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Peut-on vivre du trading ? Ce que disent les chiffres et l’expérience

Peut-on vivre du trading ? Les études AMF, ESMA, Brésil et Taïwan, le passage au trading de rente, les charges d’un indépendant et le poids de la liberté.

Vivre du trading, fiche du guide des métiers du trading d’andlil
· 10 min de lecture

Peut-on vivre du trading ? Oui, certains en vivent, mais très peu, et rarement avant des années. Selon l’étude de l’AMF publiée le 13 octobre 2014, plus de 89 % des particuliers actifs sur le Forex et les contrats sur différence ont perdu de l’argent sur quatre ans. Au Brésil, parmi ceux qui ont pratiqué le day trading au moins 300 jours, 0,4 % seulement ont gagné plus qu’un guichetier de banque.

Cette fiche dit ce que disent les chiffres, puis ce que j’en ai écrit au fil des années : comment on passe d’un trading qui cherche à grossir à un trading qui doit faire vivre, ce que coûte la vie d’indépendant, et pourquoi la liberté est plus difficile à vivre qu’on ne l’imagine.

Combien de traders vivent du trading ?

Aucune statistique ne compte directement les gens qui vivent du trading. Les études mesurent autre chose, plus simple : la part des particuliers qui gagnent ou perdent de l’argent. Elles convergent, quel que soit le pays.

Étude Population observée Résultat
AMF, 13 octobre 2014 14 799 particuliers sur le Forex et les CFD en France, sur quatre ans (de 2009 à 2012, de 2010 à 2013 pour un intermédiaire) Plus de 89 % de perdants sur quatre ans, perte moyenne de 10 887 €
ESMA, 27 mars 2018 Comptes de particuliers sur les CFD en Europe De 74 % à 89 % de comptes perdants
Chague, De-Losso, Giovannetti, 2019 Particuliers ayant commencé le day trading sur le contrat à terme sur indice au Brésil entre 2013 et 2015, et persisté au moins 300 jours 97 % de perdants ; 0,4 % gagnent plus qu’un guichetier de banque
Barber, Lee, Liu, Odean, 2014 Day traders à Taïwan, sur quinze ans de données Moins de 1 % dégagent de façon régulière des gains nets de frais

Vivre du trading suppose d’être non seulement gagnant, mais gagnant assez, chaque année, pour payer sa vie, ses impôts, sa protection sociale, et garder de quoi traverser les mauvaises années. L’étude brésilienne est la plus proche de cette question, et sa réponse tient en un chiffre : quatre sur mille.

Ce que ces études mesurent, et ce qu’elles ne mesurent pas

Elles mesurent une population, pas un individu. Elles mêlent tous les profils, du débutant venu jouer quelques centaines d’euros au trader expérimenté qui se couvre avec des options : c’est la limite que je soulignais dans l’article sur l’étude de l’AMF. Elles portent surtout sur des produits à effet de levier vendus aux particuliers.

Mais elles disent une chose qu’aucune nuance n’efface : l’échec est la règle, et il ne se corrige pas tout seul avec le temps. Les auteurs de l’étude brésilienne ne trouvent aucun signe d’apprentissage avec la pratique. Persévérer ne suffit pas.

Trading d’accumulation ou trading de rente : quelle différence pour vivre du trading ?

J’ai distingué deux façons de trader dans un article de 2017. Le trading d’accumulation est celui du particulier qui a un salaire : il cherche à faire grossir un capital, souvent trop petit, et la frustration le pousse à accélérer. Le trading de rente est celui de qui vit de ses gains : le capital est jugé suffisant, il faut en tirer de quoi vivre, et la priorité devient de ne pas le perdre.

Le passage de l’un à l’autre est le vrai changement de métier. Je l’ai écrit sans détour : « J’ai passé plus de 10 ans à faire un trading d’accumulation. J’ai perdu de nombreuses années à vouloir aller trop vite. »

Celui qui vit du trading ne trade plus de la même façon. Sans salaire qui tombe chaque mois, il adapte son money management à ses résultats : un mois déjà bon se termine avec plus de prudence, pas avec plus de risque. Il ne cherche plus le rendement maximal, il cherche le risque minimal pour un rendement suffisant. C’est moins excitant, et c’est le seul trading qui dure.

Quelles charges pour celui qui vit du trading ?

Celles d’un indépendant, que l’on oublie souvent en calculant ce que « rapporte » le trading. Pas de congés payés, pas d’assurance chômage de salarié, pas de cotisations prises en charge par un employeur. La protection sociale, la retraite et l’impôt dépendent du statut choisi et de la façon dont l’administration qualifie l’activité :

Ce que rapporte le trading se compare donc à un salaire net, charges et protection comprises, pas à un salaire brut. Et il se compare sur plusieurs années, mauvaises comprises, pas sur le meilleur mois.

