Qu’est-ce que le Hindenburg Omen ? Prévision de krach

Qu’est-ce que le Hindenburg Omen ?
Le Hindenburg Omen ou présage d’Hindenburg est une technique financière qui consiste à prévoir un krach boursier en se basant sur l’analyse technique. Cette technique fait référence au krach du zeppelin d’Hindenburg en mai 1937. Cet indicateur se base sur le fait que beaucoup de valeurs atteignent leur plus haut durant l’année, en même temps que beaucoup d’autres atteignent leur plus bas.
Comment détecter ce présage ?
- Le nombre quotidien de nouveaux hauts et de nouveaux bas sur l’indice étudié doivent être supérieurs à 2,2 % du nombre de valeurs traitées ce jour-là.
- Sur l’année, le nombre de valeurs réalisant de nouveaux plus hauts sur 52 semaines ne doit pas dépasser le double du nombre de valeurs réalisant de nouveaux plus bas.
- La moyenne mobile sur une période de 10 semaines doit être en hausse
- L’indicateur McClellan est négatif
- Deux signaux rapprochés, dans une fenêtre d’environ 30 jours, validant le Hindenburg Omen doivent se succéder.

Le Hindenburg Omen en résumé
Le Hindenburg Omen est un signal d’alerte calculé sur la bourse de New York (NYSE). Il se déclenche quand, le même jour, un nombre anormalement élevé d’actions touchent un plus haut sur 52 semaines alors qu’un nombre tout aussi élevé touchent un plus bas sur 52 semaines, dans un marché encore orienté à la hausse. Cette coexistence traduit un marché divisé, ce qui précède souvent les périodes de forte baisse, sans qu’un krach suive à chaque fois.
L’indicateur a été mis au point dans les années 1980 par Jim Miekka. Son nom fait référence à la catastrophe du dirigeable Hindenburg, le 6 mai 1937.
Quelle est la logique du Hindenburg Omen ?
Dans un marché sain, une hausse générale fait apparaître beaucoup de nouveaux plus hauts et très peu de nouveaux plus bas. Quand les deux sont nombreux en même temps, c’est que la hausse de l’indice cache une fracture : une partie des valeurs monte encore, une autre décroche déjà. Les analystes parlent d’une mauvaise largeur de marché. Le Hindenburg Omen cherche ce moment où l’indice tient encore, alors que sa base s’effrite.
Quelles sont les conditions actuelles du Hindenburg Omen ?
Les critères ont évolué depuis leur création, et toutes les plateformes ne retiennent pas exactement les mêmes. Dans la version la plus répandue aujourd’hui :
- le seuil des nouveaux plus hauts et plus bas est souvent porté à 2,8 % des valeurs traitées, au lieu de 2,2 % dans la version d’origine ;
- la tendance haussière se vérifie par un indice NYSE plus élevé que 50 séances plus tôt, ou par une moyenne mobile à 10 semaines en hausse ;
- l’oscillateur de McClellan, qui mesure l’élan du nombre de hausses moins le nombre de baisses, doit être négatif ;
- un signal reste actif pendant 30 séances, et seulement tant que l’oscillateur de McClellan reste négatif.
Comment se déclenche le Hindenburg Omen sur un exemple chiffré ?
Imaginons une séance où 3 000 valeurs sont traitées au NYSE. Le seuil de 2,2 % correspond à 66 valeurs. Si 90 valeurs touchent un plus haut sur 52 semaines et 75 un plus bas, les deux nombres dépassent 66, et 90 n’est pas plus de deux fois supérieur à 75 : la première partie du signal est remplie. Avec le seuil de 2,8 %, soit 84 valeurs, les 75 plus bas ne suffiraient plus, et le signal ne serait pas donné. Le choix du seuil change donc le nombre d’alertes.
Que vaut le Hindenburg Omen ?
Il se trompe souvent. Selon les mesures publiées, la plupart des signaux isolés ne sont suivis d’aucune baisse notable, avec un taux de fausses alertes qui peut atteindre 80 %. En revanche, des grappes de signaux ont précédé plusieurs baisses marquées, comme celles de février 2018 et de février 2020. Il faut le voir comme un voyant d’alerte qui invite à surveiller ses positions et ses stops, pas comme un ordre de vente.
Pour un trader européen, il donne une indication sur l’état de Wall Street, qui influence les autres places. Il se lit avec d’autres mesures de la santé du marché, comme le TRIN ou le VIX.
Questions fréquentes
Le Hindenburg Omen prédit-il les krachs ?
Non, il signale une probabilité plus élevée de forte baisse. La plupart de ses signaux isolés n’ont pas été suivis d’un krach.
Sur quel marché se calcule-t-il ?
Sur l’ensemble des actions cotées au NYSE. Certains l’adaptent au Nasdaq, mais les seuils d’origine ont été pensés pour le NYSE.
Pourquoi ce nom ?
En référence à la catastrophe du dirigeable Hindenburg, détruit par un incendie le 6 mai 1937 : l’image d’une chute brutale après un vol apparemment normal.
Pour aller plus loin
Benoist Rousseau est trader, membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), spécialiste en histoire économique formé à la Sorbonne et pédagogue expérimenté. Il a ainsi créé son École de Trading en 2022.
Fort de plus de 30 ans d’expérience sur les futures CME, il partage analyses de séance, replays de trades commentés, psychologie et gestion du risque — sans signaux ni promesses, du trading brut et sans filtre.










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