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Ouvrir un compte en Bourse : choisir son courtier et passer ses ordres

· Mis à jour le · 12 min de lecture

Qu’est-ce qu’un compte en Bourse ?

Un compte en Bourse est un compte ouvert chez un intermédiaire habilité, banque ou courtier, qui conserve vos titres et transmet vos ordres d’achat et de vente au marché. En France, le particulier choisit surtout entre le compte-titres ordinaire, ouvert à tous les produits, et le plan d’épargne en actions (PEA), réservé aux actions européennes mais fiscalement avantageux.

Après avoir lu une dizaine de livres sur le trading, tous les articles possibles sur les nombreux forums boursiers (comme andlil.com par exemple) et tradé 6 mois sur les comptes de démo, vous vous dites qu’il est temps de vous lancer. C’est là qu’une question importante se pose. Il faut maintenant savoir comment passer vos ordres d’achats ou de vente.

Il existe des intermédiaires pour passer vos ordres par lesquels il est obligatoire de passer, ce sont les courtiers (brokers en anglais). Il existe une multitude de brokers, plus ou moins spécialisés dans certains produits financiers, chez qui il faut ouvrir un compte.

Les différents types de brokers pour ouvrir un compte en bourse

broker

 

Votre banque peut vous permettre d’ouvrir un compte pour passer vos ordres de bourse. De nos jours, tout est réalisé via internet où il est maintenant facile de passer ses ordres. Votre banque peut donc vous servir de broker, mais si vous êtes un trader actif, ce n’est pas la bonne solution à adopter. En effet, la banque est le broker le plus coûteux. Par rapport à des brokers spécialisés, la banque propose un service avec des frais de gestion beaucoup plus élevés.

La solution des brokers spécialisés reste la plus crédible, dans la mesure où la loi de la concurrence aboutit à une baisse des prix. En effet, selon l’Autorité des marchés financiers (27 avril 2026), un ordre de 1 000 euros passé depuis un compte-titres coûtait en janvier 2026 0,65 % dans une banque de réseau, 0,45 % chez les intermédiaires en ligne présents depuis de nombreuses années et 0,15 % chez les néo-brokers.

En plus des frais élevés de transaction, les banques ajoutent également de multiples frais de garde, trimestriels ou annuels que la majorité des brokers ne font pas payer.

Il existe des brokers spécialisés dans à peu près tous les produits financiers. En effet vous pouvez trouver des brokers spécialisés sur les CFD à risque limité, comme IG ou Saxo Banque ou encore des brokers spécialisés dans les options binaires, sur le Forex, les futures… Pour les options binaires et le Forex, il faut faire attention. En effet beaucoup de brokers douteux existent : attention à l’arnaque. Avant d’ouvrir un compte, vérifiez que l’intermédiaire figure sur le registre officiel des prestataires autorisés (REGAFI) et qu’il n’apparaît pas sur les listes noires de l’Autorité des marchés financiers.

Toutefois, le choix des brokers n’est pas si simple. Il faut en effet avoir conscience que le broker se rémunère à chaque ordre que vous passez. Dans la majorité des cas, il vous est proposé un prix fixe, qui s’applique à chaque ordre passé. Plus vous passez d’ordres durant l’année, moins le pourcentage est élevé mais le nombre de trades nécessaire étant tellement élevé qu’il vaut mieux vous attendre à un prix fixe. Le broker peut parfois vous proposer un abonnement mensuel, qu’il faut alors rentabiliser en tradant le plus possible.

Pour la rentabilité de l’opération, le choix du broker est toujours meilleur que celui du passage d’ordre via sa banque.

Comment ouvrir un compte de trading ?

Une fois le choix de l’intermédiaire réalisé, il faut maintenant ouvrir un compte, et savoir quel type de compte ouvrir afin de pouvoir passer des ordres. Que ce soit via votre banque ou via le broker, il faut choisir entre un compte-titres classique et un PEA (plan d’épargne en actions). À l’ouverture, l’intermédiaire doit aussi vous interroger sur votre expérience, votre situation financière et vos objectifs : la directive européenne MiFID 2, appliquée depuis le 3 janvier 2018, l’oblige à vérifier que les produits proposés vous conviennent.

