Merci Benoist pour cette vidéo dans laquelle tu donnes les grandes lignes de ta vision du trader, des banques et du système financier. Je pense que ces questions sont complexes et qu'il est peut être difficile d'aborder les aspects critiques sans heurter les affects. Il ne s'agit pas pour moi de juger des personnes mais de décortiquer une mécanique. Sara30, je vais être un peu goujat, désolé...Je vais aborder quelques points noirs, il y en a d'autres...il est tard.
A mon sens, un point central: le système financier n'est pas rationnel. Ensuite, il est hypertrophié grâce à la dette. Enfin, il capte de l'intelligence et des ressources qui pourraient, à mon avis, être utilisé bien plus utilement dans "le monde réel".
Je suis en train de lire le livre de Georges
Soros "La vérité sur la crise financière". Je cite p95: "Les marchés financiers, du fait qu'ils fonctionnent selon un biais dominant, ne cessent de se tromper, mais il esr vrai qu'ils tendent, en temps normal, à corriger leurs propres excès. Le biais dominant peut d'ailleurs, à l'occasion, s'autovalider en influençant non seulement les prix du marché, mais encore les "fondamentaux" que ces prix sont censés refléter". Ce livre m'a beaucoup surpris par la franchise et la lucidité de l'auteur...Un mot essentiel apparaît : les biais.
Les marchés ne sont pas efficients mais sont animés en grande partie par les émotions humaines en particulier la peur et les effets de mode. Comment dans ses conditions peut-on qualifier de sûr ce système pour financer l'économie et garantir, par exemple, les retraites du système par capitalisation ? Cela ne me semble pas sérieux.
Le trader en compte propre a un
comportement moutonnier qui va (en se cumulant à d'autres) exacerber les mouvements issus soit du bruit, soit des grosses mains qui tablent (parient...) sur une certaine vision de la réalité. Au final, la somme des comportements moutonniers finit par agir sur le réel (création de
bulle par exemple puis de krach...dont on connait les conséquences). Elle fournit aussi des plus values considérables à ceux qui sont capables, par leur puissance, d'initier les mouvements aux "suiveurs".
Concernant les bulles, les plus values latentes des valeurs en portefeuille permettent d'avoir du collatéral pour acheter plus (en levier...), ce qui aggrave la bulle. Il y a un effet de richesse virtuelle dont la perversité finit par se révéler quand le château de carte s'effondre. Ces effets de richesses permettent dans une certaine mesure de créer de la consommation, du crédit, de la croissance par un effet de ruissellement (de plus en plus limité et au prix d'inégalités et de crises terribles).
Je pense aussi qu'il y a un continuum entre les marchés, la psychologie des masses inondées de publicités qui entretiennent le désir du "toujours plus", la dette, la croissance et l'impasse écologique.
Pour moi, ce modèle basé sur la croissance et les pétrole est dans une impasse, c'est un fait scientifique. Nous sommes en dissonance cognitive car notre éducation et nos "valeurs" entrent en conflit frontal avec ce mur. La résolution de cette dissonance est sans doute le vrai défi de notre vie personnelle et collective. C'est une question de survie.