Qu’est-ce qu’un Tracker (ETF) : avantages et types


Qu’est ce qu’un Tracker ?
Les Exchange Traded Fund que l’on appelle communément Trackers, sont des produits financiers sans date d’échéance, qui donnent la possibilité de reproduire les fluctuations d’un actif donné. Ce terme anglais signifie pister. On peut donc dire que ce sont des produits financiers qui pistent les sous-jacents.
Cet actif, que l’on appelle sous-jacent est presque toujours un indice tel que le Dow Jones, le DAX 40 ou le CAC 40.
Le principe du tracker est proche de celui des SICAV ET FCP, sans les frais de gestion importants de ces derniers. Lorsque l’on est convaincu de la hausse d’un indice sur une période de temps, mieux vaut acheter un tracker que des actions appartenant à cet indice.
Quels sont les avantages des trackers ?
Il peut parfois y avoir des versements de dividendes pour le possesseur de Trackers puisque ces derniers sont constitués d’actions. On peut également effectuer des ventes à découvert avec les trackers. Dans ce cas, les trackers sont éligibles au SRD. Les trackers sont aussi faciles d’accès que les actions standards. On trouve plusieurs types de trackers, avec des niveaux de risques adaptés aux différents types de stratégie.
Quels sont les différents types de trackers ?
4 types de trackers sont disponibles en France :
Les trackers sur indices de marché
Ce sont les trackers les plus courants. Le principe est celui expliqué ci-dessus.
Les trackers sur indices de stratégie
Ce sont des trackers qui ont pour sous-jacents des indices qui intègrent des critères particuliers.
Les trackers sur indices de matières premières
Il est possible que le tracker soit indexé sur le cours d’une matière première. L’avantage est la protection contre l’inflation puisque si l’inflation augmente, leurs prix augmentent aussi. Dans une stratégie de diversification, un tel investissement permet de réduire le risque de son portefeuille puisque les cours des matières premières sont impactés par des facteurs différents que ceux des actions et obligations.
Les trackers actifs
Différents types de trackers actifs existent. Ces trackers ne suivent pas leurs sous-jacents et ont d’autres modes de fonctionnement, comme des trackers à effet de levier, à capital protégé. On peut aussi par exemple, trouver des trackers qui permettent de jouer à la baisse. Le gain du tracker sera alors l’inverse de la performance du sous jacent. Par exemple, si le CAC 40 baisse, l’investisseur gagne. Si le CAC 40 est en hausse, l’investisseur a une perte.
Comment les trackers sont-ils imposés ?
Il n’y a pas de fiscalité particulière sur les trackers. Elle est identique à celle des autres valeurs mobilières en général :
- Dans le cas d’un reçu de dividende, ils sont soumis à l’impôt sur le revenu
- Les plus-values sont soumises au prélèvement forfaitaire unique (31,4 % en 2026) ou, sur option, au barème
- Les avantages fiscaux qui s’appliquent au PEA touchent les trackers éligibles.
Le tracker en résumé
Un tracker, ou ETF (Exchange Traded Fund, fonds négocié en bourse), est un fonds qui cherche à reproduire le plus fidèlement possible la performance d’un indice, et qui s’achète et se vend en bourse comme une action, en continu pendant la séance. Avec une seule ligne, l’investisseur détient l’équivalent de tout un panier de titres, pour des frais en général bien plus faibles que ceux d’un fonds géré activement.
En France, on parle aussi de fonds indiciel coté. Les ETF vendus en Europe sont pour la plupart des OPCVM au sens de la directive européenne, ce qui leur impose des règles de diversification et de séparation des actifs.
D’où viennent les trackers ?
Le premier fonds moderne de ce type a été lancé à la bourse de Toronto en 1990. Aux États-Unis, le SPDR S&P 500, qui suit l’indice S&P 500, est coté depuis le 22 janvier 1993. Le marché s’est ensuite développé en Europe, où l’Irlande est devenue le premier pays de domiciliation : selon les données reprises par Wikipédia, les ETF irlandais représentaient 67 % de l’encours européen en 2023.
Comment un tracker reproduit-il son indice ?
