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Les frais en Bourse : courtage, droits de garde, change, taxe sur les transactions

Courtage, taxe sur les transactions financières, change, droits de garde et spread : ce que coûte un ordre de Bourse en 2026 d’après les relevés de l’AMF, les plafonds du PEA, le calcul d’un aller-retour et le poids des frais annuels sur vingt ans.

· 13 min de lecture

Les frais en Bourse se répartissent en trois familles : ceux que l’on paie à chaque ordre (le courtage, la taxe sur les transactions financières, le change), ceux que l’on paie chaque année pour détenir ses titres (droits de garde, frais de tenue de compte), et ceux que l’on ne voit pas sur la facture, comme l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente. En janvier 2026, selon l’Observatoire de l’épargne de l’AMF, un ordre de 1 000 € passé sur Internet coûtait en moyenne 6,50 € dans une banque de réseau et 1,50 € chez un néo-courtier : du simple au quadruple pour le même service.

Cette fiche fait l’inventaire de ces frais, montre comment calculer le coût réel d’un aller-retour, et ce que les frais annuels pèsent sur vingt ans. Les frais propres aux fonds (frais courants, droits d’entrée) ont leur fiche, celle sur les frais de gestion.

Quels frais paie-t-on à chaque ordre ?

Le courtage rémunère l’intermédiaire qui transmet et exécute votre ordre. Il prend la forme d’un pourcentage du montant, d’un forfait par ordre, ou des deux, avec souvent un minimum. Les écarts entre établissements sont considérables. Le relevé publié par l’AMF dans sa Lettre de l’Observatoire de l’épargne n° 65 (avril 2026), sur les tarifs de janvier 2026, donne les moyennes suivantes pour un ordre passé sur Internet sur Euronext Paris :

Type d’intermédiaire Ordre de 1 000 € Ordre de 5 000 €
Banques de réseau (compte-titres) 0,65 % 0,49 % (24 €)
Courtiers en ligne historiques 0,45 % (4,50 €) 0,19 % (9,60 €)
Néo-courtiers 0,15 % (1,50 €) 0,06 % (2,90 €)

Sur les marchés étrangers, l’addition monte : toujours selon l’AMF, un ordre de 5 000 € sur le NYSE ou le Nasdaq coûtait en moyenne 0,9 % (45 €) dans les banques de réseau, sans compter les frais de change et de correspondant.

Barres groupées du courtage moyen d’un ordre passé sur Internet sur Euronext Paris en janvier 2026 : pour un ordre de 1 000 €, 0,65 % en banque de réseau, 0,45 % chez un courtier en ligne historique et 0,15 % chez un néo-courtier ; pour 5 000 €, 0,49 %, 0,19 % et 0,06 %.
Pour le même ordre de 1 000 €, le courtage moyen va de 0,15 % à 0,65 % selon le type d’intermédiaire, et il baisse en pourcentage quand l’ordre grossit. Source : AMF, Lettre de l’Observatoire de l’épargne n° 65 (avril 2026), tarifs de janvier 2026.

La taxe sur les transactions financières (TTF) s’ajoute pour certaines actions françaises. Elle frappe les achats d’actions de sociétés dont le siège est en France et dont la capitalisation boursière dépasse un milliard d’euros au 1er décembre de l’année précédente (article 235 ter ZD du code général des impôts). La loi de finances pour 2025 en a porté le taux de 0,3 % à 0,4 % pour les acquisitions réalisées à compter du 1er avril 2025. La liste publiée par l’administration fiscale le 17 décembre 2025 compte 121 sociétés pour 2026. La taxe porte sur le solde acheté en fin de journée : un titre acheté puis revendu dans la même séance n’y entre pas. Sur un achat de 2 000 € d’une action de la liste, elle représente 8 €.

Le change, enfin, concerne les titres cotés dans une autre devise. Pour acheter une action américaine, il faut des dollars : l’intermédiaire convertit vos euros, et se rémunère par une commission ou par un taux moins favorable que le cours du marché, à l’achat comme à la vente. L’AMF ne publie pas de moyenne sur ce point ; regardez la grille de votre établissement, qui l’indique en pourcentage ou en écart de taux.

Quels frais paie-t-on pour détenir ses titres ?

Les droits de garde rémunèrent la conservation des titres. Ils s’expriment le plus souvent en pourcentage de la valeur du portefeuille, avec un minimum et parfois un supplément par ligne. Dans les banques de réseau, pour un portefeuille de 60 000 € réparti sur dix lignes, le niveau moyen était de 0,35 % par an en janvier 2026, soit 211 € (AMF, même relevé). Certains courtiers en ligne n’en facturent pas : la grille tarifaire le précise.

