Secteur privé : définition et rôle dans l’économie

Qu’est-ce que le secteur privé ?
Le secteur privé correspond à la partie de l’économie qui n’est ni détenue ni contrôlée par l’État, et où celui-ci n’intervient pas ou du moins peu. Il s’agit principalement des entreprises privées n’appartenant pas à l’État et étant gérées par des particuliers et dont la raison d’être est le profit.
Quel est un exemple concret de secteur privé ?
Le secteur privé comprend principalement :
- des entreprises
- des organisations non gouvernementales
- des mutuelles et des coopératives
- des banques et fonds d’investissement à capitaux privés
À quoi sert le secteur privé ?
Le secteur privé est complémentaire du secteur public et est essentiel pour la croissance et la création de richesse dans un pays. Il permet de créer des emplois dans des secteurs d’activité qui ne sont pas pris en charge par l’État et contribue au développement social et technologique ainsi qu’à l’innovation.
Le secteur privé en résumé
Le secteur privé regroupe toutes les entreprises et organisations qui n’appartiennent pas à l’État ni aux collectivités publiques et ne sont pas contrôlées par eux : sociétés, entrepreneurs individuels, banques privées, mais aussi associations, fondations, mutuelles et coopératives. Le critère qui le définit est la propriété et le contrôle, non la recherche du profit.
La plupart des acteurs privés cherchent à dégager un bénéfice, mais une partie importante du secteur privé est à but non lucratif. C’est pourquoi la liste ci-dessus range à juste titre les ONG, mutuelles et coopératives dans le secteur privé, même si elles ne visent pas le profit pour lui-même.
Quelle différence entre secteur privé lucratif et non lucratif ?
| Famille | Exemples | Que fait-on du résultat ? |
|---|---|---|
| Privé lucratif | Sociétés, artisans, professions libérales | Distribué aux propriétaires ou réinvesti |
| Privé non lucratif | Associations, fondations, ONG | Réinvesti dans l’objet de l’organisation |
| Lucrativité limitée | Coopératives, mutuelles | Encadré, avec un pouvoir réparti entre les membres |
En France, les deux dernières familles forment l’économie sociale et solidaire, reconnue par la loi du 31 juillet 2014. Selon la direction générale du Trésor, elle employait près de 2,6 millions de salariés en 2019, soit 13,6 % de l’emploi privé.
Où passe la frontière entre secteur privé et secteur public ?
Entre le secteur privé et le secteur public, il existe de nombreuses situations intermédiaires. Une entreprise cotée peut être contrôlée par l’État et rester soumise au droit des sociétés ; l’État peut détenir une minorité du capital d’une entreprise privée, parfois avec des droits particuliers (une golden share) ; une entreprise privée peut gérer un service public par délégation, comme la distribution de l’eau ou des autoroutes. Le poids des entreprises publiques a fortement reculé avec les privatisations : selon l’Insee, les sociétés contrôlées majoritairement par l’État employaient 7,3 % des salariés en France en 1995, contre 2,1 % fin 2021.
Pourquoi le secteur privé produit-il l’essentiel des richesses ?
Les économistes libéraux, d’Adam Smith à Friedrich Hayek, mettent en avant trois atouts. Les incitations : celui qui risque son propre argent a intérêt à le gérer avec soin. Les prix : sur un marché libre, ils transmettent l’information sur ce qui manque et ce qui abonde, ce qu’aucun planificateur ne peut rassembler. La concurrence : elle oblige à innover et à baisser les coûts, et fait disparaître les entreprises les moins efficaces au profit de nouvelles, mécanisme que Joseph Schumpeter a appelé la destruction créatrice.

D’autres économistes rappellent les limites du marché, qui justifient selon eux un rôle de l’État : les biens publics (défense, éclairage public), que personne n’a intérêt à financer seul ; les externalités, comme la pollution, dont le coût n’est pas supporté par celui qui la produit ; les monopoles naturels ; les ressources communes surexploitées, problème décrit par la tragédie des biens communs. Le débat porte moins sur l’existence de ces limites que sur la meilleure façon d’y répondre : réglementation, impôt, production publique ou définition de droits de propriété.