Vivre du trading, est-ce vivre libre ?

Oui, et c’est la partie la moins préparée. Le trading d’un indépendant peut tenir en une heure par jour ; il en reste vingt-trois à occuper, sans collègue, sans horaire, sans personne pour dire quoi faire. Je l’ai écrit sur le forum en janvier 2026 :

Ce que j’en dis sur le forum

« Je pense sincèrement qu’il faut une grande maturité pour vivre ainsi. Beaucoup de personnes ont besoin d’être encadrées, qu’on leur dise quoi faire, à quelle heure arriver, à quelle heure partir. »

Benoist Rousseau sur le forum, le 25 janvier 2026, dans la discussion « Pourquoi vivre du trading ? », sur la liberté de celui qui vit du trading

C’est pour cette raison que la psychologie occupe tant de place dans ce métier. Avoir réussi à gagner sa vie en tradant ne dit rien de la capacité à vivre ainsi. Ce n’est pas un défaut ; c’est une question à se poser avant de quitter un cadre, pas après. La fiche sur ce que le métier apporte raconte l’autre versant : ce que cette liberté donne à ceux qui la supportent.

Faut-il garder un autre revenu pour vivre du trading ?

Le plus longtemps possible. Un autre revenu ne sert pas qu’à payer les factures : il retire au trading la pression du besoin, et c’est cette pression qui fait sortir du plan. On ne trade pas de la même façon un mois où il faut gagner pour payer le loyer et un mois où l’on peut ne rien faire si le marché ne donne rien.

J’ai moi-même gardé longtemps une autre activité. J’ai été professeur d’histoire pendant douze ans tout en tradant ; en 2013 encore, comme je le racontais dans l’article sur mon quotidien de trader, « j’avais encore une société et des salariés », et « mon entreprise rapportait plus que mon trading ». Le trading a pris sa place petit à petit, pas d’un coup. La fiche sur le trading en gardant son emploi décrit cette période, et la fiche sur les étapes pour devenir trader indépendant dit quand, et à quelles conditions, franchir le pas.

Questions fréquentes sur le fait de vivre du trading

Peut-on vraiment vivre du trading ?

Oui, mais très peu y parviennent durablement. Plus de 89 % des particuliers suivis par l’AMF ont perdu de l’argent sur quatre ans, et au Brésil 0,4 % des day traders persévérants ont gagné plus qu’un guichetier de banque. Personne ne peut promettre d’en faire partie.

Quel capital faut-il pour vivre du trading ?

Il n’existe pas de chiffre valable pour tous : il dépend de vos besoins, de votre méthode et de votre instrument. La règle est qu’un capital trop petit pour vos besoins pousse à trop de levier, et que le trading de rente demande un capital assez grand pour être tradé prudemment.

Qu’est-ce que le trading de rente ?

C’est le trading de celui qui vit de ses gains : il gère un capital jugé suffisant pour en tirer un revenu, avec peu de levier, et cherche à minimiser le risque plutôt qu’à maximiser le rendement. Il s’oppose au trading d’accumulation, qui cherche à faire grossir un petit capital.

Faut-il créer une société pour vivre du trading ?

La question se pose dès que le trading devient votre activité principale. Les options, et ce qu’elles changent, sont présentées dans la fiche sur le statut du trader indépendant et dans le guide de la fiscalité ; votre cas précis se tranche avec un expert-comptable.

Faut-il garder un autre revenu pour vivre du trading ?

Le plus longtemps possible. Un autre revenu retire au trading la pression du besoin, et c’est cette pression qui fait sortir du plan. Le trading doit pouvoir faire vivre sans qu’on ait besoin de lui pour vivre.

Sources de référence utilisées

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Pour aller plus loin

Sur le forum

Fiche à jour au 6 novembre 2026, chiffres vérifiés à cette date. Elle décrit un métier et des règles générales et ne constitue pas un conseil d’investissement ni d’orientation adapté à votre situation.

L’auteur

Benoist Rousseau

Trader indépendant · Membre du CME et du CBOT

Benoist Rousseau est trader depuis 1994 et membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), où il détient deux sièges de membre individuel. Fondateur d'Andlil.com en 2010 et auteur de Devenez Trader Pro (2016), il a formé des centaines de traders désireux de maîtriser l'exécution rapide pour apprendre le scalping. Dans la rubrique Vie du trader, il raconte le quotidien du métier : ce qu'il exige en discipline, ce qu'il offre et ce qu'il coûte.

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