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Qu’est-ce que le Lundi noir ?

Black monday
Black Monday

Le Lundi noir (Black Monday) correspond aux krachs de la bourse de Wall Street de 1929 et de 1987 aux États-Unis. Il s’agit de baisses importantes des cours de la bourse de New-York et du bouleversement du marché économique.

  • le krach d’octobre 1929 : La crise de 1929 a été déclenchée par une bulle spéculative dans les années 1920 qui a conduit à la Grande Dépression. L’indice Dow Jones a diminué de 13 % puis 12 % et n’a cessé de baisser jusqu’à atteindre en juillet 1932 son niveau le plus bas du XXe siècle (41,22 points). Cela a créé la panique au sein du New York Stock Exchange et de tout le système économique américain.
  • le krach d’octobre 1987 : Le krach de 1987 a vu l’indice Dow Jones baisser jusqu’à son paroxysme avec -22,6 % en un jour. La politique économique du gouverneur de la Banque Centrale visant à éradiquer l’inflation a provoqué une hausse importante des taux d’intérêt, et l’annonce des chiffres du déficit commercial américain a aggravé la tendance. Cette crise est la première de l’ère informatisée de la bourse. En effet, les systèmes boursiers informatisés (« program trading » ou trading automatique) ont été mis en cause en raison de leur manque de fiabilité. Cette crise ne s’est pas propagée à toute l’économie américaine comme en 1929, néanmoins, elle a nécessité l’intervention de la Réserve Fédérale des États-Unis (Fed) présidée à l’époque par Alan Greenspan.

Le krach de 1929 a affecté la capacité des investisseurs à honorer leurs dettes et la confiance des ménages qui ont moins consommé et se sont rués auprès de leurs banques pour retirer leurs épargnes. Ce phénomène est communément appelé le bank run.

Le Lundi noir en résumé

On appelle « Lundi noir » (Black Monday) une séance de lundi marquée par un effondrement de la Bourse. Deux dates portent ce nom dans l’histoire : le 28 octobre 1929, où le Dow Jones perd 12,82 %, et surtout le 19 octobre 1987, où il perd 22,61 %, la plus forte baisse en une séance de son histoire. Le 16 mars 2020, au début de la pandémie de Covid-19, le Dow Jones a reculé de 12,93 %, troisième séance noire de cette ampleur.

Quelles sont les trois plus fortes baisses du Dow Jones un lundi ?

Date Clôture Baisse en points Baisse en %
19 octobre 1987 1 738,74 −508,00 −22,61 %
16 mars 2020 20 188,52 −2 997,10 −12,93 %
28 octobre 1929 260,64 −38,33 −12,82 %

Ce sont aussi les trois plus fortes baisses en une séance de toute l’histoire du Dow Jones, tous jours confondus. La quatrième est le Mardi noir du 29 octobre 1929 (−11,73 %).

Que s’est-il passé lors de la semaine d’octobre 1929 ?

Le Lundi noir de 1929 n’est pas un événement isolé. Le Jeudi noir, le 24 octobre, le marché s’effondre à l’ouverture avant que les achats de grands banquiers ne limitent la baisse à 2,09 % en clôture. Le lundi 28, la chute reprend (−12,82 %), puis le mardi 29 (−11,73 %). En deux séances, le Dow Jones perd 23,05 %.

Le pire est encore à venir. Le Dow Jones, qui avait atteint 381,17 points le 3 septembre 1929, tombe à 41,22 points le 8 juillet 1932 : une perte de 89,2 % en moins de trois ans. Il ne retrouvera son sommet de 1929 que le 23 novembre 1954, vingt-cinq ans plus tard. Entre-temps, des vagues de paniques bancaires emportent des milliers de banques : rien qu’en 1931, 2 294 établissements font faillite.

Que s’est-il passé le 19 octobre 1987 ?

En 1987, le décor est différent. Les actions ont beaucoup monté depuis le début de l’année, les taux d’intérêt se tendent et le dollar baisse. Le 14 octobre, l’annonce d’un déficit commercial américain plus lourd que prévu fait chuter le dollar et les actions. Le lundi 19, le Dow Jones perd 508 points et le S&P 500 environ 20 %. La baisse est mondiale : sur 23 grands marchés, 19 perdent plus de 20 % ce mois-là, et la Bourse de Londres recule d’environ 22 % en deux jours.

Les stratégies d’« assurance de portefeuille », qui vendaient automatiquement des contrats à terme quand le marché baissait, et l’arbitrage sur indices piloté par ordinateur ont amplifié le mouvement. Les économistes discutent encore de leur part exacte. Le lendemain, la Fed d’Alan Greenspan publie un communiqué de deux phrases affirmant qu’elle est prête à fournir les liquidités nécessaires au système financier. Après le krach, les Bourses américaines ont mis en place des coupe-circuits (circuit breakers) qui interrompent les échanges en cas de chute brutale.

Que représente une baisse de cette ampleur ?

Imaginons un portefeuille de 100 000 dollars investi comme le Dow Jones le 16 octobre 1987. Après le Lundi noir, il ne vaut plus que 77 390 dollars. Pour revenir à 100 000 dollars, il ne suffit pas de regagner 22,61 % : il faut une hausse de 29,2 %, car le rebond s’applique à une base plus petite. Entre 1929 et 1932, la règle devient vertigineuse : après une perte de 89,2 %, il fallait que l’indice soit multiplié par plus de neuf, soit une hausse d’environ 825 %, pour revenir au sommet.

C’est la principale leçon de ces séances pour un trader : une perte se répare toujours plus difficilement qu’elle ne se creuse. D’où l’importance d’un ordre stop et d’un effet de levier mesuré, car un mouvement de 20 % en une séance n’est pas impossible.

Questions fréquentes

Quel est le vrai Lundi noir ?

Pour la plupart des financiers, le Lundi noir désigne le 19 octobre 1987. Le lundi 28 octobre 1929 porte le même nom, mais la crise de 1929 est plutôt associée au Jeudi noir du 24 octobre et au Mardi noir du 29.

Combien a perdu le Dow Jones le 19 octobre 1987 ?

508 points, soit 22,61 %, pour clôturer à 1 738,74 points. C’est toujours la plus forte baisse en une séance de son histoire.

Le krach de 1987 a-t-il provoqué une crise économique ?

Non. Contrairement à 1929, l’économie américaine n’est pas entrée en dépression, en partie parce que la Fed a immédiatement assuré qu’elle fournirait les liquidités nécessaires.

Le Lundi noir peut-il se reproduire ?

Une baisse de cette ampleur reste possible : le 16 mars 2020, le Dow Jones a perdu 12,93 % malgré les coupe-circuits. Ces dispositifs ralentissent la chute, ils ne l’empêchent pas.

Pour aller plus loin

Lexique boursier : toutes les définitions, de A à Z.

L’auteur

Benoist Rousseau

Maîtrise d’histoire (Sorbonne)

Diplômé d’histoire de la Sorbonne, j’ai enseigné douze ans avant de trader à plein temps. Les krachs, les bulles et les grandes figures de la finance éclairent mieux les marchés d’aujourd’hui que bien des modèles. J’ai préfacé Machiavel, Renan et Le Bon chez JDH Éditions.

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