Les frais de tenue de compte sont un forfait annuel, parfois prélevé seulement si vous ne passez pas un nombre minimal d’ordres. Ils pèsent peu sur un gros compte, beaucoup sur un petit : 30 € par an sur un compte de 1 000 €, c’est 3 % de frais avant d’avoir commencé.

Dans un PEA, ces frais sont plafonnés depuis le 1er juillet 2020 par le décret n° 2020-95 du 5 février 2020, comme le rappelle l’AMF :

  • frais d’ouverture : 10 € au plus ;
  • droits de garde : 0,4 % par an de la valeur du plan au plus, avec un supplément de 5 € au plus par ligne de titres cotés ;
  • frais de transaction : 0,5 % du montant de l’ordre au plus s’il est passé en ligne, 1,2 % dans les autres cas ;
  • frais de transfert vers un autre établissement : 15 € au plus par ligne de titres cotés, 150 € au plus au total.

Le spread et le change : les frais que l’on ne voit pas

Le spread est l’écart entre le meilleur prix auquel quelqu’un accepte de vous vendre (l’offre) et le meilleur prix auquel quelqu’un accepte de vous acheter (la demande). Si une action affiche 49,98 € à la demande et 50,02 € à l’offre, vous achetez à 50,02 € et, si vous revendiez à l’instant, vous recevriez 49,98 € : 4 centimes perdus sur 50 €, soit 0,08 %, sans qu’aucune ligne de facture ne le mentionne. Sur une grande valeur du CAC 40, l’écart est en général de quelques centimes ; sur une petite valeur peu échangée, il peut dépasser 1 %. Il s’élargit aussi à l’ouverture, à la clôture et autour des annonces importantes.

Sur les marchés organisés, le spread n’est pas une commission : c’est le carnet d’ordres, et il profite à celui qui a placé l’ordre en attente. Chez un intermédiaire qui fixe lui-même ses prix, il peut au contraire inclure sa rémunération. Dans les deux cas, il fait partie du coût de l’opération. Un ordre à cours limité permet au moins de fixer le prix maximal que vous acceptez de payer.

Le change agit de la même façon, deux fois : quand vous convertissez vos euros pour acheter, puis quand vous reconvertissez le produit de la vente. Un écart de 0,25 % à chaque conversion, par exemple, coûte 0,5 % sur un aller-retour, en plus du courtage.

Ce que j’en disais sur le forum

« dans le temps (que j’ai connu) personne ne pouvait faire de day trading c’était uniquement réservé aux pros du fait des frais de courtage. A 1 % 1.50 % l’aller retour sur action tu ne pouvais pas faire de day trading pour les particuliers. Sans compter qu’il fallait passer par le Minitel ou appeler son courtier au téléphone qui exécutait l’ordre dans la journée au mieux »

Benoist Rousseau sur le forum, le 23 octobre 2017, en rappelant à un membre ce qu’était le courtage avant Internet

Les frais ont fondu depuis, ce qui ne dispense pas de les connaître. La règle tient en une ligne :

« si tu ne connais pas les frais de courtage, ne trade pas… »

Benoist Rousseau sur le forum, le 4 août 2020, à un débutant qui s’interrogeait sur les frais de courtage avant d’ouvrir un petit compte

Comment calculer le coût réel d’un aller-retour ?

Un aller-retour, c’est un achat puis une vente. Pour savoir ce qu’il coûte, on additionne tout ce qui se paie aux deux bouts. Prenons un achat de 2 000 € d’une action française de la liste de la TTF, sur un compte-titres, avec un courtage de 0,15 % et un spread de 0,10 % (deux hypothèses, à remplacer par les vôtres) :

Poste À l’achat À la vente
Courtage (0,15 %) 3,00 € 3,00 €
Taxe sur les transactions financières (0,4 %) 8,00 € 0 €
Demi-spread (0,05 % de chaque côté) 1,00 € 1,00 €
Total 16,00 €, soit 0,8 % du montant

Il faut donc que l’action monte de 0,8 % pour que l’opération soit simplement blanche, avant impôt. Le même calcul avec le courtage moyen relevé par l’AMF dans les banques de réseau pour un ordre de 1 000 €, 0,65 % à l’achat et à la vente, donne 36 €, soit 1,8 %. Pour une action américaine, ajoutez le change aux deux bouts, et retirez la TTF, qui ne s’applique qu’aux sociétés françaises de la liste. Faites ce calcul avant le premier ordre : il dit combien de fois par an vous pouvez acheter et vendre sans que les frais mangent l’essentiel du résultat.

