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Qu’est-ce que le Hedging ? Stratégies de couverture

Lexique boursier · Gestion : Le hedging
· Mis à jour le · 9 min de lecture

Qu’est-ce que le Hedging ?

Le hedging, ou couverture, consiste à prendre une position dont le gain compensera, en tout ou partie, la perte possible sur une autre.

Deux mains tendant chacune une liasse de billets, euros d’un côté et dollars de l’autre
Hedging

 

Le terme français le plus adapté pour traduire le Hedging est la couverture du risque.

On parle de stratégie de hedging lorsque l’on se couvre contre les fluctuations d’un cours. Pour se protéger, on prend 2 positions opposées avec le même montant. On est alors protégé, mais on ne peut parfois pas faire de gain. Le risque est donc souvent nul ou bien réduit. Le hedging est à utiliser lorsque l’on a des doutes sur la tendance à venir du marché.

Comment faire du hedging avec des options ?

Le Hedging sur options correspond à la combinaison adéquate d’une option et de son sous-jacent de telle manière que l’option protège l’action (dans le cas d’une action comme sous-jacent) contre une possible perte ou bien que l’action protège l’option contre une possible perte. On parle ici de call couvert (vente d’un call sur une action détenue) et de put de protection (achat d’un put sur une action détenue).

Comment faire du hedging avec des contrats à terme (futures) ?

On peut Hedger avec les futures. Cela revient toujours à prendre deux positions opposées afin de se protéger. On prend alors une position opposée avec un future par rapport à la position prise sur le moment. Etant donné que les futures proposent des contrats longs et courts, on peut aussi Hedger avec 2 positions différentes : Le short Hedging et le long Hedging.

Short Hedging :

Un investisseur possédant des actifs sur le marché doit vendre (short) des futures. En pratique, l’investisseur étant placé à long terme sur le marché, il se protège contre une baisse en vendant des contrats futures. Un short hedge avec futures réduit ou parfois élimine le risque pris avec des positions sur le marché.

Long Hedging :

Un investisseur n’étant pas actuellement sur le marché mais qui projette de s’y positionner peut acheter des contrats futures. Il pourra alors attendre le moment opportun et sera protégé lorsqu’il se positionnera tant que son contrat futures restera actif

Le hedging en résumé

Le hedging, ou couverture, consiste à prendre une position dont le gain compensera, en tout ou partie, la perte possible sur une autre position. Le but n’est pas de gagner de l’argent mais d’en perdre moins si le marché va dans le mauvais sens. Cette protection a toujours un prix : une prime d’option, des frais, ou le renoncement à une partie des gains.

Comment se couvrir avec le future CAC 40, exemple chiffré à l’appui ?

Imaginons un portefeuille d’actions françaises de 240 000 € qui évolue exactement comme le CAC 40, alors à 8 000 points. Le future CAC 40 d’Euronext vaut 10 € par point : un contrat représente 8 000 × 10 = 80 000 €. Pour couvrir le portefeuille, il faut vendre 240 000 / 80 000 = 3 contrats.

Scénario CAC 40 Portefeuille 3 futures vendus Total
Baisse de 10 % 7 200 − 24 000 € + 24 000 € 0 €
Hausse de 10 % 8 800 + 24 000 € − 24 000 € 0 €

Dans un cas comme dans l’autre, le résultat est nul : le portefeuille est neutralisé. On a gagné la tranquillité, pas de l’argent. En pratique, la couverture n’est jamais aussi parfaite : le prix du future s’écarte un peu de l’indice, le portefeuille ne suit pas exactement le CAC 40, et la position sur futures appelle des marges quand elle perd, ce qui demande de la trésorerie.

Combien de contrats futures faut-il pour couvrir un portefeuille ?

Un portefeuille réel bouge plus ou moins que l’indice. On mesure cette sensibilité par son bêta : un bêta de 1,2 signifie que le portefeuille varie en moyenne de 12 % quand l’indice varie de 10 %. Le nombre de contrats à vendre se calcule alors ainsi : N = (valeur du portefeuille × bêta) / (cours du future × valeur du point). Avec un bêta de 1,2, notre exemple donne 240 000 × 1,2 / 80 000 = 3,6 contrats, que l’on arrondit à 3 ou 4 selon le niveau de protection voulu. Pour une option, l’équivalent du bêta est le delta.

Comment couvrir un portefeuille avec des options ?

Imaginons 100 actions achetées 50 €. Trois montages classiques :

Stratégie Ce que vous faites Effet
Put de protection achat d’un put de strike 45 € pour 2 € perte maximale de 7 € par action, hausse conservée moins 2 €
Call couvert vente d’un call de strike 55 € pour 1,50 € baisse amortie de 1,50 €, gain plafonné à 6,50 € par action
Tunnel (collar) les deux à la fois valeur de l’action bornée entre 45 € et 55 €, pour un coût net de 0,50 €

Avec le put de protection, la perte est limitée à (50 − 45) + 2 = 7 € par action, soit 700 € pour 100 actions, quelle que soit la chute. Avec le call couvert, le gain maximal est de (55 − 50) + 1,50 = 6,50 € par action, soit 650 €. Le tunnel combine les deux : la prime encaissée sur le call finance l’essentiel du put.

Quelles sont les limites du hedging ?

Une couverture réduit le risque, elle le supprime rarement. Il reste le risque de base (l’instrument de couverture ne suit pas exactement la position couverte), le coût, qui pèse sur la performance si la baisse redoutée ne vient pas, et le risque de se tromper de taille : une position de couverture plus grosse que la position couverte n’est plus une protection, c’est un pari dans l’autre sens.

