Fiscalité de l’épargne salariale en 2026 : intéressement, PEE, Pereco
Intéressement, participation, abondement, PEE et Pereco : ce qui est exonéré d’impôt en 2026, les prélèvements sociaux dus et les cas de déblocage anticipé.

En 2026, l’intéressement et la participation placés dans les 15 jours sur un plan d’épargne entreprise (PEE) ou un plan d’épargne retraite d’entreprise sont exonérés d’impôt sur le revenu, dans la limite de 36 045 € par an et par dispositif. Les gains réalisés dans le plan restent eux aussi exonérés d’impôt sur le revenu, mais supportent les prélèvements sociaux à la sortie : 18,6 % sur la part acquise depuis le 1er janvier 2026, les taux antérieurs sur la part plus ancienne. Perçues immédiatement, ces primes sont imposées comme un salaire.
L’épargne salariale regroupe des dispositifs distincts. L’intéressement est une prime facultative liée aux performances de l’entreprise ; la participation redistribue une part des bénéfices et devient obligatoire dans les entreprises qui ont employé au moins 50 salariés pendant 5 ans. Ces sommes peuvent être versées sur un PEE (ou ses variantes de groupe, le PEG, et interentreprises, le PEI), bloqué au moins 5 ans, ou sur un PER d’entreprise collectif (Pereco), bloqué jusqu’à la retraite. L’employeur peut y ajouter un abondement, c’est-à-dire un complément proportionnel à vos propres versements.
Comment l’intéressement et la participation sont-ils imposés en 2026 ?
Quand l’entreprise vous informe du montant de votre prime, vous disposez de 15 jours pour choisir : la percevoir immédiatement, en tout ou partie, ou la placer sur un plan d’épargne salariale. Sans réponse de votre part, l’intéressement est placé automatiquement sur le PEE ; la participation est affectée pour moitié au Pereco s’il existe, l’autre moitié suivant l’accord.
Si vous la placez sur un PEE, un PEG, un PEI, un Pereco ou un PER d’entreprise obligatoire dans les 15 jours de son versement, elle est exonérée d’impôt sur le revenu, dans la limite de 36 045 € pour 2026 (35 325 € en 2025). Ce plafond, égal à 75 % du plafond annuel de la sécurité sociale, s’applique séparément à l’intéressement et à la participation. Les sommes doivent rester bloquées pendant la durée prévue par le plan ; un retrait anticipé hors des cas autorisés les rend imposables.
Si vous la percevez, elle est imposable au barème comme un salaire. L’exemple officiel est parlant : un salarié qui reçoit 25 000 € d’intéressement, en place 20 000 € sur son PEE et encaisse 5 000 €, n’est imposé que sur ces 5 000 €.
Dans les deux cas, la prime est exonérée de cotisations sociales, mais la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) sont retenues ; le document d’information remis avec la prime en indique le montant. Seule l’exonération d’impôt sur le revenu dépend du placement. Côté employeur, l’intéressement est exonéré de forfait social dans les entreprises de moins de 250 salariés, la participation dans celles de moins de 50 ; au-delà, le forfait social est de 20 %, ramené à 16 % sous conditions pour les versements sur un plan d’épargne retraite d’entreprise (Perco ou Pere).
Que rapporte un plan d’épargne entreprise sur le plan fiscal ?
Le PEE accepte quatre sortes de sommes, au régime différent :
| Source | Impôt sur le revenu à l’entrée | Limite |
|---|---|---|
| Intéressement, participation | Exonérés s’ils sont placés dans les 15 jours | 36 045 € par dispositif en 2026 |
| Abondement de l’employeur | Exonéré (CSG et CRDS dues) | 3 fois le versement du salarié, et 3 844,80 € (6 920,64 € en titres de l’entreprise) |
| Prime de partage de la valeur bloquée sur le plan | Exonérée | Selon le régime de la prime |
| Versements volontaires du salarié | Non déductibles | 25 % de la rémunération annuelle brute |
Pendant la vie du plan, les dividendes et intérêts réinvestis dans le plan et les plus-values réalisées en vendant des parts sont exonérés d’impôt sur le revenu. Les sommes sont le plus souvent investies dans des fonds communs de placement d’entreprise (FCPE), une forme de fonds commun de placement réservée à l’épargne salariale, ou en actions de l’entreprise. Un revenu que vous choisiriez de ne pas réinvestir serait, lui, imposé à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.
À la sortie, après 5 ans ou lors d’un déblocage anticipé, le retrait est exonéré d’impôt sur le revenu. Seule la part correspondant aux gains supporte les prélèvements sociaux, calculés et retenus par le gestionnaire, qui vous verse le montant net. Les versements eux-mêmes ne sont pas taxés une seconde fois.