Qu’est-ce que le secteur privé change pour un investisseur ou un trader ?
La bourse est, pour l’essentiel, une vitrine du secteur privé lucratif : les entreprises cotées n’en représentent qu’une partie, mais leurs résultats reflètent la santé des entreprises privées. Plusieurs statistiques suivies par les marchés isolent d’ailleurs ce secteur : aux États-Unis, le rapport mensuel sur l’emploi distingue les créations d’emplois privés de celles des administrations, et les enquêtes auprès des directeurs d’achat mesurent l’activité des entreprises privées. Un emploi public qui progresse pendant que l’emploi privé stagne est souvent lu comme un signe de faiblesse de l’économie.
Questions fréquentes sur le secteur privé
Une association fait-elle partie du secteur privé ?
Oui. Elle n’appartient pas à l’État, même si elle reçoit des subventions publiques. Elle fait partie du secteur privé non lucratif.
Une entreprise cotée en bourse est-elle forcément privée ?
Non : si l’État détient la majorité de son capital ou des droits de vote, c’est une entreprise publique, même si une partie de ses actions s’échange en bourse.
Quelle est la différence entre secteur privé et économie de marché ?
Le secteur privé désigne des acteurs (qui possède et contrôle) ; l’économie de marché désigne un mode de coordination (les prix et la concurrence). Une entreprise publique peut vendre sur un marché concurrentiel, et une association peut produire hors marché.
Quelle part de la richesse le secteur privé produit-il en France ?
Environ les quatre cinquièmes. Selon Eurostat, les administrations publiques produisaient 18,6 % de la valeur ajoutée en 2025 ; les sociétés non financières 57,9 %, les ménages, entrepreneurs individuels compris, et les associations 19,2 %, les banques et assurances 4,2 %. Les sociétés non financières incluent toutefois les entreprises publiques.
Quelle est la différence entre secteur privé et secteur marchand ?
Le secteur marchand regroupe tout ce qui est vendu à un prix couvrant ses coûts, y compris par des entreprises publiques. Le secteur privé se définit par la propriété : il comprend aussi des associations dont l’activité est non marchande.
Qu’est-ce qu’un partenariat public-privé ?
C’est un contrat de longue durée par lequel une collectivité publique confie à une entreprise privée le financement, la construction et souvent l’entretien d’un équipement (hôpital, prison, stade), en échange de loyers versés pendant toute la durée du contrat.
Sources de référence utilisées
2
- Eurostat, comptes nationaux annuels par secteur institutionnel, valeur ajoutée brute (série nasa_10_nf_tr) : ec.europa.eu.
- Eurostat, glossaire, « Institutional sector » (secteurs institutionnels) : ec.europa.eu.
Pour aller plus loin
- Capitalisme libéral : principes et rôle de l’État, la version qui réduit le rôle de l’État au minimum et laisse au secteur privé l’essentiel de l’économie.
- Qu’est-ce que la main invisible d’Adam Smith ?, l’image d’Adam Smith pour expliquer comment l’intérêt privé peut servir l’intérêt général.
- Qu’est-ce que la non-intervention économique ?, le principe selon lequel l’État doit laisser faire les acteurs privés.
- Privatisation : définition, histoire et bilan des grandes ventes d’État, le passage d’entreprises publiques au secteur privé, en France depuis 1986.
Lexique économique : toutes les définitions, de A à Z.
Benoist Rousseau est trader depuis 1994, membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), et titulaire d'une maîtrise d'histoire de Paris IV-Sorbonne. Ancien historien d'entreprise pour un groupe du CAC 40, il figure dans le Top 10 des influenceurs économiques du magazine Challenges. Il dispense un enseignement d'élite dans son école de trading à travers une masterclass de trading. Dans la rubrique Grands économistes et débats, il présente les grandes écoles de pensée économique, ce qu'elles ont vu juste et leurs angles morts.
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