DeutschEnglishEspañolFrançaisItalianoPortuguês
Rejoindre le forum

Qu’est-ce que la gestion soutenable ?

La gestion soutenable correspond à la gestion raisonnable des ressources existantes, dans le respect de l’écosystème, et des capacités naturelles de la planète à générer ces ressources. Il s’agit d’un mode de pensée qui peut s’appliquer à tous les secteurs et les domaines d’activité humaine. Cette notion a été officiellement évoquée en 1987 au sein du rapport de Gro Harlem Brundtland, présidente de la commission sur l’environnement de l’Organisation des Nations Unies.

Quel est un exemple concret de gestion soutenable ?

La création de l’investissement socialement responsable (ISR) qui apporte les principes du développement durable aux investissements financiers, permet aux particuliers, professionnels ou aux organismes institutionnels d’investir dans un portefeuille de valeurs mobilières qui prennent en compte l’éthique et les valeurs environnementales.

Pourquoi la gestion soutenable ?

Les enjeux environnementaux deviennent de plus en plus préoccupants pour les sociétés actuelles et le respect de l’environnement et des ressources dont nous disposons s’est révélé primordial pour la survie de l’activité humaine. Une véritable économie s’est créée autour du développement durable et du respect de l’environnement. Cette économie prend une place à part entière dans l’ensemble du marché et symbolise l’avenir du paysage économique mondial.

La gestion soutenable en résumé

Est soutenable ce qui peut durer : une gestion soutenable utilise les ressources naturelles, économiques et humaines de façon à répondre aux besoins d’aujourd’hui sans réduire la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Le mot traduit l’anglais sustainable ; en français, on parle plus souvent de développement « durable ». En économie, on l’applique aussi à une croissance, à une dette publique ou à l’exploitation d’une ressource qui ne détruit pas ce dont elle dépend.

D’où vient la gestion soutenable ?

L’idée est plus ancienne que le mot. En 1713, Hans Carl von Carlowitz, administrateur des mines de Saxe inquiet d’une pénurie de bois, publie Sylvicultura oeconomica, considéré comme le premier traité complet de sylviculture. Il y défend une exploitation continue et durable de la forêt : ne pas couper plus que ce qui repousse. Le terme allemand Nachhaltigkeit, la durabilité, vient de là.

La notion entre dans le débat économique mondial au XXe siècle. En 1972, le rapport du Club de Rome, rédigé par des chercheurs du MIT autour de Donella et Dennis Meadows, s’interroge sur les limites de la croissance dans un monde aux ressources finies. En 1983, l’ONU met en place la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, présidée par Gro Harlem Brundtland, ancienne Première ministre de Norvège, qui le redevient en 1986. Son rapport de 1987, Notre avenir à tous (Our Common Future), donne la définition devenue classique : un développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Il sert de base au Sommet de la Terre de Rio en 1992. Le 25 septembre 2015, l’Assemblée générale des Nations unies adopte le Programme de développement durable à l’horizon 2030 : 17 objectifs et 169 cibles.

Comment gérer une forêt de façon soutenable, en chiffres ?

Imaginons une forêt qui contient 100 000 m³ de bois et dont la croissance naturelle ajoute 3 000 m³ par an. Si l’exploitant coupe 3 000 m³ chaque année, le stock reste à 100 000 m³ : la récolte peut durer indéfiniment. S’il en coupe 5 000, le stock perd 2 000 m³ la première année et tombe à 98 000 m³ ; au même rythme, il aura perdu 20 000 m³ en dix ans, et la forêt produira de moins en moins. Le revenu de court terme est plus élevé, mais il est pris sur le capital. Ce raisonnement simplifié (en réalité, la croissance d’une forêt dépend aussi de son stock) vaut pour les pêcheries, les nappes phréatiques ou les sols agricoles.

Quelle différence entre durabilité faible et durabilité forte ?

Les économistes ne s’accordent pas sur ce qu’il faut transmettre aux générations futures. Deux conceptions s’opposent.

Durabilité faible Durabilité forte
Idée centrale Le capital total doit être maintenu Certains biens naturels doivent être préservés
Substitution Le capital produit peut remplacer le capital naturel Limitée : certains biens sont irremplaçables
Auteurs Robert Solow, John Hartwick Économie écologique (Herman Daly)

Pour la durabilité faible, épuiser un gisement n’est pas un problème si la rente qu’il procure est réinvestie dans d’autres formes de capital : c’est la « règle de Hartwick », formulée à la fin des années 1970. Ses défenseurs font valoir que l’innovation a souvent remplacé des ressources rares par d’autres. Pour la durabilité forte, un climat stable, la biodiversité ou une nappe d’eau potable ne se remplacent pas par des machines ou du savoir : il faut les préserver en tant que tels, quitte à limiter certaines activités. Ses critiques lui reprochent de figer des choix sans en mesurer le coût. Entre les deux, la plupart des politiques publiques cherchent un compromis, souvent par les prix : taxe ou marché du carbone, principe pollueur-payeur.

