Lexique économique, lettre M : de la macroéconomie au monétarisme
Main invisible, mercantilisme, marginalisme, marxisme, monétarisme, masse monétaire, mondialisation, modèle Heckscher-Ohlin : 11 notions d’économie.

Onze notions. La lettre M est celle des doctrines : mercantilisme, marginalisme, marxisme, monétarisme, et la main invisible d’Adam Smith. On y trouve aussi la macroéconomie, la masse monétaire, la mondialisation, les mobilités du capital et du travail, et le modèle de Heckscher et Ohlin, qui explique le commerce par les ressources dont chaque pays est doté.
Macroéconomie
La macroéconomie étudie l’économie dans son ensemble à travers de grands agrégats : PIB, inflation, chômage, taux d’intérêt, consommation. Complément de la microéconomie, elle s’est développée avec Keynes et sert à analyser la conjoncture et à orienter les politiques publiques.
Main invisible
La main invisible est l’image par laquelle Adam Smith décrit comment chacun, en poursuivant son propre intérêt, sert sans le vouloir celui de la société. Devenue le symbole du libéralisme, l’expression n’apparaît pourtant qu’une fois dans La Richesse des nations (1776).
Marginalisme
Le marginalisme explique la valeur d’un bien par l’utilité de sa dernière unité, l’utilité marginale, qui diminue à mesure que la quantité augmente. Né dans les années 1870 avec Jevons, Menger et Walras, il a remplacé la valeur-travail et fondé l’économie néoclassique.
Marxisme
Le marxisme est la théorie de Karl Marx et Friedrich Engels : la valeur vient du travail, le profit du travail non payé (la plus-value), et le capitalisme traverse des crises qui doivent le dépasser. L’article distingue cette analyse du projet politique communiste.
Masse monétaire
La masse monétaire est la quantité de monnaie en circulation dans une économie, mesurée par des agrégats emboîtés, M1, M2 et M3, du plus liquide au moins liquide. Dans la zone euro, la BCE la suit de près, car son excès peut alimenter l’inflation.
Mercantilisme
Le mercantilisme désigne les doctrines et politiques qui ont dominé l’Europe du XVIe au XVIIIe siècle : la puissance d’un État dépend de sa richesse en métaux précieux, et l’on s’enrichit en exportant plus qu’on n’importe. Colbert en fut le grand praticien en France.
Mobilité du capital
La mobilité du capital désigne la facilité avec laquelle l’épargne et les investissements franchissent les frontières : investissements directs, placements, achats immobiliers à l’étranger. Plus elle est forte, plus les pays rivalisent par leur fiscalité et leurs règles.
Mobilité du travail
La mobilité du travail est la capacité des travailleurs à changer d’emploi, de région ou de pays. L’article prend l’exemple de l’Union européenne, où la libre circulation et la reconnaissance des diplômes facilitent le travail dans un autre État membre.
Modèle Heckscher-Ohlin
Le modèle Heckscher-Ohlin explique le commerce international par les dotations en facteurs : chaque pays exporte les biens qui utilisent intensivement le facteur dont il est abondamment doté. À la différence du modèle de Ricardo, il suppose partout les mêmes techniques.
Mondialisation
La mondialisation est le processus d’intégration croissante des économies et des sociétés par les échanges de biens, de capitaux, d’hommes et d’informations. Elle se traduit notamment par la division internationale du travail, les délocalisations et l’essor du commerce mondial.
Monétarisme
Le monétarisme est l’école de pensée menée par Milton Friedman, pour qui la quantité de monnaie est le principal moteur des dépenses à court terme et la seule cause durable de l’inflation. Il recommande une croissance stable et annoncée de la masse monétaire.
Les économistes : lettre M
Douze économistes ont un nom en M : Thomas Robert Malthus, Alfred Marshall, Karl Marx, Allan Meltzer, Carl Menger, John Stuart Mill, Hyman Minsky, Ludwig von Mises, Antoine de Montchrestien, Thomas Mun, Robert Mundell et John Muth. Chacun a sa biographie complète : sa vie, ses idées, les débats qu’elles ont suscités et ce qu’elles changent pour un investisseur.
Malthus (Thomas Robert)
Thomas Robert Malthus (1766-1834), pasteur et économiste anglais, a lié population et subsistances et défendu contre Ricardo la possibilité d’une surproduction.
Marshall (Alfred)
Alfred Marshall (1842-1924) a fondé la microéconomie moderne : offre et demande, élasticité-prix, surplus du consommateur et distinction court terme-long terme.
Marx (Karl)
Karl Marx (1818-1883), auteur du Capital et du Manifeste : une vie d’exil, une critique de l’économie classique et un héritage toujours discuté.
Meltzer (Allan)
Allan Meltzer (1928-2017), monétariste, a écrit l’histoire de référence de la Fed et défendu des règles monétaires contre la discrétion des banquiers centraux.
Menger (Carl)
Carl Menger (1840-1921) a fondé l’école autrichienne et montré en 1871 que la valeur d’un bien dépend des besoins qu’il satisfait, pas du travail.
Mill (John Stuart)
John Stuart Mill (1806-1873) a signé la synthèse de l’économie classique en 1848, séparé production et répartition et défendu la liberté individuelle.
Minsky (Hyman)
Hyman Minsky (1919-1996) a montré que les longues périodes de prospérité poussent l’économie vers l’endettement excessif et la crise financière.
Mises (Ludwig von)
Ludwig von Mises (1881-1973), figure de l’école autrichienne, a expliqué les cycles par l’excès de crédit et montré en 1920 le problème du calcul socialiste.
Montchrestien (Antoine de)
Antoine de Montchrestien (vers 1575-1621), poète et maître de forges, donne en 1615 son nom à l’économie politique dans un traité mercantiliste.
Mun (Thomas)
Thomas Mun (1571-1641), marchand de la Compagnie des Indes, a fait de la balance du commerce la règle de la richesse : vendre plus qu’on n’achète.
Mundell (Robert)
Robert Mundell (1932-2021), prix Nobel 1999, a lié l’efficacité des politiques au régime de change et fondé la théorie de la zone monétaire optimale.
Muth (John)
John Muth a formulé en 1961 l’hypothèse des anticipations rationnelles, ignorée dix ans puis devenue le socle de la macroéconomie de Robert Lucas.
Pour situer ces notions dans leur famille d’idées, le guide des grandes théories économiques les range en 52 fiches, famille par famille. Pour les mots de la Bourse et du trading, voyez le lexique boursier.
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