Fiscalité du PER en 2026 : déduction, sortie en capital ou en rente
Plafond de déduction, report sur 5 ans, sortie en capital ou en rente, déblocages anticipés et décès : la fiscalité du plan d’épargne retraite en 2026.

En 2026, les versements sur un plan d’épargne retraite (PER) individuel se déduisent du revenu imposable dans la limite de 10 % des revenus professionnels de 2025, plafonnés à 37 680 €, avec un minimum de 4 710 €. En contrepartie, la sortie est imposée : en capital, la part correspondant aux versements déduits entre dans le revenu imposé au barème, et les gains perçus depuis le 1er janvier 2026 subissent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Le PER fait gagner de l’argent surtout à ceux dont la tranche d’imposition sera plus basse à la retraite qu’au moment des versements.
Le PER individuel, proposé depuis le 1er octobre 2019 et réservé aux majeurs, a remplacé le plan d’épargne retraite populaire (PERP) et le contrat Madelin. Il prend la forme d’un compte-titres (PER bancaire) ou d’un contrat d’assurance de groupe (PER assurance), dont la fiscalité au décès diffère. L’argent y reste bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi. La loi de finances pour 2026 apporte deux nouveautés : depuis le 1er janvier 2026, les versements faits à partir de 70 ans ne sont plus déductibles, et les plafonds non utilisés à compter de celui de 2026 se reportent sur 5 ans au lieu de 3.
Combien peut-on déduire de ses versements sur un PER en 2026 ?
Chaque versement volontaire fait avant 70 ans est, par défaut, déductible du revenu imposable de l’année où il est fait. Vous pouvez y renoncer, versement par versement, en le signalant au gestionnaire au moment du dépôt ; la sortie sera alors moins imposée. La déduction n’est pas une réduction d’impôt : elle diminue le revenu imposable, donc l’économie dépend de votre tranche marginale d’imposition, c’est-à-dire le taux du barème qui s’applique à la dernière tranche de vos revenus (0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 % pour les revenus de 2025).
Le plafond d’un salarié. Pour les versements faits en 2026, il est égal à 10 % des revenus d’activité de 2025, nets de cotisations et de frais professionnels, sans dépasser 37 680 €, ou à 4 710 € si ce montant est plus élevé. Il est réduit des sommes déjà déduites au titre de l’entreprise : cotisations aux régimes de retraite supplémentaire obligatoires, abondement de l’employeur sur un plan d’épargne retraite collectif dans la limite exonérée, jours de compte épargne-temps affectés à ces plans. Une personne sans activité ou un retraité sans revenus professionnels dispose de 4 710 €. Les travailleurs indépendants relèvent de règles particulières, fondées sur leur bénéfice professionnel.
Le report et la mutualisation. La part non utilisée du plafond s’ajoute à celui des années suivantes. La loi de finances pour 2026 a porté ce report de 3 à 5 ans pour les plafonds de 2026 et suivants ; les reliquats de 2024 et 2025 restent utilisables 3 ans, c’est-à-dire jusqu’en 2027 et 2028. Les versements s’imputent d’abord sur le plafond de l’année, puis sur les reliquats les plus anciens. Un couple marié ou pacsé peut mutualiser ses plafonds en cochant la case 6QR, ce qui permet à l’un d’utiliser la marge inemployée de l’autre.
Le plafond figure sur votre avis d’impôt. Celui applicable aux versements de 2026 est indiqué sur l’avis d’impôt reçu à l’été 2026, au titre des revenus de 2025 ; il additionne le plafond de l’année et les reliquats encore disponibles.
Comment le capital ou la rente d’un PER sont-ils imposés à la sortie ?
Le PER se débloque au plus tôt à la liquidation de votre pension de retraite ou à l’âge légal de départ. Vous choisissez alors une sortie en capital, versé en une ou plusieurs fois, en rente viagère (éventuellement réversible au profit d’un proche), ou un mélange des deux. Rien ne vous oblige à sortir à cette date : l’épargne reste disponible. Seule l’épargne issue de versements obligatoires d’entreprise, transférée d’un plan d’entreprise, sort nécessairement en rente.
| Sortie | Versements déduits à l’entrée | Versements non déduits |
|---|---|---|
| Capital : part des versements | Barème de l’impôt sur le revenu, catégorie des pensions, sans abattement de 10 % ; pas de prélèvements sociaux | Exonérée d’impôt et de prélèvements sociaux |
| Capital : part des gains | Prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % + 18,6 %) pour les gains perçus depuis le 1er janvier 2026 (30 % avant) | Prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % |
| Rente viagère | Imposée comme une pension (abattement de 10 % plafonné) ; prélèvements sociaux de 18,6 % sur une fraction de la rente | Régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction est imposée ; prélèvements sociaux de 18,6 % sur cette fraction |
La fraction de la rente soumise aux prélèvements sociaux dépend de votre âge au premier versement : 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % après 69 ans. Le taux de 18,6 % s’applique aux rentes versées depuis le 1er janvier 2026.