Que pèsent les frais sur vingt ans ?

Les frais ponctuels se paient une fois par opération ; les frais annuels se paient chaque année sur un capital qui grossit, et ils se composent comme des intérêts à l’envers. Pour 10 000 € placés vingt ans sur un portefeuille qui rapporterait 6 % par an avant frais, à titre d’exemple :

  • sans droits de garde, le capital atteint 32 071 € ;
  • avec 0,35 % de droits de garde par an, il atteint 30 019 € ;
  • avec 1 % de frais annuels au total, il atteint 26 533 €.

Un point de frais annuels coûte ainsi plus de 5 500 € sur vingt ans, sur une mise de départ de 10 000 €. Le nombre d’ordres compte autant : un portefeuille que l’on fait tourner souvent paie le courtage, la taxe et le spread à chaque fois. C’est l’une des raisons pour lesquelles les études sur les particuliers qui achètent et vendent beaucoup ne sont pas aimables, comme le rappelle la fiche sur la gestion active et la gestion passive.

Questions fréquentes sur les frais en Bourse

Combien coûte un ordre de Bourse en 2026 ?

Selon l’AMF, en janvier 2026, un ordre de 1 000 € passé sur Internet sur Euronext Paris coûtait en moyenne 0,65 % dans une banque de réseau, 0,45 % chez un courtier en ligne historique et 0,15 % chez un néo-courtier. Il faut y ajouter, selon les cas, la taxe sur les transactions financières, le spread et le change.

Quelles actions paient la taxe sur les transactions financières ?

Les actions des sociétés dont le siège est en France et dont la capitalisation dépasse un milliard d’euros au 1er décembre de l’année précédente : 121 sociétés pour 2026, selon la liste publiée par l’administration fiscale le 17 décembre 2025. Le taux est de 0,4 % du montant de l’achat depuis le 1er avril 2025. La vente n’est pas taxée.

Les frais d’un PEA sont-ils plafonnés ?

Oui, depuis le 1er juillet 2020 : 10 € au plus à l’ouverture, droits de garde de 0,4 % par an au plus (plus 5 € par ligne cotée), courtage de 0,5 % au plus pour un ordre passé en ligne et 1,2 % sinon, transfert de 15 € par ligne cotée et 150 € au total au plus.

Qu’est-ce que le spread en Bourse ?

C’est l’écart entre le meilleur prix de vente proposé et le meilleur prix d’achat proposé dans le carnet d’ordres. Vous achetez au prix le plus haut des deux et vendez au plus bas : l’écart est un coût, même s’il n’apparaît pas comme une commission. Il est faible sur les grandes valeurs, plus large sur les petites.

Faut-il choisir son courtier uniquement sur les frais ?

Les frais comptent, surtout si vous passez des ordres souvent ou de petits montants, mais ils ne sont pas le seul critère : l’intermédiaire doit être autorisé en France, proposer l’enveloppe voulue (PEA, compte-titres) et les marchés dont vous avez besoin. Vérifiez d’abord son autorisation sur les listes officielles de l’AMF et de la Banque de France.

Sources de référence utilisées

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Pour aller plus loin

Sur le forum

  • PEA comparatif des frais, un membre partage en janvier 2020 son comparatif des frais de PEA chez les courtiers en ligne, et la discussion compare les offres pour les petits comptes. Les tarifs ont changé depuis : la méthode reste bonne.
  • Taxe sur les transactions financières, le projet européen de taxe sur les transactions financières relancé en 2014, et ce que la taxe française a déjà changé pour les membres qui tradaient les actions du CAC 40.

Fiche à jour au 6 novembre 2026, chiffres vérifiés à cette date. Elle explique des mécanismes généraux et ne constitue pas un conseil d’investissement adapté à votre situation.

L’auteur

Benoist Rousseau

Trader membre du CME et du CBOT · Historien de formation

Benoist Rousseau est trader depuis 1994, membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), et titulaire d'une maîtrise d'histoire de Paris IV-Sorbonne. Ancien historien d'entreprise pour un groupe du CAC 40, il figure dans le Top 10 des influenceurs économiques du magazine Challenges. Il transmet aujourd'hui sa méthode au sein de son école de trading à travers sa formation day trading. Dans la rubrique Bourse et marchés, il distingue l'investissement patient de la spéculation et montre ce que les cycles longs enseignent à l'investisseur.

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