Il existe deux grandes méthodes. La réplication physique consiste à acheter réellement les titres de l’indice, tous ou un échantillon représentatif. La réplication synthétique consiste à détenir un autre panier de titres et à échanger sa performance contre celle de l’indice grâce à un swap conclu avec une banque. La seconde méthode reproduit souvent mieux l’indice, mais elle ajoute un risque de contrepartie, que la réglementation encadre sans le supprimer.
L’écart entre la performance du tracker et celle de son indice s’appelle la tracking error. Il vient des frais, des dividendes, des coûts de transaction et, pour les indices étrangers, du change. C’est un critère de qualité au moins aussi important que le niveau de frais.
Faut-il choisir un tracker capitalisant ou distribuant ?
Un ETF distribuant verse aux porteurs les dividendes encaissés sur les actions qu’il détient. Un ETF capitalisant les réinvestit dans le fonds : la valeur de la part intègre les dividendes, et il n’y a pas de versement. Pour un investisseur de long terme, la version capitalisante évite d’avoir à réinvestir soi-même les sommes perçues.
Pourquoi les ETF à effet de levier et inverses sont-ils un piège mathématique ?
Les trackers « actifs » cités plus haut, à levier ou à la baisse, visent un multiple de la performance quotidienne de l’indice. Ils sont recalculés chaque jour, et sur plusieurs jours le résultat s’écarte du multiple attendu. Imaginons un indice à 100 points qui gagne 10 % un jour, puis perd 10 % le lendemain : il termine à 99, soit une baisse de 1 %. Un ETF qui fait deux fois l’indice gagne 20 % puis perd 20 % : partant de 100, il passe à 120 puis à 96, soit une baisse de 4 %, et non de 2 %. Un ETF inverse perd 10 % puis gagne 10 % : il finit lui aussi à 99, en baisse de 1 %, alors que l’indice a baissé. Ces produits sont faits pour des positions courtes dans le temps, pas pour être conservés.
| Jour | Indice | ETF levier x2 | ETF inverse |
|---|---|---|---|
| Départ | 100 | 100 | 100 |
| Jour 1 | 110 (+10 %) | 120 (+20 %) | 90 (−10 %) |
| Jour 2 | 99 (−10 %) | 96 (−20 %) | 99 (+10 %) |
| Bilan | −1 % | −4 % | −1 % |
Qu’est-ce qui a changé pour la fiscalité des trackers et le PEA ?
Les règles fiscales citées plus haut datent de 2013. En 2026, les plus-values et les dividendes perçus sur un compte-titres relèvent par défaut du prélèvement forfaitaire unique : 31,4 % pour les plus-values de cession, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, avec la possibilité d’opter pour le barème progressif. Dans un PEA, les gains réalisés sur les ETF éligibles échappent à l’impôt sur le revenu une fois le plan âgé de plus de cinq ans, seuls les prélèvements sociaux restant dus. Grâce à la réplication synthétique, certains ETF éligibles au PEA suivent des indices non européens, comme le S&P 500 ou le Nasdaq-100. Le PEA jeune suit les mêmes règles.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un tracker et un ETF ?
Aucune : ce sont deux noms pour le même produit. « Tracker » est le terme longtemps employé en France, « ETF » s’est imposé depuis.
Un ETF est-il sans risque ?
Non. Il supprime le risque lié au choix d’une action en particulier, pas le risque de marché : un ETF sur le CAC 40 baisse comme le CAC 40. S’y ajoutent, selon les cas, le risque de change et, pour la réplication synthétique, le risque de contrepartie.
Combien coûte un ETF ?
Les frais de gestion annuels sont souvent de quelques dixièmes de pour cent, nettement moins que ceux d’une SICAV gérée activement. Il faut y ajouter les frais de courtage à l’achat et à la vente, et l’écart entre prix acheteur et vendeur.
Peut-on vendre à découvert un ETF ?
Oui, comme une action, à condition que l’intermédiaire le permette, par exemple via le SRD pour les ETF qui y sont éligibles. L’autre solution est d’acheter un ETF inverse, avec les limites décrites plus haut.
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Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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