Sur les gains d’un PER assurance, la question des prélèvements sociaux n’est pas entièrement tranchée : Service-Public applique 18,6 %, mais certains commentateurs estimaient que ces contrats resteraient à 17,2 %, comme l’assurance-vie. Le taux appliqué figure sur le relevé du gestionnaire.
Le prélèvement de 12,8 % retenu par le gestionnaire sur la part des gains est un acompte de l’impôt sur le revenu, qui suit les règles générales des revenus de placement, option globale pour le barème comprise (voir flat tax ou barème). Vous pouvez en être dispensé si le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (couple), sur demande faite au plus tard à l’encaissement.
Le PER est-il rentable ? Un exemple chiffré selon la tranche d’imposition
Marc, célibataire, est imposé dans la tranche à 30 %. Pendant 10 ans, il verse 3 000 € par an sur un PER et déduit chaque versement, ses revenus restant dans cette tranche. Les calculs ci-dessous utilisent le barème des revenus de 2025, le seul connu au 23 octobre 2026, et laissent de côté la décote et les autres revenus de placement.
- Économie d’impôt pendant l’épargne : 3 000 € × 30 % = 900 € par an, soit 9 000 € sur 10 ans pour 30 000 € versés.
- Valeur du plan au départ en retraite : 40 000 €, dont 30 000 € de versements et 10 000 € de gains.
- Imposition des gains, dans tous les cas : 10 000 € × 31,4 % = 3 140 €.
Scénario A : Marc reste dans la tranche à 30 % à la retraite et sort tout en capital la même année, la somme restant dans cette tranche. La part versements coûte 30 000 € × 30 % = 9 000 € d’impôt : exactement l’économie réalisée à l’entrée. Le PER n’a fait que différer l’impôt ; Marc a seulement bénéficié du placement, pendant 10 ans, de l’impôt économisé.
Scénario B : Marc passe dans la tranche à 11 % à la retraite et fractionne sa sortie sur 5 ans, à raison de 6 000 € de versements par an, de sorte que son revenu imposable ne franchisse pas 29 579 €, seuil de la tranche à 30 %. La part versements coûte 30 000 € × 11 % = 3 300 €. Gain net d’impôt sur le revenu : 9 000 € − 3 300 € = 5 700 €.
Scénario C, à éviter : une tranche plus élevée à la sortie. Un retrait de 30 000 € en une seule année, ajouté à une pension déjà imposée à 30 %, peut faire franchir le seuil de 84 577 € et passer une partie de la somme à 41 %. La sortie en une fois concentre l’impôt ; le fractionnement est la parade prévue par le contrat.
La leçon tient en une ligne : le PER rapporte l’écart entre la tranche d’imposition à l’entrée et celle à la sortie. Un contribuable non imposable ou dans la tranche à 11 % gagne peu, voire rien, à déduire ; il peut renoncer à la déduction, et seuls ses gains seront alors imposés à la sortie, comme sur un compte-titres, avec l’argent bloqué en plus.
Dans quels cas peut-on débloquer un PER avant la retraite ?
Les cas sont limitativement énumérés par la loi :
- décès du conjoint ou du partenaire de Pacs ;
- invalidité de 2e ou 3e catégorie du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou partenaire de Pacs, ou affection grave, handicap ou accident d’une particulière gravité d’un enfant à charge ;
- surendettement, sur demande de la commission de surendettement ;
- expiration des droits à l’assurance chômage, ou fin d’un mandat social depuis au moins 2 ans sans contrat de travail ni pension ;
- cessation d’une activité non salariée à la suite d’une liquidation judiciaire ;
- achat de la résidence principale.
Pour un accident de la vie, la part des versements est exonérée d’impôt et de prélèvements sociaux, et les gains ne supportent que les prélèvements sociaux. Pour l’achat de la résidence principale, la fiscalité est celle d’une sortie en capital ordinaire : versements déduits imposés au barème sans abattement de 10 %, versements non déduits exonérés, gains au prélèvement forfaitaire unique. La demande se fait par lettre, de préférence recommandée, au gestionnaire, avec un justificatif d’identité, un relevé d’identité bancaire et la preuve de l’événement.
Comment le PER se transmet-il au décès ?
Au décès du titulaire avant le déblocage, le plan est clôturé et les sommes reviennent aux bénéficiaires désignés ou aux héritiers. Le régime dépend de la forme du plan.
PER assurance. Il se transmet selon des règles proches de l’assurance-vie, avec une différence de taille : c’est l’âge du titulaire au décès, et non au moment des versements, qui compte. Décès avant 70 ans : chaque bénéficiaire reçoit 152 500 € en franchise, puis un prélèvement de 20 % s’applique jusqu’à 700 000 € de part taxable et de 31,25 % au-delà. Décès après 70 ans : la totalité des sommes, épargne et gains, est soumise aux droits de succession après un abattement global de 30 500 €. Les gains ne bénéficient donc pas de l’exonération que l’assurance-vie accorde aux gains des primes versées après 70 ans.