Quels prélèvements sociaux sur les gains d’un PEE en 2026 ?
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a porté les prélèvements sociaux sur les produits de placement de 17,2 % à 18,6 %. Pour le PEE comme pour le PEA, la hausse ne vise que les gains acquis à partir du 1er janvier 2026 : la loi exclut expressément les gains constatés avant cette date. Un retrait de 2026 combine donc plusieurs taux :
- 18,6 % sur la part des gains acquise depuis le 1er janvier 2026 ;
- 17,2 % sur la part acquise de 2018 à 2025 ;
- les « taux historiques », en vigueur au moment où les gains ont été réalisés, sur la part des gains liée aux versements faits avant le 1er janvier 2018.
Le gestionnaire du plan fait ce calcul et retient les prélèvements avant de vous verser les fonds ; le relevé de sortie permet de vérifier la ventilation.
Exemple chiffré : prime placée ou prime encaissée
Sophie, célibataire, est imposée dans la tranche à 30 % du barème des revenus de 2025. Au printemps 2026, son entreprise lui attribue 4 000 € d’intéressement (montant après CSG et CRDS, retenues dans les deux cas). Elle compare les deux options.
- Prime encaissée : 4 000 € s’ajoutent à son salaire imposable de 2026 ; impôt supplémentaire 4 000 € × 30 % = 1 200 €. Il lui reste 2 800 €.
- Prime placée sur le PEE : aucun impôt sur le revenu. Elle ajoute 1 000 € de versement volontaire ; l’accord prévoit un abondement de 100 %, soit 1 000 € (montant net, sous le plafond de 3 844,80 €). Le plan reçoit 6 000 €.
- Cinq ans plus tard, le plan vaut 7 200 €, soit 1 200 € de gains, tous acquis après le 1er janvier 2026.
- Retrait : impôt sur le revenu 0 € ; prélèvements sociaux 1 200 € × 18,6 % = 223,20 €. Elle reçoit 7 200 € − 223,20 € = 6 976,80 €.
En encaissant la prime, Sophie aurait disposé tout de suite de 2 800 € + 1 000 € = 3 800 €. En la plaçant, elle renonce à ces 3 800 € et récupère 6 976,80 € cinq ans plus tard. L’écart de 3 176,80 € vient de l’impôt évité (1 200 €), de l’abondement (1 000 €) et des gains nets (1 200 € − 223,20 € = 976,80 €) ; la contrepartie est le blocage de 5 ans et le risque de perte sur les fonds choisis.
Quand peut-on débloquer son épargne salariale avant 5 ans ?
Les sommes d’un PEE peuvent être retirées avant 5 ans, sans perdre l’exonération, dans les cas prévus par le Code du travail :
- mariage ou conclusion d’un Pacs ; naissance ou adoption d’un troisième enfant ;
- divorce, séparation ou dissolution d’un Pacs avec la garde d’au moins un enfant ; violences conjugales ;
- invalidité ou décès du salarié, de son conjoint ou partenaire de Pacs, ou invalidité d’un enfant ;
- rupture du contrat de travail, fin d’un mandat social ou cessation d’activité d’un entrepreneur individuel ;
- création ou reprise d’entreprise par le salarié ou son conjoint ;
- achat, construction ou agrandissement de la résidence principale, remise en état après catastrophe naturelle, rénovation énergétique ;
- surendettement ; activité de proche aidant ;
- achat d’un véhicule électrique ou à hydrogène, ou d’un vélo neuf à assistance électrique.
La demande doit être faite dans les 6 mois suivant l’événement, sauf en cas de rupture du contrat de travail, de décès, d’invalidité, de violences conjugales, de surendettement ou d’activité de proche aidant, où elle est possible à tout moment. Le Pereco a ses propres cas de déblocage, plus restreints, identiques à ceux du PER individuel, dont l’achat de la résidence principale.
Le PER d’entreprise collectif : une sortie différente
Placer intéressement, participation ou abondement sur un Pereco les exonère d’impôt sur le revenu à l’entrée, comme sur un PEE, mais l’argent reste bloqué jusqu’à la retraite. L’abondement de l’employeur y est limité à 3 fois votre versement et à 7 690 €. À la sortie en capital, la part correspondant à l’épargne salariale est exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ; les gains supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux) pour ceux perçus depuis le 1er janvier 2026. En rente, cette part est imposée comme une rente viagère à titre onéreux, sur une fraction seulement selon l’âge. Les versements volontaires sur un Pereco sont en revanche déductibles, dans le même plafond que le PER individuel.
Depuis le 1er janvier 2026, les sommes d’épargne salariale versées sur un PER par un titulaire âgé de 70 ans ou plus ne sont plus exonérées à l’entrée : leur sortie est alors traitée comme celle de versements non déduits.