Ce que j’en disais sur le forum

« On ne trade que de l’argent dont on n’a pas besoin. »

Benoist Rousseau sur le forum, le 19 octobre 2020, à propos des questions posées par les courtiers à l’ouverture d’un compte

Le compte-titres ou compte universel

Le compte titres permet une grande liberté sur les marchés financiers. Avec ce type de compte, on peut acheter tous les types d’actifs existants, des actions aux produits dérivés en passant par les Sicav. Le désavantage du compte titres est sa fiscalité. En effet, avec ce type de compte, les plus-values et les dividendes sont soumis en 2026 au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu.

Le plan d’épargne en actions (PEA)

Le PEA, créé en 1992 pour inciter les Français à financer les entreprises françaises, aujourd’hui ouvert aux sociétés de l’Union européenne et de l’Espace économique européen, a des avantages et des inconvénients. Un PEA bénéficie d’une fiscalité avantageuse par rapport au compte titres. En effet après cinq ans, les gains du PEA ne supportent plus que les prélèvements sociaux, alors que le compte-titres est imposé au prélèvement forfaitaire unique.

Le désavantage du PEA est que c’est un investissement sur le temps. Le but du PEA est de financer l’économie française, pas d’inciter les gens à spéculer. Il faut donc attendre 5 ans pour profiter pleinement de l’avantage fiscal. Un retrait avant 5 ans entraîne, sauf exceptions prévues par la loi, la clôture du plan, et le gain est alors imposé au prélèvement forfaitaire unique. De plus les actifs éligibles au PEA sont soumis à des restrictions. En effet, il n’est pas possible d’acheter des produits dérivés comme les options ou les CFD à risque limité. De plus, les sicav achetées doivent être composées au minimum de 75 % d’actions européennes.

La meilleure solution est de disposer des 2 comptes, afin de jongler avec les avantages des deux.

Comment passer un ordre en bourse ?

Une fois votre analyse du marché réalisée, il faut se décider à passer à l’action. Lorsque vous vous connectez sur le site de votre broker pour passer un ordre, il faut choisir quel type d’ordre passer. Il faut donc apprendre à lire une cotation et plus globalement, le carnet d’ordres.

Le prix d’un actif est en fait un équilibre à un moment donné entre les prix proposés par les acheteurs et ceux proposés par les vendeurs. Une multitude de facteurs influent sur cette fourchette de prix, comme par exemple une nouvelle information économique, ou bien une fluctuation des taux d’intérêt.

Il faut prendre en compte les carnets d’ordres, disponibles sur les plateformes boursières. On y trouve les dernières transactions effectuées. Il faut donc proposer un ordre, le plus avantageux possible pour nous, tout en gardant à l’esprit qu’il faut qu’il reste dans les prix du marché. Le broker se chargera de passer les ordres pour nous et de lui trouver une contrepartie en accord avec nos exigences de prix.

Il faut également choisir le type d’ordre entre :

  • L’ordre au prix du marché

L’avantage de ce type d’ordre est qu’il est prioritaire sur tous les autres. Il est utile pour se procurer rapidement un actif ou pour s’en débarrasser si l’on pense qu’une chute du cours est imminente. Sa rapidité tient au fait qu’il s’exécute aussitôt face aux meilleures offres présentes dans le carnet, éventuellement à plusieurs prix successifs si la quantité disponible au meilleur prix ne suffit pas. Sur un marché très liquide, cela ne pose pas de problème, il y a rarement de mauvaises surprises. Sur un marché à faible liquidité, il faut donc éviter d’utiliser ce type d’ordre.

 

  • L’ordre à cours limité

L’ordre à cours limité permet de fixer une limite acceptable à laquelle on est prêt à acheter ou bien vendre un actif. Il permet de se limiter contre une trop forte volatilité des cours. L’ordre ne sera pas exécuté si le cours a dépassé la limite fixée. Plus on est exigeant, moins il y a de chances que l’ordre soit exécuté.

 

  • L’ordre à seuil de déclenchement

Cet ordre permet de faire passer un signal d’achat ou de vente en fonction d’une possible fluctuation des cours. En effet imaginons qu’on possède des actions et que l’on estime un seuil important pour cette action à 50 euros. On prévoit que si le cours de cette action baisse jusqu’à 50 euros, alors il vaut mieux vendre. Ce type d’ordre permet de passer vendeur ou acheteur au cas où un scénario se produit.

Dans le jargon des traders, on parle d’ordre à seuil de déclenchement lorsqu’on n’est pas encore positionné sur le marché et d’ordre stop lorsqu’on est positionné et qu’on fixe une limite pour limiter ses pertes.