PER bancaire. Ouvert sous forme de compte-titres, il entre dans l’actif de la succession et supporte les droits de succession ordinaires.
Si le titulaire touchait déjà une rente viagère, ce qui reste n’est transmis que si la rente était réversible ; sinon, l’épargne restante n’est pas versée. Le conjoint marié ou le partenaire de Pacs est exonéré de droits de succession et du prélèvement de l’article 990 I, quelle que soit la forme du plan.
Comment déclarer un PER ?
À l’entrée. Le gestionnaire vous adresse chaque année une attestation du montant des versements déductibles. Vous le reportez dans la case 6NS (déclarant 1), 6NT (déclarant 2) ou 6NU (personnes à charge) de la déclaration de revenus, les cases 6RS, 6RT et 6RU servant aux anciens plans (PERP, Préfon et assimilés) ; les versements de 2026 se déclarent au printemps 2027. Si le plafond imprimé sur l’avis est erroné, par exemple après un changement de situation familiale, les cases 6PS, 6PT et 6PU servent à le rectifier, et la case 6QR à mutualiser les plafonds d’un couple. La déduction reste limitée au plafond disponible, quel que soit le montant déclaré.
À la sortie. Le gestionnaire retient le prélèvement forfaitaire sur la part des gains et vous communique les montants à déclarer. La part versements d’une sortie en capital et les rentes s’ajoutent aux pensions sur la déclaration de l’année suivante.
Les versements issus de l’épargne salariale (intéressement, participation, abondement) transférés sur un PER ne sont pas déductibles : ils ont déjà été exonérés à l’entrée, et la part correspondante sort exonérée en capital.
Les erreurs à éviter
Verser plus que son plafond en espérant le déduire. Le surplus n’apporte aucune économie d’impôt et reste bloqué jusqu’à la retraite.
Oublier que l’économie d’entrée est une avance. Le capital correspondant aux versements déduits sera imposé au barème. Ce qui compte, c’est l’écart entre la tranche à l’entrée et à la sortie, pas l’économie de l’année.
Sortir tout le capital la même année. Ajouter des dizaines de milliers d’euros à sa pension peut faire monter d’une ou deux tranches. Le capital peut être versé en plusieurs fois.
Continuer à déduire à partir de 70 ans. Depuis le 1er janvier 2026, les versements faits à partir de 70 ans ne sont plus déductibles.
Prendre le PER pour une assurance-vie au décès. Pour un PER assurance, un décès après 70 ans fait entrer toute l’épargne, gains compris, dans les droits de succession.
Choisir la déduction quand on n’est pas imposable. Elle ne rapporte rien et rend la sortie imposable au barème. Renoncer à la déduction se décide au moment de chaque versement.
Questions fréquentes
Où trouver son plafond de déduction PER ?
Sur l’avis d’impôt sur le revenu, dans la rubrique consacrée à l’épargne retraite. Celui reçu en 2026, qui porte sur les revenus de 2025, indique le plafond disponible pour les versements de 2026, reliquats des années précédentes compris.
Peut-on ouvrir un PER pour un enfant mineur ?
Non, depuis le 1er janvier 2024 : il faut avoir 18 ans. Les plans ouverts avant cette date au nom d’un mineur restent ouverts mais ne peuvent plus recevoir de versements avant sa majorité.
Peut-on verser sur un PER après 70 ans ?
Oui, mais depuis le 1er janvier 2026, les versements faits à partir de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. En capital, seuls les gains qu’ils produiront seront imposés à la sortie.
Quel taux de prélèvements sociaux sur la sortie d’un PER en 2026 ?
Aucun sur la part du capital correspondant aux versements. Sur les gains, 18,6 % selon Service-Public pour les gains perçus depuis le 1er janvier 2026, soit 31,4 % avec l’impôt de 12,8 %. Sur une rente, 18,6 % sur une fraction de 30 % à 70 % de son montant selon l’âge.
Peut-on transférer son PER chez un autre gestionnaire ?
Oui, vers tout autre PER. Le transfert est gratuit après 5 ans de détention ; avant, les frais sont limités à 1 % de l’épargne. Le gestionnaire dispose de 2 mois pour transmettre les informations au nouveau.
Pour aller plus loin
- Les prélèvements sociaux sur les revenus du capital
- Qu’est-ce qu’un abattement fiscal ?
- La diversification en gestion de portefeuille
Sources officielles
- Service-Public.fr — Plan d’épargne retraite (PER) : versements, déduction, sortie et transmission
- BOFiP — Actualité ACTU-2026-00106 : versements après 70 ans et report des plafonds (loi de finances pour 2026)
- BOFiP — Prélèvement de l’article 990 I, dont le régime des PER au décès
- Impots.gouv.fr — Brochure pratique 2026 : charges déductibles, dont l’épargne retraite (cases 6NS à 6QR)
- Service-Public.fr — Barème de l’impôt sur le revenu
Fiche à jour au 23 octobre 2026, en tenant compte de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Elle présente les règles générales : elle ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable ou d’un avocat fiscaliste sur votre situation.
Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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