvre deux réalités. Pour une entreprise, c’est un ratio d’analyse financière, dont il existe plusieurs variantes. Pour une banque, c’est une exigence réglementaire précise : le rapport entre ses fonds propres et ses actifs pondérés en fonction de leur risque, qui doit rester au-dessus de minimums fixés par les accords de Bâle.
Quels ratios de solvabilité utiliser pour une entreprise ?
Les analystes ne donnent pas tous le même contenu à ce ratio. Les deux formes les plus courantes sont :
- l’endettement net rapporté aux capitaux propres (on parle aussi de gearing) : dettes financières moins trésorerie et placements, divisées par les capitaux propres. Plus il est bas, plus l’entreprise est solide ;
- les capitaux propres rapportés au total du bilan, appelé aussi ratio d’autonomie financière : il indique quelle part de l’actif est financée par les actionnaires plutôt que par les créanciers. Plus il est élevé, mieux c’est.
Imaginons une entreprise qui a 500 millions d’euros de dettes financières, 100 millions de trésorerie et de placements, 800 millions de capitaux propres et un total de bilan de 2 000 millions. Son endettement net est de 500 − 100 = 400 millions, soit 400 ÷ 800 = 50 % des capitaux propres. Son ratio d’autonomie financière est de 800 ÷ 2 000 = 40 %.
Ces chiffres se lisent toujours par comparaison avec le secteur : une entreprise de services peu capitalistique et un exploitant d’infrastructures n’ont pas les mêmes normes. Il faut aussi les rapprocher de la capacité à rembourser, par exemple l’endettement net rapporté à l’EBITDA.
Qu’est-ce que le ratio de solvabilité réglementaire d’une banque ?
Pour une banque, le ratio de solvabilité rapporte ses fonds propres à ses actifs pondérés par les risques. Chaque crédit ou titre détenu est compté pour une fraction de son montant, d’autant plus élevée qu’il est risqué. Imaginons un prêt de 100 millions d’euros pondéré à 50 % : il compte pour 50 millions d’actifs pondérés et, avec une exigence de 8 %, mobilise 4 millions de fonds propres.
Le premier ratio de ce type, le ratio Cooke, du nom de Peter Cooke, directeur à la Banque d’Angleterre et président du Comité de Bâle de 1977 à 1988, a été fixé par les accords de Bâle I, publiés en 1988 : 8 % au minimum. Le ratio McDonough lui a succédé avec Bâle II.
Quelles sont les exigences de Bâle III ?
Depuis Bâle III, le minimum reste de 8 % pour l’ensemble des fonds propres, mais la qualité du capital compte davantage.
| Exigence minimale | En % des actifs pondérés |
|---|---|
| Fonds propres de base durs (CET1) | 4,5 % |
| Fonds propres de catégorie 1 (Tier 1) | 6 % |
| Total des fonds propres | 8 % |
| Coussin de conservation, en CET1, en plus | 2,5 % |
Bâle III a ajouté un ratio de levier de 3 %, qui rapporte les fonds propres au total des expositions sans pondération, et un plancher : les actifs pondérés calculés par les modèles internes des banques ne peuvent pas descendre sous 72,5 % de ceux calculés par la méthode standard.
Exemple : une banque qui détient 15 milliards d’euros de CET1 pour 120 milliards d’actifs pondérés affiche un ratio CET1 de 15 ÷ 120 = 12,5 %, au-dessus des 7 % que représentent le minimum de 4,5 % et le coussin de 2,5 %.
Pourquoi l’investisseur surveille-t-il le ratio de solvabilité ?
Un ratio de solvabilité faible signale une société exposée au moindre choc, qui peut devoir lever des capitaux en diluant ses actionnaires, réduire son dividende ou vendre des actifs dans l’urgence. Pour une banque, un ratio proche des minimums réglementaires limite sa capacité à prêter et à distribuer, et peut entamer la confiance des déposants, jusqu’au bank run. Les assureurs européens suivent un régime voisin, appelé Solvabilité II.
Questions fréquentes
Comment calculer le ratio de solvabilité d’une entreprise ?
Selon la définition retenue, divisez l’endettement net par les capitaux propres, ou les capitaux propres par le total du bilan. Précisez toujours laquelle vous utilisez.
Quel est le ratio de solvabilité minimum d’une banque ?
8 % de fonds propres totaux, dont 4,5 % de CET1, auxquels s’ajoute un coussin de conservation de 2,5 % en CET1, et d’éventuels coussins supplémentaires selon la banque et le pays.
Qui fixe le ratio de solvabilité des banques ?
Le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, créé en 1974 et dont le secrétariat est hébergé par la Banque des règlements internationaux, à Bâle. Ses accords sont ensuite transposés dans le droit de chaque pays ou de l’Union européenne.
Solvabilité et liquidité, est-ce la même chose ?
Non. La solvabilité mesure si les actifs couvrent les dettes ; la liquidité mesure si l’entité peut payer ce qu’elle doit dans l’immédiat. Une entreprise solvable peut manquer de liquidités.
Pour aller plus loin
- Les accords de Bâle III
- L’Autorité de contrôle prudentiel
- Le RAROC
- Le Z-Score d’Altman
- La crise de liquidité
Lexique boursier : toutes les définitions, de A à Z.
Benoist Rousseau est trader, membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), spécialiste en histoire économique formé à la Sorbonne et pédagogue expérimenté. Il a ainsi créé son École de Trading en 2022.
Fort de plus de 30 ans d’expérience sur les futures CME, il partage analyses de séance, replays de trades commentés, psychologie et gestion du risque — sans signaux ni promesses, du trading brut et sans filtre.










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