Néolibéralisme : idéologie, principes et application

Qu’est-ce que le néolibéralisme ?
Le néolibéralisme regroupe des théories libérales et néo-classiques notamment celles de Friedrich Hayek et de Milton Friedman. Les chantres de cette idéologie sont, Margaret Thatcher et Ronald Reagan, qui ont mis en pratique ces théories dans les années 1980. Il s’agit d’une idéologie qui défend la privatisation du secteur public et la limitation de l’intervention de l’État dans le système économique au profit du secteur privé. Les néolibéraux prônent la dérégulation des marchés et la libre-concurrence par la délocalisation, le commerce international.
Quel est un exemple concret de néolibéralisme ?
L’idéologie néolibérale est le modèle prédominant dans les sociétés occidentales et représente le système économique de nombreux pays européens notamment des pays anglo-saxons, précurseurs dans l’application de cette idéologie. Ces applications concernent un allègement fiscal, le désengagement de l’Etat, la réduction des dépenses publiques, des impôts, des frais douaniers.
Pourquoi le néolibéralisme est-il contesté ?
Contesté par certains dissidents, notamment les socialistes, qui dénoncent les inégalités sociales et les effets néfastes sur les pays en voie de développement, le néolibéralisme est le système dominant, et malgré la remise en question de certains mêmes de ses partisans, cela reste une idéologie solidement ancrée dans le paysage économique et politique occidental et dont l’influence reste toujours vive.
Le néolibéralisme en résumé
Le néolibéralisme désigne un courant d’idées né à la fin des années 1930, puis un ensemble de politiques appliquées à partir des années 1970 et 1980 : stabilité des prix, réduction du rôle économique de l’État, privatisations, déréglementation, ouverture au commerce et aux capitaux, baisse des impôts. Le terme est aujourd’hui surtout employé par ses critiques ; ceux qu’il désigne se disent plus volontiers libéraux.
Quelles sont les origines du néolibéralisme, en 1938 et 1947 ?
Le mot s’impose lors du colloque Walter Lippmann, réuni à Paris en août 1938 à l’initiative du philosophe Louis Rougier. Environ vingt-cinq intellectuels libéraux, dont Friedrich Hayek, Ludwig von Mises, Wilhelm Röpke, Alexander Rüstow et Raymond Aron, y cherchent à refonder un libéralisme qu’ils jugent discrédité par la crise de 1929, face à la montée des régimes totalitaires et de la planification. Le terme « néolibéralisme » est retenu ; on en attribue souvent la paternité à Rüstow.
Le 10 avril 1947, Hayek réunit près de Vevey, en Suisse, la Société du Mont-Pèlerin, qui deviendra le principal lieu de rencontre de ce courant. Milton Friedman la préside de 1970 à 1972, et huit de ses membres recevront le prix Nobel d’économie, dont Hayek, Friedman, George Stigler et Maurice Allais.
Existe-t-il plusieurs néolibéralismes ?
Le courant n’est pas homogène. Les ordolibéraux allemands de l’école de Fribourg estiment que le laissez-faire étouffe la concurrence et que l’État doit fixer un cadre juridique strict ; ils inspirent l’« économie sociale de marché » de Ludwig Erhard après 1945. L’école autrichienne de Mises et Hayek insiste sur les limites de la connaissance des planificateurs. L’école de Chicago de Friedman met l’accent sur la monnaie et sur l’efficacité des marchés, avec le monétarisme. Ces courants s’opposent tous à la planification, mais pas sur le rôle exact de l’État.
Comment les idées néolibérales sont-elles devenues des politiques ?
Le premier terrain d’application souvent cité est le Chili après le coup d’État de 1973, où des économistes formés à Chicago, les « Chicago Boys », mènent privatisations, déréglementation et ouverture commerciale ; l’inflation y recule fortement, les inégalités augmentent, et le bilan reste discuté. Au Royaume-Uni à partir de 1979 et aux États-Unis à partir de 1981, Margaret Thatcher et Ronald Reagan engagent des réformes de ce type pour sortir de la stagflation des années 1970. Ces politiques sont largement poursuivies par leurs successeurs, y compris travaillistes au Royaume-Uni. En 1989, l’économiste John Williamson résume sous le nom de consensus de Washington les dix réformes alors recommandées aux pays en développement : discipline budgétaire, réforme fiscale, libéralisation du commerce et de l’investissement étranger, privatisations, déréglementation, protection des droits de propriété.
Quelles critiques et quels débats entourent le néolibéralisme ?
Ses défenseurs attribuent à ces politiques la victoire sur l’inflation des années 1970 et 1980, le dynamisme retrouvé de certaines économies et l’essor du commerce mondial, qui a contribué au recul de l’extrême pauvreté. Ils rappellent aussi que bien des pays dits néolibéraux ont conservé des dépenses publiques élevées.
Ses critiques, de David Harvey (A Brief History of Neoliberalism, 2005) à de nombreux économistes, lui reprochent la montée des inégalités, l’instabilité financière et des réformes imposées sans tenir compte des situations locales. La critique est venue aussi de l’intérieur des institutions : en 2016, trois économistes du FMI, Jonathan Ostry, Prakash Loungani et Davide Furceri, ont publié un article intitulé « Le néolibéralisme a-t-il été survendu ? ». Ils y saluent l’ouverture commerciale, l’investissement direct étranger et souvent les privatisations, mais jugent que la libéralisation des flux de capitaux à court terme et les politiques d’austérité ont eu des coûts sous-estimés et ont accru les inégalités, au détriment de la croissance elle-même.
Qu’est-ce que le néolibéralisme a changé pour les marchés ?
Une partie du paysage financier actuel vient de cette période : l’indépendance des banques centrales et leur priorité donnée à la stabilité des prix, la libre circulation des capitaux, la déréglementation des places financières, comme le Big Bang de la City de Londres en 1986, et les grandes privatisations qui ont élargi l’actionnariat. Comprendre ce cadre aide à lire les débats actuels, quand les États reviennent vers la politique industrielle ou le contrôle des investissements étrangers.
Questions fréquentes sur le néolibéralisme
Quelle est la différence entre libéralisme et néolibéralisme ?
Le libéralisme classique, celui d’Adam Smith ou de David Ricardo, date des XVIIIe et XIXe siècles. Le néolibéralisme naît en 1938 pour le refonder, en reconnaissant à l’État un rôle de garant du cadre juridique et de la concurrence.
Qui sont les principaux penseurs du néolibéralisme ?
Friedrich Hayek, Ludwig von Mises, Wilhelm Röpke, Alexander Rüstow et Milton Friedman, autour du colloque Lippmann (1938) et de la Société du Mont-Pèlerin (1947).
Pourquoi le mot néolibéralisme est-il controversé ?
Parce qu’il est surtout employé par ses adversaires, souvent de manière péjorative, et que ceux qu’il désigne le revendiquent rarement. Beaucoup de chercheurs le jugent néanmoins utile pour décrire un ensemble cohérent de politiques.
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Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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