Qu’est-ce que le rendement d’un investissement ?

Qu’est-ce que le rendement d’un investissement ?

Le rendement d’un placement est ce qu’il rapporte en un an, rapporté à la somme investie et exprimé en pourcentage. Au sens strict, il ne compte que les revenus versés, dividendes, coupons ou intérêts ; la rentabilité, ou rendement total, y ajoute la hausse ou la baisse du prix.
Le rendement en résumé
Le rendement mesure ce qu’un placement rapporte par rapport à la somme investie. Il s’exprime en pourcentage, le plus souvent sur un an. Au sens strict, il ne retient que les revenus versés : dividendes d’une action, coupons d’une obligation, intérêts d’un livret. Au sens large, on parle de rendement total ou de rentabilité, qui ajoute la plus-value ou la moins-value constatée sur le prix.
La formule R / P0, détaillée plus bas, correspond au sens strict. C’est elle qui permet de comparer, par exemple, une action qui distribue beaucoup et un placement à taux fixe.
Quelle différence entre rendement et rentabilité ?
En notant R les revenus encaissés sur la période, P0 le prix d’achat et P1 le prix en fin de période :
- rendement au sens strict = R / P0 ;
- rendement total = (R + P1 − P0) / P0.
L’écart entre les deux n’a rien d’un détail. Une action qui verse un gros dividende mais recule en bourse peut afficher un rendement de 6 % et une rentabilité négative. À l’inverse, une société qui ne distribue rien a un rendement nul, alors que son cours peut doubler.
Comment calculer un rendement, exemple chiffré à l’appui ?
Imaginons une action achetée 50 € qui verse un dividende de 2 € dans l’année. Son rendement est de 2 / 50, soit 4 %. Si le cours termine l’année à 53 €, le rendement total est de (2 + 53 − 50) / 50 = 5 / 50, soit 10 %. Si le cours termine à 46 €, il tombe à (2 + 46 − 50) / 50 = −2 / 50, soit −4 %, avec exactement le même dividende.
Sur plusieurs années, on ne fait pas la moyenne des rendements annuels : on calcule un rendement annualisé, qui suppose les gains réinvestis. Un placement qui passe de 10 000 € à 12 100 € en deux ans a rapporté 21 % au total, soit 10 % par an (1,10 × 1,10 = 1,21), et non 10,5 %.
Quel rendement selon le type de placement ?
Les actions. Le rendement d’une action se calcule en divisant le dividende annuel par le cours de bourse. Il change chaque jour avec le cours, et le dividende n’est jamais garanti : la société peut le réduire ou le supprimer. Les sociétés qui distribuent une large part de leurs bénéfices sont appelées valeurs de rendement.
Les obligations. Trois notions coexistent. Le taux du coupon est fixé à l’émission et s’applique à la valeur nominale. Le rendement courant rapporte ce coupon au cours de l’obligation. Le rendement actuariel, celui qu’utilisent les professionnels, tient compte en plus de l’écart entre le prix payé et le prix de remboursement à l’échéance. Imaginons une obligation de nominal 1 000 € qui verse un coupon de 3 %, soit 30 € par an, et qui cote 950 € : son rendement courant est de 30 / 950, soit environ 3,16 %. Quand le cours d’une obligation baisse, son rendement monte, et inversement.
L’épargne à taux fixe. Pour un livret ou un compte à terme, le rendement est connu à l’avance. C’est la contrepartie de l’absence de toute plus-value possible.
Rendement brut, net ou réel : lequel regarder ?
Le rendement annoncé est presque toujours brut. Le rendement net retire les frais (droits d’entrée, frais de gestion, courtage) puis les prélèvements fiscaux et sociaux, qui dépendent de l’enveloppe et du pays de résidence. Le rendement réel retire en plus l’inflation : un placement à 3 % par an quand les prix montent de 2 % n’augmente le pouvoir d’achat de l’épargnant que d’environ 1 %.

Un rendement ne se lit jamais seul. Un rendement élevé est souvent le prix d’un risque élevé : une obligation qui offre beaucoup plus que les autres signale que le marché doute de son remboursement, et une action au rendement exceptionnel a souvent vu son cours chuter, parfois parce que le dividende est menacé. Le ratio de Sharpe sert justement à rapporter la performance au risque pris.
« Le rendement des dividendes n’est pas tout, il ne faut pas que le cours de l’action s’effondre dans le temps. »
Sur le forum, le 6 novembre 2019, avant l’introduction en Bourse de la Française des jeux, dont l’État annonçait reverser l’essentiel des bénéfices en dividendes
Questions fréquentes sur le rendement d’un placement
Quelle est la différence entre rendement et rentabilité ?
Le rendement ne retient que les revenus versés (dividendes, coupons, intérêts). La rentabilité, ou rendement total, y ajoute la variation du prix du placement entre l’achat et la vente.
Comment calculer le rendement d’une action ?
On divise le dividende annuel par le cours de l’action, puis on multiplie par 100. Une action à 40 € qui verse 1,60 € de dividende a un rendement de 4 %.
Qu’est-ce qu’un bon rendement ?
Il n’existe pas de chiffre universel. Un rendement se juge par rapport au taux des placements sans risque du moment, à l’inflation et au risque pris pour l’obtenir.
Le rendement d’un placement est-il garanti ?
Seulement pour un placement à taux fixe conservé jusqu’à son terme, et à condition que l’émetteur reste solvable. Le rendement d’une action, lui, n’est connu qu’après coup.
Comment calcule-t-on un rendement annualisé sur plusieurs années ?
On ne fait pas la moyenne des rendements annuels : on calcule un rendement annualisé, qui suppose les gains réinvestis. Un placement qui passe de 10 000 € à 12 100 € en deux ans a rapporté 21 % au total, soit 10 % par an, et non 10,5 %.
Quelle différence entre rendement brut, net et réel ?
Le rendement brut est celui qu’on annonce. Le rendement net retire les frais, puis les prélèvements fiscaux et sociaux. Le rendement réel retire en plus l’inflation : un placement à 3 % par an quand les prix montent de 2 % n’augmente le pouvoir d’achat que d’environ 1 %.
Pour aller plus loin
- Le yield, le mot anglais qu’emploient les marchés, surtout pour les emprunts d’État
- L’OAT, l’emprunt de l’État français, de 2 à 50 ans, qui verse en général un coupon fixe chaque année
- La courbe des taux, le rendement des emprunts d’un même émetteur selon leur durée, de quelques mois à trente ans
- Livret A, LDDS, LEP, PEL et CEL en 2026, les livrets dont l’État fixe le taux, exonérés d’impôt pour le Livret A, le LDDS et le LEP
- La formule de Gordon et Shapiro, dividende attendu, rendement exigé et croissance réunis dans une formule publiée en 1956
- Le guide de la fiscalité, 110 fiches pour passer du rendement brut au rendement net d’impôt, du livret au compte-titres
Sur le forum
- Le CAC 40 dividendes réinvestis, l’indice qui mesure le rendement total du CAC 40, dividendes compris
- L’effet de l’inflation sur notre argent, ce que l’inflation retire chaque année au pouvoir d’achat d’une épargne
Lexique boursier : toutes les définitions, de A à Z.
Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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