Certaines plateformes, y compris de CFD à risque limité, permettent d’être acheteur et vendeur en même temps sur le même instrument. Économiquement, cette double position équivaut à ne rien détenir, mais en payant deux fois les frais de financement et l’écart entre prix d’achat et de vente : ce n’est pas une couverture utile.

Ce que j’en disais sur le forum

« Il faut penser le risque avant tout, les gains arriveront de surcroît. La priorité, c’est la perte et non le gain en bourse. »

Benoist Rousseau sur le forum, le 10 mai 2015, en réponse à une mise en garde contre la martingale et le faux « hedging »

Qui pratique le hedging ?

Les marchés à terme sont nés de ce besoin. Un céréalier vend à l’avance sa récolte pour se protéger d’une chute des prix ; une compagnie aérienne achète à terme son carburant ; un exportateur vend à terme les dollars qu’il recevra dans trois mois. Les gérants de portefeuille couvrent leurs actions avant une période à risque, et les traders couvrent une position qu’ils ne veulent pas fermer.

Sur le marché des changes, la couverture passe surtout par les swaps de change et les contrats à terme : en avril 2025, selon la Banque des règlements internationaux, les swaps de change représentaient 42 % des échanges et les contrats à terme 19 %, contre 31 % pour le comptant.

Répartition des échanges quotidiens du marché des changes en avril 2025 selon la BRI : swaps de change 42 % (4 000 milliards de dollars), comptant 31 % (3 000 milliards), contrats à terme 19 % (1 800 milliards), options 7 %, swaps de devises environ 2 %.
Les swaps de change et les contrats à terme, outils de financement et de couverture, font plus de 60 % des échanges de devises ; le comptant, celui des traders, moins d’un tiers. Source : Banque des règlements internationaux.

Questions fréquentes sur le hedging

Quelle différence entre hedging et hedge fund ?

Le hedging est une technique, la couverture. Un hedge fund est un fonds spéculatif : il tire son nom de la couverture pratiquée par le premier d’entre eux, mais beaucoup prennent aujourd’hui des risques élevés.

Le hedging supprime-t-il tout risque ?

Non. Il réduit le risque principal, mais il en reste toujours une part : écart entre l’instrument de couverture et la position couverte, coût, appels de marge, erreur de taille.

Comment couvrir un portefeuille d’actions ?

Le plus simple est de vendre des contrats futures sur l’indice le plus proche du portefeuille, ou d’acheter des puts sur cet indice. Les futures coûtent peu mais suppriment aussi le potentiel de hausse ; les puts gardent la hausse mais coûtent une prime.

Faut-il toujours se couvrir ?

Non. Une couverture permanente coûte cher et ramène la performance vers zéro. Elle se justifie avant un risque identifié, ou quand une perte serait insupportable.

Comment un exportateur couvre-t-il son risque de change ?

Il vend à terme les devises qu’il doit recevoir : le cours est fixé le jour du contrat, et une baisse de la devise d’ici le paiement ne réduit plus sa recette en euros. En échange, il renonce au gain si la devise monte.

Être acheteur et vendeur sur la même paire de devises, est-ce se couvrir ?

Non. Les deux positions s’annulent : on ne détient plus rien, mais on paie deux fois l’écart de prix et les frais de financement. Une couverture utile porte sur un risque que l’on détient ailleurs, par exemple des actions américaines achetées en dollars.

Sources de référence utilisées

1
  • Banque des règlements internationaux, « OTC foreign exchange turnover in April 2025 », enquête triennale, 30 septembre 2025 : bis.org.

Pour aller plus loin

Sur le forum

Lexique boursier : toutes les définitions, de A à Z.

L’auteur

Benoist Rousseau

Trader indépendant · Membre du CME et du CBOT

Benoist Rousseau est trader depuis 1994 et membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), où il détient deux sièges de membre individuel. Fondateur d'Andlil.com en 2010 et auteur de Devenez Trader Pro (2016), il a formé des centaines de traders grâce à sa formation trading pour compte propre. Dans la rubrique Stratégie et money management, il détaille la construction d'un plan de trading, la gestion du risque et le trading des annonces macroéconomiques.

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5 commentaires

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M
Mike28 novembre 2014
le hedging est un métier à part entière. on appelle ces pros les hedgers
M
Mike28 novembre 2014
on peut aussi utiliser les swaps ou encore des certificats pour se couvrir. d'autres techniques existent pour se couvrir du risque marché.
S
swapping13 septembre 2015
Cette méthode existe ! Si vous n'êtes pas atteint de sectarisme, sortez des sentiers battus, ouvrez votre curiosité. Une fois assimilée, maitrisée et employée, on se lance sans la moindre hésitation et on en veut toujours plus mais pas à n'importe quel prix ! Vous allez aimer l'action...
E
Eric11 février 2020
C'est une technique pour bloquer momentanément une perte qui tend à s'alourdir. Dès que la tendance s'est retournée on pourra se repositionner dans l'autre sens (moyenne à la hausse et /ou à la baisse + pondération en x2 ou x3) pour s'en sortir dans les 2 sens.
E
Eric11 février 2020
En cas de difficulté j'utilise le hedging. A ce propos, je suis intéressé à lire certains ouvrages sur le sujet et le cas échéant échanger avec des traders expérimentés.
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