Comment déclarer son épargne salariale ?
Sommes placées et exonérées : rien à déclarer. Ni l’intéressement, ni la participation, ni l’abondement placés dans les limites ne figurent sur la déclaration de revenus.
Sommes encaissées : elles s’ajoutent aux salaires de l’année de perception et sont déclarées avec eux ; l’employeur les inclut normalement dans le salaire imposable transmis à l’administration. Vérifiez le montant prérempli au printemps suivant.
Retraits du plan : aucune déclaration à l’impôt sur le revenu ; les prélèvements sociaux sont retenus à la source par le gestionnaire. Un retrait anticipé hors des cas autorisés rendrait les sommes imposables, ce qui imposerait alors de les déclarer.
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 comporterait, selon un éditeur spécialisé, une remise en cause de l’exonération d’impôt sur le revenu de l’épargne salariale. Rien n’est voté au 23 octobre 2026 : les règles décrites ici sont celles en vigueur.
Les erreurs à éviter
Laisser passer le délai de 15 jours sans réfléchir. C’est dans ce délai que se joue le choix entre une prime imposable et une prime exonérée mais bloquée. Sans réponse, l’accord décide à votre place.
Croire que l’exonération couvre tout. La CSG et la CRDS restent dues sur la prime et sur l’abondement, et les gains supportent les prélèvements sociaux à la sortie.
Verser au-delà de 25 % de sa rémunération. Les versements volontaires sur un PEE sont plafonnés à 25 % de la rémunération annuelle brute ; le dépassement est irrégulier.
Négliger l’abondement. Un versement volontaire qui déclenche un abondement de 100 % ou plus double la mise avant tout rendement ; un salarié qui ne verse rien ne le reçoit pas, sauf abondement unilatéral prévu par le règlement.
Retirer hors des cas prévus. Un déblocage non justifié fait perdre l’exonération d’impôt sur le revenu. Conservez les pièces exigées (acte de mariage, compromis de vente, certificat de travail) au moins jusqu’à la fin du délai de reprise de l’administration.
Concentrer son épargne sur les actions de son employeur. Le plafond majoré d’abondement en titres de l’entreprise est un avantage fiscal, mais il lie le salaire et l’épargne au sort d’une même société ; la diversification se décide en connaissance de cause.
Questions fréquentes
Faut-il déclarer l’intéressement placé sur un PEE ?
Non. L’intéressement placé dans les 15 jours sur un PEE, un PEG, un PEI ou un Pereco est exonéré d’impôt sur le revenu dans la limite de 36 045 € en 2026 et n’a pas à être déclaré. Seul l’intéressement encaissé est imposable, avec les salaires.
Quel est le plafond de l’intéressement et de la participation en 2026 ?
36 045 € par salarié et par an pour chacun des deux dispositifs, soit 75 % du plafond annuel de la sécurité sociale. Il était de 35 325 € en 2025.
Les gains d’un PEE sont-ils imposés ?
Ils sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais soumis aux prélèvements sociaux au retrait : 18,6 % sur la part acquise depuis le 1er janvier 2026, 17,2 % sur celle acquise de 2018 à 2025, et les taux historiques pour les gains liés aux versements antérieurs à 2018.
Que devient le PEE quand on quitte l’entreprise ?
Vous pouvez le conserver, ou le débloquer, la rupture du contrat de travail étant un cas de déblocage anticipé. Vous ne pouvez plus y faire de versements, sauf la dernière prime d’intéressement ou de participation due au titre de votre période d’activité.
Peut-on débloquer son PEE pour acheter sa résidence principale ?
Oui, dans les 6 mois suivant l’événement, sur justificatif (compromis ou acte de vente, permis de construire). Le retrait reste exonéré d’impôt sur le revenu ; seuls les gains supportent les prélèvements sociaux.
Pour aller plus loin
- Les fonds indiciels cotés selon l’enveloppe
- Qu’est-ce qu’un OPCVM ?
- Qu’est-ce qu’un abattement fiscal ?
Sources officielles
- Service-Public.fr — Plan d’épargne entreprise (PEE)
- Service-Public.fr — Intéressement
- Service-Public.fr — Participation aux résultats de l’entreprise
- Service-Public.fr — Déclarer les sommes reçues au titre de l’épargne salariale
- Service-Public.fr — Plan d’épargne retraite (PER), dont le PER d’entreprise collectif
- Service-Public.fr — Prélèvements sociaux sur les revenus de placements
Fiche à jour au 23 octobre 2026, en tenant compte de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Elle présente les règles générales : elle ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable ou d’un avocat fiscaliste sur votre situation.
Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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