Moi, j'en ai pas vu des masses, mais j'en ai vu d'autres aussi. En particulier, la crise de 2007-2009. J'étais aux premières loges, shortant les bancaires.
La chute boursière de vendredi - le krach, devrait-on dire tout simplement - est en réalité extrêmement violent. Il faut remonter à octobre 2008 - l'affaire Lehman - pour trouver une journée plus violente, aussi bien en termes de baisse que de volumes. Sur une vingtaine d'années, des journées comme celle-là se comptent sur les doigts d'une main.
Alors oui, on est (a priori) pas sur une crise systémique financière comme celle de cette époque. Il n'empêche. Je pense qu'on est loin de mesurer encore tous les impacts possibles de l'événement. Car cette accélération baissière vient à la fois confirmer et renforcer une tendance baissière qui était déjà bien installée. Une tendance baissière en bourse, c'est un machin qui s'auto-entretient. Oui, il n'y a peut-être pas de raisons fondamentales à un dévissage des indices, mais je le fait que les indices dévissent crée - en soi-même - les conditions de la potentielle baisse à venir. De ce point de vue, les journées d'août 2015 avait déjà fait beaucoup de mal. Elles ont instillé une peur, un doute, qui ne s'est pas résorbé depuis. On est toujours dans la dynamique qui a été lancée alors.
Et quand on voit les graphiques des bancaires, on ne peut s'empêcher de se dire que là, ce n'est pas rien, quand même. Quelque chose casse.
Les indices américains ont la mauvaise habitude de monter/continuer à monter/essayer de continuer à monter pendant plus longtemps que d'autres indices mondiaux. C'est pour ça que Stan Weinstein - dont le centre d'intérêt était le marché US - considérait que l'étude des indices européens et de leur tendance était un moyen utile de prédire une chute à venir des indices américains. En 2008, ça n'a pas raté. Les indices européens commençaient à construire une dynamique baissière (cf. la magnifique ete du CAC) alors que le SP500 tentait de se lancer dans un nouveau rally haussier en dépassant les plus hauts historiques. Mais ça n'a duré que quelques jours. Très peu de temps après cette tentative, les indices US se sont effondrés avec le reste du monde. Curieusement, on a une dynamique qui se rapproche de tout ça, actuellement.
Curieusment - dernière curiosité - depuis le brexit, les indices US semblent montrer presque plus de faiblesse que les indices européens. Aujourd'hui, ils sont partis vers le bas bien tous seuls.
À suivre...