 

  • L’ordre OCO

Il permet de passer deux ordres simultanément. Lorsque l’un est exécuté, l’autre est annulé. Par exemple imaginons un investisseur qui souhaite se positionner sur deux titres qu’il a analysés comme à fort potentiel. Il va se positionner sur deux titres en même temps mais n’ayant pas les fonds nécessaires pour se positionner sur les deux, il passe un ordre OCO et attend qu’un de ses deux ordres soit exécuté.

 

  • Les ordres liés

Les ordres liés permettent de combiner deux ordres à seuil de déclenchement. Imaginons qu’on achète à 100, on émet alors un ordre « stop-loss » à 95 si jamais le cours baisse trop afin de limiter ses pertes et en même temps un ordre à seuil de déclenchement à 110 dans le cas où le cours monte afin de prendre nos bénéfices sur ce niveau.

Quelle validité choisir pour un ordre de bourse ?

Une fois le type d’ordre choisi, il faut choisir la validité de celui-ci. On choisit en fait la durée de temps pendant laquelle l’ordre est toujours valable.

Barres horizontales de l’exemple des ordres liés : une action achetée à 100 perd 5 points, soit 5 %, si le stop-loss à 95 est touché, et gagne 10 points, soit 10 %, si l’objectif à 110 est atteint.
Avec un achat à 100, un stop-loss à 95 et un objectif à 110, la position vise deux fois ce qu’elle risque. Calcul andlil.com sur l’exemple de la fiche.

On peut choisir une « validité ce jour » : l’ordre n’est alors valable que pour une journée , ou bien « validité jusqu’à telle date » ou encore un ordre « à révocation ». L’ordre à révocation reste valable jusqu’à son exécution ou son annulation, dans la limite de 365 jours.

Questions fréquentes sur l’ouverture d’un compte en Bourse

Peut-on avoir un compte-titres et un PEA en même temps ?

Oui. Beaucoup d’investisseurs détiennent les deux : le PEA pour les actions européennes détenues longtemps, le compte-titres pour tout le reste. On ne peut en revanche détenir qu’un seul PEA par personne.

Combien faut-il pour ouvrir un compte en Bourse ?

Il n’existe pas de minimum légal : chaque intermédiaire fixe ses conditions. Le vrai seuil est celui des frais, qui pèsent lourd sur de très petits ordres.

Pourquoi le courtier me pose-t-il des questions sur mes revenus et mon expérience ?

La réglementation européenne MiFID 2 l’oblige à vérifier que les produits proposés correspondent à vos connaissances et à votre situation. Pour les produits complexes, comme les CFD à risque limité ou les options, il peut refuser l’ouverture ou vous mettre en garde.

Quel ordre choisir pour un premier achat ?

L’ordre à cours limité, dans la plupart des cas : il fixe le prix maximal que vous acceptez de payer. L’ordre au marché s’exécute tout de suite, mais à un prix que vous ne maîtrisez pas.

Sources de référence utilisées

6
  • Directive 2014/65/UE du 15 mai 2014 concernant les marchés d’instruments financiers (MiFID 2), applicable depuis le 3 janvier 2018.
  • Code général des impôts, article 200 A (prélèvement forfaitaire unique), et loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (prélèvements sociaux de 18,6 % sur les revenus du capital).
  • Service-public.fr, fiche « Plan d’épargne en actions (PEA) ».
  • Autorité des marchés financiers, médiateur, « Ordre de bourse : quand la durée de validité de l’ordre influence sa probabilité d’exécution », 1er avril 2021.
  • Autorité des marchés financiers, actualité « Les frais des placements financiers continuent de baisser, en particulier ceux des fonds d’investissement », 27 avril 2026.
  • Banque de France et Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, registre des agents financiers (REGAFI).

Pour aller plus loin

Sur le forum

L’auteur

Benoist Rousseau

Trader indépendant · Membre du CME et du CBOT

Benoist Rousseau est trader depuis 1994 et membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), où il détient deux sièges de membre individuel. Fondateur d'Andlil.com en 2010 et auteur de Devenez Trader Pro (2016), il a formé des centaines de traders à dompter le risque grâce à sa formation en psychologie du trading. Dans la rubrique Apprendre le trading, il pose les bases pour débuter sur les futures : vocabulaire, premiers pas et erreurs à éviter.

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