Qu’est-ce qu’un crédit Subprime ? Définition et crise

Qu’est-ce qu’un Subprime ?
Initialement un subprime désigne un prêt immobilier bancaire auprès d’un client dit à risque, c’est-à-dire avec un risque de défaillance haut. Une solvabilité dite subprime est la plus mauvaise possible (sinon le prêt n’est pas accepté) après non-prime et prime. En contrepartie de sa solvabilité incertaine le client se voit offrir un taux d’intérêt, souvent variable, plus haut qu’un client offrant de meilleures garanties. Ce type de prêt est apparu aux États-Unis et est un prêt dit hypothécaire c’est-à-dire que la principale garantie du prêt est le logement de l’emprunteur.
Pourquoi les subprimes ont-ils fait défaut ?
La vicissitude des subprimes est le fait qu’ils sont à taux variable donc si le taux directeur de la banque centrale augmente les mensualités de ces prêts vont s’envoler. De plus un crédit Subprime a comme garantie le bien qu’il permet de financer donc si ce bien se déprécie, souvent de l’immobilier, ou que son cours s’effondre alors l’émetteur du prêt n’a plus aucune garantie pour se couvrir. C’est la hausse des taux directeurs de la FED qui a révélé la vicissitude de ces prêts et conduit à la crise des subprimes de 2007.
Comment les subprimes et les CDO étaient-ils notés ?
Le développement des subprimes aux Etats-Unis à partir de 2001 (jusqu’à 640 milliards de dollars) a posé la question de la notation de ces prêts risqués. Les banques sont alors passées par des rehausseurs de crédit qui ont titrisé ces créances douteuses et mélangé ces titres avec des obligations et actifs financiers plus sûrs. Les CDO alors créés ont donc obtenu des notes maximales de A à AAA. Les CDO issus de subprime étaient alors idéaux cumulant hautes rentabilités et « fiabilités » apparente avec la note de triple A. C’est cet engouement des subprimes qui a créé une bulle financière et conduit à la crise des subprimes.
Le subprime en résumé
Un crédit subprime est un prêt immobilier américain accordé à un emprunteur dont la solvabilité est jugée faible, en échange d’un taux d’intérêt plus élevé. Le terme désigne aussi, par extension, la crise financière déclenchée en 2007 par la multiplication des défauts sur ces prêts, qui s’est transformée en crise bancaire mondiale en 2008.
Qui emprunte quoi entre prime, Alt-A et subprime ?
Aux États-Unis, les prêteurs classent les emprunteurs selon leur historique de crédit, leurs revenus et leur apport. Les dossiers prime sont les meilleurs. Entre les deux se trouvent les prêts dits Alt-A, accordés à des emprunteurs corrects mais dont le dossier est incomplet, par exemple sans justificatif de revenus. Les dossiers subprime sont les plus fragiles : incidents de paiement passés, revenus faibles ou irréguliers, apport faible ou nul.
Beaucoup de ces prêts étaient à taux variable avec un taux d’appel : environ un tiers des prêts à taux variable accordés de 2004 à 2006 démarraient sous 4 %. À la fin de cette période d’appel, le taux s’alignait sur le marché et les mensualités pouvaient doubler, voire tripler.
Comment le subprime est-il devenu une crise mondiale ?
Le marché a grossi très vite. Les prêts subprime représentaient 5 % des crédits immobiliers accordés aux États-Unis en 1994, soit 35 milliards de dollars, et 20 % en 2006, soit environ 600 milliards. En mars 2007, l’encours total était estimé à 1 300 milliards de dollars.
Ces prêts ne restaient pas dans les banques qui les avaient accordés. Ils étaient regroupés et transformés en titres, les ABS, eux-mêmes découpés et recombinés dans des CDO. Les tranches les mieux protégées recevaient la note AAA et se vendaient dans le monde entier. Le risque avait quitté le prêteur, qui n’avait plus de raison de sélectionner sévèrement ses emprunteurs.
Le retournement est venu de deux côtés. La Réserve fédérale a relevé son taux directeur de 1 % à 5,25 % entre 2004 et 2006, ce qui a renchéri les mensualités des prêts à taux variable. Et les prix de l’immobilier ont cessé de monter à la mi-2006 : en septembre 2008, ils avaient perdu en moyenne plus de 20 % par rapport à leur sommet. Un emprunteur en difficulté ne pouvait plus revendre son logement plus cher, ni renégocier son prêt.
Quelles ont été les étapes de la crise des subprimes ?
Les défauts se sont multipliés à partir de fin 2006. En 2007, des prêteurs spécialisés font faillite et, en juillet, la banque Bear Stearns annonce l’effondrement de deux de ses hedge funds investis dans ces titres. Le 9 août 2007, BNP Paribas suspend le calcul de la valeur de trois fonds, faute de pouvoir valoriser les titres adossés aux subprimes : le marché interbancaire se grippe et la crise de confiance devient une crise de liquidité. Les assureurs de crédit, comme MBIA et Ambac, voient leur note abaissée. La faillite de Lehman Brothers, en septembre 2008, marque le point culminant de la crise.
Qu’est-ce que la crise des subprimes a changé ?
Les leçons de la crise des subprimes ont conduit à durcir la réglementation : exigences de fonds propres et de liquidité renforcées pour les banques avec les accords de Bâle III, obligation pour les émetteurs de titrisations de garder une partie du risque, encadrement plus strict des agences de notation. Pour un investisseur, la crise rappelle qu’une bonne note ne garantit pas la sécurité d’un titre lorsque l’on ne comprend pas ce qu’il contient.
Questions fréquentes
Que veut dire « subprime » ?
Le mot anglais signifie « en dessous de prime », c’est-à-dire en dessous de la meilleure catégorie d’emprunteurs. Il qualifie un crédit accordé à un emprunteur à risque.
Quand a commencé la crise des subprimes ?
Les défauts ont augmenté dès fin 2006, la crise est devenue visible sur les marchés au cours de l’été 2007, et elle est devenue une crise bancaire mondiale en septembre 2008 avec la faillite de Lehman Brothers.
Pourquoi une crise immobilière américaine a-t-elle touché l’Europe ?
Parce que les titres adossés aux subprimes avaient été achetés par des banques et des fonds du monde entier. Quand leur valeur est devenue incertaine, les banques ont cessé de se prêter entre elles.
Les prêts subprime existent-ils encore ?
Les prêts à des emprunteurs fragiles existent toujours aux États-Unis, sous d’autres noms et avec des règles d’octroi plus strictes qu’avant 2007.
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Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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