Quelles sont les critiques de la notion de gestion soutenable ?

La première critique porte sur le flou du mot : à force d’être employé partout, « durable » peut désigner presque n’importe quoi, et le soupçon d’écoblanchiment (greenwashing) accompagne beaucoup de produits présentés comme responsables. La deuxième vient de ceux qui jugent une croissance continue incompatible avec des ressources finies et prônent un état stationnaire ou la décroissance. La troisième vient en sens inverse d’économistes qui rappellent que la pauvreté est elle aussi destructrice et que la croissance finance les technologies qui réduisent la pollution. Le débat porte moins sur l’objectif que sur les moyens : réglementation, prix, innovation, droits de propriété (voir la tragédie des biens communs).

Qu’est-ce que la gestion soutenable change pour un investisseur ?

La gestion soutenable a pris une forme concrète en finance. En France, le label ISR existe depuis 2016 ; un nouveau référentiel, publié le 1er mars 2024, exclut notamment les émetteurs qui lancent de nouveaux projets d’exploration, d’extraction ou de raffinage d’énergies fossiles. Dans l’Union européenne, le règlement (UE) 2020/852 du 18 juin 2020, dit « taxonomie », définit les activités considérées comme durables au regard de six objectifs environnementaux. Pour un investisseur, deux questions restent ouvertes : ce que contient vraiment un fonds étiqueté durable (il faut lire sa politique d’exclusion) et si ces critères changent le rendement attendu, ce que les études ne tranchent pas de façon nette. Sur les marchés de taux, « soutenable » a aussi un sens plus ancien : une dette publique est soutenable si l’État peut la servir sans dérapage, une question que les investisseurs en obligations regardent de près.

Questions fréquentes

Quelle différence entre durable et soutenable ?

Aucune sur le fond : ce sont deux traductions de l’anglais sustainable. L’usage officiel français a retenu « développement durable » ; « soutenable » est plus fréquent chez les économistes, pour une croissance ou une dette.

Qui a défini le développement durable ?

La définition de référence vient du rapport Notre avenir à tous, publié en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, présidée par Gro Harlem Brundtland. On parle pour cette raison du « rapport Brundtland ».

Quels sont les trois piliers du développement durable ?

On distingue habituellement l’économique, le social et l’environnemental : une activité durable doit être viable, acceptable pour la société et compatible avec la préservation des ressources.

Un placement soutenable rapporte-t-il moins ?

Pas nécessairement, mais rien ne garantit qu’il rapporte autant : en excluant des secteurs, un fonds réduit sa diversification, et ses performances dépendent alors fortement des secteurs qu’il privilégie.

Pour aller plus loin

Lexique économique : toutes les définitions, de A à Z.

L’auteur

Benoist Rousseau

Sièges CME & CBOT · Trader depuis 1994

Trader depuis 1994, je commente l’actualité comme je la vis devant mes écrans : par ce qu’elle change, ou ne change pas, sur les marchés. Historien de formation, je cherche dans le passé la mesure de ce qui arrive, pour distinguer l’événement du bruit.

Découvrir mon parcours
À lire ensuite
Trader, ça s’apprend
2 étapes pour progresser
1ProRealTime —
La formation complète Gratuit

Le trading commence par les bons outils.

  • La formation complète à la plateforme
  • Mes Graphiques & Espaces de travail : accès exclusif à mes indicateurs, modèles et réglages personnalisés
  • Configuration guidée, pas à pas
2Mon École de Trading —
Quand vous serez prêt Pour aller plus loin

Formations, séminaires, webinaire et coaching privé. Je vous accompagne personnellement.

Découvrir l’École
Excellentsur Trustpilot · 590+ avis

0 commentaires

La discussion se poursuit sur le forum andlil.com.
Laisser un commentaire

Votre nom et votre commentaire seront publiés après relecture ; votre adresse e-mail ne le sera jamais. Votre adresse IP est conservée un an, comme la loi l’exige. Pour en savoir plus ou exercer vos droits : charte de confidentialité. Le formulaire est protégé contre les robots par Cloudflare Turnstile.

Restez au contact des marchés et du monde.

Recevez mes analyses par e-mail, et rejoignez la discussion avec la communauté du forum.