Junk Bonds : risques et rentabilité des obligations

Qu’est ce qu’un Junk Bond ?
Junk Bond ou en français, obligation « pourrie ou poubelle » est un terme qui désigne des obligations qui comportent un haut taux de risque. Ces obligations sont qualifiées de spéculatives par les agences de notation et leur note est inférieure ou égale à BB+ (Ba1 pour Moody’s).
Quelle est la rentabilité des junk bonds ?
Ces obligations en contrepartie de leur haut risque, c’est à dire le risque que l’émetteur ne soit pas solvable, ont un rendement économique important. Ces obligations peuvent avoir un taux d’intérêt allant jusqu’à 1000 points de base c’est à dire 10 % de plus que le taux d’intérêt de l’emprunt d’état du pays émetteur.
Pourquoi les junk bonds sont-ils controversés ?
Les Junk Bond sont souvent pointés du doigt comme étant à l’origine de crise financière tant leur risque de non-solvabilité peut entrainer un effondrement du marché. Ils sont en partie responsables du :
- Le mini-krach d’octobre 1989, déclenché par l’échec du financement du rachat d’UAL
- La crise 1989
- La crise de 2001 ou bulle internet
- La crise des subprimes de 2007
Le junk bond en résumé
Un junk bond est une obligation émise par une entreprise ou un État dont la qualité de crédit est jugée spéculative par les agences de notation : BB+ ou moins chez Standard & Poor’s et Fitch, Ba1 ou moins chez Moody’s. Pour compenser le risque de défaut, l’émetteur verse un taux d’intérêt nettement plus élevé que celui des emprunteurs solides. Les professionnels parlent plus volontiers d’obligations « à haut rendement » (high yield).
Où passe la frontière entre investissement et spéculation ?
Les agences classent les émetteurs sur une échelle qui va de AAA à D. Tout ce qui est noté BBB− (Baa3 chez Moody’s) ou mieux appartient à la catégorie « investissement » (investment grade) ; tout ce qui est en dessous appartient à la catégorie spéculative. Cette frontière a des effets très concrets : de nombreux fonds et investisseurs institutionnels n’ont pas le droit, par leurs statuts, de détenir des titres spéculatifs. Quand un émetteur passe sous la barre, ils doivent vendre, ce qui fait chuter le prix de ses obligations.
Il existe deux façons de devenir un junk bond. Certaines obligations sont spéculatives dès leur émission, parce que l’émetteur est jeune, très endetté ou en difficulté. D’autres ont été émises en catégorie investissement, puis dégradées : on les appelle les « anges déchus » (fallen angels).
Quel rendement offrent les junk bonds ?
Le rendement d’un junk bond se mesure surtout par son écart avec le taux d’un emprunt d’État de même durée, exprimé en points de base (100 points de base = 1 point de pourcentage). Cet écart rémunère le risque de défaut et la moindre liquidité du titre. Lorsqu’il dépasse 1 000 points de base, le marché considère généralement l’émetteur comme en détresse : on ne parle plus seulement de haut rendement, mais de dette en difficulté.
Imaginons une obligation à 5 ans émise par une entreprise notée B, avec un coupon de 8 %, alors que l’emprunt d’État de même durée rapporte 3 % : l’écart est de 500 points de base. Un investisseur qui place 10 000 € touche 800 € par an au lieu de 300 €. Si tout se passe bien, il encaisse 4 000 € d’intérêts en cinq ans, contre 1 500 € avec l’emprunt d’État. Mais si l’entreprise fait défaut après deux ans et que les créanciers ne récupèrent que 40 % de leur mise, il aura touché 1 600 € de coupons et 4 000 € de remboursement, soit 5 600 € pour 10 000 € investis : une perte de 4 400 €. Le haut rendement n’est pas un cadeau, c’est le prix du risque.
Pourquoi l’histoire des junk bonds est-elle liée aux années 1980 ?
Le marché moderne des junk bonds est né aux États-Unis dans les années 1980, autour de Michael Milken et de la banque Drexel Burnham Lambert. Milken avait remarqué que les anges déchus étaient souvent sous-évalués ; avec Drexel, il a ensuite fait émettre des obligations spéculatives dès l’origine, qui ont financé des rachats d’entreprises à crédit (LBO) et des offres hostiles. En 1989, le marché s’est effondré ; Milken a été inculpé en mars 1989 et Drexel s’est déclarée en faillite le 13 février 1990. Le taux de défaut des émetteurs à haut rendement a alors nettement augmenté.
La crise de 2007, citée plus haut, est d’abord partie des crédits immobiliers subprime et des titres adossés à ces crédits, plus que des obligations d’entreprises à haut rendement : les deux relèvent de la même famille de dettes risquées, mais ce ne sont pas les mêmes titres.
Comment un particulier peut-il être exposé aux junk bonds ?
Les junk bonds s’achètent rarement à l’unité par les particuliers : les montants minimaux sont souvent élevés et le marché est peu liquide. L’exposition passe plutôt par des fonds spécialisés « haut rendement » ou des trackers. Le risque se mutualise alors sur des dizaines d’émetteurs, mais il ne disparaît pas : en période de crise, ces fonds peuvent baisser fortement, en même temps que les actions.
Questions fréquentes
Quelle note correspond à un junk bond ?
Une note inférieure ou égale à BB+ chez S&P et Fitch, ou à Ba1 chez Moody’s. À partir de BBB− (Baa3), on est en catégorie investissement.
Pourquoi acheter des obligations pourries ?
Pour leur rendement plus élevé. Sur un grand nombre d’émetteurs, les intérêts supplémentaires peuvent compenser les défauts, à condition de diversifier et d’accepter de fortes baisses temporaires.
Quelle est la différence entre junk bond et high yield ?
Aucune sur le fond : les deux termes désignent les mêmes obligations. « Junk » insiste sur le risque, « high yield » sur le rendement.
Quel est le taux de défaut des junk bonds ?
Aux États-Unis, il a été en moyenne d’environ 5 % par an sur longue période, avec des pointes lors des crises.
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Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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